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Les extraits appréciés par Fitzyfool

Parfois, Akhila se disait que ce qu’elle voulait le plus, c’était une identité qui lui soit propre. Elle avait toujours été le prolongement de quelqu’un d’autre. La fille de Chandra, l’Akka de Narayan, la tante de Priya, la belle-sœur de Murthy… Akhila aurait aimé qu’enfin on la considère comme une personne à part entière.

[…]

Que si Akhila brûlait de trouver un homme et de laisser ses sens libres d’explorer et de chercher l’assouvissement, que si elle souhaitait qu’un home l’aime assez pour remplir ses silences et tout partager avec elle, elle ne voulait pas d’un mari. Elle ne voulait pas redevenir un simple prolongement.

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L’un après l’autre, ils quittèrent la pièce, convaincus qu’elle entendrait raison. Que n’importe quelle femme lui dirait cette vérité universelle connue de tous, sauf d’elle, semblait-il : combien il étai horrible pour une femme d’être seule. Elle redeviendrait leur timide et douce sœur aînée et on pourrait oublier tout cela en le mettant sur le compte d’un accès temporaire et inexplicable de folie.

Mais le rire résonnait en elle. Le rire insolent de Karpagam.

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« L’égalité dans le mariage, ça n’existe pas, disait Amma. Mieux vaut accepter l’idée que la femme est inférieure à son mari, on évite les disputes et les désaccords. C’est quand on veut prouver qu’on est l’égale de l’homme que se produisent des conflits incessants. C’est tellement plus simple d’accepter la place qui nous est attribuée et de vivre en conséquence. La femme n’est pas faite pour jouer un rôle d’homme. Sinon, les dieux ne l’auraient pas créée comme elle est. Alors, qu’on arrête de parler d’égalité dans le mariage ! »

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Il y avait une longue file d’attente à l’autre bout de la salle. Une longue file composée en grande partie de femmes. Les maris, les frères et parfois les pères montaient la garde, tournant autour d’elles pendant qu’elles faisaient la queue, tripotaient l’extrémité du pallu de leur sari et balançaient leur poids d’une jambe à l’autre, dans l’attente de leur tour.

Akhila lu le panneau au-dessus du guichet et, constatant qu’il s’agissait d’une file réservée aux femmes, aux personnes âgées et aux handicapés, elle ne sut si elle devait e sentir offensée ou, au contraire, honorée. Le souci de la Société des chemins de fer avait u certain charme désuet, vestige d’une galanterie qui voulait qu’une femme ne soit pas soumise à la bousculade et à l’affluence, aux regards lubrique et aux mains baladeuses, aux odeurs de transpiration et aux insultes qui constituaient le lot commun de ceux qui attendaient à la « queue ordinaire ». Mais pourquoi tout gâcher en assimilant les femmes aux vieillards et aux handicapés ?

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C’est ainsi depuis toujours ; l’odeur d’un quai de gare, la nuit, fait naître en Akhila l’envie de s’évader.

Le long corridor de béton qui se déroule dans la nuit, ponctué par des panneaux et par l’alternance de l’ombre et de l’éclairage de la gare. Le mouvement des aiguilles d’une pendule qui donne un rythme d’urgence au vacarme des écrans de télévision suspendus et au grincement des chariots chargés de paniers et de sacs. Le grésillement du système de sonorisation qui s’anime en crachotant pour annoncer les arrivées et les départs. Le jasmin enroulé dans des chevelures, la sueur et la brillantine, le talc et la nourriture rance, les sacs de jute humides et l’odeur verte des paniers de bambou fraîchement tressés. Akhila hume tous ces parfums et, de nouveau, l’évasion lui vient à l’esprit. Une vague de gens s’évadant tous dans une infinité kaléidoscopique foisonnante qui dépasse son entendement.

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Depuis toujours, je les lisais en ne regardant que les dessins. Il y avait bien ces signes dans les bulles blanches, qui sortaient de la bouche des personnages, mais je les ignorais.

Puis un jour, ces signes ont commencé à prendre sens ! Ca...pi...taine... ?!?! Had...DOCK ??

C'est pas du tout l'histoire que j'avais imaginée !

Ce que je découvrais était infiniment mieux que ce que je m'étais raconté. Je me mis à lire frénétiquement. Je bouchais mes oreilles pour mieux entendre les voix des personnages.

"Cirssulèze" ... "Cirssulèze" ... Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

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Certains me demandent : "Pourquoi employer le mot féministe? Pourquoi ne pas vous contenter de dire que vous croyez profondément aux droits de l'homme, ou quelque chose comme ça?" Parce que ce serait malhonnête. Le féminisme fait à l'évidence partie des droits de l'homme, mais se limiter à cette vague expression des droits de l'homme serait nier le problème particulier du genre. Ce serait une manière d'affirmer que les femmes n'ont pas souffert d'exclusion pendant des siècles. Ce serait mettre en doute le fait que ce problème ne concerne que les femmes. Qu'il ne s'agit pas de la condition humaine mais de la condition féminine. Durant des siècles, on a séparé des êtres humains en deux groupes, dont l'un a subi l'exclusion et l'oppression. La solution à ce problème doit en tenir compte, ce n'est que justice.

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D'après un journaliste, (il fallait) éviter à tout prix de me présenter de la sorte (comme féministe) car les féministes sont malheureuses, faute de trouver un mari.

Cela m'a incitée à me présenter comme une Féministe Heureuse.

Puis une universitaire nigériane m'a expliqué que le féminisme ne faisait pas partie de notre culture, que le féminisme n'était pas africain, et que c'était sous l'influence des livres occidentaux que je me présentais comme féministe.

(...) puisque le féminisme n'était pas africain, j'ai décidé de me présenter comme une Féministe Africaine Heureuse.

C'est alors qu'un de mes proches amis m'a fait remarquer que me présenter comme féministe était synonyme de haine des hommes. J'ai donc décidé d'être désormais une Féministe Africaine Heureuse qui ne déteste pas les hommes, qui aime mettre du brillant à lèvres et des talons hauts pour son plaisir, non pour séduire les hommes.

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Quand Fatia a relevé la tête elle a dit mon corps est sec. Mon corps est sec parce que je l'ai voulu comme ça tu comprends. Mon corps est sec et ne peut lui donner d'enfant, alors il crie, il jette les objets à travers la chambre, il donne des coups de poing dans les portes, il veut un fils, il dit qu'il n'attendra pas plus longtemps, qu'il prendra une autre femme. Mon corps est sec, Laure, parce que je le veux.

Alors, Laure enlace ce corps qui brille de toute sa solitude, ce corps rendu stérile par la maladie. Aride.

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Vous n'avez pas besoin de mourir pour renaître.

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