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Reyes et Charley :
Trente minutes plus tard, Reyes ouvrit la porte de la salle de bains. Il ne portait qu’un jean et avait une serviette posée sur les épaules. Et mince, quelles belles
épaules c’étaient. Du ruban adhésif neuf avait remplacé l'usagé et entourait son abdomen, mais ses vieilles blessures étaient toujours visibles. Elles guérissaient certes rapidement, mais elles avaient laissé des rayures d’un violet foncé sur son torse, ses épaules et un côté de sa nuque. Il attrapa les coins de la serviette et se frotta la tête, puis s’appuya contre le cadre de la porte.
— Comment se passe cette thérapie?
Je n’arrivais pas à détourner le regard. Lorsque j’y parvins enfin, je remarquai qu’il examinait à nouveau les boîtes.
— Oh, répondis-je en me versant une nouvelle tasse de café et en me rapprochant de lui. Gemma veut que quelqu’un enlève une boîte tous les jours jusqu’à ce que je sois capable de le faire moi-même. C’est ridicule.
Elle dit que ça va m’aider à guérir.
Il me vola ma tasse, prit une gorgée, et me la rendit.
— Elle a raison.
( ... )
Il ajusta son tee-shirt avant de se diriger vers moi, sauf qu’il ne s’arrêta pas en arrivant à ma hauteur. Il écarta la tasse de café sur le côté tandis qu’il me poussait, me guidant en arrière, son corps mince si confortable contre le mien.
— C’est un prêt, répondit-il.
— D’Amador?
Ma voix n’était rien de plus qu’un murmure rauque.
Il passa un bras autour de mes hanches et continua à me pousser. Les gouttes d’eau qui recouvraient ses cils d’encre rendaient ses yeux encore plus brillants. Mon appartement n’était pas vraiment spacieux, donc on ne pourrait plus reculer très longtemps. Mais nous continuâmes à marcher jusqu’à ce que je rentre dans quelque chose. Je me figeai lorsque je pris conscience de ce dont il s’agissait. La Zone 51. Nous nous trouvions en plein cœur de la Zone 51.
J'essayai de repousser Reyes, mais il ne bougea pas d’un centimètre.
Son expression joueuse devint soudain très sérieuse.
— Assieds-toi.
Je tentai de poser la tasse au sommet d'une boîte mais manquai mon coup, ma main tremblante tâtonnant jusqu’à ce que la tasse tombe trop vite pour que je sois en mesure de la rattraper. A l’instant où elle allait atteindre le tapis, Reyes l'empoigna. Du café brûlant fut projeté hors de la tasse et sur sa main, mais il ne sembla même pas le remarquer.
Il se redressa de toute sa taille et répéta:
— Assieds-toi.
Sur les boîtes? Hors de question. Je secouai la tête, mâchoire serrée.
Il déposa la tasse sur un bout de la table, me prit par les épaules, et me força à me retourner pour faire face au trou noir.
— Ce n’est qu’un espace, dit-il en se rapprochant de moi. (Il enroula ses bras autour de mon ventre.) Ça ne signifie rien. (Il se pencha et embrassa ma clavicule. Ma nuque. Mon oreille.) C’est ton espace. Pas le sien.
Earl Walker. Il parlait d’Earl Walker.
Il repoussa une boîte, l’envoyant s’écraser sur le sol.
Sentant que mon estomac se retournait, il resserra son
étreinte jusqu’à ce que mes nerfs se calment. Jusqu’à ce que la fêlure dans ma carapace commence à se réparer.
— Le point est adjugé, dis-je en mimant le signal du temps mort. Le jeu est fini.
Tout en m’ignorant, il tendit le bras et poussa une nouvelle boîte.
Je me cabrai contre lui, mais j’étais incapable de me défaire de son étreinte. Il me maintint épinglée à cet endroit précis et poussa une autre boîte de la montagne. Elle s’écrasa au sol. Puis une autre. Et une autre. Et tout ce temps, il me gardait prisonnière contre lui.
La chaleur qui émanait de lui, ainsi que son odeur terreuse et riche, s’imprégnait dans mes habits et mes cheveux. Ses bras musclés et ses mains puissantes me retenaient si fermement que la peur n’avait que peu de chance de parvenir à s’emparer de moi. Lorsqu’il poussa une nouvelle boîte et que trois dégringolèrent sur le sol, aucune goutte d’adrénaline ne me parcourut.
Il tendit un pied nu pour dégager une des boîtes, puis il nous rapprocha tandis qu’il continuait à repousser et à déplacer des boîtes d’une main tout en me tenant de l’autre, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul objet dans la Zone 51. La chaise.
Cette fois-ci, l’adrénaline commença à pomper violemment dans mes veines. J’étais incapable de détourner les yeux, même si elle n’était pas différente des autres chaises. Elle allait avec la petite table que j’avais mise dans un coin de ma cuisine. Bon marché, ronde, avec des pieds branlants.
Reyes me serra plus fort, de ses deux bras, et nous fît avancer encore d’un pas. Je posai le pied sur la chaise et poussai pour garder mes distances.
— Ce n’est qu’une chaise, dit-il d’une voix attentionnée et apaisante. C’est ta chaise. Pas la sienne.
— Et je ne suis qu’une fille, rétorquai-je, essayant de lui faire comprendre que, même si j’avais un statut surnaturel dans l’univers, ici, sur Terre, je n’étais qu’une humaine comme les autres.
Il enroula une main autour de ma gorge et murmura à mon oreille:
— Oui, mais tu es à moi. Pas à lui.
Il se pencha par-dessus mon épaule et tordit le cou afin de poser sa bouche contre la mienne.
Lorsque je tendis la main entre nous pour caresser le renflement de son jean, sa respiration se coinça dans sa poitrine. Il devint aussi dur que de la pierre, puis mit fin au baiser et planta ses yeux dans les miens. Son regard brillait d'une émotion proche de la haine.
— Est-ce que tu es amoureuse de lui?
— Qui? demandai-je, me délectant de l’extase qui prenait forme entre mes jambes.
— Celui de l'asile.
— Donovan? proposai-je, à bout de souffle.
— Si tu l'es, tu dois me renvoyer. (Il enfonça ses doigts dans mes cheveux et tira ma tête en arrière pour la plaquer contre son épaule, sa détermination impénétrable.) Tu devras le faire. Je suis assez fort pour partir maintenant.
Il grogna lorsque je passai à nouveau doucement la main sur les contours de son érection. Se saisissant de mon poignet, il me lança un regard divertissement.
— Je ne partagerai pas ta couche si tu en aimes un autre.
Il s’était exprimé de manière archaïque, comme il le faisait parfois malgré le nombre d'années qu'il avait vécues sur Terre, me rappelant qu’il venait d’un autre lieu, d’un autre temps.
Je tendis le bras et l’attirai à moi, jusqu’à ce que sa bouche soit à nouveau sur la mienne. Si j’aimais quelqu’un dans tout l’univers, c’était cet homme, ce dieu qui avait risqué sa vie pour moi un nombre incalculable de fois. Qui ne m’avait rien demandé en retour. Jamais.
Afficher en entierJ’appelai Cookie. Elle savait où j’étais allée et devait être rongée par l’angoisse. Ou rendue totalement hystérique par des idées cochonnes. Reyes avait cet effet sur elle. Il avait probablement cet effet sur un tas de filles.
— Alors? demanda-t-elle en décrochant.
— Tu crois qu’on est vraiment seuls dans l’univers?
— Tu t'es de nouveau fait enlever par des extraterrestres?
— Non, Dieu merci. Une fois m’a suffi.
— Ah, ouf. Bon, que s’est-il passé avec Reyes? Tu l’as vu?
— Je l’ai vu. On s’est disputé. J’ai gerbé.
— Tu as vomi?
— Oui.
— Sur Reyes?
— Non, mais uniquement parce que je n’y ai pas pensé sur le moment.
Afficher en entier"- Je ne te hais pas.
Il serra la mâchoire.
- La frontière entre l'amour et la haine est très fine, tu n'es pas au courant? Il est parfois diffcilie de savoir précisément laquelle de ces deux émotions est la plus forte.
Je redressai le menton.
- Je ne t'aime pas non plus.
Il pencha la tête et m'observa sous ses cils sombres.
- Tu en es sûre? Parce que les sentiments qui s'échappent de toi chaque fois que je suis dans les parages ne sont de toute évidence pas une marque de désintérêt.
- Ç a ne veut pas dire que c'est de l'amour.
- Ça pourrait l'être, je t'assure. Enlève ton pull et donne-moi dix minutes, et tu croiras sans l'ombre d'un doute que tu es amoureuse."
Afficher en entier— J'ai une très bonne ouïe. Et j'arrive à écouter plein de conversations, même quand je suis en train de faire mes devoirs.
— Vraiment ?
Elle pouffa.
— Je te jure, vous vous comportez comme si je devenais sourde chaque fois que j'ouvre un livre. ( Elle se dirigea vers la porte avec un petit rire démoniaque ). Je peux entendre d'autres choses également. Avant que tu emménages, je ne savais pas du tout qu'un homme pouvait faire crier une femme aussi fort. Reyes a l'air bourré de talents.
Afficher en entier[...] Amber tu ne pourras jamais m'embarrasser.
- Jamais ?
- Jamais.
- Une fois, j'ai crié à travers tout le magasin pour demander à maman si elle voulait des tampons normaux ou super absorbants. J'ai ajouté que, selon l'emballage, les super absorbants étaient pour les jours de grand flux. Ensuite, je lui ai demandé d'estimer le sien sur une échelle de 1 à 10.
- OK, tu pourrais
Afficher en entier- D'accord, je ne veux pas vous vexer, mais... quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
Les sourire qui s'empara du visage d'Amador était tout simplement charmant.
- C'est juste que, on n'a jamais...(Il regarda sa femme.) On n'a jamais su si vous étiez réelle.
- Comment ça ?
- Vous êtes Dutch, répondit Bianca.
Mon coeur bondit au son de mon surnom. Reyes était la seule personne à m'avoir jamais appelé comme ça.
- Vous êtes la fille de ses rêves.
- Celle faites de lumière, renchérit Amador.
Afficher en entierLes hommes avaient tout de même une fâcheuse tendance à vomir après m'avoir embrassée.
Afficher en entierJe t'avais promis que ta seconde mort serait bien plus douloureuse que la première. Je tiens toujours mes promesses.
Afficher en entierAh Maeve! Je te demanderais bien comment tu vas, mais dans la mesure où tu n'es pas enterrée au cimetière municipal, c'est que ça ne doit pas aller si mal que ça! Il paraît que ton père est un vampire psychopathe, ça te fera une bonne entrée en matière pour draguer en boîte. Félicitations pour la capture de ton frère et le meurtre de ton petit ami.
Afficher en entier" Cela dit, à sa place, elle n'aurait pas été tres contente non plus. Se faire trahir par un ami n'était pas très agréable, mais par son propre père, là, ça devenait carrément shakespearien. "
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