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Les extraits appréciés par kate21

Sam a contourné la voiture et il a pilé net en me voyant.

-Bonté divine, qu'est-ce que c'est que ça ?

J'ai fait tournoyer d'une pichenette entre le pouce et le majeur le pompon multicolore sur ma tête.

-Chez moi, on appelle ça un bonnet. Ça sert à garder les oreilles au chaud.

-Bonté divine, a-t-il répété en s'approchant de moi.

Il a pris mon visage entre ses mains et m'a examinée.

-C'est effroyablement mignon, a-t-il déclaré, puis il m'a embrassée, a contemplé de nouveau mon couvre- chef et m'a embrassée de nouveau.

Je me suis juré sur-le-champ de ne jamais perdre ce bonnet.

Sam tenait toujours mon visage entre ses mains, et j'étais sûre maintenant que tout le monde nous regardait, mais je ne voulais pas m'écarter et je me suis laissé embrasser encore, tout doucement cette fois, comme par un flocon de neige. Puis Sam m'a libérée et il a pris ma main dans la sienne.

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-Sensible, ai-je hasardé.

-Pathétique, a-t-il traduit.

-Créatif.

-Dangereusement émotionnel.

-Réfléchi.

-Feng shui.

Je m'étranglais de rire.

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—Je suis prête.

Il m'a regardée en haussant les sourcils d'un air intri­gué.

—Prête pour quoi ?

—Pour être embrassée.

Sam s'est mordillé la lèvre.

—Je préfère attaquer par surprise.

Vous avez un nouveau message, a annoncé la bande enregistrée de mon petit bijou technologique.

—Tu me rends folle, ai-je déclaré en m'adossant au siège.

Il a grimacé un sourire.

—Bonjour, ma chérie ! Tu ne devineras jamais qui j'ai ren­contré aujourd'hui, a bourdonné la voix de Maman dans le haut-parleur.

—Tu pourrais te jeter sur moi, ai-je suggéré, je n'y vois aucun inconvénient.

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Je reportai mon attention sur la poêle à frire. Je transvasais les oeufs brouillés sur une assiette quand le grille-pain éjecta les toasts. Grace et moi étendîmes simultanément le bras, et survint alors un de ces instants magiques, comme au cinéma, lorsque les mains se joignent et que l'on sait que les acteurs vont s'embrasser. Sauf que mes bras, cette fois, l'entouraient, la pressaient comme par mégarde contre le plan de travail, la clouaient au réfrigérateur, tandis que je me penchais pour attraper les toasts. Ma maladresse m'emplit d'une confusion telle que ce fut seulement en voyant le visage de Grace, ses yeux fermés levés, que je compris le moment venu.

Je l'embrassai. Le plus légèrement du monde et sans la moindre bestialité. Et entrepris sur le champ de décomposer toutes les facettes du baiser : comment elle réagissait, comment elle pouvait le comprendre, le frisson qui me contractait l'épiderme, chacune des secondes entre l'instant où j'effleurai ses lèvres et celui où elle rouvrit les yeux. Elle me sourit.

-C'est tout ce que tu as à proposer ? railla-t-elle d'un ton provoquant, mais d'une voix si douce que je posai à nouveau mes lèvres sur les siennes, dans un baiser tout différent, de six années à rattraper. Ses lèvres parfumées d'orange et de désir s'animèrent. Ses doigts remontèrent mes pattes, s'enfoncèrent dans mes cheveux, se nouèrent derrière ma nuque, vivants et froids contre la chaleur de ma peau. Je me sentais et sauvage et apprivoisé, atrocement déchiré et contraint d'exister. Mon cerveau ne s'empressait plus de convertir la scène en vers ni de la stocker pour y réfléchir par la suite. Pour une fois, la première, j'étais ici et nulle part ailleurs.

Je rouvris les yeux. Rien n'existait plus, hormis Grace et moi - rien nulle part sinon nous - elle, lèvres serrées, pressées sur le baiser, moi retenant entre mes doigts l'instant fragile comme un oiseau.

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-C'est toi, Grace ? a appelé la voix de Maman de l'entrée. Ou un cambrioleur ?

-Un cambrioleur !

-Je vais me faire pipi dessus, m'a chuchoté Sam à l'oreille en pouffant de rire.

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-J'espère que vous allez m'annoncer que vous êtes son petit ami.

Les yeux de Sam se sont agrandis en soucoupes. J'ai recommencé à respirer.

-Oui, P'pa, c'est mon petit ami.

-À la bonne heure ! Je commençais à craindre que tu ne donnais pas dans ces choses-là.

-Papa !

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Elle s'est retournée avec un sourire pour les préparer. Un irrésistible arôme de chocolat a traversé en bourrasque le comptoir lorsqu'elle a ouvert la boite de cacao. pendant qu'elle laissait goutter de l'extrait de menthe dans des gobelets en carton, je me suis tournée vers Sam et j'ai saisi son autre main. Je me suis mise sur la pointe des pieds et je l'ai embrassé prestement sur les lèvres.

- Attaque-surprise !

Sam s'est penché et il m'a embrassée lui aussi, sa bouche s'attardant sur la mienne, et le contact rude de ses dents contre ma lèvre inférieure m'a fait frémir.

- Attaque-surprise-retour.

- Traître, ai-je dit d'une voix indûment voilée.

- Vous êtes trop chou, tous les deux, a commenté la vendeuse en posant sur le comptoir deux gobelets débordant de crème fouettée.

Son sourire était avenant, légèrement asymétrique, et je me suis qu'elle devait souvent rire.

- Sérieusement, ça fait combien de temps que vous êtes ensemble?

Sam a lâché ma main pour attraper son portefeuille d'où il a sorti quelques billets.

- Six ans.

J'ai plissé le nez pour ne pas rire. Lui tenait compte, bien sûr, de tout le temps pendant lequel nous appartenions à des espèces différentes.

- Whouaaa ! s'est exclamée la vendeuse en hochant la tête avec admiration. Pas mal, pour des jeunes comme vous !

Sam m'a passé mon gobelet sans répondre, mais ses yeux jaune me dévoraient d'un air si possessif que je me suis demandé s'il se rendait compte que son regard était bien plus intime que n'importe quel attouchement.

Je me suis accroupie pour examiner les pralinés sur l'étagère du bas du comptoir.

- Un coup de foudre, ai-je précisé sans oser lever les yeux.

- C'est tellement romantique, ça ! a soupiré la vendeuse. Faites-moi plaisir et ne changez jamais, vous deux. Le monde a besoin de plus de coup de foudre.

- Tu veux ceux-là. m'a demandé Sam d'une voix un peu éraillée.

Quelque chose accrochait dans son ton. J'ai réalisé que mes paroles l'avait touché plus profondément que je ne l'avait prévu et je me suis demandé quand on lui avait dit qu'on l'aimait pour la dernière fois.

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[...]

- Kolher, je vais bien.

Il la regarda.

- Je crois que je vais m'évanouir.

- Ce qui, sur le plan physiologique, est quasiment impossible. Parce que tu es allongé.

- Bordel, leelane, je t'aime tellement que je suis mort de trouille à l'idée de ce qui pourrait t'arriver.

Quand elle posa ses lèvres sur les siennes, il la saisit par la nuque, pour éviter qu'elle bouge.

- Je ne pourrais pas vivre sans toi.

- Tant mieux, car c'est pas le plan. Maintenant, dis-moi un truc. Comment on dit "époux" dans ta langue ?

- Hellren, j'imagine.

De nouveau, son téléphone portable sonna, ce qui lui tira un chuintement.

- Réponds pendant que je vais à la cuisine, dit-elle. Tu veux quelque chose ?

- Toi.

- Tu m'as déjà.

- Et je remercie Dieu pour cela.

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Bienvenue dans le monde merveilleux de la jalousie, pensat- il. Le ticket d'entrée vous donne droit à une migraine atroce,

à une envie quasi irrépressible de commettre un meurtre et à un complexe d'infériorité.

Super!

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Je l'appelais souvent pour peupler le silence. Quand je méditais dans mon bureau, pour ne pas enquêter seule. Quand je restais sous l'eau de trop nombreuses secondes, pour me rappeler que je devais remonter à la surface. Quand je m'endormais, pour ne pas oublier son visage.

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