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Depuis quand était-il ainsi ? Peut-être au moment même où il s’était retrouvé sur elle… C’était l’effet qu’elle avait toujours sur lui. Sa proximité le mettait systématiquement dans cet état, c’était inévitable, et il n’y avait aucune magie là-dedans. Il le savait maintenant. Et il se trouvait bien idiot d’avoir imaginé qu’un sortilège puisse être à l’origine de son désir, si puissant et impérieux ce dernier soit-il. C’était elle, et elle seule, qui éveillait en lui ces instincts-là.

— J’ai besoin d’être en toi, haleta-t-il, éperdu. Tellement besoin…

Ces paroles lui avaient échappé dans le feu de l’action, mais loin d’effrayer Andraste, elles lui arrachèrent un gémissement en réponse – une approbation espérait-il.

Elle ouvrit les jambes pour qu’il vienne loger les siennes dans cet espace qu’elle lui accordait, et susurra à son oreille :

— Je t’aime, Thadeus Blackmorgan.

Il se figea net. Avait-il vraiment bien entendu ? Comment une telle chose était-elle seulement possible ?

Son cœur, qu’il avait si longtemps cru inexistant, explosa violemment dans sa poitrine, se répandant en mille morceaux, puis se recomposa pour danser la gigue… avant de se resserrer et de se consumer, laissant à la place un vide noir béant et déchirant.

Il se rappela alors qu’il n’avait pas droit à ces mots-là, que lui-même l’aimait trop pour la laisser imaginer nourrir ce genre de sentiments à son égard sans savoir, et qu’il ne pouvait pas non plus lui faire l’amour maintenant…

Pas comme ça. Pas sans qu’elle connaisse toute la vérité.

Et surtout pas ici. Avait-il perdu la tête ?!

Il allait la duper – comme il l’avait si souvent fait, du reste. Cependant, il s’en rendait compte à présent. Et il ne pouvait s’y résoudre. Il s’était promis de ne rien révéler de plus que le strict nécessaire et de broder un peu, éventuellement, pour rendre moins laides certaines choses. Mais c’était malhonnête. Aussi risqué que ce soit – elle reviendrait forcément sur ses positions quant à l’argent après ça – il devait tout lui avouer…

Il se redressa au-dessus d’elle, prenant appui sur ses deux coudes, et plongea dans son regard mauve, brillant d’inquiétude – et sans doute aussi de déception.

— Tu ne dois pas te sentir obligé de répondre, s’empressa-t-elle de préciser, la voix cassée par l’émotion. Je comprends, tu sais, les hommes comme toi ne disent pas ce genre de choses. Ce n’est pas grave. Absolument pas grave.

— Il faut qu’on parle, avisa-t-il dans un grondement enroué.

Il dut se faire violence pour rajuster les jupons d’Andraste sur ses jambes et s’éloigner d’elle. Puis il se releva à regret. Elle l’imita avant même qu’il ait eu le loisir de lui proposer son aide et se mit à battre ses vêtements avec vigueur pour en chasser la poussière. Il devait en être couverts, lui aussi, toutefois il s’en moquait pas mal.

Il faillit suffoquer quand il aperçut une larme dévaler l’arrondi de la joue de la jeune femme pour finir sa course sur l’arête de sa mâchoire. Il venait de lui faire de la peine… et ça ne faisait que commencer.

— Je ne mérite pas ces mots, justifia-t-il en réalisant sa maladresse. J’en rêve depuis le premier jour, mais je n’en suis pas digne. Et je ne crois pas que je le serai jamais.

Elle essuya hâtivement les traces de son dépit, comme s’il n’avait pas pu le remarquer, se tourna vers lui et déclara avec un calme inhabituel :

— Il n’empêche qu’il m’appartient d’en juger. À moi, et à moi seule. Sois tranquille, je ne t’embarrasserai plus avec ça à l’avenir.

Il la suivit dans le vestibule, puis dans le couloir, claqua la porte de ces maudits appartements derrière eux, et l’arrêta en la saisissant par le bras dans les escaliers.

— Andraste, si j’ai élaboré un plan pour t’amener à m’épouser dès notre première rencontre, puis conçu d’autres encore, vaguement plus subtils, par la suite, après avoir découvert qui tu étais, c’est parce que je suis fou de toi depuis le début ! Depuis le moment où tu es venue à moi, complètement nue, dans la salle des douches des domestiques. Bien avant qu’il soit question d’enfant. Ce que j’éprouve pour toi, c’est au-delà des mots, et je peux te répéter autant de fois que tu le désires que je t’aime, parce que c’est la fichue vérité !

Il avait crié beaucoup plus fort qu’il ne l’avait souhaité et se rendit compte après coup que son petit discours ressemblait davantage à une semonce en règle qu’à une déclaration d’amour… Bon sang, ce qu’il pouvait être lamentable à cet exercice !

Andraste battit plusieurs fois des paupières, comme si elle peinait à intégrer ces nouvelles informations. Puis elle répéta très doucement, comme pour contrebalancer son emportement :

— Tu as… élaboré des plans ?

— Oui, cracha-t-il sans parvenir à se calmer. Des putains de stratagèmes foireux, égoïstes et tordus pour t’avoir rien qu’à moi ! Je suis comme ça, buté et obsessionnel… et complètement irrationnel dès lors qu’il s’agit de toi.

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Ils restèrent un bon moment dans cette position. Andraste n'osait pas bouger et Thadeus ne semblait guère prêt à la relacher. Elle commençait à frissonner quand il fit valoir dans un grondement rocailleux :

- Et comment suis-je censé pouvoir te laisser partir après ça ? Tu es un ange tombé du ciel... mon ange tombé du ciel. La seule capable de m'arracher à mes souffrances quelles que soient les circonstances.

....

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— Alors tu quittes le manoir une soirée, une seule et unique soirée, et voilà tout ce que tu trouves à faire ?! Tu te laisses trousser par le premier venu ? Mais comment as-tu pu ?

La jeune fille secoua la tête et répondit ce qui, même à ses propres oreilles, sonnait piteusement :

— Il était malheureux…

— Ah ! À la bonne heure ! Et par conséquent tu t’es dévouée ?! La charité va drôlement loin avec toi !

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— Vous avez beau être le fils d’un duc, vous n’êtes pas un gentleman, le surprit-elle en soutenant son regard malgré sa peur manifeste. Vous êtes bien trop rustre et trop grossier pour ça !

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La main d'Andraste se crispa dans la sienne, comme l'ensemble de son corps, tandis qu'il jurait entre ses dents.

- Mi... milord, murmura-t-elle d'un ton de reproche, contenant également une pointe de panique.

Bien sûr, ce n'était pas le mot grossier qu'il venait de lâcher qui suscitait cette remontrance. Non, en vérité, il s'agissait plutôt du contact de son membre dur, désormais scandaleusement érigé entre eux, tendant son pantalon bien plus que la bienséance ne saurait le tolérer.

Le cas échéant, qu'y pouvait-il ? C'était elle la sorcière, elle qui lui avait jeté un charme. Elle assumerait donc avec lui.

- Je crains que tu ne sois obligée de m'accorder encore quelques danses, ricana-t-il, feignant la désinvolture pour masquer son trouble. Peut-être même toutes. Quel dommage pour tous tes petits gars du carnet !

- Vous le faites exprès ! s'offusqua-t-elle, en lui donnant un coup sur l'épaule, la colère reprenant le pas sur sa faiblesse passagère. Vous adorez me mettre dans l'embarras, n'est ce pas ?

- Ah, ça ! J'adore t’embarrasser, il est vrai. Mais... "le faire exprès" ?! Ne sois pas ridicule, enfin.

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— J’ignore à quoi vous avez pensé précisément, mais un homme de votre rang ne devrait pas s’abaisser à ce genre de manœuvre, quand bien même Rupert vous l’aurait suggéré. Aussi je ne peux que vous féliciter de préférer la méthode alternative, celle qui ne comporte ni démonstration de force à la Blackmorgan, ni menace ou intimidation. Bref, je disais donc, rien de tel que la subtilité. Pour commencer, la demoiselle vous apprécie-t-elle, au moins ?

— Bons dieux Brighton, comment le saurais-je ?!

— Vous devez bien en avoir une petite idée, non ?

Thadeus aurait aimé pouvoir répondre à cette banale question, mais s’en découvrit tout à fait incapable. Irrité de devoir le reconnaître, il s’exclama :

— Non, je n’en sais foutre rien ! S’il m’arrive, pour une raison ou pour une autre, d’avoir l’impression que c’est le cas, elle me démontre aussitôt l’inverse.

— À savoir ? continua le capitaine, la curiosité manifestement piquée au vif.

— Eh bien, qu’elle me déteste, avoua Thadeus, confus. À sa décharge, j’ai commis pas mal d’erreurs…

— Comme user de cet horrible langage en sa présence ? le soupçonna Brighton en se pinçant l’arête du nez. Enfin, passons. Il n’empêche que vous ne la laissez pas indifférente. En soi, c’est plutôt positif. Et sinon, avez-vous essayé de vous montrer gentil et attentionné envers elle ? Obligeant, peut-être ? Aimable, au moins ?

— Par pitié ! Ce sont vos conseils ?

— Non, évidemment, j’aurais dû m’en douter, en déduisit le capitaine, comme pour lui-même. L’avez-vous jamais été avec qui que ce soit, au demeurant ? C’est à se demander comment vous avez fait jusque-là mon ami, même les bonnes attendent en général un minimum de courtoisie de la part d’un homme, si haut placé soit-il.

— J’ai l’habitude de payer, c’est plus simple et moins laborieux que de se montrer courtois, révéla cyniquement Thadeus, éprouvant une gêne inattendue après cet aveu pourtant passablement anodin pour quelqu’un de sa condition.

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- Andraste, si j'ai élaboré un plan pour t'amener à m'épouser dès notre première rencontre, puis conçu d'autres encore, vaguement plus subtils, par la suite, après avoir découvert qui tu étais, c'est parce que je suis fou de toi depuis le début! Depuis le moment où tu est venu à moi, complètement nue, dans la salle des douches des domestiques. Bien avant qu'il soit question d'enfant. Ce que j'éprouve pour toi, c'est au-delà des mots, et je peux te répéter autant de fois que tu le désires que je t'aime, parce que c'est la fichue vérité !

Il avait crié beaucoup plus fort qu'il ne l'avait souhaité et se rendit compte après coup que son petit discours ressemblait d'avantage à une semonce en règle qu'à une déclaration d'amour... Bon sang, ce qu'il pouvait être lamentable à cet exercice !

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— Je t’en supplie, ne danse avec aucun autre ce soir. Je ne le supporterai pas…

Il ferma les yeux pour ne plus voir que l’écran noir de ses paupières et relâcha sa prise à grand-peine, un doigt après l’autre. Il ne perçut qu’un bruissement de jupes, s’éloignant peu à peu, s’accompagnant d’une déchirante sensation de vide. Mais n’était-ce pas ce qu’il ressentait depuis toujours, lorsqu’il ne tenait pas précisément cette jeune femme dans ses bras ?

http://lachroniquedespassions.blogspot.fr/

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Puis, subitement, quelque chose en lui sembla céder. L'inconnu arrondit ses larges épaules et vint caler son front contre l'estomac d'Andraste. Il resta ainsi un certain moment, jusqu'à ce que de longs spasmes silencieux viennent secouer son dos. Pas un bruit ne lui échappa, aucun sanglot ne franchit la barrière de ses lèvres, néanmoins elle sut qu'il pleurait.

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Elle était à lui. Et à lui seul. Sa sorcière, sa malédiction...

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