Les commentaires appréciés par cipounette
Dans ces chroniques mensuelles de 2023 et 2024, Lola Lafon parle de guerres, de viol, de violences… Bref, assez tristement : de l’actu. Mais aussi de sujets plus personnels ou plus intemporels comme l’anorexie ou la Shoah.
Elle y laisse s’exprimer sa sensibilité, son désir du vivre ensemble. Un recueil sensible et profond, mais pas vraiment gai pour un titre qui semblait pourtant plein d’espoir noid.ch
Afficher en entierLe pouvoir d'une mère exclusive sur son fils, faible et dépendant. Mauriac décrit de belle manière cette relation malsaine.
Afficher en entier« Génitrix » est un huis clos glauque, lugubre et sinistre entre Fernand, Félicité, sa mère et Mathilde sa femme. Dans le décor landais de sa région et de sa maison bourgeoise natales, François Mauriac, analyse avec une grande acuité et sans complaisance l’évolution des ressentis et sentiments des trois protagonistes principaux : la bru, l’intruse, dont le mariage a été motivé par l’ascenseur social ; Le fils, marié à cinquante ans, qui se rend compte, à la mort de son épouse qu’elle fut seule à éclairer son quotidien triste et ennuyeux et qui lui voue, en forme de deuil, un culte morbide ; La mère qui souhaite reconquérir le fils chéri, marié à une bru qu’elle déteste et qui jubile à sa disparition.
Un amour maternel exclusif et dévorant qui aura empêché le fils de sortir de l’enfance, de se construire : d’être un homme respecté.
Un livre sobre, pesant, sombre qui n’est pas sans rappeler « Vipère au poing » d’Hervé Bazin. Même si Félicité, exclusive et débordante d’amour, n’est pas Folcoche, vicieuse et perverse ; et même si Fernand, dépendant, faible et timoré n’est pas Brasse-Bouillon et sa haine salvatrice.
Afficher en entierPremier livre que j'ai lu de François Mauriac. L'écriture est sublime et un pure régal à lire. Les personnages sont parfaitement travaillés et construitsi. On est plongé dans les pensées de cet homme complexe. Ce livre invite à découvrir cet auteur engagé qui maîtrise la connaissance de la nature humaine
Afficher en entierje l'ai lu il y a longtemps, mais j'en garde un bon souvenir.Une histoire de haine familiale assez touchante. On déteste les personnages, et à la fois on les comprend...
Afficher en entierDepuis 2020, Paul Gasnier est surtout connu pour être reporter et journaliste dans l’émission Quotidien, diffusée chaque soir sur TMC. Il y a quelques semaines, il est passé de l’autre côté de la table pour présenter son premier livre, “La Collision”, qui a par ailleurs figuré dans les premières sélections pour le prix Goncourt (qu’il n’a finalement pas gagné).
Toujours sceptique face à ce que je juge être de l’auto-promo (ou en tout cas un certain entre soi parisiano-promotionnel), j’ai été ému par la thématique de son livre et la présentation qu’il en a faite. En 2012, il perd tragiquement sa mère, victime d’un rodéo urbain par un jeune délinquant multi-récidiviste qui perd le contrôle de sa moto. Il aura fallu attendre plus de dix ans, lorsqu’il couvre un meeting politique d’un candidat d’extrême droite dont les militants se galvanisent face son discours délibérément anti-immigration, pour que le journaliste ait un déclic : il incarne la cible rêvée de ce parti politique et de ses idées nauséabondes, grand spécialiste en matière de récupération politique. Parce que Saïd (nom d’emprunt pour ne pas causer de problèmes à lui et sa famille) est bien évidemment originaire d’un quartier populaire de Lyon (la Croix-Rousse), et surtout issu de l’immigration.
Avec “La Collision”, Paul Gasnier ne cède pas à la facilité qui constituerait à s’abaisser à la haine ou au ressentiment de celui qui lui a pris sa mère. Sa tragédie personnelle, un fait divers parmi tant d’autres tant elle est malheureusement générique dans son déroulement et la fatalité de son issue, il décide d’en faire le fruit d’une réflexion et d’un étendard contre ce parti politique, bien trop souvent alimenté par la haine et le rejet de l’autre. La collision n’est donc pas le simple récit d’un choc hasardeux entre deux êtres, c’est aussi la collision symbolique entre deux classes sociales qui cohabitent ensemble mais n’auraient pourtant jamais dû se rencontrer. Dès lors, Paul Gasnier enfile sa casquette de journaliste et cherche à comprendre pour faire le deuil qu’il n’a jamais fait. Comment cette tragédie est-elle arrivée ? Quel est le parcours de Saïd ? Et quelle trajectoire, entre celle de sa mère et celle du délinquant, les a réunis ce jour-là ? Pour trouver des réponses, le journaliste se tourne vers l’autre : extraits de procès-verbaux, rencontre avec l’avocat de l’accusé, le magistrat du parquet de Lyon, un travailleur social, les témoins oculaires mais aussi la soeur de l’accusé, qui accepte de le rencontrer. Chaque témoignage apporte une pièce du puzzle et enlève une part d’ombre sur cette tragédie, que le destin n’aurait ni vraiment pu prévoir, ni réellement pu empêcher tant elle n’est finalement “que” le pur produit des inégalités de notre société.
Sobre, pudique mais toujours pertinent dans ses analyses et son recul, “La Collision” est un récit coup de poing qui se refuse à verser dans la haine ou le pathos. Ce premier livre autobiographique est aussi intense qu’utile par la force de résilience de son auteur et de son incroyable quête de vérité. Car pour continuer à vivre, Paul Gasnier a eu l’intelligence de dézoomer de sa tragédie personnelle, pour s’intéresser plus largement à un véritable phénomène de société, ainsi qu’aux travers mais aussi aux nombreux manquements de cette dernière. Le tableau n’est pas reluisant, certes, mais il a le mérite d’être lucide. Le prix Goncourt était franchement mérité.
Afficher en entierAinsi s'achève The Expanse, j'ai eu la chance d'enchaîner les 9 tomes sans interruption, je me sens bien seule à présent sans l'équipage du Rossinante à mes côtés
Afficher en entierOn s'en prend plein les mirettes avec cette saga. Je crois que c'est l'une de mes saga préférée ^^
Afficher en entierJ'ai beaucoup aimé Cœur de cristal mais là, ça n'est pas passé. Ici, je n'adhère pas du tout au conte philosophique, j'ai l'impression qu'il s'agit d'un emballage cadeau bidon. Sans parler des paragraphes qui se suivent, en tartines, sur le bon sens de la vie. Les thèmes derrière sont très beaux et essentiels mais je les connais peut-être trop aussi. Tant pis !
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Il s’agit d’un essai qui traite de plusieurs sujets, principalement féministes. L’autrice laisse trainer sa voix, s’emporte parfois mais ce que l’on pense être de la colère voire de la haine n’est qu’un constat social, amer. Un regard que l’on pose sur le monde, nos jugements ou idées préconçues remises en cause. L’autrice revient mois par mois, saison après saison, sur les évènements des deux dernières années.
L’errance des premiers chapitres m’a laissée de marbre, et puis au détour des pages, un enfant défavorisé à qui Lola offre une aide scolaire par visioconférence durant le confinement, finit par m’émouvoir… Quelques pages plus loin ce sont des réflexions sur la fête des mères, et sur les femmes qui ne le sont pas et ne le seront jamais. Sur la mère de Nahel… Puis l’autrice rebondit sur d’autres femmes, d’autres guerrières: l’étudiante iranienne battue à mort en 2022 pour port de vêtements inappropriés, l’artiste Sinéad O’Connor, dont la carrière a été brisée après qu’elle ait dénoncé les abus sexuels sur enfants dans l’Eglise Catholique (en 1992), la courageuse Gisèle Pélicot… Plusieurs chapitres s’enchainent et c’est l’apothéose, me voilà conquise. Lola Lafon est une fée, sa baguette est une épée qui tranche et lacère. Sa plume n’est pourtant pas incisive, elle est presque douce mais la façon dont elle nous présente les sujets est si éloquente, réaliste que nos yeux grands ouverts ne peuvent se fermer.
Les sujets tourbillonnent, on croit zapper, scroller devant l’écran: le viol, l’IVG, la vieillesse, la maternité, la Shoah… Certains sujets d’actualité féministes sont passé au crible et chacun peut se les approprier à sa façon. Les périodes se mélangent, passé, présent et futur et trouvent écho en chacun(e) de nous, comment ne pas s’indigner, se révolter, et surtout s’inquiéter car de cette inquiétude dépendront nos choix futurs… Il n’a jamais été trop tard.
Il est vrai que ma lecture s’est faite en dent de scie, parfois transportée par les sujets évoqués, mais passant parfois à côté. Peut-être est-ce le vertige de cette multitude de faits évoqués et le format essai qui m’a perturbée. Mais le message de Lola Lafon, qui commence ainsi « Veille à garder la bonne distance avec ce que tu traverseras, à retenir l’horizon, comme une leçon toujours en cours« , est clairement passé. Merci aux Editions Stock via Netgalley pour cette lecture.
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