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Les extraits appréciés par mamalia18

"J'ai inventé un autre nom à la douleur."

"Quel nom ?"

"L' Effaceur. Parce que lorsque tu souffres, plus rien d'autre n'existe, ni pensée, ni émotion. Ne reste plus que la lutte pour échapper à cette douleur. Lorsqu'il est assez puissant, L'Effaceur t'arrache tout ce qui fait ton identité, jusqu'à te réduire à moins que rien, moins qu'un animal, à une créature habitée par un seul but, un seul désir: s'échapper."

" C'est le nom qui convient,en ce cas."

"Je suis à bout, Saphira. Pareil à un vieux cheval, qui aurait labouré trop de champs. Soutiens-moi mentalement, sinon je vais partir à la dérive et oublier qui je suis."

"Je ne t'abandonnerai jamais."

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On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

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Force lumineuse et bienveillante

Gratitude infinie pour celui qui guide

Respect

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Il lui souleva le menton, l'obligeant à le regarder dans les yeux.

- N'oublie jamais, celui qui croit savoir n'apprend plus.

Cette première leçon se grava en lettres de feu dans la mémoire d'Ellana.

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"- Maman, pourquoi les nuages vont dans un sens et nous dans l’autre ?

Isaya sourit, caressa la joue de sa fille du bout des doigts.

- Il y a deux réponses à ta question. Comme à toutes les questions, tu le sais bien. Laquelle veux-tu entendre ?

- Les deux.

- Laquelle en premier alors ?

La fillette plissa le nez.

- Celle du savant.

- Nous allons vers le nord parce que nous cherchons une terre où nous établir. Un endroit où construire une belle maison, élever des coureurs et cultiver des racines de niam. C’est notre rêve depuis des années et nous avons quitté Al-Far pour le vivre.

- Je n’aime pas les galettes de niam…

- Nous planterons aussi des fraises, promis. Les nuages, eux, n’ont pas le choix. Ils vont vers le sud parce que le vent les pousse et, comme ils sont très très légers, ils sont incapables de lui résister.

- Et la réponse du poète ?

- Les hommes sont comme les nuages. Ils sont chassés en avant par un vent mystérieux et invisible face auquel ils sont impuissants. Ils croient maîtriser leur route et se moquent de la faiblesse des nuages, mais leur vent à eux est mille fois plus fort que celui qui souffle là-haut.

La fillette croisa les bras et parut se désintéresser de la conversation afin d’observer un vol de canards au plumage chatoyant qui se posaient sur la rivière proche. Indigo, émeraude ou vert pâle, ils se bousculaient dans une cacophonie qui la fit rire aux éclats. Lorsque les chariots eurent dépassés les volatiles, elle se tourna vers sa mère.

- Cette fois, je préfère la réponse du savant.

- Pourquoi ? demanda Isaya qui avait attendu sereinement la fin de ce qu’elle savait être une intense réflexion.

- J’aime pas qu’on me pousse en cachette."

[Le pacte des marchombres, Ellana, Enfance, chapitre 1]

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Plongée dans un état second, Ellana avança jusqu'au bassin. L'eau était claire pourtant le fond restait invisible, trop lointain pour que le regard traverse les reflets miroités qui le dissimulaient.

Elle mit un pied dans l'eau, sursautant sous l'inattendue morsure de sa fraîcheur. Pour la première fois, elle marqua un temps d'hésitation.

Une voix s'éleva alors du bassin, au diapason parfait du Murmure qui vibrait en elle. Un peu plus grave, aussi sereine et, bien qu'incompréhensible, aussi limpide de sens.

-Qui es-tu?

Ellana n'hésita pas.

-Il y a deux réponses à cette question comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète.

-Celle du savant.

-Je suis marchombre.

-Celle du poète.

-Je suis marchombre.

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Es-tu prête?

-Oui

Une esquisse de sourire traversa le visage ridé d'Ehrlime.

-Qu'y a-t-il au sommet de la montagne ?

-Le ciel.

-Que dit le loup quand il hurle ?

-Joie, force et solitude.

-À qui s'adresse-t-il ?

-À la lune.

-Où va la rivière ?

L'anxiété d'Ellana s'était dissipée. Les questions d'Ehrlime étaient trop imprévues, se succédaient trop rapidement pour qu'elle ait d'autre solution qu'y répondre ainsi qu'on le lui avait demandé. Impossible de tricher. Cette évidence se transforma en une onde paisible dans laquelle elle s'immergea, laissant Ehrlime remonter le cours de ses mots jusqu'à son âme, puisque c'était ce qu'elle désirait.

-Remplir la mer.

-À qui la nuit fait-elle peur ?

-À ceux qui attendent le jour pour voir.

-Combien d'hommes as-tu déjà tués ?

-Deux.

-Es-tu vent ou nuage ?

-Je suis moi.

-Es-tu vent ou nuage ?

-Vent.

-Méritaient-ils la mort ?

-Je l'ignore.

-Es-tu ombre ou lumière ?

-Je suis moi.

-Es-tu ombre ou lumière ?

-Les deux.

-Où se trouve la voie du marchombre ?

-En moi.

Ellana s'exprimait avec aisance, chaque réponse jaillissant d'elle naturellement, comme une expiration après une inspiration. Fluidité. Le sourire sur le visage d'Ehrlime était revenu, plus marqué, et une pointe de jubilation perçait dans sa voix ferme.

-Que devient une larme qui se brise ?

-Une poussière d'étoiles.

-Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux pas traverser ?

-Je la traverse.

-Que devient une étoile qui meurt ?

-Un rêve qui vit.

-Offre-moi un mot.

-Silence.

-Un autre.

-Harmonie.

-Un dernier.

-Fluidité.

-L'ours et l'homme se disputent un territoire. Qui a raison ?

-Le chat qui les observe.

-Marie tes trois mots.

-Marchombre.

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Le garçon énuméra alors les noms de dragonnes dont il se souvenait. Il suggéra Miremel – et se corrigea lui même: le nom ne convenait pas, car Miremel était une dragonne brune. Opheila et Lenora ne convenaient pas davantage. Il allait renoncer quand il se souvint du dernier nom que Brom avait murmuré. Il plaisait à Eragon. Mais qu’en penserait la dragonne?

“Es-tu Saphira?” demanda-t-il.

Elle vrilla sur lui ses yeux pleins d’intelligence. Au plus profond de son esprit, il sentit la satisfaction de la créature.

“Oui.”

La voix silencieuse de la dragonne résonna dans sa tête, comme un écho lointan.

Il sourit. Saphira se mit à ronronner.

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