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Les extraits ajoutés par Louloute972

Ce cœur qui haïssait la guerre…

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !

Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,

Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.

Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,

Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,

Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.

Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.

Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.

Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,

Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises

Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :

Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !

Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,

Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères

Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.

Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.

Robert Desnos,L’Honneur des poètes,1943

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Ils nous imposent l’âme, afin que lâchement

On détourne les yeux du sol, et qu’on oublie,

Après l’injurieux ensevelissement,

Que sous le vin vivant tout est funèbre lie.

— Je ne commettrai pas envers votre bonté,

Envers votre grandeur, secrète mais charnelle,

Ô corps désagrégés, ô confuses prunelles,

La trahison de croire à votre éternité.

Je refuse l’espoir, l’altitude, les ailes,

Mais étrangère au monde et souhaitant le froid

De vos affreux tombeaux, trop bas et trop étroits,

J’affirme, en recherchant vos nuits vastes et vaines,

Qu’il n’est rien qui survive à la chaleur des veines !

Comtesse Anna de Noailles

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-Que j'étais fou, répondit Fernando, l’œil pétillant. Je lui ai déclaré que je tenais à être fait du parrain de votre aîné en échange.

-Je suis sûre que cela peut se faire, dis-je en commençant à m'inquiéter du nombre de parrains et de marraines que les enfants allaient avoir.

-J'espère que tu notes toutes les promesses que tu as faites, fis-je remarquer à Matthew plus tard dans l'après-midi.

-Je les note. Chris veut le plus intelligent et Fernando l'aîné. Hamish le plus jolie. Marcus une fille. Gallowglass a exprimé le désir d'être parrain de tout enfant blond né avant que nous quittions New Haven, énuméra Matthew.

-J'attends des jumeaux, pas une portée de chiots, dis-je effarée par le nombre de candidats. Et puis nous ne sommes pas de la famille royal. Et je suis païenne! Les jumeaux n'ont pas besoin d'autant de parrains!

-Tu veux que je choisisse les marraines aussi?

-Miriam, me hâtai-je de répondre avant qu'il ait pu proposer aucune des terrifiantes femmes de sa famille. Phoebe, évidemment. Marthe, Sophie, Amira. J'aimerais aussi demander à Vivian Harrison.

-Tu vois. Une fois qu'on commence, on ne s'arrête pas, sourit-il.

Ce qui nous amenait à six parrains et marraines par enfant. Nous allions être noyés sous les timbales en argent et les ours en peluche, d'après le tas de minuscules vêtements, souliers et couvertures qu' Ysabeau et Sarah avaient déjà achetés.

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Les spectres n’avaient guère de substance. Ils n’étaient constitués que de souvenirs et d’émotions. Tout en haut de l’une des tours de Sept-Tours, Emily Mather posa une main diaphane au centre de sa poitrine, à cet endroit en cet instant chargé d’angoisse.

-Est-ce que cela finit par devenir plus facile ? demanda-t-elle d’une voix presque aussi imperceptible que sa personne. Guetter ? Attendre ? Savoir ?

-En tout cas, je n’ai rien remarqué, répondit sèchement Philippe de Clermont.

Lui-même juché non loin, il examinait ses doigts transparents. Parmi tout ce qu’il détestait dans le fait d’être mort – l’impossibilité de toucher son épouse, Ysabeau ; la disparition des saveurs et des odeurs ; l’absence de muscles pour se livrer à une bonne joute –, l’invisibilité tenait la première place. Elle lui rappelait constamment à quel point il était devenu immatériel.

Emily se décomposa et Philippe se maudit silencieusement. Depuis qu’elle était morte, la sorcière avait été sa compagne de tous les instants et divisait sa solitude de moitié. Où avait-il la tête, à aboyer sur elle comme sur une servante ?

Peut-être que ce sera plus facile quand ils n’auront plus besoin de nous, ajouta-t-il plus aimablement.

Il avait beau être le fantôme le plus expérimenté, c’était Emily qui comprenait la métaphysique de leur situation. Et ce qu’elle lui avait dit allait à l’encontre de tout ce que Philippe pensait sur l’au-delà. Il croyait que les vivants voyaient les morts parce qu’ils avaient besoin d’eux pour quelque chose : assistance, pardon, vengeance. Emily soutenait que ce n’étaient là rien de plus que des mythes humains, et que c’était seulement quand les vivants lâchaient prise et passaient à autre chose que les morts pouvaient leur apparaître.

Une fois qu’il eut appris cela, il supporta tout juste un peu mieux qu’Ysabeau ne remarque pas sa présence.

— J’ai hâte de voir la réaction d’Em. Elle va être tellement surprise.

L’alto chaleureux de Diana flotta jusqu’aux créneaux. Diana et Matthew, dirent Emily et Philippe en chœur en scrutant la cour pavée qui entourait le château.

Là, dit Philippe en désignant l’allée. Même mort, il avait encore l’œil aiguisé du vampire. Il était également plus bel homme qu’il n’était permis, avec ses larges épaules et son sourire diabolique. Emily ne put s’empêcher de sourire à son tour.

-Ils font un joli couple, ne trouvez-vous pas ? Voyez comme mon fils a changé.

Les vampires n’étaient pas censés subir le passage du temps et Emily s’attendait en conséquence à voir les mêmes cheveux d’un noir si profond qu’ils viraient au bleu ; les mêmes yeux changeants gris-vert, froids et distants comme la mer en hiver ; la même peau pâle et la large bouche. Mais il y avait quelques subtiles différences, comme l’avait déclaré Philippe. Les cheveux de Matthew étaient plus courts, et il portait une barbe qui lui donnait un air encore plus redoutable, comme un pirate. Elle étouffa un cri.

-Matthew aurait-il… grossi ?

-En effet. Je l’ai remplumé quand Diana et lui ont séjourné ici en 1590. Les livres l’amollissaient. Matthew avait besoin de se battre davantage et de moins lire. Philippe avait toujours soutenu qu’il est possible d’étudier trop. Matthew en était la preuve vivante.

-Diana a l’air changé aussi. Elle ressemble plus à sa mère, avec ces longs cheveux cuivrés, dit Em en constatant le changement le plus évident chez sa nièce.

Diana trébucha sur les pavés et Matthew la rattrapa d’un geste vif. Naguère, Em considérait les prévenances incessantes de Matthew comme une manifestation du caractère exagérément jaloux du vampire. À présent, avec la perspicacité du spectre, elle se rendait compte que cette tendance était due à sa perception surnaturelle de la moindre altération dans l’expression ou l’humeur de Diana ou du plus infime signe de fatigue ou de faim. Cependant, aujourd’hui, la sollicitude de Matthew semblait plus vive et due à une raison bien précise.

Il n’y a pas que les cheveux de Diana qui ont changé, s’émerveilla Philippe. Diana est grosse d’enfant – l’enfant de Matthew.

Em scruta sa nièce avec attention, se servant de la perception plus aiguë de la vérité que lui permettait la mort. Philippe avait raison – en partie.

-Vous voulez dire les enfants. Diana attend des jumeaux.

-Des jumeaux, répéta Philippe d’un ton plein de révérence. Il se détourna, distrait par l’apparition de son épouse. Regardez, voici Ysabeau et Sarah avec Sophie et Margaret.

Que va-t-il se passer à présent, Philippe ? demanda Em, le cœur gros d’impatience. La fin.

-Le commencement, répondit Philippe, volontairement vague. Le changement.

-Diana n’a jamais aimé cela, dit Emily.

-C’est parce que Diana a peur de ce qu’elle doit devenir.

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Les choses étaient hors contrôle. Ça arrive."

Je levai les sourcils. "Ça arrive? Souvent? Tu te ballades et comme ça tu finis par embrasser des filles? Est-ce que tu glisses et tombes sur la bouche des filles? Si jamais, ça doit vraiment être une vie bizarre à vivre."

"Et bien..." Le pli de ses lèvres était malicieux et joueur, mais je ne me laissai pas avoir. Il soupira. "Tess, tu es une fille magnifique et je suis un mec et - "

"Oh, la ferme."

Ses yeux s'agrandirent.

"Ne finis même pas ce qui va sûrement être la phrase la plus nulle dans l'histoire des phrases les plus nulles. Tu es attiré par moi."

-Dans notre petite bulle-

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Desséchée comme je l'étais, je pris une gorgée de thé sucré pendant que je regardais à travers le pare-brise, complètement fascinée par tout le potentiel de fabrication de bébés étalé devant moi. Non pas que je voulais faire des bébés, mais j'étais totalement partante pour les entraînements.

-Dans notre petite bulle-

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Elle ne le montra pas, mais au fond d'elle-même elle pleurait, parce qu'elle savait que Magister lui avait prouvé qu'elle lui appartenait encore.

Corps et âme.

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Il n'y eut pas de paroles. Il n'y eut que deux corps qui se débarrassèrent frénétiquement de leurs vêtement et s'unirent dans la fièvre brûlante.

Lorsqu'il disparut, deux heures plus tard, Selenba n'avait toujours aucune idée de ce qu'avait voulu Magister. Il n'avait dit aucun mots.

Elle se rhabilla, totalement perplexe.

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Page 242:

Si Tara était restée dans la tête de Selenba, elle aurait compris ce qui torturait la jeune vampyr. Une seule question lui broyait le cœur: de qui était l'enfant?

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Page 241:

-Selenba est enceinte.

Un énorme sourire fleurit sur le visage de Robin. Les elfes mettant très peu de bébés au monde, une naissance était toujours considérée comme un véritable cadeau des dieux. Sauf que vu la tête que faisait Selenba et Tara, cela n'avait pas l'air d'être le cas ici.

-Euh... et ce n'est pas une bonne nouvelle?

-je viens de transformer Selenba en vampyr buveuse de sang humain, expliqua Tara.

-Oui et alors q...(il eut un petit hoquet et jura.) Slurk, le bébé aussi?

-Oui

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