Suzanne Lebeau
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Pour ceux qui comme moi voient de loin les guerres en Afrique, ce livre est à lire absolument pour prendre conscience à hauteur d'enfant soldat de la tragédie. La pièce est bien écrite, elle se lit en moins d'une heure et est bien plus forte que n'importe quel reportage.
A mettre entre toutes les mains, à partir de 13 ans quand même.
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Une pièce agréable à lire, étonnante, drôle, que j'ai aussi eu la chance de voir jouée. Rapide mais appréciable.
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Une pièce de théâtre jeunesse courte et accessible aux enfants. L'écriture est fluide et agréable. J'ai bien aimé le fait qu'il ne soit pas question de scènes mais de souvenirs racontés. On se situe entre le récit et le théâtre. C'est une pièce intéressante et touchante.
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Une oeuvre fantastique.
Une écriture d'un conte que je conseille vivement !
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Une petite pièce de théâtre assez noir je trouve.
Elle m'a mise assez mal à l'aise lors de la lecture en imaginant les expressions de cet ogre rendu fou à l'odeur du sang.
Je pense être passer à côté de la morale de l'histoire, je n'en retire pas grand chose à la fin de ma lecture sachant que l'ogre n'a pas réellement réussi à chasser sa véritable nature...
Je reste dubitative...
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Incontournable Théâtre 2023
Il faut croire que cette année 2023 doit recevoir sa dose de théâtre parce que je me retrouve avec pas un, pas deux, mais bien TROIS incontournables en théâtre jeunesse québécois. "Contes à rebours" est un recueil de courtes pièces ayant en commun d'avoir un enfant comme personnage central, la majeure partie narrée au "je". Il s'agit d'une réédition, sa parution date de 1997, mais reste pertinente actuellement.
Je dois dire que je ne suis pas experte en théâtre, un univers que j'ai peu connu, mais que j'ai aimé pour les quelques pièces que j'ai eu la chance de voir. Dans son format papier, donc, je ne dispose pas des codes et des termes pour en dresser une fine analyse.
Enfant, qui voit sa mère les négliger, lui/elle et sa fratrie, au profil d'une bouteille de vin caché sous la table. Enfant hyperactif, qui a hâte de bouger et de vivre, dont les parents on du mal à suivre, et pourtant, le voici déjà scolarisé. Enfant ayant vu son papa entrer en prison, parce qu'il a commit un meurtre par compassion pour cette grande sœur souffrante depuis la naissance. Enfant de maman monoparentale qui apprend à se gérer seule dans le grand appartement, entre ses imaginaires de jeune fille et les peurs infantiles qui font grandir. Enfant qui a un parent avec un trait de personnalité limite, qui suit ses caprices et ses envies sans tenir compte de son fils, réorganisant sa structure familiale éternellement changeante au gré de ses envies. Enfant qui du haut de ses quatre ans tente de rétrécir les 3-4 mois d'écart avec ses cousines, à l'aide d'un secret. L'enfant né dernier qui aurait aimé être le personnage de sa propre histoire d'amour familial, mais qui, à défaut, se contente du papier, pour un jour écrire cette histoire. Le presque ado qui découvre le fantasme amoureux. La petite fille qui, soucieuse de suivre la consigne de ne pas sortir en classe, ne fait pas savoir que sa vessie menace de rompre.
Enfants négligés, enfants et leur logique de tout-petits, leur vision singulière, enfants en mal d'amour, qui se font tous petits, effacés, rempli d'espoirs déçus. Des enfants qui expérimentent des émotions nouvelles, heurtés parfois par des concepts trop grands encore pour eux. Des enfants vus de l'intérieur, avec leur poésie et leur candeur, piquée parfois d'égocentrisme, mais comment leur en vouloir, ils sont à cet âge tendre où on est intrigué par soi autant que par le monde autours.
Il y a définitivement des thèmes adultes dans ces petits morceaux de scène, même s'il s'agit de théâtre jeunesse. Le second degré est parfois un peu trouble, mais on reconnait certains enjeux, on devine certains manquements. Surtout, on entre en empathie avec ses enfants qui n'ont rien de héros et héroïnes de roman, eux qui sont vulnérables, imparfaits et accessibles. Il y a quelque chose de si poétique dans la formule de théâtre, avec ses choix de mots qui deviennent des phrases, les non-dits qui deviennent des enjeux, des paroles anodines qui cachent des vérités pas bien jolies. Parfois sous forme de monologue, parfois en dialogue, ces histoires au rythme particulier ont une dynamique propre, parfois martelante, ponctuée de "je" en cadence , parfois coulant, presque essoufflant. J'ai aussi vu des répétitions, des échos, pleins de comparaisons. C'est riche et c'est simple, mais suffisamment ouvert pour qu'on interprète.
Ces portrait d'enfants permet assurément de traiter des enjeux sociaux, de dresser des profils atypiques et de parler de certaines réalités. Aussi, je pense que vu leur diversité de forme, c'est aussi une belle œuvre pour illustrer les divers façon de raconter une histoire, surtout pour une pièce de théâtre. Je pense que certains passages plus abstraits auraient davantage de sens avec la présence d'un dramaturge et de son décor, mais de manière générale, c'est compréhensible. je serais très curieuse d'entendre les 8 à 12 ans s'exprimer sur ce que ces enfants leur évoque dans leurs propos.
J'ai été particulièrement réceptive à cet enfant aîné d'une fratrie de trois qui a une maman alcoolique et qui se ment aussi surement à elle-même qu'à ses enfants, dont on comprend que le père ne sait sans doute pas que ses enfants ne mangent pas à leur faim et qu'ils sont confinés dans la maison sans vraiment s'y développer. L'histoire de ce petit dernier arrivé, on le sent, par accident, qui cherche désespérément un signe d'affection chez ses géniteurs, est aussi très touchante, surtout quand on comprend que c'est dans la fiction qu'il trouvera refuge. En outre, la maman instable qui se lasse de tout très vite et vit au gré de ses envies me laisse penser qu'on a un trouble de personnalité limite en action et c'est triste que ce soit son fils qui en pait les frais. Enfin, le meurtre par compassion est encore tabou dans le monde, mais il existe et il reste considéré comme un crime, cristallisant une vision rigide très chrétienne de la mort dans nos sociétés.
"Ils sont petits mes héros, mais parfois leur peine est plus grande qu'eux. Ils ont rarement raison, mais leur épreuves, si elles sont moins terribles que dans les contes de notre enfance, reviennent tous les jours."Suzanne Lebeau
Oui, voilà, ce ne sont pas des contes peuplées de loups et d’orges, aucun enfant ne meure, aucun enfant de connait la terreur viscérale. Il s'agit plutôt d'indifférences ordinaires, de loyauté envers son parent, de besoins non comblés. Des enfants qui se meurent pas petits feu ou qui resteront marqué par le manque ou l'humiliation, dans le silence. Quand j'ai lu ce petit livre, j'ai une pensée pour les enfants de la DPJ, pour les enfants "pas assez compromis" pour y être, pour mes petits voisins, pour qui des parents disponibles et aimant n'était pas un droit acquis. Voilà donc pourquoi le mot "Conte" est dans le titre. Des contes modernes et repensés pour mieux adhérer à certains enjeux, dont certains ne datent pas d'hier. Ah et comme dans les contes classiques, il y a présence de sexisme, surtout dans les tâches genrées.
C'est un tour d'horizon de personnalités et d'enjeux en tout genre qui se déploie dans ce petit recueil et ce fut une incursion aussi touchante qu'intrigante.
Pour un lectorat du 3e cycle primaire, 10-12 ans.
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On parle de Suzanne Lebeau ici :
2017-08-19T23:50:08+02:00
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Editeurs
Editions Théâtrales : 9 livres
Leméac : 1 livre
Editions Théâtrales Jeunesse : 1 livre
Theatrales : 1 livre
Léméac Jeunesse : 1 livre








Biographie
Source Evene.fr :
Née en 1948
Directrice artistique et auteur de théâtre canadienne
Encore adolescente, Suzanne Lebeau se lance dès 1966 dans le théâtre et se destine à une carrière d'actrice. Elle s'initie alors aux arcanes de la discipline, joue Molière et Ionesco, mais poursuit surtout sa formation aux côtés de Jacques Crête et Gilles Maheu à Montréal avant de s'expatrier vers Paris où elle côtoie Etienne Decroux.
Après un stage d'un an en Pologne au cours duquel elle se partage entre le pantomime et les marionnettes, elle regagne son Québec natal. Alors qu'elle crée en 1975 la compagnie théâtrale du Carrousel en compagnie de Gervais Gaudreault, elle délaisse peu à peu la comédie pour s'orienter vers l'écriture, se consacrant principalement à la création destinée à la petite enfance.
Rapidement, ses écrits l'impose non seulement comme l'une des chefs de file de la dramaturgie à l'égard du jeune public mais aussi comme l'un des auteurs québécois les plus joués à travers le globe. Massivement adaptée et traduite dans de nombreuses langues, elle remporte également de nombreux prix pour ses pièces les plus marquantes telles que 'Une lune entre deux maisons' datant de 1979, première dédiée spécifiquement à la petite enfance, 'Salvador' écrite en 1994 et présentée notamment sur Broadway ou 'L' Ogrelet' qui en 1997 a connu des versions maya et russe. Sa position inédite fait aussi de Suzanne Lebeau une intervenante privilégiée au moment d'évoquer sa spécialité. Ainsi, elle parcourt le monde participant à des ateliers ou à des résidences d'auteurs, enseignant pendant 13 ans l'écriture pour la jeunesse à l'Ecole nationale de théâtre du Canada. Récompensée à moult reprises et louée pour son action, Suzanne Lebeau est indéniablement le meilleur ambassadeur du théâtre destiné à la jeunesse.
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