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Extrait ajouté par DML12 2012-07-12T19:48:21+02:00

" Et c'est là, dit sentencieusement le directeur , en guise de contribution à cet exposé, qu'est le secret du bonheur et de la vertu : aimer ce qu'on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper. "

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Extrait ajouté par Lili-Prune 2011-04-30T16:23:50+02:00

"On ne peut être indépendant de Dieu que pendant qu'on a la jeunesse et la prospérité." Eh bien voilà que nous avons la jeunesse et la prospérité jusqu'à la fin dernière. Qu'en résulte-t-il ? Manifestement, que nous pouvons être indépendants de Dieu.

[...]

Et pourquoi irions-nous à la recherche d'un succédané des désirs juvéniles, quand les désirs juvéniles ne nous font jamais défaut ? D'un succédané de distractions, quand nous continuons à jouir de toutes les vieilles bêtises absolument jusqu'au bout ? Quel besoin avons-nous de repos, quand notre esprit et notre corps continuent à se délecter dans l'activité ? -de consolation, alors que nous avons le soma ? -de quelque chose d'immuable, quand il y a l'ordre social ?

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-06T18:08:36+01:00

-- Mon cher jeune ami, dit Mustapha Menier, la civilisation n'a pas le moindre besoin de noblesse ou d'héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d'incapacité politique. Dans une société convenablement organisée comme la nôtre, personne n'a l'occasion d'être noble ou héroïque. Il faut que les conditions deviennent foncièrement instables avant qu'une telle occasion puisse se présenter. Là où il y a des guerres, là où il y a des serments de fidélité multiples et divisés, là où il y a des tentations auxquelles on doit résister, des objets d'amour pour lesquels il faut combattre ou qu'il faut défendre, là, manifestement, la noblesse et l'héroïsme ont un sens. Mais il n'y a pas de guerres, de nos jours. On prend le plus grand soin de vous empêcher d'aimer exagérément qui que ce soit. Il n'y a rien qui ressemble à un serment de fidélité multiple ; vous êtes conditionné de telle sorte que vous ne pouvez vous empêcher de faire ce que vous avez à faire. Et ce que vous avez à faire est, dans l'ensemble, si agréable, on laisse leur libre jeu à un si grand nombre de vos impulsions naturelles, qu'il n'y a véritablement pas de tentations auxquelles il faille résister. Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d'une façon ou d'une autre quelque chose de désagréable, eh bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre un congé, de vous évader de la réalité. Et il y a toujours le soma pour calmer votre colère, pour vous réconcilier avec vos ennemis, pour vous rendre patient et vous aider à supporter les ennuis. Autrefois, on ne pouvait accomplir ces choses-là qu'en faisant un gros effort et après des années d'entraînement moral pénible. A présent, on avale deux ou trois comprimés d'un demi-gramme, et voilà. Tout le monde peut être vertueux, à présent. On peut porter sur soi, en flacon, au moins la moitié de sa moralité. Le christianisme sans larmes, voilà ce qu'est le soma.

-- Mais les larmes sont nécessaires. Ne vous souvenez-vous pas de ce qu'a dit Othello ? « Si, après toute tempête, il advient de tels calmes, alors, que les vents soufflent jusqu'à ce qu'ils aient réveillé la mort! » Il y a une histoire que nous contait l'un des vieux Indiens, au sujet de la Fille de Matsaki. Les jeunes gens qui désiraient l'épouser devaient passer une matinée à sarcler son jardin avec une houe. Cela semblait facile; mais il y avait des mouches et des moustiques, tous enchantés. La plupart des jeunes gens étaient absolument incapables de supporter les morsures et les piqûres. Mais celui qui en était capable, celui-là obtenait la jeune fille.

-- Charmant! Mais dans les pays civilisés, dit ]'Administrateur, on peut avoir des jeunes filles sans sarcler pour elles avec une houe; et il n'y a pas de mouches ni de moustiques pour vous piquer. Il y a des siècles que nous nous en sommes complètement débarrassés.

Le Sauvage eut un signe de tête d'acquiescement, avec un froncement des sourcils,

-- Vous vous en êtes débarrassés. Oui, c'est bien là votre manière. Se débarrasser de tout ce qui est désagréable, au lieu d'apprendre à s'en accommoder.

Savoir s'il est plus noble en esprit de subir les coups et les flèches de la fortune adverse, ou de prendre. les armes contre un océan de malheurs, et, en leur tenant tête, d'y mettre fin (1) ... Mais vous ne faites ni l'un ni l'autre. Vous ne subissez ni ne tenez tète. Vous abolissez tout bonnement les coups et les flèches. C'est trop facile. (…) N'est-ce pas quelque chose, que de vivre dangereusement ?

-- Je crois bien, que c'est quelque chose! répondit l'Administrateur. Les hommes et les femmes ont besoin qu'on leur stimule de temps en temps les capsules surrénales.

-- Comment ? interrogea le Sauvage, qui ne comprenait pas.

-- C'est l'une des conditions de la santé parfaite. C'est pourquoi nous avons rendu obligatoires les traitements de S.P.V.

-- S.P.V. ?

-- Succédané de Passion Violente. Régulièrement, une fois par mois, nous irriguons tout l'organisme avec un flot d'adrénaline. C'est l'équivalent physiologique complet de la peur et de la colère. Tous les effets toniques que produit le meurtre de Desdémone et le fait d'être tuée par Othello, sans aucun des désagréments.

-- Mais cela me plaît, les désagréments.

-- Pas à nous, dit l'Administrateur - Nous préférons faire les choses en plein confort.

-- Mais je n'en 'veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché.

-- En somme, dit Mustapha Menier, vous réclamez le droit d'être malheureux.

-- Eh bien, soit, dit le Sauvage d'un ton de défi, je réclame le droit d'être malheureux.

-- Sans parler du droit de vieillir, de devenir laid et impotent ; du droit d'avoir la syphilis et le cancer; du droit d'avoir trop peu à manger; du droit d'avoir des poux; du droit de vivre dans l'appréhension constante de ce qui pourra se produire demain; du droit d'attraper la typhoïde; du droit d'être torturé par des douleurs indicibles de toutes sortes.

Il y eut un long silence.

-- Je les réclame tous, dit enfin le Sauvage. Mustapha Menier haussa les épaules.

-- On vous les offre de grand coeur, dit-il.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-06T18:08:36+01:00

Le dernier arrivant fut Sarojini Engels.

- Vous êtes en retard, dit avec sévérité le Président du Groupe. Que cela ne se reproduise plus.

Sarojini s'excusa et se coula à sa place entre Jim Bokanovsky et Herbert Bakounine. Le groupe était à présent au complet, le cercle de solidarité était parfait et sans défaut. Un homme, une femme, un homme, en un anneau d'alternance sans fin tout autour de la table. Ils étaient là douze prêts à être réunis en un, attendant de se rapprocher, de se fondre, de perdre en un être plus grand leurs douze identités distinctes. Le Président se leva, fit le signe de T, et, mettant en marche la musique synthétique, déchaîna un battement de tambours doux et infatigable et un choeur d'instruments - para-bois et super-cordes - qui répétèrent avec agitation, maintes et maintes fois, la mélodie brève et obsédante du Premier Cantique de Solidarité. Encore, encore - et ce n'était pas l'oreille qui percevait le rythme martelé, c'était le diaphragme; le gémissement et le retentissement de ces harmonies répétées obsédaient non pas l'esprit, mais les entrailles, et créait un ardent désir de compassion.

Le Président fit un nouveau signe de T et s'assit. L'office était commencé. Les comprimés de SOMA consacrés furent placés au centre de la table du repas. La coupe de l'amitié, remplie de SOMA à la glace aux fraises, fut passée de main en main, et avec la formule: "Je bois à mon anéantissement", fut portée douze fois aux lèvres. Puis, à l'accompagnement de l'orchestre synthétique, on chanta le Premier Cantique de Solidarité.

Nous sommes douze, ô Ford; que ta main nous rassemble

Comme au Rû Social gouttelettes tombant,

Ah ! Fais-nous courir tous ensemble,

Plus vifs que ton Tacot ardent !

Douze strophes d'ardeur délirante. Puis la coupe de l'amitié fut passée de nouveau de main en main; "Je bois au Plus Grand Etre", telle était à présent la formule. Tous burent... On chanta le Second Cantique de Solidarité:

Viens, Grand Etre, ô l'Ami Social et certain,

Toi, l'anéantisseur de Douze-en-Un, génie !

Nous voulons mourir, car la fin,

C'est l'aube de Plus Grande Vie !

De nouveau, douze strophes. Quand ils en furent là, le SOMA avait commencé à agir. Les yeux étaient brillants, les joues étaient rouges, la lumière intérieure du bon vouloir universel débordait sur chaque visage en sourires heureux et amicaux. Ils firent le tour de la pièce, procession circulaire de danseurs, chacun d'eux posant les mains sur les hanches du danseur précédent - le firent et le refirent, criant à l'unisson, tapant des pieds au rythme de la musique en marquant, en battant vigoureusement la mesure de leurs mains sur les fesses qui étaient devant eux; douze paires de mains frappant comme une seule, comme une seule, douze fesses résonnant visqueusement. Douze-en-un, douze-en-un. "Je l'entends, je l'entends qui arrive !" La musique s'accéléra; les pieds tapèrent plus vite; plus vite, encore plus vite s'abattirent les mains rythmiques. Et tout à coup une puissante voix synthétique de basse tonitrua les paroles qui annonçaient la fusion consommée et l'accomplissement final de la solidarité, la venue de Douze-en-Un, l'incarnation du Grand-Etre.

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Extrait ajouté par camillel54 2010-08-14T20:43:54+02:00

«Les détails, comme chacun le sait, conduisent à la vertu et au bonheur ; les généralités sont, au point de vue intellectuel, des maux inévitables.»

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Extrait ajouté par camillel54 2010-08-14T20:43:54+02:00

«La science est un danger public. Elle est aussi dangereuse qu'elle a été bienfaisante.»

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Extrait ajouté par camillel54 2010-08-14T20:43:54+02:00

«Le bonheur est un maître exigeant, surtout le bonheur d'autrui.»

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Extrait ajouté par camillel54 2010-08-14T20:43:54+02:00

«Nous ne nous appartenons pas plus à nous-mêmes que ne nous appartient ce que nous possédons. Nous sommes la propriété de Dieu.»

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Extrait ajouté par camillel54 2010-08-14T20:43:54+02:00

«Toute découverte de la science pure est subversive en puissance ; toute science doit parfois être traitée comme un ennemi possible.»

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Extrait ajouté par camillel54 2010-08-14T20:43:54+02:00

«A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation.»

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