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Extrait de Crimes au musée ajouté par mademoisellejuliette9a 2018-04-18T21:48:22+02:00

C’est grâce à cette aura qu’elle a toujours eue qu’en tant que fille unique, je bénéficiais par la bande du respect de mes congénères qui scrutaient les courbes sculpturales de maman dans ses tenues moulantes. Les enseignantes n’auraient jamais osé la défier et, envoûtées, elles avalaient toutes ses balivernes pour expliquer le retard d’un devoir ou l’échec à un examen. Maman me couvrait toujours. Elle faisait partie de ces « mères-amies » qui n’imposent aucune autorité. Elle faisait plutôt de moi une complice au quotidien, une confidente, et aussi, très tôt dans la vie, la première juge de ses créations artistiques modernes et originales, voire anticonformistes, pour lesquelles elle se démarquait au Québec comme à l’étranger dès le début des années soixante.

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Extrait de Crimes au musée ajouté par mademoisellejuliette9a 2018-04-18T21:48:07+02:00

La sincérité ne devrait pas se manifester à sens unique. Au contraire. Les dérobades de Théa sont autant d’entraves à notre relation naissante. Tout comme me demander de rester sagement dans la maison dont elle a hérité. Nous en parlerons, lorsqu’elle reviendra. Après tout, ce genre de non-dits a conduit ma relation avec Émilie jusqu’à la rupture.

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Extrait de Crimes au musée ajouté par mademoisellejuliette9a 2018-04-18T21:47:32+02:00

Si j’en croyais en effet tous les films que j’avais vus au cours de ma brève existence, se retrancher dans les W.-C. équivalait à se jeter du haut d’un immeuble après avoir accroché son nœud de cravate au montant de la fenêtre, histoire de ne pas rater son coup. Et voilà que je m’étais joint à la cohorte des imbéciles qui se ruaient dans ces culs-de-sac nauséabonds dès que ça sentait le brûlé et se faisaient illico presto coincer avant qu’on les retrouve pendus, poignardés, étranglés ou percés de vingt trous de balles dans l’espace exigu des chiottes à claire-voie par un matin blafard.

N’ayant pas le temps d’analyser pourquoi la bêtise vous pousse invariablement vers une fin hâtive, j’ai tâté le pouls de l’homme que je venais d’assassiner, par acquit de conscience, car il était clair que personne d’autre ne pourrait jamais le refroidir, j’ai déclaré l’heure de sa mort, seize heures trente-deux, heure locale, si je me fiais à ma montre, je me suis signé vite fait et je l’ai poussé contre la porte. Puisqu’il était là, autant qu’il serve.

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Extrait de Crimes au musée ajouté par mademoisellejuliette9a 2018-04-18T21:47:17+02:00

Pour supporter la jalousie qu’elles suscitent, elles doivent se parer d’une carapace complexe, capable de protéger la chair, le cœur, le ventre et l’âme en même temps. Sinon, meurtries, elles s’extirpent des flots, les yeux pareils à ceux de poissons morts qu’on viendrait d’hameçonner. Celles qui craignent les remous se terrent dans leurs cuisines à l’abri des médisances, et cuisinent des gâteaux et des potages jusqu’à en mourir. L’ennui et l’asservissement tuent au final bien plus sournoisement que les couches protectrices qui coupent le souffle de celles qui se maintiennent sur le champ de bataille de l’ambition et de la réussite. Un tablier de cuisinière n’a jamais sauvé autre chose que les beaux vêtements. Il faut savoir se salir les mains.

Il faut savoir se salir les mains de Claudia Larochelle.

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