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la porte de Wingard
Auteur
- Thierry Rollet (Écrivain)
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extrait
LA PORTE DE WINGARD
Thierry ROLLET
(extrait)
© Éditions du Masque d’Or, 2020 – tous droits réservés
CHAPITRE 1
LES AMOURS DE LA PRINCESSE
UCY était éveillée mais maintenait son corps et son esprit dans une somnolence lénifiante et quasi-hypnotique, qui lui permettait de revoir, dans une sorte de rêve dirigé, les faits marquants qui avaient amené jusque dans sa couche
Zwinel, le maître des Elfes.
C’est bercée à la fois par le souffle de l’être encore endormi et par ses propres souvenirs que la princesse d’Isther revit en imagination cette série d’événements aussi terribles que merveilleux.
Le commencement de l’histoire du rapprochement entre les Elfes et Isther, ancien clan viking érigé en royaume, avait, en vérité, duré de longs mois, composés d’apparitions et d’interventions sporadiques, puis de tentatives de rapprochements, d’abord timides, puis de plus en plus personnalisées. Elles étaient lentement passées d’échanges de cadeaux discrets à des rendez-vous assez brefs entre les citoyens de Mitgard, domaine des Humains, et ceux de
Wingard, royaume des Elfes et des Nixes, pour se terminer par des entrevues de plénipotentiaires – ou équivalentes.
La plus grande confusion se généralisait alors entre l’enclave de Mitgard où s’établissait Isther et un univers intermédiaire, qui n'était pas encore Asgard ou pays des dieux vikings, mais qui semblait offrir à Isther le havre de paix vers lequel tendaient tous ses habitants, las des luttes et des pillages incessants qui régnaient constamment entre les divers clans vikings.
Le petit royaume insulaire, situé entre les Orcades et les Shetlands, trouvait depuis longtemps « l’amitié » de ses voisins, autres clans vikings, un peu trop lourde. Certes, Isther oubliait assez fréquemment de payer le tribut en chevaux et en poisson réclamé par les
Vikings du Grand Fjord du Sud, ledit tribut, tout à fait symbolique, assurant la suzeraineté du
Grand Fjord bien plus qu’il ne l’enrichissait. Par ailleurs, la menace permanente des clans vikings, qui n'admettaient que du bout des lèvres l’indépendance du petit royaume, avait contribué à transformer peu à peu en cauchemar le quotidien d’Isther. Certes, le petit royaume n'avait pas à se plaindre réellement des Vikings, n’ayant jamais subi de leur part que quelques rapines de peu d’importance, en surplus de vagues accusations de « trahison » après la sécession isthérienne. Pourtant, les tentatives de réconciliation entre les Isthériens et les autres
Northmen ne tendaient à assurer qu’une paix armée – pour ne pas parler de conflit latent – dans les eaux proches de l’archipel car les Vikings aimaient trop la guerre, sur mer comme sur terre. Isther, ne voulant plus s’associer à cette existence de violences et de massacres, avait
L demandé à la fois aux dieux et à ses devins et magiciens de lui assurer une protection aussi indéfectible que possible, quitte à faire glisser le petit royaume dans un univers parallèle, où il ne rencontrerait ni combats ni pillages.
C'est donc dans ces conditions que la communication entre Isther et Wingard s'était
établie.
Dès que les premières tentatives de rapprochement entre les deux mondes parurent en bonne voie d’aboutissement, elles arrivèrent à point nommé car Isther avait alors maille à partir, en surplus des Vikings, contre tout un essaim de pirates saxons qui, à des périodes de plus en plus fréquentes, menaçait ses navires de pêche et de commerce. Un adversaire de plus et d’autres violences en perspective !
C’est ainsi qu’un jour, l’équipage d’un navire isthérien malmené par une attaque de ces pirates fut sauvé du naufrage par un gunzwoll, vaisseau éthéré apte à franchir l’espacetemps entre Mitgard et Wingard. Après une courte lutte qui vit les pirates et leur nef s’effondrer en cendres dans la mer, le navire des Elfes ramena à bon port le dogre1
isthérien et repartit sans adieu. Par la suite, lors de rencontres en mer entre pêcheurs et d’autres gunzwolls, un troc avantageux s’établit, sous la forme d’échanges d’objets fabriqués par les humains, dont les Elfes semblaient friands, et d’autres produits de Wingard, tels que des parfums capiteux qui n’avaient nul besoin de contenants : sortis de la main griffue d’un Elfe, ils se répandaient dans l’air et y demeuraient en permanence, jusqu'à ce que l’ouverture d’une autre main d’Elfe le remplaçât par une nouvelle fragrance. Ainsi commencèrent les enchantements du peuple isthérien.
Les gunzwolls apprirent ainsi rapidement à reconnaître la bannière dorée aux trois cercles rouges d’Isther, tandis que les pêcheurs découvraient désormais sans méfiance les silhouettes diaphanes qui surgissaient parfois de nuées spontanées, pour se poser ensuite avec délicatesse sur la mer, dont les eaux se calmaient immédiatement pour recevoir ce visiteur d’un monde intermédiaire. Du poisson, des armes, des bijoux et, bien entendu, des parfums furent ainsi de plus en plus souvent échangés entre Elfes et Isthériens.
Et c’est ainsi qu’une paix encore indécise avait commencé à s’établir au sein de ce nouvel univers, où le monde des Elfes et celui des Humains tendaient désormais à établir une sorte d’indicible osmose.
Elle devait être bien vite dépassée par les événements à venir…
Le mouvement d’un corps dans le lit, à côté d’elle, sortit la princesse de sa rêverie. À la clarté de la pleine lune, qui entrait à flots dans sa chambre, elle contempla une nouvelle fois, avec la même curiosité teintée d’une vague appréhension, le corps du maître des Elfes et des Nixes. Pour se rassurer, elle aurait voulu penser à une beauté barbare ou divine. Ces qualificatifs étaient malgré tout assez vagues pour ne pas éteindre en elle ce sentiment mêlé de soumission et de crainte. Non, certes, ce n'était pas le fiancé de ses rêves, tout en muscles et en solide charpente osseuse, apte à affronter tous les dangers dans tous les combats. Non, car ce corps-là n'avait pas grand-chose d’humain, sauf dans ses grandes lignes : tête, corps, membres… Mais pouvait-on appeler bras et jambes ces appendices où s’amalgamaient des ailes membraneuses de chauve-souris pour les supérieurs, des poils noirs et rêches et des sabots à un doigt pour les inférieurs ? En outres, ce qui tenait lieu de jambes à Zwinel se résumait à deux membres grêles et arqués vers l’arrière, comparables à des pattes de chèvre.
Quant à la tête ! Elle était oblongue, presque sans nez ni lèvres car les immenses yeux maintenant clos et le menton en longue pointe prenaient toute la place. Non, certes, Lucy
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Bateau de pêche de la mer du Nord.
n’épouserait jamais l’un de ces nobliaux orcadiens que son père, le roi Wolf, souverain d’Isther, lui avait autrefois destiné. Maintenant qu’à 18 ans, elle avait perdu sa virginité grâce
à plusieurs nuits déjà passées avec Zwinel, elle pouvait être sûre de lui appartenir en totalité, bien qu’il eût tout de même abusé de son pouvoir en la séduisant puis en consommant une union qui, bien sûr, n'avait pas grand-chose de commun avec un mariage au sens propre du terme. Alors, comment l'avait-il séduite, cet être si peu humain ? Comment la princesse avaitelle pu s’unir avec un non-humain ? L’union entre Isther et Wingard devait-elle se faire ainsi ? Lucy tenta en vain de détacher son regard du sexe monstrueux qui s’érigeait encore entre les « jambes » de Zwinel ; il lui avait appris le plaisir, cette jouissance à laquelle elle n'avait pas droit en tant que femme, en ces temps où toute épouse était placée entièrement sous la coupe de son époux. Mais justement, Zwinel ne l'avait-il pas, par ce moyen, totalement placée sous la sienne ?
Le Maître des Elfes assurerait de bien meilleures forces nouvelles au petit royaume insulaire qui en avait un urgent besoin, la menace de ses voisins humains se faisant de plus en plus pressante. Le roi d’Isther lui-même ne mésestimerait sans doute pas un gendre de ce peuple venu d’ailleurs, sur le point de convertir entièrement les Isthériens à une existence féerique, mille fois plus belle que celle que lui eût réservée son ancien statut humain… Lucy se répétait ces principes déjà débattus tout en demeurant les yeux rivés sur ce corps nonhumain qui, quelques instants plus tôt, lui avait fait connaître une fois encore ce septième ciel dont rêvent tous les amants – et au sens propre du terme, puisqu’il en venait… !
Le corps de l’Elfe bougea encore. Ses deux ailes membraneuses frémirent. Il les ouvrit comme une corolle florale, émit un son flûté et ouvrit ses immenses yeux. Lucy sentit encore une fois le formidable regard qu’il darda immédiatement sur elle comme un double jaillissement de lumière noire, qui la perçait, pensait-elle, jusqu'aux tréfonds de son être.
– N'est-ce pas que tu vas convertir mon peuple en l’unissant avec le tien ?
– Quoi ? grommela Zwinel, mal réveillé et qui, à cet instant, ressemblait bien plus à un simple amant émergeant de ses brumes qu’à un être venu de l’au-delà.
Souriant avec indulgence, Lucy contempla son elfique amant comme un présent du
Ciel : en vérité, c'était les dieux qui l'avaient conduit ici, lui faisant rencontrer l’être surpuissant qu’elle s'était toujours souhaité pour futur époux. Peu importait qu’il eût violé les usages en même temps que la couche princière, puisqu’il avait ainsi prouvé sa détermination, et Lucy la sienne, et consommé d’avance l’union de deux univers appelés à vivre dans les espaces encore inconnus de la paix et de la sérénité…
– Convertir ? grommela encore Zwinel. De quoi parles-tu ?
Vraiment mal réveillé, il avait utilisé le langage des Elfes et non le norrois, qu’il parlait pourtant couramment avec Lucy. Elle-même estimait qu’elle avait fait des progrès
étonnants dans la langue des Elfes, puisqu’elle l'avait compris sans peine.
– Laissons cela, mon aimé, chuchota-t-elle. Ce sera pour notre avenir dans notre futur univers.
– Mais de quoi parles-tu ? reprit Zwinel en norrois, cette fois.
Sa voix ressemblait à l’écoulement d’un ruisseau cascadant entre des pierres, semblant en entraîner parfois dans des sons rauques ou des consonnes heurtées. Lucy avait appris à la trouver musicale et même melliflue.
– Chut ! Parle moins fort, beaucoup moins fort. Je sais que tu as endormi mes gardes et même ma matrone chaperon, mais je ne souhaite pas que notre secret soit révélé trop tôt.
– Notre secret ! fit plus doucement Zwinel, avec un sifflement qui était chez lui l’équivalent d’un petit rire. Il est bien gardé, en effet : tous tes gardes et même ta matrone savent que tu reçois un Elfe dans ton lit une nuit sur trois. Quant à mon peuple, il se doute bien de ce que fait son maître lorsqu’il s’évade de Wingard durant ces fameuses nuits, presque sans protection dans le monde de Mitgard. Au moment même où je plonge du gunzwoll pour aborder la côte en quelques coups d’ailes, mes servants savent que je vais retrouver ma favorite humaine. C’est une coutume de notre peuple, qui s’est parfois uni à des mortelles et elle s’applique à tout le monde, même au maître !
Lucy se sentit quelque peu mortifiée de s’entendre qualifier de « favorite ».
– Tu aurais pu mieux renseigner ton peuple, en lui disant que j’étais ta promise, ta fiancée…
– Il n’aurait pas compris : chez nous, une Humaine que l’on va visiter en vue d’une union inhabituelle et contre nature dans Wingard est une favorite, sans plus. Une fiancée, un homme, le Maître surtout, va la choisir à la frontière entre Wingard et Asgard, sans se cacher.
Lucy se sentit prête à pleurer, mais l’attirance qu’elle éprouvait et qui outrepassait même le désir physique s’imposait toujours. Elle posa sa tête sur l’épaule de l’Elfe :
– Ne t’impatiente surtout pas, mon aimé : notre union ne sera bientôt plus un secret…
– Je t’ai dit qu’elle ne l'était plus depuis longtemps !
– Je veux dire : un secret officiel. Un jour, on annoncera publiquement notre prochaine union, en même temps que celle d’Isther avec Wingard.
Zwinel admira un instant les formes sculpturales de sa maîtresse humaine et princière, révélées par la lumière lunaire qui entrait à flots dans la chambre : il n'était pas lui-même insensible à un charme hors du commun dans son monde… Puis, il se redressa à demi sur la couche, ouvrant grand ses ailes.
– Comme vous êtes compliqués, chez les tiens ! Même pour unir deux univers, on ne fait pas tant de manières, comme on dit chez vous ! La cérémonie en elle-même est toute de magie, de sensations qui n’ont rien à voir avec… Mais tu ne saurais comprendre encore !
– Cette cérémonie, je l’attends : ce sera la conversion de mon peuple, la conversion de tous les miens au bonheur universel !
Zwinel soupira : il avait un peu oublié cette « formalité ». Certes, lui-même, ainsi que l’union des esprits qui tenait lieu d’assemblée dirigeante dans son monde souhaitait vivement cette union, qui lui permettrait d’établir des bases fermes et fortifiées dans le voisinage immédiat des Humains, situation qui se révélerait sans aucun doute favorable à la création d’un nouvel univers ou, du moins, au renforcement de Wingard. Pour y associer Isther, il avait répondu favorablement au messager de la princesse, qui avait poussé la hardiesse jusqu'à invoquer la présence du Maître des Elfes dans sa proche chambre, nuitamment encore. Leur première rencontre, le début de leur union charnelle, remontait presque à une lune désormais.
Cette audace n'était pas pour déplaire à un Elfe, au contraire !
Zwinel se leva complètement, quittant le lit pour aller baigner son corps verdâtre dans la lumière de l’astre nocturne par la fenêtre d’en face. Il jugea qu’il était vers la mi-nuit chez les Humains. Dans Wingard, le temps n'avait pas beaucoup d’importance mais il lui fallait néanmoins quitter maintenant ce château si confiant dans ses murailles absurdes, cette chambre si mal gardée contre les êtres d’au-delà, pour regagner son gunzwoll personnel, qu’il barrait lui-même, avec la seule aide de deux servants. Lucy voulut qu’ils échangeassent un baiser d’adieu – qu’il préféra abréger : sa langue brûlante eût littéralement embrasé la bouche de cette Humaine si fragile par rapport aux Elfes ! Zwinel détendit ses ailes et, telle une flèche de lumière verte, il franchit la fenêtre. Lucy le regarda descendre le long de la muraille, semblant se jouer d’elle comme un liquide vert qui eût suinté entre les pierres, puis arriver jusqu'au petit chemin de ronde situé juste sous sa chambre et qui, à sa demande alimentée de quelques pièces d’or, n'était pas gardé cette nuit-là : elle savait Zwinel tout à fait capable, pourtant, de subjuguer les soldats pour les rendre temporairement aveugles et sourds – mais avait-elle voulu l’aider comme une Humaine qui souhaiterait assister un Elfe ? Enfin, se plaçant tout contre la muraille de la tour, il sembla disparaître à l’intérieur des pierres. Il avait donc choisi de demeurer sur place, afin de ne pas perdre de temps lors de sa prochaine visite ?
Pas du tout : Lucy le comprit en distinguant, dans un seul éclair, l’image d’une nef semblant toute de cristaux, qui fulgura un instant dans le ciel enténébré comme un crachement de foudre : Zwinel venait de rejoindre son gunzwoll.
Incommodée autant qu’attristée par l’apparente froideur de son amant, Lucy se leva elle aussi, couvrant sa nudité d’une longue chemise. Elle le souhaitait audacieux, mais aussi plus attentionné. Sans doute était-ce peu compatible de laisser cohabiter en soi ces deux sentiments disparates, notamment chez un Elfe…
Elle frissonna et plaqua soudain ses deux mains sur sa gorge : le malaise revenait. En vraie princesse d’un royaume marin, elle s’interdit de s’étendre de nouveau, préférant dissiper l’indisposition par le froid de la nuit et la clarté lénifiante de la lune. Soudain, une nouvelle inquiétude lui vint, analogue à celle qu’elle avait éprouvée quelques jours plus tôt, lors d’un entretien avec Rebecca, sa matrone chaperon : et si c'était vrai… ? Si c'était bien cela… ?
Quel risque, quel danger… et, en même temps, quel espoir nouveau d’unir deux peuples issus de deux mondes parallèles l’un à l’autre, de la manière la plus solide, la plus durable qui fût !
Mais l’avenir était-il réellement conforme aux souhaits de deux amants ? Lucy et
Zwinel étaient plus que cela, la princesse en était persuadée. Par conséquent…
Pour l’heure, mieux valait se recoucher et finir sagement la nuit.
Peut-être le sommeil soulagerait-il ces douleurs intermittentes que Lucy, sans l’avoir avoué à personne d’autre que Rebecca, ressentait dans son abdomen depuis plusieurs jours…
Mais il était dit que Lucy ne dormirait pas cette nuit-là : un horrible hurlement venait de faire résonner tous les échos de cet étage du château… !
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Date de sortie
la porte de Wingard
- France : 2020-03-18 (Français)


Résumé
Isther est un petit royaume insulaire qui survit tant bien que mal peu avant l’An Mil, entre les Orcades et les Shetlands.
Ce royaume, qui cherche des moyens de s’affranchir de la tutelle des Vikings, s’est allié aux Elfes, issus du royaume parallèle de Wingard. Mais il s’agit d’une tromperie : les Elfes sont conseillés par une sorcière, Erhilde, qui se dit fille de Heimdall, dieu viking de la lumière. Elle indique aux Elfes les moyens de conquérir Isther sans coup férir, tout en exerçant sur le clan entier et surtout sur son chef une emprise démoniaque et irréversible.
Zwinel, roi des Elfes, a d’ailleurs pris les devants en séduisant la princesse du royaume d’Isther. Par ailleurs, le prince héritier d’Isther est lui-même l’amant d’une autre sorcière viking, Solveig, sœur d’Erhilde. Contrairement à celle-ci, Solveig tente de sauver son amant et le royaume d’Isther en lui révélant les sombres desseins des Elfes et la traîtrise préparée par Zwinel et Erhilde. Elle exerce cependant sa propre influence magique sur le prince. En fait, les deux « sorcières » sont des êtres possédés constituant chacun une face, la bonne et la mauvaise, de Heimdall, qui n’est pas un « dieu » au sens propre du terme mais une créature tapie dans une autre dimension du temps et qui se distrait en manipulant les humains…
Qu’adviendra-t-il d'Isther, pris dans la lutte entre ces deux tendances démoniaques, qui se combattent et, ce faisant, provoquent diverses catastrophes et toutes sortes d’affrontements dans le monde humain?
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