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Quand Irys et Ari partirent pour organiser notre « évasion », Valek m’attira à lui. Nous échangeâmes un baiser plein de passion et de désespoir.

Lorsque nous nous séparâmes enfin pour reprendre notre souffle, je lui dis :

– Viens avec moi.

Ce n’était ni une supplication ni un ordre, mais une invitation.

Les yeux bleus de Valek se fermèrent de douleur.

– Je ne peux pas.

Je me détournai avec l’impression de m’être changée en pierre, mais Valek me ramena vers lui.

– Elena, tu as besoin d’apprendre. De retrouver ta famille. D’ouvrir tes ailes et de voir jusqu’où tu peux voler. Mais tu n’as pas besoin de moi. Pas pour l’instant. C'est le Commandant qui a besoin de moi.

Je me cramponnai à lui de toutes mes forces. Il avait raison, je n’avais pas besoin de lui. Mais je voulais qu’il soit avec moi pour toujours.

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Je fis le bilan de tout ce que j’avais accompli en un an et demi, depuis que j’avais tué Reyad. J’avais surmonté mes peurs pour me faire des amis, affronté mes ennemis, trouvé l’amour… Je réfléchis à moi-même, à celle que j’étais, à ce que j’en pensais. Je me tournai vers mon reflet dans le grand miroir posé contre le mur. J’avais littéralement l’air d’une folle : cheveux emmêlés, chemise maculée de sang, visage taché de crasse et de larmes. Un reflet très semblable à celui que j’avais aperçu dans les bains, au début de ma carrière de goûteuse... et pourtant, quelque chose avait changé. Les ombres de doute sur mon visage avaient disparu.

Je regardai au fond de moi-même, et trouvai mon âme. Elle était usée, déchirée par endroits, mais elle était là. A mon grand étonnement, je compris qu’elle l’avait toujours été. Reyad et Mogkan n’avaient jamais réussi à la chasser de mon corps. Sinon, à l’heure qu’il était, je serais enchaînée au sol parmi les autres zombies.

J’étais maître de moi-même. Cette nouvelle Elena qui me regardait était libre. Débarrassée de ses démons, lavée de ses poisons.

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– Au fil des années, j’ai vu le Commandant atteindre les buts qu’il s’était fixés avec une farouche détermination, sans jamais recourir à une violence excessive. Il n’a été corrompu ni par le pouvoir ni par la cupidité. Il est constant et loyal envers son peuple. Personne n’a jamais compté davantage pour moi. Du moins, jusqu’à maintenant.

Je retins ma respiration. J’avais posé une question simple ; je ne m’étais pas attendue à une réponse aussi intime.

– Elena, tu m’as rendu fou. Tu m’as causé des ennuis considérables et j’ai déjà envisagé à deux reprises de te tuer.

Le souffle de Valek dans mon oreille envoya un frisson le long de mon dos.

– Mais je t’ai dans la peau, dans le sang… Tu as envahi mon cœur.

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A titre d’essai, je mobilisai ma nouvelle sensibilité magique. Dirigeant mon attention vers le sol, je fis le tour de la clairière. Rien. Je continuai à tourner, décrivant des circuits différents. Au moment où je commençais à m’ennuyer, la plante de mes pieds me sembla soudain brûlante. J’avançai d’un pas, elle refroidit. Je reculai et tournai jusqu’à sentir de nouveau la chaleur qui émanait du sol.

Je sortis mon grappin et creusai à l’endroit que mon corps m’indiquait. Je reconnus rapidement un lambeau de tissu déchiré : le ruban de l’amulette. Prise de frénésie, je rejetai le grappin et creusai avec les ongles.

L'amulette était là. Ternie, couverte de terre, mais intacte. Je pressai la flamme de métal contre ma poitrine. C'était d’elle que la chaleur émanait. Fredonnant un petit chant de victoire, je rebouchai le trou, essuyai la médaille sur mon pantalon et l’accrochai autour de mon cou, avec mon pendentif en forme de papillon.

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– Combien sont-ils ? Où ?

J’empoignai ma canne et balayai la forêt du regard.

– Star. Deux hommes de main l’accompagnent. Ils sont tout près. Ils ont promis d’annuler ma dette si je t’attirais ici.

A mieux y regarder, je vis que les joues de Rand étaient tachées de larmes.

– Eh bien, tu as fait du bon travail ! crachai-je. Pour une fois, tu as eu le courage d’aller jusqu’au bout.

– Non ! s’écria-t-il. Je ne peux pas ! Cours, Elena, enfuis-toi !

Je fis un pas en arrière ; les yeux de Rand s’écarquillèrent.

– Non ! hurla-t-il en me poussant brusquement.

Je m’étalai sur le sol. Quelque chose frôla mon oreille en sifflant et Rand s’écrasa près de moi, une flèche plantée dans la poitrine. Une corolle de sang fleurit sur sa chemise blanche.

– Cours…, murmura-t-il. Vite.

– Non, Rand, dis-je en époussetant la terre de son visage. Je suis fatiguée de courir.

– Pardonne-moi, Elena.

Ses yeux pleins de larmes me jetèrent un regard suppliant.

– Je te pardonne.

Il soupira une dernière fois, puis il cessa de respirer. Ses yeux se ternirent. Je couvris son visage avec sa capuche.

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– Encore une chose, Elena…

L'attitude et le ton de Valek étaient curieusement raides et solennels.

– J’aimerais t’offrir ceci.

Il ouvrit la main. Sur sa paume se trouvait le merveilleux papillon que j’avais vu dans son atelier. Les taches argentées de ses ailes luisaient au soleil; une chaîne d’argent traversait un petit trou percé dans son abdomen.

Valek me mit le collier autour du cou.

– Quand j’ai sculpté cette figurine, je pensais à toi. Fragile en apparence, mais pourvue d’une force insoupçonnable.

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Je pris mon courage à deux mains et lui avouai que j’avais compromis toute l’opération clandestine contre Star. Le visage de Valek se durcit.

– C'est votre faute ! m’exclamai-je. C'est pour vous défendre que j’ai dit ça !

Valek encaissa en silence.

– Pour défendre mon honneur, tu as gâché des mois de travail, dit-il enfin. Je dois en être flatté ?

– Absolument.

Je refusais de me sentir coupable. S'il n’avait pas décidé de tester ma loyauté, et s’il ne s’était pas ensuite servi de moi pour les besoins de son enquête, nous n’en serions pas là.

Il se laissa retomber dans le divan et se massa les tempes.

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– Vous êtes condamné à mort pour le meurtre de votre fils, âgé de trois ans. Vous avez déclaré que c’était un accident. Est-ce exact ?

– Oui. Ma femme venait juste de mourir. Je n’avais pas l’argent pour engager une nounou. Je ne l’ai pas vu passer devant la charrue.

La voix de l’homme était déformée par le chagrin.

– En Ixia, aucune excuse n’est acceptée, Tarzil.

– Je sais, monsieur. De toute façon, je veux mourir. Je ne peux pas vivre avec cette culpabilité.

– Dans ce cas, la mort n’est pas vraiment une punition adéquate, n’est-ce pas ?

Valek n’attendit pas la réponse du prisonnier.

– Vivre serait une punition bien plus cruelle. Or, il se trouve qu’un fermier et sa femme viennent de connaître une mort tragique, laissant derrière eux une grande exploitation agricole et trois garçons de moins de six ans. Officiellement, Tarzil sera pendu demain ; en réalité, on vous escortera jusqu’au DM-4, où vous vous chargerez des cultures de maïs et de l’éducation des enfants. A mon avis, la première chose à faire est d’engager une nounou. Entendu ?

– Mais…

– Le Code de Conduite est extrêmement efficace pour purger Ixia des éléments indésirables, mais il lui manque la compassion la plus élémentaire. L'un de mes associés passera vous rendre visite de temps en temps.

Tapie derrière les cartons, je me raidis, incrédule. Le mot compassion était aussi incongru dans la bouche de Valek que des excuses l’eussent été dans la bouche de Margg.

On frappa de nouveau à la porte.

– Oui, dit Valek. Entrez, Wing. Comme toujours, vous arrivez exactement au moment voulu. Avez-vous les documents ?

J’entendis un bruissement de papiers.

– Voici votre nouvelle identité, dit Valek. A présent, je crois que tout est réglé. Wing vous escortera jusqu’au DM-4. Adieu, Tarzil.

– Au revoir, monsieur, dit Tarzil d’une voix rauque.

Sans doute était-il bouleversé. Il y avait de quoi, car on venait de lui offrir une nouvelle vie.

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Il était sur le point de partir, mais je le retins.

– Janco, que signifient ces symboles ?

Je lui montrai les signes gravés dans le manche du cran d’arrêt. Janco eut un sourire amusé.

– C'est le code de guerre qu’utilisait le roi pour envoyer des messages à ses troupes. Un code extrêmement difficile à déchiffrer. Certains membres de la garde s’en servent encore : les éclaireurs, par exemple.

– Oui, mais qu’est-ce que ça signifie ?

Son sourire s’agrandit.

– Ce serait trop facile, Elena. Je suis sûr que tu trouveras… au bout d’un moment.

Il éclata de rire.

– Reviens, Janco. J’ai envie de te donner un coup de pied.

– Ce serait avec grand plaisir, ma chère, dit-il en s’esquivant, mais je suis déjà en retard.

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– J’avais espéré renvoyer ce rat au donjon, se lamenta Margg. Tant qu’elle sera en liberté, elle représentera un danger.

Exaspérée, elle enfonça un doigt boudiné dans mon bras.

L'instant d’après, je tordais son bras derrière son dos. Elle poussa un cri de douleur tandis que je tirais sa main vers le haut, la forçant à se pencher en avant.

– Je ne suis pas un rat ! dis-je entre les dents. J’ai prouvé ma loyauté une fois pour toutes. Maintenant, j’aimerais que tu me fiches la paix. Fini d’inscrire des petits messages dans la poussière, de fouiner dans mes affaires. Fais attention : la prochaine fois, je te casse le bras.

Je la repoussai loin de moi, elle trébucha et s’écrasa sur le sol. Péniblement, elle se releva, visage en feu, bouche ouverte, prête à protester. Mais Valek s’interposa.

– Bien parlé, Elena. Margg, tu peux disposer.

La gouvernante referma la bouche avec un petit claquement, pivota sur ses talons et quitta la pièce.

– Elle n’est pas sympathique, dis-je.

– Non. C'est pour cela que je l’apprécie.

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