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Les extraits ajoutés par pujols

Il me semblait que je venais tout juste de m’endormir quand des coups impatients frappés à la porte me réveillèrent en sursaut.

— Minke, réveille-toi !

C’était la voix de Nyai. Je la trouvai sur le seuil, une bougie

à la main, les cheveux en désordre. Dans la pénombre du petit matin, le tic-tac de la pendule résonnait bruyamment.

— Quelle heure est-il, ma ?

— Quatre heures, nyo. Quelqu’un te demande.

Une silhouette était assise sur la banquette dans l’obscurité. Quand la bougie de Mama se fut approchée, je vis qu’il s’agissait d’un agent de police ! Il se leva en saluant avec respect.

— Monsieur Minke ? s’enquit-il en malais avec un fort accent javanais.

— Lui-même.

— J’ai ordre de vous emmener, monsieur. Immédiatement.

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Il apercevait un vide entre les arbres et il pensait que c’était un fossé ou une tranchée et ils traversèrent les herbes et débouchèrent sur une ancienne piste. Des plaques de bitume fissurées visibles à travers les tas de cendre. Il poussa le petit pour qu’il se baisse et ils restèrent accroupis au pied du remblai, l’oreille tendue, hors d’haleine. Ils entendaient le moteur diesel là-bas sur la route, alimenté avec Dieu sait quoi. Quand il se redressa pour regarder il ne vit que le haut du camion qui avançait le long de la route. Des types debout sur le plateau, quelques-uns avec des fusils. Le camion passa et la fumée noire du diesel monta en volutes entre les arbres. A en juger par le bruit, le moteur était mal en point. Hoquetant et crachant. Puis il lâcha.

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Il leva les yeux vers le ciel d’automne. Quelque part tout là-haut, très loin, brillait le soleil. Quelque part sur Mars, on était en avril, un mois blond sous un ciel bleu. Quelque part tout là-haut, les fusées crachaient leur feu pour civiliser une planète magnifiquement morte. Leur rugissement était assourdi par ce monde ténébreux, insonorisé, cet ancien monde automnal.

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Nous serions tenté de dire que l’excellent café brûlant qui réchauffa nos cinq amis amena une conversation élevée, mais ce serait inexact, car l’entretien fut en réalité un monologue de Naphta, qui fit les frais de la conversation engagée par les autres ; il se livra à ce soliloque d’une manière fort singulière et contraire aux usages, l’ancien jésuite s’adressant uniquement à Hans sans accorder la moindre attention aux deux autres messieurs ni à M. Settembrini, assis à côté de lui, auquel il tourna le dos.

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... chhhoubam, de plus en plus vite, de plus en plus vite, de plus en plus vite, comme un air qui se perd dans la pénombre.

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Mon patron s’appelle Dolto. C’est un petit homme suave d’une quarantaine d’années assez rond à l’extérieur mais géométriquement pourri et sans pitié à l’intérieur. Aidé par trois garçons baraqués, il vient de déménager le coffre-fort de l’entreprise. Le coffre-fort de son entreprise. Et cela de nuit, un mardi, alors qu’il était censé être en vacances. J’ai pris des photos.

Le coffre a été embarqué dans une camionnette blanche que j’ai photographiée aussi. Il se croit malin Dolto, mais avec moi il a tout faux, il est tombé sur un os, un os de Mamout. Mamout c’est mon nom, moi je ne descends pas du singe comme je dis toujours.

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- On pourrait concevoir, hasarda le chimiste, un aliment du moteur humain qui retarderait indéfiniment, le réparant à mesure, la fatigue musculaire et nerveuse. J'ai créé depuis peu quelque chose de ce genre...

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Extrait ajouté par pujols 2018-06-23T17:41:27+02:00

Mon frère et moi, nous nous étions inventé une prière secrète que nous murmurions sur le ponton (…) avant de plonger dans le lac. Comme une sorte de conjuration. Comme pour chasser le fantôme du petit Salomon, au cas où ce fantôme nagerait encore dans les parages.

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C'était un village de montagne ; je dis c'était parce que, en 1916, la guerre l'a d'abord incendié, puis détruit et rasé.

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Si le goût des livres croît avec l'intelligence, ses dangers, nous l'avons vu, diminuent avec elle. Un esprit original sait subordonner la lecture à son activité personnelle. Elle n'est plus pour lui que la plus noble des distractions, la plus ennoblissante surtout, car, seuls, la lecture et le savoir donnent "les belles manières" de l'esprit.

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