Les extraits ajoutés par Bully66
" Elles reviennent à leurs cacahuètes douces et à leurs histoires. Elles redeviennent petites filles, rêvent des temps heureux du passé et des temps heureux à venir. Un frère de Ningbo qui fait pleurer sa sœur en lui remboursant neuf mille dollars plus les intérêts. Un fils cadet qui réussit si bien dans le commerce des télévisions et des stéréos qu'il expédie des surplus en Chine. Une fille dont les bébés nagent comme des poissons dans leur piscine de Woodside. De si jolies histoires. Les meilleures. Des histoires de chance, des histoires de bonheur.
Et moi j'occupe la place de ma mère à la table de mah-jong, l'est, là où toute chose commence. "
Afficher en entier" Ma mère n'évoquait jamais sa vie en Chine, mais mon père prétendait l'avoir sauvée d'une situation terrible, un drame dont elle ne pouvait parler. En rédigeant ses papiers d'immigration, mon père la rebaptisa fièrement Betty St Clair, raturant d'un trait son nom véritable : Gu Ying-ying. Ensuite, il inscrivit une date de naissance erronée, 1916 au lieu de 1914. C'est ainsi que, par le caprice d'un stylo, ma mère perdit son nom, et de Tigre devint Dragon. "
Afficher en entier" Ce que j'aime dans la vie, c'est d'inventer des tas de choses; ce que je déteste, c'est les histoires à l'eau de rose. "
Afficher en entierDimanche 4 juillet 1971
Le visage de Starr était partout. Dans le showroom illuminé, sa face ronde se reflétait sur le cuivre du compas, sur les flancs vernis du chris-craft, sur le sol sombre impeccablement ciré, sur l’accastillage en laiton tout autour de lui, reproduite en une centaine d'exemplaires par la surface polie des roulements d'arbres d'hélice. L'immense vitrine lui renvoyait l'image grandeur nature de sa silhouette massive. Finalement, le showroom a fermé. On a éteint les lumières et Robert Hall Starr est parti. Il s'est dirigé d'un pas pesant vers le parking. Son ombre immense se découpait dans la nuit d'été. Tout en marchant, il cherchait d'une main la clé d'une de ses nombreuses voitures. Un cliquetis au fond de sa poche trahissait la présence d'autres clés avec lesquelles il pouvait ouvrir bien des voitures qui ne lui appartenaient pas.
Au fond du parking, Starr apparaissait comme une forme vague - perceptible un instant dans la lumière du plafonnier de la Volvo. Il se glissa derrière le volant, mit le contact et se faufila habilement dans le trafic. Peu de temps après, il parvenait à Vallejo, une petite ville comme il y en avait tant d'autres en Californie, baignant dans la chaleur suffocante de la nuit estivale, bordée par les squelettes noirs des grues et les silhouettes trapues des vaisseaux et des entrepôts. La masse sombre de Mare Island surplombait le détroit et des voiliers flottaient comme des traînées huileuses sur la baie de San Pablo. Les feux d'artifice éclairaient brièvement le ciel. Les pétards crépitaient comme des tirs de mitrailleuse. L'odeur de poudre saturait l'air. San Francisco se trouvait à une cinquantaine de kilomètres, Oakland à une trentaine, et au nord s'étendaient les vallées fertiles du Wine Country sur les comtés de Napa et de Sonoma.
Vallejo était l'endroit rêvé pour un homme qui disposait de tant de véhicules. L'Interstate 80, la plus grande route traversant le pays d'une côte à l'autre, coupait les faubourgs en deux portions égales. Les routes California 29 et 37 et l'Interstate 680 s'insinuaient comme des veines jusqu'au cœur de la ville. Vallejo occupait une position stratégique entre San Francisco et la capitale de l'Etat - là où le fleuve venu de Sacramento rejoint la baie, là où l'eau salée accueille l'eau douce.
Afficher en entier« L'amour arrache les masques sans lesquels nous craignons de ne pas pouvoir vivre et derrière lesquels nous savons que nous sommes incapables de le faire. »
Afficher en entier" Écoute, je n'aime pas te faire la morale mais je vais te donner un conseil qui te servira à jamais : dans la vie, tu rencontreras beaucoup de cons. S'ils te blessent, dis toi que c'est la bêtise qui les poussent à te faire du mal. Ça t'évitera de répondre à leurs méchancetés .
Car il n'y a rien de pire au monde que l'amertume et la vengeance.
Reste toujours digne et intègre à toi-même."
Afficher en entierAilleurs, dans la maison, quelqu'un était aussi immobile et vigilant qu'elle, écoutait tout aussi intensément. Quelqu'un de dangereux. Elle sentait sa présence prédatrice, un subtil changement de pression dans l'air, comme avant un orage violent.
Afficher en entier
