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Les extraits appréciés par Lapinouxe

- Donc tu ignores si de ton vivant tu étais un homme ou une femme.

- Oui, et je ne vois pas quelle importance cela peut avoir. Ce que les humains peuvent être assommants. Oh, tu as un truc qui pendouille entre les jambes ? Félicitations, tu vas enfiler une armure et brandir unne épée. Oh tu appartient à l'autre catégorie? Dommage pour toi : tu es destinée à faire des enfants ou à devenir nonne.

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« Comme quoi, il suffit de trouver la bonne personne. Celle qui peut te faire voler en éclats et te reconstruire en un sourire. »

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— Pour l’instant, je ne veux être avec personne. Tu peux comprendre ça ?

— Oui. Mais m’emmener avec vous va à l’encontre de votre désir d’être seul.

Il reste silencieux un long moment.

— Je ne veux pas être seul. Je veux être seul avec toi.

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Le plus triste n’est pas de perdre la vie, mais de ne pas lui avoir donné un sens.

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-Mais le livre pourrait très bien détenir la clé de toutes tes interrogations, dis-je, surprise qu'il puisse s'en séparer maintenant qu'il savait ce qu'il contenait.

-Pas toutes. Il y en a une à laquelle toi seule peux répondre.

-Laquelle? demandai-je interloquée.

-As-tu le mal de mer, ou bien es-tu enceinte? demanda-t-il avec un regard lourd, orageux comme le ciel, et strié d'éclairs.

-Tu le saurais mieux que moi.

Nous avions fait l'amour quelques jours plus tôt, peu après que je me fus rendu compte que j'avais du retard.

-Je n'ai pas vu d'enfant dans ton sang, pas encore. C'est le changement de ton odeur que j'ai remarqué. Tu ne peux pas être enceinte de plus de quelques semaines.

-J'aurais pensé que ma grossesse te donnerait plus que jamais envie de conserver le livre.

-Peut-être que les réponses à mes questions ne sont pas aussi urgentes que je le croyais. (Pour me le prouver, il posa le livre par terre, hors de portée des regard.) J'ai pensé qu'il me dirait ce que je suis et pourquoi je suis là. Peut-être que j'ai déjà toutes les réponses. (J'attendis qu'il développe.) Après toutes mes recherches, je découvre que je suis ce que j'ai toujours été: Matthew de Clermont, vampire, époux, père. Et que je suis ici-bas pour une seule et unique raison: changer les choses.

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-Je veux m'allonger, dis-je en serrant les dents tandis qu'un autre soubresaut me saisissait et menaçait de me déchirer en deux. Où est Marcus?

-De l'autre côté du couloir, répondit Matthew.

Je me rappelai vaguement avoir expulsé Marcus de la chambre quand les contractions s'étaient intensifiées.

-Si j'ai besoin d'une césarienne, il peut arriver à temps? demandai-je.

-Vous m'avez appelé? dit Marcus en entrant avec sa blouse.

Son sourire chaleureux et son air imperturbable me calmèrent aussitôt. Maintenant qu'il était revenu, je ne me rappelais plus pourquoi je l'avais chassé.

-Qui a déplacé ce fichu lit? soufflais-je durant une autre contraction.

Le lit était apparemment au même endroit, mais ce devait être une illusion, car il me fallait une éternité pour y arriver.

-Matthew, répondit Sarah d'un ton désinvolte.

-Mais certainement pas! protesta-t-il.

-Durant le travail, nous accusons le mari d'absolument tout. Cela empêche la mère d'avoir des envies de meurtre et cela rappelle aux hommes qu'ils ne sont pas le centre de l'attention, expliqua Sarah.

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p.540

Je pris Sarah par l'épaule et marchai un peu. Où était Matthew? Je me tournai en tendant mon autre main. Viens retrouver ta famille,dis-je intérieurement quand nos regard se croisèrent. Viens retrouver les gens qui t'aiment.

Il sourit et mon coeur fit un bond dans ma poitrine.

Ysabeau poussa un sifflement de surprise qui résonna dans l'air.

-Ces battements de coeur. Le vôtre. Et... deux autres ?

Ses magnifique yeux verts passèrent de mon ventre au visage de son fils. Une minuscule goutte rouge apparut dans son oeil et menaça de couler. Ysabeau regarda Matthew, émerveillée. Il hocha la tête et la larme de sang roula lentement sur la joue de sa mère.

-Les jumeaux, c'est courant dans notre famille, dis-je en guise d'explication.

Matthew avait décelé le deuxième battement de coeur à Amsterdam, juste avant que nous montions dans la voiture de Marcus.

-Dans la mienne aussi, chuchota Ysabeau. Alors c'est vrai, ce qu'a vu Sophie en rêve? Vous attendez un enfant? Un enfant de Matthew?

-Des enfants, corrigeai-je en la larme de sang qui continuaitde roulait lentement.

-C'est un nouveau commencement, alors, dit Sarah en essuyant elle aussi une larme.

-Philippe avait une expression à propos des commencements. Une citation antique. Qu'est-ce que c'était, Matthew? demanda Ysabeau.

Matthew descendit enfin complètement de la voiture comme si un sortilège qui l'y aurait retenu avait enfin été rompu. Il me rejoignit, puis fit un timide sourire à sa mère avant de l'embrasser sur la joue et de me prendre la main.

-Omni fine initum novum. Dans chaque fin, il y a un commencement, dit Matthew en contemplant les terres de son père comme si, enfin, il était arrivé chez lui.

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Ce que j'aime avec les livres, c'est qu'il me donne l'impression d'être chez moi, tout en restant des objets que je peux transporter ou remplacer à loisir. N'importe quel exemplaire fera l'affaire. Encore mieux : une fois que j'en lis un, il fait partie de moi pour toujours. Je n'ai même plus besoin de le conserver. Je peux m'en séparer tout en le gardant avec moi.

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Mon cœur, commença t'il d'une voix posée. Si déclencher une guerre pour conquérir une femme est un crime, alors oui, je suis coupable. Si sacrifier des milliers de vies pour sauver la tienne est un acte injustifiable, alors oui, je mérite d'être puni. Si t'aimer à ce point doit causer ma perte... Alors je suis déjà perdu.

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Rêve comme si tu vivais pour toujours , Vis comme si tu allais mourir aujourd'hui.

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