Les extraits appréciés par laura16
Pour la première fois depuis son arrivée, j’avais autorisé ma garde personnelle à m’accompagner.
Quatre d’entre elles se trouvaient dans ma voiture et six dans le van qui nous suivait.
Soit dix guerrières possédant la force de frappe et la puissance d’une armée de plusieurs centaines d’hommes.
En lui demandant officiellement audience, j’avais envoyé un message très clair à Raphael : cette visite n’était pas celle d’une maîtresse à son amant ou d’un Assayim à un membre du Directum, mais une rencontre formelle entre la Reine des Vikaris et le Tribain des vampires.
Le message fut visiblement reçu cinq sur cinq parce qu’une cinquantaine de gardes se rassemblèrent aux abords du manoir dès que nous eûmes franchi le portail de la propriété.
— Prima, soyez la bienvenue en territoire nosferatu, déclara Jencco en s’inclinant.
Le lion arborait une mine sévère et regardait non sans inquiétude mes gardes se positionner silencieusement et dans une parfaite coordination de mouvement en arc de cercle autour de moi.
Je ne répondis pas et me contentai d’incliner légèrement la tête.
— Je vous prie de me suivre, fit-il avant de grimper les marches de l’escalier de pierre jusqu’à l’entrée.
Je lui emboîtai le pas, le regard fixe et la tête haute en faisant soigneusement mine de ne pas remarquer l’expression effarée des hommes de Raphael.
— Prima, nous sommes honorés, m’accueillit Hector, le majordome de Raphael, d’un ton cérémonieux en ouvrant la porte.
J’aimais beaucoup Hector.
En temps normal, je l’aurais probablement taquiné et nous serions allés discuter dans la cuisine autour d’une bonne tasse de thé.
Aujourd’hui, je me contentai d’acquiescer poliment, de retirer mon blouson et de le lui coller dans les bras sans dire un mot.
— Le maître vous attend dans la salle de réception, me renseigna-t-il en me faisant signe de le suivre.
Je le suivis, ma garde toujours déployée autour de moi.
La nuit était en train de tomber, je n’étais donc pas surprise de voir certains des gardes les plus puissants du Mortefilis levés et alignés le long du couloir qui menait à la salle de réception du manoir.
Immobiles comme des statues, ils nous suivaient attentivement des yeux.
Naelle qui se tenait juste à côté de moi esquissa un rictus et envoya discrètement une légère décharge à Vladimir, le vampire blond qui la dévisageait d’un air franchement hostile.
— Naelle, sage, ordonnai-je d’un ton sévère.
— Oui, ma Reine, répondit-elle en jetant un regard tellement rempli de mépris au vampire qu’il aurait pu s’y noyer.
J’accélérai le pas avant que ça ne dégénère.
Naelle avait un caractère de chien et je connaissais suffisamment Vladimir pour savoir à quel point il pouvait se montrer teigneux.
Je n’avais aucun doute sur le fait que si un tel combat devait avoir lieu le vampire se ferait sacrément botter le cul mais je n’avais aucunement l’intention de laisser ce genre de merdes se produire.
En tout cas, pas sans provocation directe de leur part.
Hector ouvrit la porte de la salle de réception puis s’inclina tandis que trois de mes gardes me précédaient dans la pièce.
En moins de deux secondes, elles examinèrent les lieux, enregistrèrent le nombre de vampires présents, quatre en l’occurrence, ainsi que leur potentiel offensif, puis se positionnèrent aux trois coins de la salle de manière à pouvoir intervenir le plus rapidement et le plus efficacement possible tandis que j’entrai avec Naelle à ma gauche, Victoria à ma droite et Blanche juste derrière moi.
Raphael vêtu de son kimono blanc d’apparat avait attaché ses cheveux avec une lanière en cuir.
Ses yeux étaient aussi bleus et luisants qu’un ciel d’été.— Morgane, Reine des Vikaris, présente ses respects à Raphael, Tribain et maître du Mortefilis, fis-je d’une voix neutre en inclinant brièvement la tête.
— Et Raphael, maître du Mortefilis, présente ses hommages et souhaite la bienvenue à Morgane, souveraine des Vikaris,répondit-il en me rendant respectueusement mon salut.
Son visage n’exprimait pas la moindre expression mais je le connaissais suffisamment pour remarquer à la raideur de ses mains qu’il était extrêmement contrarié… non… pas contrarié… furieux.
Il était fou de rage.
Bien.
Comme ça on était deux.
Afficher en entierPetit message de Cassandra O'Donnell sur facebook:
" Voici le début du Rebecca Kean T7 qui sortira en janvier.
Je vous préviens : il est bien plus intense que le précédent parce qu'on arrive vers la fin"
Chapitre 1
Engoncée dans une petite robe noire agrémentée d’un holster d’épaules où se nichait mon tout nouveau flingue et les pieds coincés dans des talons aiguilles, j’observais Gordon qui déballait ses cadeaux. À mon grand étonnement, il ne portait pas son pantalon en velours et sa sempiternelle chemise à carreaux qui lui donnaient l’allure d’un vieux bûcheron mais une cravate et un costard italien qui mettait en valeur son torse imposant et la largeur de ses épaules. (Maintenant, il ressemblait à un porte-flingue de la mafia mais on ne peut pas tout avoir.)
— Vraiment, il ne fallait pas, déclara Gordon en fixant, les yeux exorbités, le pull caca d’oie que Madeleine lui avait tricoté pour son anniversaire et sur lequel était brodée la phrase : Je suis vieux et moche, mais j’ai de grandes dents.
Cette dernière, vêtue d’une jolie robe à fleurs et ses cheveux blancs relevés en chignon, rougit de plaisir.
— Je vous confectionnerai une écharpe pour cet hiver, ça complètera la tenue.
— Oh, c’est très gentil à vous, Madeleine, mon mari est ravi, n’est-ce pas Gordon ? intervint soudain Martha avec une expression enjouée qui contrastait étrangement avec le regard lourd de menace qu’elle lui lançait.
La soixantaine grisonnante, Martha avait tout de la parfaite grand-mère avec Son tablier, sa voix chaleureuse et son sourire bienveillant. (Cette impression perdurait tant que personne n’avait l’idée incongrue de la contrarier, auquel cas, la gentille mamie se transformait en un monstre de cauchemar féroce et poilu doté de crocs longs comme mes avant-bras, mais bon ainsi que le répète si souvent Grand-mère : « Qui n’a pas ses petits travers ? »)
Gordon gratta sa barbe grise tout en jetant un regard en biais à sa femme et reprit, avec l’expression douloureuse d’un type en train de subir un examen de l’urètre :
— Mais évidemment que je suis ravi.
Puis, il inspira profondément et, entreprenant courageusement d’ouvrir ses autres cadeaux, il saisit la petite boîte blanche entourée d’un joli nœud rouge que je lui tendais.
— Je ne savais pas quoi vous offrir, fis-je avec un sourire d’excuse tandis qu’il ouvrait, alors…
— Ça sent bon, marmonna un loup blond d’une vingtaine d’années d’un ton curieux.
Gordon plongea sa main à l’intérieur, en retira une tête ensanglantée et la brandit fièrement devant les invités. Ces derniers poussèrent aussitôt des « wouah » approbateurs et enthousiastes.
— Qui est-ce ? s’enquit une louve entre deux âges en tendant son cou au maximum pour l’examiner de plus près.
— C’est le solitaire qui nous a échappé la semaine dernière, répondit Gordon en me fixant avec gratitude.
— Celui qui a blessé les randonneurs et effrayé le petit ? demanda Tim, un loup brun trentenaire et sympathique qui travaillait habituellement comme ingénieur informaticien dans une boite du coin.
— Je suis pas petit ! protesta un louveteau en jouant des coudes pour s’approcher de la table.
Des éclats de rire fusèrent aussitôt.
— Non mais t’es pas bien grand non plus, répliqua Gus, un beau garçon au sourire affable.
— Peut-être mais j’ai quand même réussi à semer ce gros lourdaud ! s’exclama Brinn.
Je regardais l’enfant aux joues pleines et aux yeux pétillants d’intelligence. La plupart des gosses de la meute étaient de vrais monstres. Ils couraient, se battaient, chahutaient, se mordillaient et se comportaient comme des animaux uniquement guidés par leurs instincts. Mais Brinn était différent. Il était incroyablement brillant et réfléchi pour son âge.
— Tu as surtout eu de la chance que je traîne dans le coin, affirma Tim en lui frottant affectueusement le cuir chevelu.
Je me tournai vers Brinn et lui fis un clin d’œil.
— Tu as bien fait de t’enfuir et tu as raison : c’était effectivement un gros lourdaud.
Retrouver le solitaire avait été un jeu d’enfant. Cet idiot était tellement sûr de lui qu’il n’avait pas pris la moindre précaution. Je lui avais logé deux balles en argent dans le crâne avec un fusil à longue portée après seulement trois heures de traque et il était mort sans avoir le temps de se rendre compte de ce qu’il lui arrivait. Autrement dit le boulot avait été propre, efficace mais d’un ennui mortel.
Gordon secoua la tête puis tendit les bras vers moi avant de m’attirer contre son large torse de bûcheron.
— Approche ! Je te remercie, petite.
Les bras ballants, je me pétrifiai tandis qu’il m’enlaçait. J’adorais Gordon et Martha qui me considéraient comme un membre de leur famille, mais je n’étais pas pour autant fan de la manie qu’avaient les loups de se coller les uns contre les autres pour exprimer leur affection. Nom d’un chien, pourquoi ne se contentaient-ils pas d’un simple merci ? Ou soyons fous : d’une bonne poignée de mains ? L’un et l’autre m’auraient parfaitement convenu.
— Tu as maigri ! Tu devrais penser à te reposer et à te nourrir davantage, grommela-t-il d’un ton mécontent, sans me relâcher pour autant.
Mon holster me rentrait complètement dans la peau, mes os étaient sur le point de se briser mais utiliser mes pouvoirs ou dégainer mon flingue et lui tirer dessus n’était pas une option. J’endurai donc mon supplice en croisant les doigts pour ne pas mourir étouffée.
— Gordon ! Laisse donc cette gamine respirer ! Allez, passons à table, ordonna Martha avec un rire amusé.
— Bonne idée ! Je meurs de faim, ! grogna-t-il en relâchant son étreinte pour rejoindre le reste des invités.
Ankylosée et le visage pâle, je repris ma respiration sous le regard hilare de Madeleine. Tous mes organes étaient encore à la bonne place, c’était déjà ça.
— Tu crains comme garde du corps, murmurai-je en me frottant l’épaule.
Un grand sourire illumina son visage ridé.
— Je te rappelle que c’est toi qui m’as interdit de toucher au vieux loup en me disant que tuer son hôte serait considéré comme un faux pas social.
— Tu aurais pu faire une remarque.
Elle haussa les épaules.
— Moi je tue des trucs, je ne leur fais pas de remarque.
Afficher en entierJe plonge dans ses beaux yeux bruns et elle regarde dans les miens. Seigneur, ce regard, on dirait qu’elle a déjà vécu cent ans. Et je vous jure que je vois, tout au fond, la femme qu’elle sera. L’avenir, l’espace d’une seconde. Elle est grande et droite. Elle est fière. Elle est mieux coiffée. Et elle se rappelle les mots que j’ai mis dans sa tête. Comme on se rappelle quand on est une adulte.
Alors elle le dit, juste comme il fallait: Tu es gentille, tu es intelligente, tu es importante.
Afficher en entier- J'ai besoin de vous emprunter une voiture, dis-je à Barrons lorsqu'il entra dans le magasin ce soir-là, un peu après vingt et une heures.
[...]
- Aviez-vous une voiture précise en tête, Mademoiselle Lane?
Ce soir, il me fallait de la testostérone.
- La Viper.
- Et pour quelle raison devrais-je vous laisser la conduire?
- Parce que vous avez une dette envers moi.
- Pourquoi ai-je une dette envers vous?
- Parce que je vous supporte.
Cette fois-ci, il sourit pour de bon.
Afficher en entier« Ce qui nous définit, ce sont nos actes et nos choix. Ce à quoi nous pouvons résister.
Ce pourquoi nous donnerions la vie. »
Afficher en entier_Et faites quelque chose de vos cheveux, comme la nuit où je suis venu vous voir dans votre pension, par exemple.
_Vous voulez que j'ai l'air de sortir de mon lit?
_Ou du mien, de préférence.
Afficher en entier— J’ai du mal à capter. T’es la première fille à me trouver repoussant sans avoir couché avec moi. Tu rougis pas comme une tomate quand tu me parles, et t’essaies pas d’attirer mon attention.
— Je ne t’aime pas, c’est tout.
— Si tu ne m’aimais pas, tu ne serais pas là.
Malgré moi, mon air boudeur se relâcha un peu.
— J’ai pas dit que tu étais quelqu’un de mauvais, soupirai-je. C’est juste que j’aime pas l’idée d’être une affaire réglée juste parce que j’ai un vagin.
Afficher en entierIl m scrutait, le regard plein d'espoir.
- Tu m'aimes ?
- C'est les tatouages, dis-je avec un haussement d'épaules.
Un large sourire creusa ses fossettes, il me prit dans ses bras.
- Viens, rentre avec moi à l'appart.
- Tout ça pour m'attirer dans ton lit ? J'ai dû te faire une sacrée impression, dis donc.
Afficher en entier- Tu ne dormiras ni dans le fauteuil, ni sur le canapé, mais dans mon lit.
- Qui est encore plus ... "douteux" que le canapé à coup sûr
- En dehors de moi, personne n'a jamais approché mon lit
- Ben voyons, arrête un peu!
- Je suis tout à fait sérieux. Je baise toujours sur le canapé. Elles n'entrent jamais dans ma chambre.
- Alors pourquoi j'ai le droit de dormir dans ton lit?
A la commissure de ces lèvres apparurent le plus coquin des sourires.
- Tu envisages de coucher avec moi cette nuit ?
Afficher en entier« - J’ai besoin de te l’entendre dire. J’ai besoin de savoir que tu es à moi.
- J’ai été à toi à la seconde où nous nous sommes rencontrés. »
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