Les extraits appréciés par Fitzyfool
Tu penses à
celle que tu vois de moins en moins
et qui doit garder son téléphone près d'elle
pendant les soirées entre copines.
Tu penses à
celle qui t'adresse une heure de vocales*
en expliquant son débordement
et qu'elle n'a plus le temps de penser à rien
Tu penses à
celle qui a peur de quitter son travail
son logement
son mec
parce qu'en-dessous du siège héteréjectable il n'y a aucun filet de sauvetage.
Tu penses à
celle qui voudrait créer un lieu où cultiver des modèles écoféministe à réinventer
et qui a passé les trois dernières étés à nourrir le public de son amant DJ.
Tu penses à celle qui
une fois par semaine revit
à la zumba
chaque dernier samedi du mois de juin donnera tout sur scène pendant dix minutes
puis montrera à ses proches la vidéo de sa fierté
qui sera canalisée tranchée et servie entre la bûche et les pâtes de fruit, sans être partagée.
Tu penses à celle qui voulait devenir prof de sport
et qui est maman
à celle qui voulait s'engager en politique
et qui maman
à celle qui essayait de le devenir
maman
depuis deux ans
et que son mec a quittée trois semaines avant la fécondation in vitro
Tu penses à celle qui a cru au petit frère de la seconde chance
et que son mec a quittée trois mois après l'accouchement.
A celle qui aime l'artiste au lieu de le devenir
à celle qui voyage après les chimères de son père
à celle qui s'éteint doucement sans s'en rendre compte
A celles qui vivent sous emprise comme sous anesthésiant - copine tu crois cheminer avancer dérouler le fil du bonheur et quand tu souris ça brille entre tes dents mais ça c'est pas la joie ma fille c'est l'hameçon.
A celles
Toutes celles
qui jonglent avec les paradoxes de leur environnement
Elles valent mieux qu'eux
tes copines sont trop bien pour leur mec
comment leur dire faut-il seulement les prévenir
tu peux toujours l'écrire.
et promettre
tu seras là pour les féliciter de leurs ruptures
Au lieu des enterrements de vie des jeunes personnes
Tu célèbreras les divorces
*: Féminin pluriel par décret immédiat, Académie française tu fais quoi
Afficher en entierDemande-toi ce que ça t'apporte, l'amour en couple, et bafouille, parce qu'au prix de ne pas être seule, tu t'apprêtes à te sacrifier très fort.
Afficher en entierDepuis que tu as arrêté de fréquenter les hommes cisgenre hétérosexuels et par arrêter de les fréquenter tu entends
ne plus les écouter
ne plus les soigner ne plus les éduquer
ne plus les nourrir ne plus les laver ne plus leur rappeler de se couper les ongles de pied
depuis que tu n'as plus à faire semblant de jouir ni de t'intéresser à ce qu'ils disent
Ces hommes n'existent plus
tu ne les vois pas tu n'entends plus leur voix ce n'est pas un handicap c'est un superpouvoir tout comme Mamie n'entend plus du tout la voix de Papi c'est une révélation aveuglante
la cécité sélective
de ton champ sensoriel à toi ces hommes-là ont disparu.
Afficher en entierIl est déjà difficile d’admettre qu’on a subi un abus, pas parce qu’on se sent humiliée, mais parce qu’on doute de dire la vérité. Il est infiniment plus pénible de s’apercevoir que ça aurait pu ne pas avoir lieu, et qu’il aurait peut-être suffi d’une conversation pour s’épargner ça.
Afficher en entierL'adolescence, c'était l'être humain dans toute son énergie, dans toute sa force, dans toute sa rébellion face à l'injustice généralisée. C'était la période où naissait ce qu'une personne pouvait avoir de meilleur en elle. C'était un éveil brutal, une claque dans la gueule, et chacune des réponses à ce choc prouvait que la foi en l'humanité avait une raison d'être. L'enfant grandissait et devait apprendre à se battre, ou bien rendre les armes et rentrer dans ce fameux et étouffant moule dont on avait cette conscience aiguë, quitte à se tordre en tous sens jusqu'à se broyer les os.
Afficher en entierMon père a peur, un mal nouveau pour ce guerrier invaincu et qui lui enserre le corps comme la main glacée de Morrigan elle-même. Il craint de perdre ce royaume qu’il vient à peine de conquérir. Il doute, surtout de lui, jeune roi à peine forgé par le temps. Pour chasser son malaise il demande aux devins de prédire l’issue de la bataille mais les runes se taisent, pierres inutiles au fond d’un trou creusé à même la terre.
Afficher en entierNos guerriers scandent alors la victoire - Boudicca en notre langue. Quand je libère enfin mon premier cri, ma mère est déjà morte.
Ainsi, je suis née Boudicca, fille d'Antedios et des deux Andraste, reine des Icènes.
Afficher en entierCaratacos et Ysbal pivotent soudain vers l’entrée de la salle. Je les imite pour découvrir mon père immobile dans l’ombre des peaux à demi entrouvertes. Depuis combien de temps est-il là ? Assez en tout cas pour que je puisse lire de la fierté dans ses yeux. Il s’avance vers moi, lançant un rapide regard à Caratacos que je n’arrive pas à déchiffrer. Mon père est tout à coup devant moi.
— Ma porteuse de bouclier…
Il pose ses deux mains sur mes épaules. Je devrais être enfin heureuse quand il me serre dans ses bras, quand ses lèvres murmurent je t’aime avant de m’embrasser dans les cheveux. Mais j’ai entendu le mot qu’il a lâché à voix basse en s’immobilisant devant moi : Andraste. Faut-il que la déesse soit à ce point cruelle pour m’avoir faite si ressemblante à ma mère – sa porteuse de bouclier ?
Afficher en entierIt was so peaceful just to watch him, his fine handsome figure, making his way through the deep blue liquid darkness of December, his quiet solitude, his self-containment, and she felt so happy, so grateful that they lived in the same city, where she could see him even without meaning to, where he could appear like this in front of her just when she needed most to see him, someone who had loved her for her entire life. All of that.
Afficher en entierParce que tout est fictif et que rien n'est faux. Parce que toi et moi, Manon, on a toujours su mentir vrai.
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