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Primera Part

Livre


Description ajoutée par Tara99 2025-01-25T11:26:54+01:00

Résumé

Une jeune catalane issue de famille bourgeoise et souffrant de tuberculose est envoyée dans un sanatorium suisse pour guérir. Là-bas, elle rencontre un jeune danois, malade comme elle, et elle l'épouse contre la volonté de ses parents.

Ce roman surprenant, de nature autobiographique, est un appel à la force invincible de l'amour, à l'égalité entre les êtres et à la liberté. C'est la raison pour laquelle les autorités franquistes en censurent certains passages lors de sa publication, passages réincorporés intégralement dans cette nouvelle édition.

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Commentaire ajouté par Tara99 2025-02-07T15:54:21+01:00
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En continuant mon tour d’horizon des autrices catalanes, j’ai découvert Cèlia Suñol, une auteure méconnue du XXème siècle et son livre semi-autobiographique « Primera Part ».

L’appareil critique en début d’ouvrage est particulièrement édifiant, non seulement sur la vie de l’écrivaine mais aussi sur le contexte de sa publication. Censuré par le franquisme au moment de sa parution car jugé imprégné d’existentialisme et d’amoralité protestante, (à ce propos, le membre de la commission de censure relève que les protagonistes « se marient uniquement par l’Eglise protestante »), le roman est publié de façon tronquée et gagne le prix Joanot Martorell en 1947.

Bien que ce soit ainsi que l’éditeur ait choisi de présenter ce roman, ce ne serait pas lui faire justice que d’affirmer qu’il traite exclusivement de la vie des malades dans les sanatoriums des pays du Nord et de l’Est de l’Europe. Sur 350 pages, les 120 premières se concentrent sur les souvenirs d’enfance et d’adolescence de l’auteure.

Issue d’une famille plutôt bourgeoise, la jeune Helena, alter ego de Cèlia Suñol, vit à Barcelone dans un appartement rempli de livres, de rires et de musique. Son père pousse ses quatre filles à se surpasser dans les études. Mais bientôt, la tragédie frappe : la mère puis le père d’Helena décèdent de maladie et Helena la benjamine est élevée par ses sœurs plus âgées. Elle fait son éducation au Collège américain et le lecteur est témoin de ses échanges intellectuels avec ses professeures et ses camarades mais aussi de ses premiers émois amoureux.

Son état de santé se détériore et elle est envoyée par son médecin à Davos. C’est le début d’un long séjour en Suisse. Helena nous livre ses impressions sur les différents personnages parfois hauts en couleur qui séjournent dans les hôtels et pensions qu’elle fréquente, et sur les coutumes et le climat rigoureux de cette contrée, si différents de ce qu’elle a pu connaître en Catalogne.

Le roman, écrit à la première personne, prend un ton plus sombre au moment où elle rencontre le jeune danois tuberculeux qui deviendra son futur mari, Ole Jensen, alter ego du véritable mari de Cèlia Suñol, Kaj Hansen. Consciente des difficultés de vivre avec une personne si gravement atteinte par la tuberculose et anticipant la réprobation de sa famille, Helena hésite à se marier avec Ole. Elle choisit finalement de partager sa vie avec lui, tout en sachant qu’elle sera fortement écourtée (les médecins lui annoncent qu’Ole n’a que quelques années à vivre). Son mariage marque le début d’un périple à travers les villes balnéaires en vogue à l’époque (Oberstdorf, Fribourg) pour trouver les meilleurs remèdes pour soigner son époux. La dévotion qu’ils ont l’un pour l’autre est admirable mais pas forcément touchante et les passages qui ont trait à leur relation sont parfois inintéressants.

La force du roman se trouve ailleurs : dans la description des paysages et des villes où l’auteure est amenée à séjourner dans le cadre de son traitement contre la tuberculose mais aussi dans les quelques saillies féministes qui ne peuvent qu’interpeller. Les convictions politiques qui transparaissent à certains moments préfigurent l’engagement politique de Cèlia Suñol en tant que secrétaire du département de culture de la Generalitat lors de l’avènement de la IIème République.

La dernière partie du livre traite de la neurasthénie de l’auteure. J’ai apprécié que soit abordé ce thème de la santé mentale et que l’auteure s’attarde à décrire ses symptômes, ses questionnements quant au sens de la vie, etc. Par le choix-même du sujet, certains passages sont très mélancoliques et il est parfois difficile de ne pas succomber soi-même à cet état d’esprit lors de la lecture.

Le roman se termine sur une naissance, celle du fils d’Helena, et d’un décès, celui d’Ole. Les dernières pages sont particulièrement tristes : Ole, atteint d’une grave crise de tuberculose, est mis à l’isolement dans la maison que la famille loue. Il n’a pas le droit de toucher son fils et ne peut que l’observer de loin.

En conclusion, un roman particulièrement riche, tant par le foisonnement de thèmes abordés que par le style de Cèlia Suñol. Un seul regret : que certains thèmes moins passionnants soient peut-être trop creusés au détriment d’autres sujets-comme le féminisme- laissés un peu de côté. Il aurait été intéressant de voir ressurgir plus souvent entre les pages le thème de l’égalité entre les sexes et entre les êtres.

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