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Les extraits appréciés par Diaboliqua

La peur ça craint. Car on ne sait jamais quand elle va frapper. Parfois, elle se faufile par-derrière, en gloussant comme votre meilleure copine de 5è. Et "paf" elle vous balance un coup sur la nuque et vous vous retrouvez à genoux avant même d'avoir compris ce qui vous arrivait. A d'autres moments, vous la voyez venir de loin ; c'est juste un point à l'horizon, mais vous êtes coincé comme un canari dan sa cage. Vous n'avez pas d'autre solution que de rester là, en espérant ne pas avoir le mal de mer et ne pas dégueuler sur le papier journal.

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Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité. Je suis une légende.

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Est-ce que je lis dans votre tête? Pas du tout. Vos pensées vous appartiennent. Mais je lis dans votre corps… Or, des neurobiologistes ont démontré, images IRM à l'appui, «que nos pensées peuvent être censurées ou détournées à notre insu même (Cf Joseph Ledoux Le cerveau des émotions, Ed Odile Jacob).» Cela veut donc dire que votre corps dévoile ce qui se passe en vous avant même que la conscience ne soit au courant… Paniquant? Humm… au premier abord seulement. Pensez-y. Si vous êtes réellement authentique avec vous-même, votre corps est cohérent et vous êtes à l'aise d'assumer vos pensées subreptices, vos émotions spontanées, vos réflexes cognitifs, vos inhibitions et vos impressions. Là où réside la difficulté, c'est justement qu'il nous est difficile de laisser tomber nos mécanismes de défense, notre carapace, notre image projetée pour laisser place à notre personnalité naturelle. On est souvent gêné par notre propre émotion et on se dit que personne ne doit s'en rendre compte. On n'ose pas dire comment on se sent, on camoufle notre réaction, on se ment parfois à soi-même parce que ça nous arrange aussi. On omet certaines choses. Et il arrive que l'on refuse d'admettre ce qui nous a traversé l'esprit ou l'on ne veut surtout pas dévoiler ce à quoi on vient de penser. Mais le corps, lui, est cohérent et il divulgue beaucoup de choses sans qu'une parole ne soit prononcée… alors autant s'y habituer et faire la paix avec soi-même…

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-Quand vous arriverez dans le quartier des affaires, reprit-il, vous serez tranquilles. Si vous ne pouvez pas passer par là (il fit un geste pour montrer l'usine, à l'est), allez par là. C'est une zone industrielle. Je suis sûr que vous trouverez un ou deux entrepôts abandonnés, si vous avez besoin de vous planquer pendant un moment.

il regarda autour de nous, scrutant le quartier. Il respirait l'air frais de la nuit, les narines dilatées, ce qui devait soulager agréablement sa fièvre.

-Tu te souviendras de tout ça?

-Tu peux répéter plus doucement? Et peut-être aussi me l'écrire? Et faire de petits dessins?

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Donc, quatre semaines. Incroyable ! Sara leva les yeux au ciel puis se pencha, s’exhortant au calme, et attrapa la copie du dossier psychiatrique posée sur son bureau.

« Vous aviez une prescription pour des antidépresseurs et des anxiolytiques. Exact ?

- Oui, mais…

- Mais quoi, capitaine ?

- Il les a perdus dans le déménagement, précisa « Saint Charles », angélique.

- Vous les avez perdus ? s’exclama-t-elle.

- Dans le déménagement. C’est ce qu’il vient de dire », rétorqua Jack Anderson.

Sara inspira. Ne surtout pas s’énerver.

Ils me testent, se répéta-t-elle comme un mantra.

« Donc, je résume : sur toutes les prescriptions qui vous ont été données, vous ne prenez plus que deux antidouleurs. Exact ?

- Affirmatif.

- Et l’infirmière à domicile, vous la faites venir combien de fois par semaine ?

- Aucune.

- Pourquoi ?

- Pour quoi faire ? » répondit Jack du tac au tac.

Reste calme, Sara, reste calme.

« Vous laver, vous habiller… son travail, quoi !

- Je me lave et je m’habille tout seul depuis que j’ai cinq ans. Par contre, j’aime bien avoir de l’aide pour me déshabiller… »

Le sourire s’était fait diabolique, le regard ouvertement provocateur. Sara ne put s’empêcher de répliquer, pour tenter de contrer cette insupportable arrogance :

« Et pour les changes ?

- Les quoi ? Oh, vous voulez dire les couches. Je n’en ai plus besoin. »

Sara attrapa son dossier. À aucun moment, il n’était fait mention qu’il avait recouvré le contrôle de la partie basse de son corps, en dessous de l’hématome. Elle en était certaine.

« Depuis quand êtes-vous… autonome ?

- Vous voulez dire, pour le popo ? questionna très sérieusement Charles, qui, se tournant vers Jack, répéta : Elle veut savoir pour popo. »

Elle faillit hurler au fameux Charles de se taire, mais la réponse laconique de son patient la laissa sans voix.

« Une semaine avant ma sortie.

- … Mais ça ne figure pas dans votre dossier !

- Tu as dû oublier de le leur dire, philosopha le dénommé Charles.

- Oui, j’ai dû oublier de le leur dire, confirma son complice.

- Et vous avez oublié autre chose ? interrogea Sara en se levant d’un bond.

- Quel genre ? fit-il innocemment.

- Des choses que vous seriez capable de faire ? »

Charles réfléchit sérieusement et demanda :

« Pour les infirmiers, ça doit être marqué, non ? »

Sara eut la nette impression de tomber dans un piège quand elle s’entendit demander :

« Quels infirmiers ?

- Ceux que j’ai assommés. Mais ça ne compte pas, c’était avant ma sortie.

- Oh, mon Dieu ! Et pourquoi les avez-vous assommés, au juste ?

- Ils ont voulu me mettre de force là-dedans, énonça Jack en désignant son fauteuil. Ils n’ont pas dit “S’il vous plaît”. Et puis j’en ai juste sonné trois.

- Le quatrième, il lui a cassé le nez. Sa tête ne lui revenait pas », précisa doctement Charles.

Le docteur Sara Preston se laissa retomber au fond de son siège et regarda le dossier. Une note manuscrite en rouge indiquait : Capable d’accès de violence. Sans blague !

Faisant appel à ce qui restait de son calme et de son professionnalisme, elle finit par se décider à demander :

« Je cherche à savoir si vous ressentez des signes d’amélioration. Si vous avez retrouvé des sensations, réussi à effectuer certaines choses depuis votre sortie de l’hôpital. Dites-moi, capitaine !

- Désolé, mais je n’ai pas l’intention de vous détailler ma vie sexuelle. »

Sara resta sur le moment sans voix, atterrée par la tournure de ce rendez-vous.

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