Les extraits appréciés par Cleote
Il est difficile de porter un flingue à Saint Louis en plein été. À l’épaule ou à la hanche, le problème reste le même. Si on met une veste pour le dissimuler, on fond littéralement de chaleur. Si on le range dans son sac, on se fait tuer, parce que aucune femme n’est capable de retrouver un truc dans son sac en moins de douze minutes. Une loi universelle.
Afficher en entierSur notre gauche, je vis quelques boutiques, une résidence, un jardin public, puis un cimetière et une maison de retraite. Je me suis toujours demandé si les promoteurs ont fait exprès de la construire à proximité. Pour des raisons pratiques peut-être?
Le cimetière est là depuis beaucoup plus longtemps que la maison de retraite. Certaines pierres tombales datent du début du XIXe siècle. Il faut vraiment être sadique pour forcer des petits vieux à contempler ce qui les attend par la fenêtre de leur chambre.
Afficher en entierCHAPITRE PREMIER
Déjà longtemps avant sa mort, Willie McCoy était un abruti. Qu'il ait rendu l'âme ne changeait rien à l'affaire. Il était affublé d'une veste écossaise voyante et d'un pantalon vert criard, et ses cheveux noirs coupés court et lissés en arrière mettaient en valeur son visage osseux triangulaire.
Il m'a toujours fait penser aux seconds rôles des vieux films de gangsters. Le genre de type qui vend des renseignements à la police, qui fait les courses pour tout le monde et dont on n'hésite pas à se débarrasser le moment venu.
Maintenant que Willie était un vampire, plus question de l'éliminer. Mais il continuait son boulot d'indic, rendant de petits services à l'occasion. Bref, la mort n'avait pas réussi à le transformer. Mais je préférais éviter de le regarder dans les yeux, au cas où...
C'est la procédure habituelle quand on traite avec un vampire. Willie McCoy était jadis un individu douteux. À présent, c'était un individu douteux et un mort-vivant. Une catégorie encore inconnue pour moi.
Nous étions installés dans mon bureau, où le climatiseur ronronnait tranquillement. Les murs bleu pastel, une couleur que mon patron, Bert, juge apaisante, conféraient à la pièce une certaine froideur polaire.
— La fumée te dérange ? demanda Willie McCoy.
— Oui.
— Bon Dieu, tu n'as pas l'intention de me faciliter la tâche, pas vrai ?
Je le fixai un instant. Ses yeux étaient toujours du même marron qu'avant. Quand il s'aperçut que je le regardais, je baissai la tête.
Willie s'esclaffa. Un son curieux proche de l'éternuement. Sa façon de rire n'avait pas changé non plus.
— Ça, ça me plaît. Tu as peur de moi.
— Je n'ai pas peur, je suis prudente, c'est tout.
— Rien ne t'oblige à l'admettre, mais je sens sur toi l'odeur de la peur, comme si elle me chatouillait les narines. Et tu as peur de moi parce que je suis un vampire.
Je haussai les épaules. Qu'ajouter à ça ? Comment mentir à quelqu'un qui est capable de renifler la trouille ?
— Pourquoi es-tu venu me voir, Willie ?
— Bon Dieu, j'aimerais vachement m'allumer une clope.
À la commissure de ses lèvres, un repli de peau tressauta.
— J'ignorais que les vampires avaient des tics nerveux.
Il passa une main sur le coin de sa bouche et sourit.
— Certaines choses ne changent jamais, fit-il en dévoilant ses canines.
J'eus envie de lui demander de préciser quelles choses changent. Quel effet ça fait d'être crevé ?
Je connaissais d'autres vampires, mais Willie était le premier type que je revoyais après sa mort. Une impression très particulière...
— Qu'est-ce que tu veux ?
— Je suis venu t'offrir de l'argent. Pour devenir ton client.
Évitant de croiser son regard, je levai les yeux vers lui. La lumière du plafonnier se reflétait sur son épingle de cravate. De l'or massif ! Avant, Willie n'aurait jamais possédé un bijou pareil. Pour un cadavre ambulant, il se débrouillait pluiôt bien.
— Je gagne ma vie en relevant les morts. Pourquoi un vampire aurait-il besoin de ranimer un zombie ?
Il secoua la tête.
— Rien à voir avec ces machins vaudous ! Je veux t'embaucher pour que tu retrouves des assassins.
— Je ne suis pas détective privé.
— Mais tu bosses souvent avec la police, non ?
— Exact, mais tu pourrais louer directement les services de Mlle Sims. Inutile de me demander de jouer les intermédiaires.
Encore un bref mouvement de la tête.
— Elle ne connaît pas les vampires aussi bien que toi. Je soupirai et jetai un coup d'œil à la pendule murale.
— Willie, on pourrait peut-être s'en tenir là, il faut que je parte dans un quart d'heure. Je déteste que mes clients poireautent seuls dans un cimetière. Ils finissent par perdre patience.
Il éclata de rire. Malgré les canines, je trouvais son rire narquois rassurant. Mais les vampires ne devraient-ils pas avoir un rire riche et mélodieux ?
— Ça ne m'étonne pas. Ça ne m'étonne pas du tout !
Comme si une main invisible avait effacé sa gaieté, Willie redevint sérieux.
La peur me noua l'estomac. Les vampires passent en un éclair d'une expression à l'autre, comme s'il leur suffisait d'appuyer sur un bouton. S'il pouvait faire ça, de quoi d'autre était-il capable ?
— Tu dois avoir entendu parler des vampires qui se font massacrer dans le District ?
Il m'avait posé une question ; je lui répondis.
— Je suis au courant.
Quatre vampires avaient été égorgés dans le quartier des nouveaux clubs réservés à leurs semblables. On leur avait arraché le cœur et coupé la tête.
— Tu travailles toujours pour les flics ?
— On m'a nommée auprès du nouveau groupe d'intervention.
Il éclata encore de rire.
— Ah ouais, la fameuse Brigade du Surnaturel... Celle qui manque d'argent et d'hommes ?
— Tu viens de décrire la situation de la plupart des forces de police de cette ville.
— C'est possible, mais les flics pensent comme toi, Anita. Un vampire mort de plus ou de moins, qu'est-ce que ça représente ? Aucune loi, même nouvelle, ne changera ça.
Deux ans s'étaient écoulés depuis l'affaire Addison-Clark. Le procès avait accouché d'une définition révisée de ce qu'était la vie... et de ce que la mort n'était pas. Dans nos bons vieux États-Unis d'Amérique, le vampirisme était désormais légal.
Un des rares pays à le reconnaître... Contraints de refouler les vampires étrangers qui voulaient s'installer chez nous par troupeaux entiers, les employés des services de l'immigration s'arrachaient les cheveux.
Dans les tribunaux, on débattait d'une multitude de questions. Les héritiers étaient-ils tenus de rendre les biens qu'ils avaient récupérés ? Si une femme mariée bénéficiait du statut de morte-vivante, fallait-il considérer que son mari était veuf ? Tuer des vampires était-il un meurtre ? Un mouvement populaire prétendait même leur donner le droit de vote. Comme l'a si bien dit Bob Dylan, « les temps changent » !
Fixant le mort-vivant assis en face de moi, je haussai les épaules. Si j'estimais qu'un vampire mort de plus ou de moins n'avait aucune importance ? Peut-être, oui...
— Si tu crois que c'est ce que je pense, pourquoi t'adresser à moi ?
— Parce que tu es la meilleure dans ta catégorie. Et nous avons besoin de ce qui se fait de mieux en la matière. La première fois qu'il utilisait le « nous »...
— Pour qui travailles-tu, McCoy ?
Un sourire finaud apparut sur le visage de Willie, comme s'il savait quelque chose que j'aurais dû savoir aussi.
— Ça ne te regarde pas. Il y a beaucoup de fric en jeu. Pour enquêter sur ces meurtres, nous cherchons un oiseau de nuit.
— J'ai vu les cadavres, Willie. Et j'ai donné mon avis à la police.
— Ton analyse ?
Les mains posées à plat sur mon bureau, il se pencha en avant. Ses ongles étaient blancs, presque exsangues.
— J'ai fait un rapport complet, que j'ai remis aux flics.
Je levai les yeux vers lui, toujours sans le regarder en face.
— Et ces quelques renseignements, tu ne me les donneras pas ?
— Je ne suis pas autorisée à parler avec toi de ce qui concerne les forces de police.
— Je leur avais dit que tu refuserais leur offre.
— Quelle offre ? Tu ne m'as encore rien expliqué...
— Nous voulons que tu enquêtes sur l'assassinat de ces vampires, pour découvrir qui, ou quoi, en est responsable. Nous sommes prêts à te payer le triple de tes honoraires habituels.
Ça expliquait pourquoi Bert, le mercenaire type, avait arrangé cette rencontre. Il connaissait mon aversion pour les vampires, mais mon contrat m'obligeait à recevoir tous les clients qui lui avaient versé des honoraires. Pour de l'argent, mon patron accepterait tout et n'importe quoi. Le problème, c'est qu'il pense que je devrais en faire autant.
Nous n'allions pas tarder à avoir une petite explication...
Je me levai.
— La police est sur l'affaire et je lui fournis toute l'aide dont je suis capable. En un sens, je suis déjà en train de bosser sur cette enquête. Ne gaspille pas ton argent.
Les yeux rivés sur moi, Willie me regardait sans bouger. Pas la raideur caractéristique des cadavres déjà anciens, mais ça y faisait penser.
Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale, et je luttai contre l'envie de sortir le crucifix caché sous ma chemise, histoire de chasser Willie de mon bureau. Hélas ! expulser un client en me servant d'un article consacré semblait fort peu professionnel. Je conservai mon calme, attendant que le client en question se décide à bouger.
— Pourquoi refuses-tu ?
— Willie, on m'attend. Navrée de ne pas pouvoir t'aider, crois-le bien.
— Dis plutôt que tu ne veux pas nous aider.
— Comme il te plaira.
Faisant le tour de mon bureau, je le raccompagnai à la porte.
Willie bougeait avec une rapidité et une fluidité dont il n'avait jamais fait preuve auparavant, mais j'anticipai son mouvement et reculai d'un pas pour éviter sa main tendue vers moi.
— Je ne suis pas une de ces jolies idiotes qu'on couillonne avec quelques tours de magie à trois ronds !
— Tu m'as vu bouger.
— Non, je t'ai entendu. Tu es un tout jeune mort, Willie. Vampire ou non, il te reste beaucoup à apprendre.
Le bras à moitié déplié dans ma direction, il fronça les sourcils.
— Possible, mais aucun humain n'aurait pu réagir comme tu viens de le faire.
Il se rapprocha d'un pas, sa veste écossaise me frôlant. Tout près l'un de l'autre, il était facile de constater que nous faisions la même taille. Petits tous les deux !
Ses yeux étaient exactement à la hauteur des miens. Prudente, j'entrepris de contempler son épaule.
Au prix d'un effort démesuré, je réussis à ne pas m'écarter. Mort-vivant ou pas, c'était toujours Willie McCoy, et je n'avais pas envie de lui faire ce plaisir.
— Tu n'es pas plus humaine que moi, lâcha-t-il.
Je me décidai à ouvrir la porte.
Je ne m'étais pas écartée, j'étais allée ouvrir, nuance ! Enfin, je tentai d'ignorer la sueur que je sentais ruisseler dans mon dos. Mais la boule, dans mon estomac, prouvait que je ne trompais personne.
— Il faut vraiment que j'y aille. Merci de t'être adressé à Réanimateurs Inc.
Je lui fis mon plus beau sourire professionnel, parfaitement hypocrite mais éblouissant.
Il s'immobilisa sur le seuil de la porte.
— Pourquoi ne pas travailler avec nous ? Faut que je donne une explication en rentrant.
Je n'en aurais pas mis ma main à couper, mais il y avait comme de la peur dans sa voix. Aurait-il des problèmes à cause de mon refus ? J'étais désolée pour lui... et consciente que c'était idiot. Il s'agissait d'un mort-vivant, bonté divine !
Planté dans l'encadrement de la porte, il me dévisageait : c'était toujours Willie, avec ses vestes ringardes et ses petites mains nerveuses.
— Peu importe le nom de tes employeurs. Dis-leur que je ne travaille pas pour les vampires.
— Une règle à laquelle tu ne déroges jamais ?
— Une règle incontournable, oui...
— En béton !
Une ombre passa sur son visage et j'eus l'impression fugitive de revoir le bon vieux Willie. Je lui faisais presque pitié.
— J'aurais préféré que tu acceptes, Anita. Ces gens n'aiment pas qu'on leur dise non.
— Là, tu dépasses les limites de mon hospitalité ! J'ai horreur qu'on me menace...
— C'est pas une menace, Anita. Juste la vérité.
Il rajusta sa cravate, caressa du bout des doigts l'épingle en or toute neuve, se redressa de toute sa taille et sortit.
Je refermai la porte et m'adossai au battant. Mes genoux menaçaient de se dérober, mais je n'avais pas le temps de m'asseoir ou de trembler. Mme Grundick était probablement au cimetière, attendant avec son petit sac noir et ses grands fils que je relève son mari. Pour résoudre le problème que posaient deux testaments très différents, il fallait subir des années de procédures juridiques coûteuses ou ramener Albert Grundick à la vie et lui demander son avis.
Tout le matos était dans ma voiture, y compris les poulets. Je sortis le crucifix caché sous ma chemise et le mis bien en évidence. J'avais plusieurs armes et je savais m'en servir. Un tiroir de mon bureau contenait un Browning Hi-Power 9 mm qui pesait un peu plus d'un kilo, plus les balles en argent. L'argent ne suffit pas à tuer un vampire, mais ça le décourage, puisqu'il est ralenti par la cicatrisation de ses blessures, devenue aussi lente que chez les humains.
Essuyant mes paumes moites sur ma jupe, je sortis de mon bureau.
Craig, le secrétaire de nuit, pianotait frénétiquement sur le clavier de l'ordinateur. Il écarquilla les yeux en me voyant marcher d'un pas mal assuré sur l'épaisse moquette. Peut-être à cause de la croix qui se balançait au bout de sa longue chaîne. Ou du holster que je portais à l'épaule, exposant à la vue mon Browning 9 mm.
Il se garda de faire le moindre commentaire. Un homme intelligent.
Je passai un joli petit blouson en velours. Le vêtement ne dissimulait pas la bosse, sous mon aisselle, mais ce n'était pas grave.
Je doutais que les Grundick et leurs avocats soient en mesure de remarquer quoi que ce soit.
Afficher en entierLa femme me sourit, mais ses yeux étaient rivés sur mes cicatrices. Elle passa la langue sur ses lèvres. Je vis sa poitrine se soulever d’émotion.
- « Viens dans ma chambre, propose l’araignée à la mouche. »
- Qu’est-ce que tu as dit? demanda Philip.
Je secouai la tête. Il ne devait sans doute pas connaître ce poème. Je ne me souvenais plus de la fin. La mouche s’en sortait-elle? Mon estomac était noué.
La femme éclata d’un rire légèrement aviné. En montant les marches du perron, je chuchotai la réponse de la mouche.
- « C’est en vain que tu me supplies, car je sais que ceux qui s’aventurent dans ta tanière jamais n’en ressortent. »
Jamais n’en ressortent…Ça commençait mal.
Afficher en entierSa main fraiche posée sur mon front – pour garder les os de mon crâne en place, peut-être – Jean-Claude me tenait par la taille. Sa voix m'était d'un grand secours. Il parlais en Français, d'une voix très douce. Je ne comprenais pas un mot de ce qu'il disait, mais ça n'avait aucun importance. Sa voix me soutenait et me berçait, apaisant la souffrance.
Il me serra contre lui … et j'étais bien trop faible pour protester …
Jean-Claude m'essuya la bouche avec un linge humide.
- Tu te sens mieux, maintenant ? demanda-t-il.
- Oui.
Afficher en entier" - Anita Blake, me demanda Zachary
- L'exécutrice... oui
- Vous n'êtes pas assez grande pour être l'Exécutrice
- Moi aussi, ça me déçoit."
Anita Blake et Zachary
Afficher en entierComme dans un rêve, des voix flottaient dans l'obscurité.
- On n'aurait pas dû la déplacer.
- Tu préfères désobéir à Nikolaos ?
- C'est quand même moi qui l'ai amenée ici, que je sache.
La voix d'un homme.
- C'est vrai, dit une femme.
J'étais allongée, les yeux fermés. Non, je ne rêvais pas. Je me souvenais très bien du bras d'Aubrey surgissant de nulle part. Il s'était contenté de me frapper du revers de la main, mais s'il avait opté pour un coup de poing...
Enfin, j'étais encore vivante.
- Anita, réveille-toi !
J'ouvris les yeux. Un flot de lumière se répandit aussitôt sous mon crâne, et je baissais aussitôt les paupières, refusant à la fois la lumière et la douleur. En vain. La douleur subsistait. Je voulus tourner la tête sur le coté. Une nouvelle erreur ! La souffrance était si forte que j'en eu la nausée. Comme si les os de mon crâne avait décider de se désolidariser les uns des autres. Plaquant les mains sur mon visage je gémis.
- Anita, ca va ?
Pourquoi les gens se croyaient ils obligés de poser cette question, alors qu'il est évident que ça ne va pas du tout ?
Je me risquais à chuchoter quelques mots. Bon, je pouvais parler.
- La grande forme.
- Quoi ? demanda la voix de femme
- Je crois que c'est ironique, dit Jean-Claude.
Il avait l'air soulagé.
- Si elle a la force de plaisanter, c'est qu'elle n'est pas trop amochée.
Le pas trop amochée me parut optimiste. Je souffrais d'un traumastisme crânien, c'était évident. Grave ou très grave, telle était la question.
Afficher en entierComme dans un rêve, des voix flottaient dans l'obscurité.
- On n'aurait pas dû la déplacer.
- Tu préfères désobéir à Nikolaos ?
- C'est quand même moi qui l'ai amenée ici, que je sache.
La voix d'un homme.
- C'est vrai, dit une femme.
J'étais allongée, les yeux fermés. Non, je ne rêvais pas. Je me souvenais très bien du bras d'Aubrey surgissant de nulle part. Il s'était contenté de me frapper du revers de la main, mais s'il avait opté pour un coup de poing...
Enfin, j'étais encore vivante.
- Anita, réveille-toi !
J'ouvris les yeux. Un flot de lumière se répandit aussitôt sous mon crâne, et je baissais aussitôt les paupières, refusant à la fois la lumière et la douleur. En vain. La douleur subsistait. Je voulus tourner la tête sur le coté. Une nouvelle erreur ! La souffrance était si forte que j'en eu la nausée. Comme si les os de mon crâne avait décider de se désolidariser les uns des autres. Plaquant les mains sur mon visage je gémis.
- Anita, ca va ?
Pourquoi les gens se croyaient ils obligés de poser cette question, alors qu'il est évident que ça ne va pas du tout ?
Je me risquais à chuchoter quelques mots. Bon, je pouvais parler.
- La grande forme.
- Quoi ? demanda la voix de femme
- Je crois que c'est ironique, dit Jean-Claude.
Il avait l'air soulagé.
- Si elle a la force de plaisanter, c'est qu'elle n'est pas trop amochée.
Le pas trop amochée me parut optimiste. Je souffrais d'un traumastisme crânien, c'était évident. Grave ou très grave, telle était la question.
Afficher en entier"- Vous avez déjà utilisé un lance-flammes contre des vampires?
- Non, mais je l'ai vu faire.
- Mon Dieu. (Il secoua la tête.) Et ça a fonctionné?
- Très bien, oui. Mais ça a incendié la maison où nous étions. J'ai trouvé ça un peu exagéré."
Afficher en entierChacun ses faiblesses. Il y a des gens qui fument. Moi, je collectionne les pingouins en peluche. Si on ne me dénonce pas, je ne dénoncerai personne non plus.
Afficher en entier
