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Les extraits appréciés par Cleote

Elle entra dans le placard.

- Ce n'est pas aussi petit que ça en a l'air.

- Ca l'est bien assez come ça, dit-il en y pénétrant à son tour. Ca me rapelle de mauvais souvenirs.

- On va essayer de changer ça, sourit-elle en se plaquant contre le mur.

Il lui rendit son rourir. Tous deux se retrouvaient très proches l'un de l'autre dans cet espace confiné; Jenny se sentait un peu empruntée, une jambe derrière l'autre. Il pencha de nouveau la tête, la bouche gourmande ; elle s'y abandonna et leur baiser s'ouvrit comme une fleur en train d'éclore, au point qu'elle ne parvint plus à le briser, alors qu'elle se savait tenue de le faire. Elle ne pouvait s'empêcher de penser : encore une minute, juste une dernière minute...

Ce fut Julian qui se redressa.

- Ce n'est pas très confortable ici.

- Alors on devrait peut-être...

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- Je suis nul en dessin, avoua-t-il. Tu ne creconnais même pas les cheveux jaunes et les yeux verts ?

- C'est moi ton pire cauchemar ?

- Non j'ai eu du mal à le dessiner, mais c'était ce que je voulais dire quand j'ai raconté à Julian que ça devait arriver. Le but du Jeu, affronter ses pires cauchemars. Mon pire cauchemar à moi : te perdre. Je ne suis pas doué pour dire ce genre de choses, sans doute même pas pour le montrer. Mais je t'aime ! Autant que lui. Encore plus.

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En ce bel après-midi de mai, Jenny se coiffait à grands coups de brosse, sentant que ses cheveux se hérisser sous l'électricité statique. Elle se regardait à peine dans la glace des toilettes du lycée, cette image de blonde aux yeux verts mousse, sombres comme des aiguilles de pin, aux sourcils droits comme deux coups de pinceau, aux mèches couleur de miel et de soleil.

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Tom, le champion toutes catégories, aux cheveux bruns anormalement ébouriffés. Audrey, l'implaccable gravure de mode, au mascara qui coulait. Zach, l'impertubable photographe, aux yeux vitreux d'effroi. Michael, la tête dans ses mains. Dee, la seule qui se tenait encore droite, fière et furieuse, moite de transpiration.

Et puis Jenny qui la fixait d'un air implorant.

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«Lena, qui s'enorgueillissait pourtant d'être très cérébrale, avait parfois la capacité d'abstraction d'un lézard. Ce n'est qu'en voyant Bridget et Carmen, courant vers elle cheveux au vent à travers le terminal de l'aéroport JFK de New York, qu'elle réalisa à quel point elles lui avaient manqué.

Bridget l'atteignit la première et lui sauta au cou sans même ralentir. Lena se laissa emporter par son élan. Carmen arriva quelques secondes plus tard, trottinant sur ses sandales à semelles compensées. Elle lui serra le bras au point de lui laisser une marque. Elle lui cria si fort dans les tympans qu'elle en eut les oreilles qui sifflaient. Elle lui marcha sur les pieds avec un tel entrain que Lena en eut les larmes aux yeux et se mit à rire. C'était tellement bon d'avoir mal comme ça !

Bee tenta de les soulever toutes les deux en même temps. Lena retrouva les sensations familières : l'odeur mentholée de son shampooing, la douceur de sa joue contre la sienne, le gel capillaire au pamplemousse de Carmen, son rouge à lèvres poisseux. Les parfums, les couleurs, tout lui paraissait plus vif chez ses amies que chez les autres. Elle leur était reconnaissante de ne pas avoir trop changé.

Ces dernières années, à chacune de leurs rencontres, sa joie était toujours teintée d'angoisse à l'idée qu'elles ne soient plus les mêmes. Elle ignorait d'où pourrait surgir le changement : un sourcil hautain, l'oubli d'un de leurs rituels, des pattes-d'oie au coin de l'oeil, le moindre petit détail risquait d'éloigner l'une d'elles des autres, de remettre en question leur relation ou leur passé.

Bee était particulièrement accommodante sur ce point. C'était un musée de Bee sur pattes. Son T-shirt mauve délavé collectionnait les accrocs et les reprises depuis la troisième. Ses cheveux blonds étaient toujours aussi longs et fous, avec quelques nattes maigrichonnes ici et là, en mémoire de sa phase « tresses africaines » de CM2. Elle traînait sur le marbre poli de l'aéroport les mêmes tongs en cuir hors d'âge qu'elles avaient achetées ensemble en se baladant sur un marché l'été après la fac. Et Lena lui pardonnait de lui avoir volé sans vergogne ses vieilles chaussettes bleues tombantes lors de leur dernier voyage en Grèce.

Quant à Carmen, elle avait déjà un peu changé depuis la dernière fois qu'elles s'étaient vues, il y avait à peine deux mois : ses mèches étaient légèrement plus claires, son jean légèrement plus serré, ses sourcils légèrement plus fins. Mais elle avait toujours été comme ça, alors... Ses multiples essais de coiffure et de maquillage ne changeaient pas son expression enthousiaste. Carmen était toujours en perpétuel changement. Le contraire aurait été inquiétant.

Tibby viendrait les chercher à l'aéroport de Fira.

– Elle m'a envoyé un texto en arrivant là-bas hier. Elle a ouvert la maison, les informa Lena, tout excitée, même si elles avaient probablement reçu le même message.»

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- Je ne veux plus JAMAIS la voir dans cette pièce! gronda le Maître.

- Mais c'est Amélia, Père! La fille de Man* Artémise! Pourquoi ne...

- Vous savez très bien, Thibault, que notre rang nous interdit de, de, de... frayer avec eux. Si Dieu avait permis qu'ils nous ressemblent, il ne les aurait pas conçus ainsi.

- Ainsi?

- Nègres!

- C'est pourtant bien Man Artémise qui nous a nourris, Laure et moi, pas NOTRE MERE!

- Taisez-vous Thibault!

* Madame, en créole.

Martinique, St-Pierre, 1871

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Elle se força à repenser aux horreurs commises par les fés, aux actes cruels auxquels elle les avait vus se livrer.

- Tes fés ne sont pas assez importants pour que je sacrifie ma vie pour eux.

Keenan resta muet.

- Je les ai vus faire. Tu comprends ? Ceux qui sont ici ce soir, précisa-t-elle en baissant la voix. Je les ai vus ennuyer des filles, les pincer, les faire trébucher, je les ai entendus rire et se moquer. Chaque jour de ma vie, j'ai vu les tiens agir ainsi. Et je n'en ai vu aucun qui vaille la peine d'être sauvé.

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"Ils n'ont pas le droit de m'interdire d'écrire en étude dirigée parce que:

A)personne ne sait ce que je fabrique ici vu que cette heure est réservée aux élèves particulièrement doués qui veulent progresser sur l'un ou sur l'autre de leur projet personnel, et que je n'ai aucun don, et

B)Mrs. Hill, qui est censée nous surveiller, n'est même pas là. Il doit y avoir une vente aux enchères sur e-Bay, ou alors, elle fait la sieste dans la salle des profs."

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"Chris apparut dans la pièce, un casque de footballeur sur la tête.

- Qu'est-ce qui ne tourne pas rond, chez toi, Chris ? s'enquit Kat.

Wulf se retourna et découvrit le jeune homme.

- Tu portes un casque, maintenant ?

- Oui, je porte un casque ! Et... ça aussi.

Il fourra deux coussins dans son pantalon de survêtement, l'un devant, l'autre derrière.

- Je suis prudent. Vous n'avez pas remarqué tous ces Démons qui se baladent dans le parc ?

- On est au courant, Chris.

Le jeune homme s'empara d'un gilet pare-balles accroché dans l'armoire et l'enfila."

...

"Cassandra fronça les sourcils en voyant Chris coincer un coussin supplémentaire sur le devant de son pantalon.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je protège ce que j'ai de plus précieux, tiens !

Quel bonheur ! s'exclama Wulf. Le gamin a enfin du plomb dans la cervelle !"

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Aux conffins de la steppe se formait une ligne obxcure, comme un trait de crayon qui auraitsouligné l'horizon.Elle s'étendait, longue et sinueuse, et s'épaissit lentement jusqu'a prendre les formes d'une tache : on aurait dit de l'encre qui se répandait sur bune feuille, ou un grand drazp noir qui s'abattait sur la terre.

Nihal et Sennar scrutaient l'horizon, mais l'éclat du soleil couchant les aveuglait.

La même peursourde grandissait en eux, lamême crainte.

Et puis, ils comprirent.Une armée.Une immense armée de guerriers noirs comme la nuit.

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