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Thomas Hardy

Royaume-Uni Né(e) le 1840-06-02
Royaume-Uni 1928-01-11 ( 87 ans )
754 lecteurs

Activité et points forts

Thèmes principaux

ajouté par Mellana 2018-08-14T16:24:24+02:00

Biographie

Thomas Hardy naît dans une famille anglaise modeste à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford, voisin de Dorchester dans le Dorset, comté du sud-ouest de l'Angleterre, où son père exerce la profession de tailleur de pierre. Sa mère, lettrée, lui donne cours à domicile avant qu'il ne soit inscrit à l'école locale à l'âge de huit ans. Il arrête ses études à seize ans et devient apprenti chez John Hicks, un architecte local. Il travaille ainsi dans le Dorchester avant de partir pour Londres en 1862, où il étudie au King's College de Londres. Il remporte des prix du Royal Institute of British Architects et de l'Architectural Association.

De ses études, il garde le goût de la poésie latine. En autodidacte, il apprend le grec pour pouvoir lire Homère et le Nouveau Testament. Sur le plan des idées, il se forme en lisant John Stuart Mill et adhère aux idées de Charles Fourier et d'Auguste Comte. Charles Darwin et la critique biblique lui font perdre la foi religieuse, dont il portera le deuil toute sa vie. Se sentant rejeté par une société de classe londonienne qu'il exècre, il décide de rentrer dans son Dorset provincial cinq ans plus tard pour se consacrer à l'écriture.

Très tôt, il écrit des poèmes, dont certains sont publiés trente ou quarante ans plus tard. En 1867, à son retour de Londres, il se tourne vers le roman pour essayer de vivre de sa plume. Passées les premières difficultés, il réussit honorablement. En 1870, il rencontre sur un chantier de restauration d'une église de Cornouailles sa future femme, Emma Gifford, qu'il n'épouse qu'en 1874. Il publie bientôt dans des revues et des magazines. De 1871 à 1896, il écrit quinze romans et quatre recueils de nouvelles. Une demi-douzaine de grandes œuvres émergent de cette production inégale : Loin de la foule déchaînée (1874), Le Retour au pays natal (1878), Le Maire de Casterbridge (1886), Les Forestiers (1887), Tess d'Urberville (1891), Jude l'Obscur (1896).

Si Hardy est violemment critiqué pour sa noirceur, le succès est au rendez-vous. Dès 1897, son roman Tess d'Urberville est un tournant. L'ouvrage est adapté au théâtre et joué à Broadway, puis porté au cinéma en 1913, 1924 et, bien plus tard, en 1979 par Roman Polanski.

Tous ses romans, marqués par une prose riche et un humour corrosif, sont ancrés dans un cadre régional. Sans exception, ils se déroulent dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le Dorset et les comtés voisins se trouvent transmués en royaume littéraire que Hardy appelle le Wessex, du nom de l'ancien royaume des Saxons de l'Ouest. Le Wessex apparaît comme une province aux localités imaginaires et à la nature préservée, Arcadie opposée au Londres de la société victorienne. Peintre acerbe du milieu rural, Hardy accorde à un souci pointilleux à rendre le climat, la beauté et la rudesse de la nature anglaise du XIXe siècle, terreau d'histoires tragiques où les protagonistes, pris en étau, deviennent les victimes des conventions et de l'hypocrisie sociales avant de connaître une mort brutale.

Après le scandale déclenché par la critique radicale du mariage et de la religion qu'est Jude, dont les exemplaires sont vendus cachés dans du papier d'emballage à cause de l'exposé qu'y fait l'auteur de l'« érotolepsie », Thomas Hardy abandonne le roman. Il se consacre alors à ce qu'il considère comme son chef-d'œuvre, Les Dynastes (The Dynasts), vaste pièce de théâtre dramatique composée de trois parties, publiées respectivement en 1903, 1906 et 1908. Sorte de Guerre et Paix en vers, cette Illiade des temps modernes utilise l'épopée napoléonienne afin d'élaborer des scènes qui présentent tantôt les conflits intimes des gens ordinaires et de personnages historiques mus par une soif darwinienne du pouvoir, tantôt des batailles qui se déroulent dans des paysages immuables et indifférents, sous le regard d'un chœur allégorique incarnant les vaines tergiversations du destin. Réputé trop difficile à mettre en scène et mal accueilli à l'époque, Les Dynastes préfigure à bien des égards le genre cinématographique mais ne bénéficie toujours pas de l'estime de la critique.

Hardy écrit, au long de sa carrière, près d'un millier de poèmes inégaux, dans lesquels cohabitent satire, lyrisme et méditation. Les élégies de Veteris Vestigia Flammae, écrites après la mort de sa première femme, survenue en 1912, retracent chacun des lieux qu'ils connurent ensemble. Elles forment un groupe d'une perfection rare. Remarié en 1914 avec sa secrétaire, Florence Dugdale, de trente-neuf ans sa cadette, il s'entiche en 1924, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, de l'actrice Gertrude Bugler qu'il identifie à son héroïne Tess et pour laquelle il projette une adaptation dramatique de son roman.

Thomas Hardy commence à souffrir de pleurésie en décembre 1927 et en meurt en janvier 1928 à Dorchester, après avoir dicté son tout dernier poème à son épouse et secrétaire sur son lit de mort. Les lettres du défunt et les notes qu'il a laissées sont détruites par ses exécuteurs testamentaires. Sa veuve, qui meurt en 1937, fait paraître les siennes la même année.

Le nom de Thomas Hardy fut proposé et examiné 25 fois en 26 ans pour le prix Nobel de littérature, mais fut systématiquement rejeté parce que son œuvre était jugée trop pessimiste.

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Quelques chiffres

Note moyenne : 7.34/10
Nombre d'évaluations : 172

1 Citations 116 Commentaires sur ses livres

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de Thomas Hardy

Sortie Poche France/Français : 2017-11-29

Les derniers commentaires sur ses livres

Commentaire ajouté par Dimess47 2019-01-07T15:55:11+01:00
Tess d'Urberville

Il m'a fallu d'abord un temps d'adaptation pour lire facilement le type d'écriture, puis de découvrir la vie d'époque. Dur et sans pitié. Voilà donc notre jolie Tess jetée en pâture à la vie, alors qu'elle n'est encore qu'une jeune fille, et déjà dans les filets du mensonge et de l'exploitation voir de la perversité. Je suis ravie d'avoir découvert se classique anglophone.

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Commentaire ajouté par LesRosesDeTrianon 2019-02-09T10:41:00+01:00
Tess d'Urberville

Un livre juste magnifique, aux descriptions de paysage superbes. J'ai vu l'adaptation de la BBC avant de lire le livre (honte à moi) mais elle m'a tellement plu que j'ai décidé de lire le bouquin! Tess est un personnage qui m'a beaucoup émue de par son innocence et sa nature forte. Elle a un mental d'acier: jamais elle ne se dit O mon Dieu c'est horrible ma vie est horrible. Non. Jamais. Et c'est assez extraordinaire. Je le conseille grandement!

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Commentaire ajouté par Llit 2019-04-25T10:32:23+02:00
Loin de la foule déchaînée

J'ai eu beaucoup de mal ,avec l'écriture les deux premier chapitres ,puis j'ai pu rentrer dans l'histoire ...Et je suis tomber amoureuse de Gabriel ,personnage discret et dévouer à bathsheba et à son métier.Bathsheba ,m'a agacée au début puis ,je trouve que son personnage grandit au fur et à mesure ,et j'ai fini par l'apprécier .Au final ,j'aimée ce livre ,que j'ai trouvée romantique et touchant .

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Commentaire ajouté par Melenda 2019-05-10T16:12:26+02:00
Loin de la foule déchaînée

D'une certaine manière, la fin est connue depuis les premières pages ; pourtant, elle met si longtemps à arriver, et les personnages mettent tant d'obstinations à la repousser, qu'on se prend à douter que le moment viendra. Pour autant, ce n'a pas pour moi été une apothéose que cette fin, contrairement à d'autres romans (comme "Quatrevingt-Treize" de Victor Hugo...) où je pense "et voilà ! vous l'avez bien mérité, mes braves !". Ici, c'est davantage : "C'est pas trop tôt, bande d'abrutis ! Ne pouviez-vous pas le faire plus tôt ?". Une conclusion satisfaisante, donc, mais pas une conclusion de chef-d’œuvre.

Pour le reste, le style est très agréable, mais utilise des références (notamment bibliques) qui, pour être évidentes peut-être à son lectorat d'époque, ne le sont plus du tout aujourd'hui : Elymas le Magicien, il n'apparaît pas longtemps dans la Bible, et n'est pas le plus connu (magicien combattu par saint Paul, et qui en devient aveugle) ; et on ne lit plus guère "Le Voyage du Pèlerin" de Bunyan... Ces références ne gênent pas vraiment, mais elles peuvent être frustrantes.

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Commentaire ajouté par JessSwann 2019-05-29T09:26:22+02:00
La Bien-Aimée

Alors, j'avais moyennement apprécié Tess mais je me suis décidée à retenter l'aventure Hardy. Bon, j'avoue que j'ai préféré ce roman. Le personnage de Jocelyn est à la fois naïf, antipathique et pitoyable... En fait, on a un homme girouette qui se veut hors du temps et ne reste jamais fixé bien longtemps sur le même objet d'amour. Jocelyn papillonne à la recherche de "la bien aimée" même si un fil rouge se dessine à travers trois génération d'Avice Caro... La première dont il aime l'âme mais qu'il abandonne, la seconde dont il aime le corps mais qui le repousse et la dernière qui fusionne ce que les deux précédentes ont de meilleur et qui finit par l'abandonner devant l'autel. J'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur rend les sentiments (souvent exaltés) de Jocelyn envers ces trois Avice... Mais j'apprécie aussi le fait qu'une dernière femme, Marcia, celle pour qui il abandonne la première Avice avant de l'abandonner elle aussi, soit au final auprès de lui à la fin (et j'imagine qu'il a enfin réalisé à quel point sa quête était vaine. Le fait que Marcia soit indirectement liée à la renonciation de la dernière Avice m'a également beaucoup plu. Le roman se lit rapidement et on sourit souvent devant les pensées de Jocelyn entre naïveté, bêtise et vanité (surtout dans la dernière partie).

Ce que j'aime : la manière très acide dont l'auteur décrit la quête de perfection, de l'objet bien aimé par Jocelyn, le fait que ce soit à la fois une recherche d'esthétisme mais aussi d'âme. Le fait que l'on devine l'immense prétention de Jocelyn à travers sa recherche. La dernière version d'Avice est ma favorite, le fait que Marcia revienne dans l'histoire et la manière dont Jocelyn gâche entièrement sa vie dans sa poursuite d'un idéal qu'il n'atteindra jamais : il est trop papillonneur

Ce que j'aime moins : bon j'avoue que j'ai encore une fois du mal avec le style de Thomas Hardy qui n'est pas mon auteur favori

En bref : Un roman souvent drôle, porté par un héros intéressant à défaut d'être attachant

Ma note

7/10

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Commentaire ajouté par enilorac33 2019-06-10T17:57:02+02:00
Loin de la foule déchaînée

Dans la lignée de ces auteurs romantiques Anglais .Un beau bijou

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Commentaire ajouté par Kiriu 2019-06-16T13:45:48+02:00
Jude l'Obscur

Sue est le personnage que j'ai préféré, jeune femme libre et indépendante à l'esprit vif, elle s'intéresse à la philosophie et à la poésie, et rejette les lois du monde qui semblent contraires à l'accomplissement de son bonheur, comme le mariage. Elle représente la condition de ces femmes tiraillées entre leurs désirs et la culpabilité que leur fait ressentir la religion.

Ce roman est très moderne pour l'époque, sa vive critique de l'institution du mariage et de sa valeur religieuse le condamnera à être brûlé en public ! Je suis admirative devant l'audace dont a fait preuve Thomas Hardy en publiant ce roman jugé scandaleux. Un roman sur l'opposition envers les dogmes sociaux mais aussi envers soi-même et envers notre philosophie de vie. Une histoire qui m'a fortement marquée par son côté terriblement sombre (je la déconseille donc si vous êtes déprimé).

Une fois de plus, j'ai trouvé la plume de Thomas Hardy vraiment très belle, j'ai donc très envie de découvrir ses poésies.

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Loin de la foule déchaînée

Coucou mes petits amis ! Aujourd'hui, je vous retrouve pour la chronique d'un roman que j'ai commencé fin 2017 et dont j'ai terminé la lecture en début d'année 2018, Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy. Lecture par ailleurs commune dont je tiens à remercier ma petite Axelle. Merci ma Chocola d'amour de m'avoir permis de sortir de ma PAL ce grand classique qui m'attendait depuis plus de trois ans à l'époque (toujours aussi incorrigible, cette Nanette...). J'ai adoré étirer cette formidable LC sur une poignée de mois, prendre le temps de savourer ce roman et d'en discuter avec toi. Ce fût un véritable plaisir et on remet ça quand tu veux (si tu as envie de re-re-lire Rebecca de Daphné du Maurier par exemple...) !

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il me tardait de lire ce roman signé Thomas Hardy, un auteur qui m'avait particulièrement marquée et impressionnée grâce à son chef d'oeuvre le plus connu : Tess d'Urberville. Cette rencontre livresque avait été un bouleversement, un véritable crève-cœur. Tant de noirceur et de cruauté réunies dans un seul ouvrage, magistral et écrit d'une main de maître, cela a eu raison de moi. Je ne suis pas prête d'oublier cette bouleversante histoire, très superbement immortalisée au cinéma par le réalisateur Roman Polanski en 1979, en hommage poignant, désarmant, à sa jeune épouse tragiquement décédée, la magnifique actrice et icône des sixties Sharon Tate qui, au cours de sa grossesse, avait élu Tess comme étant son livre de chevet. Par ailleurs, ma découverte mémorable du roman originel avait fait le sujet d'une lecture commune avec ma Axellounette, qui malheureusement avait eu bien du mal à avancer dans le roman, au point de l'abandonner, ce que je pouvais tout à fait concevoir à l'époque. En effet, Tess d'Urberville constitue en soi une épreuve fort douloureuse, même pour le lecteur le plus rodé. Qui plus est, croyez-moi, si vous vous lancez dans Tess, vous ne verrez plus jamais les fraises de la même façon par la suite. C'est tout ce que je peux vous dire afin de titiller votre curiosité et en même temps ne pas trop vous en dévoiler.

Loin de la foule déchaînée a le mérite de ne pas nous faire déprimer grâce à une atmosphère beaucoup plus accueillante et optimiste. Certes, d'après ce que j'ai compris, ce n'est pas dans les habitudes de Thomas Hardy que de faire naître un univers de Bisounours de sa plume grandiose. Mais, pour une fois (dixit la fille qui n'a lu que deux de ses romans, la bonne blague), il nous montre le bon côté des choses et ça, ça fait sacrément du bien. Cela m'y fait penser : surtout, ne lisez pas Tess si vous broyez du noir car cela ne fera que vous saper le moral encore plus. Conseil d'amie à suivre très précieusement. Justement, Loin de la foule déchaînée saura vous changer les idées sans pour autant vous offrir une vision du monde, que ce soit de celui du dix-neuvième siècle ou le nôtre à l'heure actuelle, édulcorée et donc fausse. En effet, vous vivrez également avec ce roman des moments de tension et d'angoisse, ce ne serait pas drôle sinon... Cependant, il en ressortira toujours du positif ; le soleil finira par se lever, quoiqu'il arrive. C'est une belle leçon qu'il faut aussi appliquer à notre quotidien de tout les jours.

Concernant l'intrigue du récit, elle se passe comme je vous l'ai laissé suggérer un peu plus haut, à la fin du dix-neuvième siècle en plein environnement champêtre. Le duo central, formé par Gabriel Oak, un jeune fermier modeste qui redouble d'efforts depuis désormais dix ans afin d'agrandir son domaine et de solidifier son commerce, et par Bathsheba Everdene, une jeune fille innocente, orpheline et sans revenus, va commencer son histoire commune sur les chapeaux de roues et connaître tout au long du roman une série de hauts et de bas assez dingues. In fine, cela ne va faire que renforcer leur relation certes tumultueuse mais profondément belle et puissante et dans le récit, on en revient toujours à eux deux, deux forces de la nature unies et solidaires, quoique la vie puisse leur réserver de beau comme de mauvais. Et du mauvais, il y en aura souvent , c'est la marque de Mr Hardy, après tout. Il a quand même fait d'immenses efforts depuis Tess pour ne pas trop malmener ses protagonistes et leur accorder un peu de bonheur, je l'en félicite.

Pour commencer, Bathsheba est déjà beaucoup mieux lotie que la pauvre Tess, qui méritait sérieusement que l'on s'apitoie sur son sort. La vie de Miss Everdene ne sera pas toute rose ; la jeune femme connaîtra en effet des périodes de tourmente difficiles et son cœur sera souvent déçu, voire brisé. Cependant, rien ne la fera flancher dans sa quête de reconnaissance au sein d'un monde régi par le patriarcat. En effet, si, au départ, Bathsheba nous est présentée comme une frêle et ravissante héroïne de la campagne, aux origines très modestes, tout droit sortie d'une symphonie pastorale du dix-huitième siècle, la jeune femme ne manque en réalité pas de tempérament. Son ascension sociale subite et agréablement surprenante due à son poste à haute responsabilité à la tête de la ferme de son défunt oncle, fonction guère relayée à une femme, jeune et célibataire de surcroît, à l'époque, ne va le révéler que davantage. J'ai tout simplement adoré ce personnage de femme forte, franche, qui fait des erreurs comme tout le monde mais qui les assume et se relève, de femme moderne, en avance par rapport à son temps, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds par des hommes qui voudraient à tout prix l'intimider et la soumettre à leur volonté. Bathsheba est une femme juste remarquable, solide comme un roc, mais aussi à la sensibilité extrêmement touchante. Malgré toute la force qu'elle déploie pour défendre sa place en ce bas monde, elle n'en reste pas moins un être humain vulnérable, qui peut être assailli par des doutes entêtants et commettre des bêtises plus grosses que lui. Néanmoins, j'éprouve un profond respect envers cette héroïne ; j"ai su faire fi de ses nombreuses imperfections et je la considère comme étant magnifique de partout.

Face à une telle tornade de cheveux noir de jais et à ce tempérament de feu, seul un Gabriel Oak pouvait faire le poids. Mon petit cœur a fondu tant Gabriel est adorable et attachant, si serviable et loyal (j'ai l'impression de vous décrire Lassie, chien fidèle là), si droit dans ses - j'allais dire "baskets" mais cet énorme anachronisme n'est guère approprié dans le cas présent - sabots ? souliers ? (Anaïs, tu t'enfonces...) Bref, Gabriel, c'est quelqu'un qui ne vous laissera jamais tomber, toujours prêt à redoubler d'efforts à la tâche, pas du genre à baisser les bras. C'est plutôt le type qui sait se montrer patient et sage, tel un maître Yoda du dix-neuvième siècle, époque victorienne. Même si, au début, je ne vous cache pas qu'il se montre assez, voire très, impulsif et irréfléchi vis-à-vis de ses sentiments naissants pour notre belle brune. En amour, Gabriel est si passionné qu'il s'en brûle carrément les ailes au soleil de ses rêves. Et autant vous dire que Bathsheba est un astre particulièrement aveuglant et ardent... Mais, in fine, mon Gabriel est tel un bon vin ; avec le temps (« va, tout s'en va... » Humhum, pardon), il n'en devient que meilleur. Pourtant, lui aussi en a vu des vertes et des pas mûres, comme tout un chacun, mais ce n'est pas ça qui peut l'abattre, ce serait mal le connaître ! Certains devraient en prendre sérieusement de la graine...

.... à commencer par un certain sergent Francis Troy ! J'ai réussi à éprouver une once de pitié pour ce personnage arriviste, qui n'éprouve de la considération et de la compassion que pour sa petite personne et qui n'hésite pas à profiter des autres afin d'assurer son confort personnel. Il s'agit d'un charmeur qui sait bien manier les mots et vous cerner pour mieux vous séduire et vous tromper. Même si Thomas Hardy a su faire ressortir une infime parcelle d'humanité chez ce personnage, difficile de l'en trouver sympathique pour autant. C'est un véritable incompétent, tapageur, qui méprise les sentiments d'autrui afin de les piétiner d'autant mieux avec ses belles bottes de soldat qui n'a que son agréable physique de bien pour lui. Désolée de me montrer aussi méchante, mais je ne peux pas faire preuve de tendresse face à un tel individu, c'est juste impossible. En bref, vous l'aurez certainement compris, ce gredin, cet être exécrable n'arrive pas à la cheville de mon Gabriel d'amour et de ma si forte, si insoumise et remarquable Bathsheba, qui mérite nettement mieux. Not even close.

Arthur Boldwood, le troisième prétendant, m'a fait éprouver pour lui bien de la peine en revanche. Avant que Bathsheba ne vienne habiter à côté de son domaine, il devait vivre une vie bien morne et insipide, celle d'un fermier propriétaire terrien sans histoire qui n'avait jamais encore senti battre son cœur pour une femme, une potentielle épouse. L'extraordinaire Bathsheba, grâce à sa beauté éclatante et à sa jeunesse revigorante, mais aussi assez insouciante, va bouleverser son existence à tout jamais. A tel point que cet amour tout nouveau et si exaltant qui va alors naître dans son cœur jusqu'à présent solitaire, va devenir une obsession pour Boldwood. Si je l'ai souvent vu au cours de ce roman comme un obstacle balourd et franchement indésirable entre Gaby et Bathsheba, j'ai fini par reconnaître que Boldwood était en réalité un homme intègre, lucide, plein de bon sens et qui fait lui aussi preuve d'un immense courage à sa façon. Je suis bien heureuse de m'être trompée sur son compte.

Pour conclure, je dirais que j'ai passé un excellent moment de lecture au cœur de la campagne anglaise, plus précisément à Weatherbury, grâce au grand talent d'écriture de Thomas Hardy, dont la réputation en tant que l'un des plus grands et renommés auteurs anglais du dix-neuvième siècle n'est plus à faire. Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis sentie comme chez moi au sein de la ferme de Bathsheba, aux côtés notamment de la douce servante Lydia, des vaillants et attachants paysans Laban Tall, Jan Coggan, William Smallbury et tous les autres. Leur franc-parler m'a beaucoup fait rire et d'ailleurs, j'ai beaucoup aimé le fait que Thomas Hardy ait retranscrit tous leurs dialogues en patois local. Rien de trop compliqué à comprendre, je vous assure ! Au contraire, on s'y fait, on y prend goût et cela ajoute de l'authenticité au récit à mon sens, cela le rend d'autant plus réel et vivant à nos yeux. Je pense que je relirai Loin de la foule déchaînée avec grand plaisir un jour, ne serait-ce que pour le petit bonheur qu'est de prendre soin des moutons en compagnie de Gabriel et de Bathsheba. C'est si attendrissant comme image, vous ne trouvez pas ? Une fois de plus, l'épatant Thomas Hardy m'a convaincue grâce à sa plume singulière et mordante, qui nous invite à entrer dans son univers et à ne plus jamais en ressortir, même si le début du livre est digne d'un diesel : il faut lui laisser le temps de bien démarrer, de tout mettre en place, mais une fois qu'on est dedans, on trace jusqu'à la dernière ligne du récit ! Croyez-moi, si vous aimez les grands classiques du dix-neuvième siècle, celui-là ne fera pas exception !

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Commentaire ajouté par Youssra-6 2019-07-07T20:50:25+02:00
Tess d'Urberville

Je suis une grande fan de littérature classique anglaise, alors peut-être que ce fait aura influencé mon avis sur ce livre et qu’il sera complètement différent du votre.

Le registre classique, qu’il soit français ou anglais, est assez spéciale, le langage y est parfois soutenue, les expressions y sont différentes des nôtres et les mœurs ne sont plus du tout les même que maintenant. Tout le monde n’y adhère pas, je pense qu’il faut aimer ce style pour pouvoir aimer ces histoires.

Bref ! L’histoire justement... Pour moi, c’est un très gros coup de cœur. Je me suis attaché au personnage de Tess dès le début. Son innocence, sa bonté et sa douceur auront malheureusement eu raison d’elle et lui auront causé sa perte, mais c’est ce qui nous rapproche d’elle tout au long du livre.

T.Hardy, via l’histoire de Tess, nous fais une critique de la société anglaise de ce temps. Mais je pense qu’il devait en être de même en France. L’inégalité homme / femme y était vraiment présente. Pour une même erreur, seule la femme sera condamnée tandis que l’homme sera pardonné. Les femmes, à cette époque, y avait la vie dure.

J’aime beaucoup les classiques car ils nous permette de voyager à travers le temps, de se projeter en arrière, dans l’ancien temps, de nous confondre à la population et de connaître leur mœurs. Personnellement, je trouve que c’est enrichissant (mais encore une fois, il faut être intéressé, au risque de ne pas du tout accrocher avec le registre).

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Commentaire ajouté par APAGE 2019-07-25T17:04:35+02:00
Tess d'Urberville

Un livre sublime qui possède toute la force des grands chefs-d'oeuvre impérissables.

L'histoire est magnifique ; dramatique mais magnifique. Représentation cruelle des moeurs du temps, démonstration des mesquineries et de la lâcheté qui vaut toujours aujourd'hui, Tess d'Urberville est portée par son héroïne éponyme, une sublime et attachante figure de femme à qui il est impossible de ne pas vouloir tendre la main dans ses déboires de plus en plus tragiques. La fin est un sommet de la littérature mondiale. Peut-être une des meilleures fins de l'histoire de la littérature (ce livre est dans mon panthéon, alors n'ayons pas peur des mots!).

Le livre est sombre par son fond, mais aussi lumineux par ses descriptions magistrales de paysages rustiques digne des grands peintres paysagistes anglais du XIXe siècle. L'ambiance de la campagne britannique est remarquablement rendue, et Hardy est au sommet de son art dans le soin apporté aux détails graphiques qui font toute la puissance concrète de ses descriptions. C'est à la fois d'une grande simplicité et d'une grande élégance, bref, toute l'efficacité de l'écriture du XIXe siècle dont on oublie souvent l'accessibilité.

Tess d'Urberville est indéniablement un chef-d'oeuvre, une perle qui ne doit pas être oubliée face à son adaptation cinématographique célèbre. Certes dramatique (comme beaucoup de grands livres du XIXe siècle), pour ceux qui n'ont pas peur d'être profondément émus Tess d'Urberville est un incontournable joyaux, tant par l'histoire, par l'écriture que par son héroïne, un modèle de subtilité, de finesse, et de charme touchant.

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On parle de Thomas Hardy ici :

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Editeurs

Gallimard : 5 livres

LGF - Le Livre de Poche : 4 livres

L'Archipel : 3 livres

Phébus : 3 livres

Penguin Books Ltd : 3 livres

Archipoche : 2 livres

Simon & Schuster : 2 livres

Vintage Classic : 2 livres

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