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Les extraits appréciés par Cleote

"-Ça ne peut pas être juste un boulot pour vous, Anita. Il doit y avoir une meilleure raison.

Je démarrai et levai les yeux vers lui.

-J'ai peur d'eux, avouai-je. C'est une caractéristique trés humaine: détruire ce qui vous fait peur.

-La plupart des gens préfèrent fuir ce qui leur fait peur. Vous, vous courez après. Vous devez être un peu folle."

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Il me tendit la main.

Je secouai la tête, refusant de la prendre.

- C'est obligatoire, Anita. Sinon je ne te l'aurais pas demandé.

- Pourquoi faut-il que je vous prenne la main ?

- La police ne doit pas savoir que nous nous sommes vus cette nuit. Prends ma main et fais comme si tu étais transie d'amour pour ton vampire d'amant. Ça expliquera le sang sur ta chemise. Et ça indiquera aussi où nous allons, et pourquoi.

Son bras était toujours tendu. Il ne tremblait pas, comme s'il avait eu la capacité de me tendre éternellement la main.

Et peut-être le pouvait-il.

Je finis par obéir. Ses longs doigts se replièrent aussitôt sur les miens. Nous avançâmes, son pouls battant contre ma paume. Le rythme des pulsations s'accéléra pour s'accorder aux miennes …

- Vous vous êtes nourri, ce soir ? demandai-je d'un ton faussement détaché.

- Tu n'es pas capable d'en juger par toi-même ?

- Avec vous, je ne suis jamais sûre de rien.

Du coin de l'œil, je vis qu'il souriait.

- Tu me flattes.

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J’ai peur.

Je bouge les bras. J’ouvre la bouche. Aucun son ne sort.

J’ai peur.

Il fait si noir. Noir bleu. Noir jaune. Noir sang.

La pluie macule la vitre. Je suis à l’intérieur. Je ne suis qu’un puits d’humidité, une mer d’hémoglobine et de viscosités dont je veux m’extraire. J’essaie. Mais je n’y arrive pas. Sur mon visage une seconde peau de chair. J’essaie encore. Je suffoque. Le pinceau jaune a arrêté sa danse, une danse régulière, celle des essuie-glaces qui battent, battent, rayant mes rétines. Le noir m’aspire. Je me noie. Au loin des cris. Personne ne m’entend. Encore des cris, étourdissants. Ils s’amenuisent, se transforment en gémissements. Je ne veux plus les entendre. Ils ne peuvent rien pour moi. Et cette obscurité dans laquelle je me débats, comme un œil crevé qui ne parvient pas à me regarder mais que je sens, sur ma peau, sur ma bouche, partout. Je veux partir, loin ; loin de ces pas que j’entends et qui existent, j’en suis sûre. Il faut qu’ils s’arrêtent. Qu’ils fassent demi-tour. Qu’ils viennent me chercher. Je veux les suivre, mais je n’y arrive pas. Je suis trop petite. Je me mets sur la pointe des pieds, je tends les bras, mais rien n’y fait. Je suis minuscule. Je suis seule à crever. Je ne veux plus rien entendre, jamais, puisque personne ne veut m’écouter. Les essuie-glaces encore. Ils battent, hannetons affolés, je ne veux plus entendre leur bruit. Je ne veux pas. Je crie. Je ne veux pas. Faites les taire.

Faites les taire.

Faites. Les. Taire.

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Pp 529

Quand Irys et Ari partirent pour organiser notre « évasion », Valek m’attira à lui. Nous échangeâmes un baiser plein de passion et de désespoir. Lorsque nous nous séparâmes enfin pour reprendre notre souffle, je lui dis : -Viens avec moi. Ce n’était ni une supplication ni un ordre, mais une invitation. Les yeux bleus de Valek se fermèrent de douleur. –Je ne peux pas. Je me détournai avec l’impression de m’être changée en pierre, mais Valek me ramena vers lui. –Elena, tu as besoin d’apprendre. De retrouver ta famille. D’ouvrir tes ailes et de voir jusqu’où tu peux voler. Mais tu n’as pas besoin de moi. Pas pour l’instant. C’est le Commandant qui a besoin de moi. Je me cramponnai à lui de toutes mes forces. Il avait raison, je n’avais pas besoin de lui. Mais je voulais qu’il soit avec moi pour toujours.

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"- Tu seras un héros, tu seras général, Garbriele D'Annnuzio, Ambassadeur de France - tous ces voyous ne savent pas qui tu es !

Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :

- Alors, tu as honte de ta vieille mère ? "

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Pp 525, 526

Janco m’accueillit d’un air maussade lorsque je passai à l’infirmerie pour lui faire mes adieux. Irys était pressée de prendre la route ; nous devions partir le lendemain matin. Ari, qui m’avait remplacé en tant que garde –malade, était assis à côté de lui. –Et alors ? « Tempêtes traversées, batailles livrées, amis à jamais », ça ne tient plus ?dis-je en citant à Janco le message gravé sur mon couteau. Les yeux de Janco s’éclairèrent. –Petit renard ! Tu l’as déjà déchiffré ? Je lui décochai un sourire triomphant. –Dés que Janco ira mieux, nous viendrons te rejoindre au Sud, dit Ari. –Et que ferez-vous, là-bas ? -Bronzer, dit Janco. J’ai besoin de vacances. –Te protéger, dit Ari. –Là-bas, je n’aurai plus besoin de gardes du corps. Et puis il me semble que j’ai battu deux de mes instructeurs, il n’y a pas si longtemps… -Quelle arrogance !soupira Janco. Au fond, il vaut mieux que nous ne t’accompagnions pas. Tu vas passer ton temps à crâner, à te vanter et à te rendre odieuse. J’ai déjà Ari sur les bras, je ne pourrais jamais en supporter deux comme lui. –En plus, dis-je, vous vous ennuieriez. Ari prit un air bougon et croisa ses bras colossaux. –Au moindre petit problème, tu nous fais signe. On viendra. Compris ? -A vos ordres, répliquai-je. Ne t’inquiète pas pour moi, Ari. Tout va bien se passer. Et je reviendrai bientôt. –Tu as intérêt, dit Janco. Je veux ma revanche. Mais rapidement, je m’aperçus que j’avais parlé trop vite. Valek, Irys et moi avions parlé de mon avenir, mais le Commandant avait ses propres idées à ce sujet.

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Pp 121

-Où est Leif ? -Parti. –Où ça ? –Je l’ai envoyé prévenir le fort de notre arrivée. Pourquoi ? -Histoires de famille, crachai-je. Cahil dut voir briller une lueur meurtrière dans mes yeux. –Vous ne pouvez pas lui faire de mal, dit-il. –En quel honneur ? Adhère-t-il à votre quête pour reconquérir le Nord ? -Non. Quand nous vous avons capturés, je lui ai promis que s’il coopérait pleinement, en ce qui vous concernait, il ne lui adviendrait aucun mal. Abasourdie, je fixai Cahil. Avais-je bien entendu ? -Mais…Leif était de mèche avec vous, non ? -Non. –Vous auriez pu me le dire avant. –Je pensais que l’idée d’être trahie par votre propre frère vous démoraliserait. Cependant, cela semble avoir eu l’effet inverse. Le plan de Cahil aurait pu marcher, songeai-je, si une quelconque fraternité avait existé entre Leif et moi. Je me frottai le visage. Cette nouvelle modifiait-elle l’opinion que je me faisais de Leif ?

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Pp 123

Je m’étendis sur ma cape, songeant à la Citadelle et au Fort. Irys s’y trouvait-elle avant demain après-midi ? Sans doute pas. En l’absence de ma protectrice, la Première Magicienne allait-elle m’éplucher l’esprit comme une banane ? Je tournais et retournais ces pensées angoissantes dans ma tête. Plutôt affronter des dizaines de brutes comme Geol que cette magicienne inconnue ! Enfin, épuisée, je finis par sombrer dans le sommeil. Aussitôt, Reyad m’apparut. –Toujours la même histoire, Elena, dit le fantôme hilare. Pas de choix. Pas d’amis. Juste un couteau. Les couteaux, tu sais t’en servir, pas vrai ? Une image traversa mon rêve, celle de Reyad gisant dans une mare de sang. Je lui avais tranché la gorge pour sauver ma vie et protéger les autres orphelins contre ses sévices. –Combien en tueras-tu encore, avant de t’arrêter ?demanda-t-il. Tu ne crois pas qu’il serait plus simple de t’égorger toi-même ? J’ouvris brusquement les yeux, réveillée par des bruits de pleurs. A ma grande horreur, je m’aperçus que mon visage était couvert de larmes. Essuyant rapidement mes joues, je me résolus à ignorer mes doutes. Le fantôme de Reyad hantait peut-être mes rêves, mais il était hors de question qu’il empoisonne ma vie.

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Pp 183

-Elle n’a rien à faire ici, dit Leif. Elle ne connaît rien à ce genre de choses. Avant qu’Irys n’ait pu prendre ma défense, je dis : -Tu as raison, Leif. Je ne me suis jamais trouvée dans une situation pareille, parce qu’en Ixia ce genre de monstre ne vivrait pas longtemps. –Et si tu retournais en Ixia retrouver ton Commandant adoré, et que tu cessais de te mêler de nos affaires ? Je pris une grande inspiration, prête à répondre, mais Irys posa une main sur mon bras en guise d’avertissement. –Elena, Leif, ça suffit, maintenant. Nous n’avons pas le temps de nous chamailler. Il est impératif de retrouver cet assassin.

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Pp 144

-Elena, qu’as-tu fait avec ta magie depuis que nous nous sommes quittées ? Je lui racontai l’embuscade, l’évasion, la trêve négociée avec Cahil. –Donc tu as plongé tous les hommes de Cahil dans un profond sommeil ? -Eh bien ? Ils n’étaient que douze, en réalité. Avais-je fait quelque chose de mal ? Brisé le fameux Code éthique, par exemple ? Irys émit un petit rire en lisant dans mes pensées. –Pour couronner le tout, tu voulais t’enfuir avec un cheval. –Plutôt que de rester ici avec Cahil et Leif, oui, répondis-je à haute voix. –Ces deux-là !pesta Irys en fronçant les sourcils. Ils ont eu de sérieuses explications à fournir aux maîtres magiciens. Roze est furieuse d’avoir été induite en erreur à ton sujet. Cahil, lui, a eu le culot de réclamer une session extraordinaire du Conseil au milieu de la saison chaude ! Evidemment, on la lui a refusée. Il devra attendre la rentrée, comme tout le monde. Irys haussa les épaules. Les desseins de Cahil ne semblaient pas l’alarmer.

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