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Les extraits ajoutés par math-rdn

« Ça fait quinze minutes déjà qu’il me fait patienter dans la nuit froide. J’ai la chair de poule. Si son intention est de me laisser en plan pour que je le déteste davantage, il est sur la bonne voie. Je prends une inspiration tout en me nichant plus profondément sous l’auvent, après que des gouttes d’eau ont frôlé mon visage à cause d’une bourrasque. C’est alors que je le remarque près de sa voiture, il vient de garer en travers sur des places vides.Après avoir fait claquer sa portière, il me rejoint sous l’abri, sans un mot ni un regard.Comme si j’étais une corvée dont il devait se débarrasser. »

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« Keleana poussa un grognement en sentant quelque chose de froid et d’humide sur sa joue. Elle ouvrit un œil et vit au-dessus d’elle le chiot qui la regardait, la queue frétillante. Elle remua dans le lit en grimaçant dans la lumière du soleil. Elle n’avait pas prévu de dormir si tard. La prochaine épreuve aurait lieu dans deux jours et elle devait s’entraîner. C’était l’ultime épreuve, à l’issue de laquelle les finalistes seraient sélectionnés pour le duel.Keleana se frotta un œil, puis gratta le chiot derrière les oreilles. »

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« Ce n’est pas ce que je voulais dire, pas vraiment. Je me mords la joue en regrettant mes paroles, mais il n’y a plus aucun retour possible.

Même Ezra est abasourdi par mon commentaire. Il a un geste de recul, les sourcils froncés.

– Pardon ?

– Tu rêves de ce qu’on a, Andréa et moi. Tu le cherches désespérément, en vain, alors tu transposes.

Le silence est si pesant que je me sens honteuse d’avoir dit une telle chose. Ezra et moi nous défions du regard un long moment, et un éclair de déception brille dans ses prunelles.

Cela me fait plus mal que je ne l’aurais pensé.

Finalement, mon ami se lève et se dirige vers la porte.

– C’est là où tu te trompes, Jazz, déclare-t-il en se retournant une dernière fois. Je rêve du grand amour, moi. Du vrai. Pas du premier amour confortable et familier vers lequel tu cours de nouveau parce que c’est facile, et parce que t’es flippée de finir seule ou de ne jamais retrouver quelqu’un qui t’aimera autant.

Chacun de ses mots me heurte de plein fouet. Je me retiens de pleurer, les poings serrés sur le matelas.

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« Ce soir-là, dans sa chambre, assise devant le bureau, Iris admira le soleil qui se couchait sur un champ, au loin, et entreprit de dactylographier toutes les lettres qu’on lui avait dictées à l’infirmerie. Elle avait le sentiment d’être un vase rempli de toutes les histoires, de toutes les questions et de toutes les formules rassurantes que les soldats avaient partagées avec elle. Elle écrivit à des gens qu’elle ne connaissait pas. Des grands-pères et grands-mères, des pères et mères, des frères et sœurs, des amis et des amants. Des gens qu’elle ne verrait jamais, mais avec qui elle était malgré tout liée à cet instant. »

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« Une profonde inspiration gonfle la poitrine de Lachlan, qui se penche vers moi.– Tu sais ce qui me plaît le plus chez toi ?Je secoue la tête.– Tu es courageuse. (Il me serre la main quand je baisse les yeux.) Tu as peur de perdre tes proches ? Tu épouses sans hésiter un connard taciturne que tu détestes pour les sauver. Tu as peur de mon taré de patron ? Tu lui refourgues des muffins drogués et le mets à tes pieds, et maintenant il veut être ton ami. Tu as peur d’un ascenseur plongé dans le noir ? Tu passes une heure assise dedans pour que ton chien ne se retrouve pas seul.Lachlan écarte une mèche de cheveux de mes épaules avec un petit sourire.– Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse, Lark. J’aime ça chez toi.Je ravale le souffle qui se coince dans ma gorge. »

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« Souffrance absolue. Agonie absolue. Absolument seule.

C’est ce que j’entends dans son cri.

Je suis enraciné au sol, incapable de tirer mes pieds du sable ou mes yeux de son corps recroquevillé. J’ai à peine vu la branche avant qu’elle ne transperce la criminelle.

Non, pas la criminelle, Adena.

Mon esprit est embrouillé et un autre cri de Paedyn déchire l’air. Adena n’aurait pas dû se trouver là. Elle ne faisait pas partie de mes prisonniers et elle n’était en aucun cas une criminelle qui méritait de mourir ainsi.

Paedyn s’enfonce dans le sable, elle se balance d’avant en arrière en serrant le corps inanimé de sa meilleure amie contre sa poitrine. J’ai écouté un nombre incalculable d’histoires sur ces deux-là pendant la première Épreuve. L’amour de Paedyn pour son amie était évident dans sa voix, et il est à présent écrit sur son visage criblé de larmes. Je n’aurais jamais imaginé la voir pleurer, mais même les plus forts d’entre nous peuvent s’effondrer, accablés et ensevelis sous le chagrin.

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« Les sept marques dorées lui revinrent en mémoire.

Elle tendit sa main poissée du sang d’Alex et se mit à les tracer sur les pavés autour d’elle. Elle n’aurait pas dû s’en souvenir aussi nettement, et pourtant, c’était le cas. Elle dessina chaque marque sur le sol, poussée par une inspiration venue de très loin. Très ancienne. Un grondement familier retentit à ses oreilles. Un goût salé explosa sur sa langue. Une vague formidable monta en elle, sauf que cette fois, Rune se laissa emporter par elle. Ses doigts semblaient agir tout seuls, comme s’ils étaient mus par la magie elle-même.

Cela paraissait impossible qu’elle se rappelle les sept marques aussi précisément. Pourtant, à l’instant où elle en terminait une, elle s’attaquait déjà à la suivante.

Est-ce cela qu’on est censé ressentir quand on est une sorcière ?

Une sensation de justesse. De facilité. De plénitude. »

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« Bert a grogné un semblant de rire, mais son sourire ne se reflétait pas dans ses yeux. D’insupportables aigreurs ont aussitôt attaqué mon estomac. Soudain, j’ai su, avec une absolue certitude, qu’il me fallait prendre mes jambes à mon cou. Alors même que je tournais les talons, j’ai senti sa main rugueuse se refermer sur mon bras.

« Dans ce cas, je vais te conduire jusqu’à lui », a-t-il conclu pour lui-même, avant de me tirer en arrière.

Mon corps tout entier tremblait si fort que je m’attendais à vomir.

Il fallait que je lui échappe. Avant qu’il ne m’emmène dans sa tente. Il fallait que je…

« Lâchez-moi ! » Je détestais le ton strident de ma voix, la peur qu’elle recelait. J’ai tenté de libérer mon bras de ses doigts, mais il s’est borné à serrer plus fort, ses ongles s’enfonçant suffisamment dans ma peau pour faire couler du sang. « Je suis une prisonnière du roi ! »

Un rire sinistre s’est échappé de sa gorge. « Exactement. Prisonnière. Qu’est-ce que ça signifie, à ton avis ? »

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J’ai d’abord été attirée par le sourire d’Isaac West. Le genre sincère et bienveillant, qui donne envie de l’approcher. Tous les matins pendant des mois, on s’est croisés dans le café jouxtant l’immeuble de la maison de disques. Les sourires polis ont été remplacés par des conversations banales le jour où on a remarqué que l’on bossait au même endroit, mais à des étages différents. Dès lors, j’ai vite compris que je lui plaisais. Cet homme dit tout ce qui lui passe par la tête. J’ai fait de même pour ne pas lui donner de faux espoirs. Oui, je suis célibataire. Non, mon cœur n’est pas libre. Pas entièrement. Le changement de numéro de Liam, son silence, a changé la donne.

 

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J’ai compris immédiatement ce qu’elle n’a pas dit tout haut : elle n’a pas vérifié si sa fille de quatorze ans était bien dans son lit en rentrant hier soir. Ni moi d’ailleurs. Alors, tandis qu’elle se verse une tasse de café, je lui raconte tout. La vidéo. L’agression. La trahison de Luna. Son visage se décompose. Ses muscles se tendent. Ses pupilles noircissent. Et pendant un instant qui me paraît une éternité, le silence est assourdissant. Puis elle prononce une phrase qui manque d’arrêter les battements de mon cœur.

— Appelle la police. 

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