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"Griffont fut réveillé d'un baiser léger déposé sur son front. Encore somnolant, il bougea, grogna, ouvrit les yeux et découvrit un charmant visage, d'adorables lèvres qui lui souriaient et un regard d'ambre pailleté d'éclats émeraude.

- Isabel ? grommela-t-il

- Oooh ! vous m'avez tout de suite reconnue. C'est parce que votre majordome vous réveille plutôt en ouvrant les rideaux, n'est ce pas ? s'amusa la baronne Isabel de Saint-Gil.

Griffont se redressa tant bien que mal, la paupière lourde et les cheveux en désordre.

- Hein ?

- Le baiser. C'était moi, dit Isabel. Déçu ?

Entrouverts, les rideaux biseautaient une lumière tendre qui éclairait le pied du lit.

- Quelle heure est il ? demanda Griffont.

- Notez que si ça se trouve, Etienne embrasse très bien."

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"- Quoi ? fit Griffont. Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Votre possible entrée au Parlement des Fées ? repris Isabel en insistant sur le "possible".

- Oh ! aurais-je oublié de vous en parler ?

- Reposez vous donc la question.

- J'ai oublié de vous en parler.

- Voilà.

- Désolé.

- C'est tout vous, ça, soupira l'enchanteresse. Vous êtes incapable d'apporter l'attention nécessaire aux menus détails.

Griffont sourit.

- Je suis content que vous le preniez aussi bien. J'ai connu une autre Isabel qui ...

- VOTRE POSSIBLE ENTRÉE AU PARLEMENT DES FÉES ?!? (Griffont contint un mouvement de recul.) Et vous me l'annoncer comme ça ? L'air de rien ? Entre deux cuillerées de potage ?

- Au demeurant excellent, ce potage. Mes félicitations, Etienne, lança Griffont vers la maison.

Sans doute espérait-il que nommer son majordome suffirait à le faire venir. Mais Etienne préféra rester dans la cuisine tant qu'on ne l'appelait pas. Comprenant qu'il affronterait cette tempête seul, Griffont tint bon la barre."

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Dans son dos, Isabel de Saint-Gil avait retiré ses gants et achevait d'ôter les épingles qui retenaient le ravissant bibi à voilette assorti à sa robe. Elle était à la fois belle, élégante et coquette. Mais elle était surtout têtue, ce que Griffont n'ignorait pas.

_ Besoin de moi pour quoi ? demanda-t-il, résigné.

Elle s'assit sur le lit.

_ J'ai un problème que... Eh bien, je n'irai pas jusqu'à dire que vous seul pouvez le résoudre, mais je préférerais que vous vous en chargiez.

Son chignon défait, ses cheveux roux et blonds tombèrent en lourdes boucles sur ses épaules en libérant un parfum chaud. Isabel était une enchanteresse, c'est-à-dire une fée qui a quitté l'OutreMonde pour vivre sur Terre et qui est devenue de plus en plus humaine au fil du temps - de sorte qu'elle ne craignait plus le fer et que son habileté à déceler le mensonge se limitait désormais à des intuitions parfois détrompées. Mais de sa nature féérique, elle avait gardé une silhouette élancée, une élégance naturelle, une beauté troublante, un rien de morgue, un vague et très aristocratique dédain pour les contingences matérielles et, surtout, un charme délicieux dont elle jouait avec art.

_ Et quel est ce problème ? dit un Griffont déjà conquis en souriant.

Isabel se pencha par-dessus son épaule et lui murmura à l'oreille:

_ Je ne suis toujours pas déshabillée...

Elle ne garda bientôt qu'un médaillon qu'elle ne quittait jamais.

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« Mais si. D’ailleurs, ce sont les « mais » qui rendent la vie intéressante. Je vous aime, mais je dois partir. Il avait tout pour être heureux, mais restait mélancolique. Ce gigot est délicieux, mais il est empoisonné. Grand-mère nous a rendu visite hier soir, mais elle est morte depuis trois ans et maintenant les enfants font des cauchemars. Et dans le cas qui nous intéresse : il est innocent de ce dont on le soupçonne, mais ? Mais ?

Azincourt interrompit sa toilette pour écouter ce que Griffont allait répondre.

— Premièrement, il y a le fait que Troisville s’entête malgré tout à garder secret le motif de son duel avec Dalmas.

— Ce n’est pas un élément à charge.

— Non, mais cela pose question. »

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« Mais si. D’ailleurs, ce sont les « mais » qui rendent la vie intéressante. Je vous aime, mais je dois partir. Il avait tout pour être heureux, mais restait mélancolique. Ce gigot est délicieux, mais il est empoisonné. Grand-mère nous a rendu visite hier soir, mais elle est morte depuis trois ans et maintenant les enfants font des cauchemars. Et dans le cas qui nous intéresse : il est innocent de ce dont on le soupçonne, mais ? Mais ?

Azincourt interrompit sa toilette pour écouter ce que Griffont allait répondre.

— Premièrement, il y a le fait que Troisville s’entête malgré tout à garder secret le motif de son duel avec Dalmas.

— Ce n’est pas un élément à charge.

— Non, mais cela pose question. »

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« Le lendemain matin, dans son lit, Griffont fut réveillé par un baiser léger déposé sur son front. Encore somnolant, il bougea, grogna, ouvrit les yeux et découvrit un charmant visage, d’adorables lèvres qui lui souriaient et un regard d’ambre pailleté d’éclats émeraude.

— Isabel ? grommela-t-il

— Oooh ! vous m’avez tout de suite reconnue. C’est parce que votre majordome vous réveille plutôt en ouvrant les rideaux, n’est-ce pas ? s’amusa la baronne Isabel de Saint-Gil.

Griffont se redressa tant bien que mal, la paupière lourde et les cheveux en désordre.

— Hein ?

— Le baiser. C’était moi, dit Isabel. Déçu ?

Entrouverts, les rideaux biseautaient une lumière tendre qui éclairait le pied du lit.

— Quelle heure est-il ? demanda Griffont.

— Notez que si ça se trouve, Étienne embrasse très bien. Quelque chose comme 9 heures, je crois.

— Encore sommeil, dit le mage en se tournant vers le mur et en ramenant le drap sur lui. À plus tard.

Il ferma les yeux. Résolument.

— J’ai besoin de vous, Louis.

Griffont soupira, n’ouvrit qu’un œil et fixa le mur.

Dans son dos, Isabel de Saint-Gil avait retiré ses gants et achevait d’ôter les épingles.

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« Les bibliothèques sont des rêves.

Rêves de ceux qui les ont voulues et bâties. Rêves de ceux qui les fréquentent et les aiment. Rêves enchâssés en des milliers et des milliers de pages préservées. Rêves puisés à la source des désirs et des sciences, des imaginations fertiles, des ambitions, des lectures patientes, des nuits passées dans le secret des livres. Elles sont des portes vers le Troisième Monde. Certaines ne font que l’approcher, le frôler, apercevoir ses confins. D’autres le rejoignent puis s’éloignent, au gré des astres et de leur caprice. Quelques-unes, enfin, les plus belles et les plus émouvantes, appartiennent entièrement à l’Onirie. »

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Il aimait ces créatures savantes et sages, orgueilleuses, parfois ingrates mais extraordinairement attachantes et qui trouvaient des plus normales l'affection - voire l'admiration - qu'on pouvait leur porter.

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C'était comme regarder une chatte jouer distraitement avec une boule de laine. La chatte avait les plus beaux yeux du monde et la boule portait des favoris, mais seule la première savait ce qu'elle faisait tandis que la seconde se faisait doucement balader.

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Griffont n'avait jamais douté que Gélancourt le ferait attendre.

Pour de bonnes raisons, le doyen d'une grande loge étant toujours très occupé. Mais aussi afin de marquer son territoire, d'asseoir son autorité. Qu'on le prenne ou qu'on l'accorde, disposer du temps d'autrui est l'expression d'un pouvoir, d'une contrainte qui établit un rapport hiérarchique flagrant: le temps asservi est toujours une liberté confisquée. Pour autant, Griffont s'était dit qu'au vu des circonstances Gélancourt bousculerait son agenda pour le recevoir. Il n'avait pas imaginé qu'on le ferait lanterner aussi longtemps. Si bien qu'au bout de deux heures, après avoir plusieurs fois rappelé son existence aux concierges et parce qu'il n'envisageait pas de partir battu, il décida de contre-attaquer.

Griffont fit d'abord les cents pas, passant une fois, deux fois, trois fois devant le comptoir de la réception et, la quatrième, faisant "Bouh !" aux concierges qui sursautèrent. Puis, il entama une marelle au milieu du hall, sautant à cloche-pied d'enfer en paradis, pestant quand son caillou imaginaire atterrissait hors de la case visée et prenant alors le premier venu à témoin de son infortune. Son caillou, malheureusement, roula derrière le comptoir. Les concierges refusant de lui rendre, il accomplit quelques passes d'escrimes avec sa canne, qu'il s'efforça ensuite de faire tenir en équilibre sur son nez, bras écartés. Enfin, il avait ôté sa veste et faisait les pieds au mur en déclamant Le Corbeau et le Renard, quand on vint le chercher.

_ M. le Doyen va vous recevoir, monsieur, dit un valet à l'envers.

_ Les anciens de la tribu transmettent cette légende, en effet.

_ Par ici, je vous prie.

Griffont se rétablit sur ses pieds.

_ Quoi ? Vous voulez dire: maintenant ? Tout cela est si soudain ! s'exclama-t-il en portant les deux mains à son coeur.

_ S'il vous plaît, monsieur.

Griffont emboîta le pas au domestique en enfilant sa veste.

_ Faut-il que j'emporte des vivres ?

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