Les commentaires de Evana_kehr
Spoiler(cliquez pour révéler)Je pense honnêtement qu’il faut que j’arrête de me laisser influencer par le BookTok. J’ai acheté ce roman parce que je n’en avais entendu quasiment que du bien. Alors je me suis lancée sans trop savoir à quoi m’attendre, et au final… je suis un peu déçue. Dans ce roman, on est au XXIIe siècle. Les relations amoureuses sont déterminées par un test de compatibilité fondé sur la science. Dans cette société, un couple n’est légitime qu’après avoir passé ce test, effectué en deux étapes, et, à l’issue du second, les compatibles sont destinés à se marier pour assurer la natalité. Sans test, les relations sont considérées comme illégales. Eliotte est en couple clandestinement avec Ashton depuis l’adolescence. Mais lors du second test, ils découvrent qu’ils ne sont pas compatibles. À la place, Eliotte l’est avec Izaak, le grand frère d’Ashton, à 98,8 %. Un chiffre presque aberrant pour la science. Sur le papier, j’ai trouvé l’idée vraiment intéressante. Le concept de cet algorithme qui décide des âmes sœurs est franchement original, et c’est clairement ce qui m’a donné envie de découvrir ce livre. Mais pendant ma lecture, plusieurs choses m’ont un peu dérangée. D’abord, l’univers. On nous explique les bases de cette nouvelle société, mais sans vraiment entrer dans les détails. Personnellement, j’aurais aimé quelque chose de plus immersif. J’ai eu l’impression qu’on posait les règles sans aller beaucoup plus loin. Peut-être que ce premier tome sert surtout d’introduction pour le second, et j’espère sincèrement que ce sera davantage développé par la suite. Concernant les personnages, mon avis est assez mitigé. Eliotte porte un traumatisme depuis l’enfance : son père l’a abandonnée, elle et sa mère. Tout tourne beaucoup autour de cette blessure. En soi, ce n’est pas un problème, mais j’ai trouvé dommage qu’il faille attendre plus de la moitié du roman pour que certaines vérités commencent enfin à émerger. Izaak, lui, reste assez fidèle au cliché du bad boy : regard dur, attitude méfiante, parfois absent sans qu’on sache vraiment pourquoi. Cela dit, on apprend peu à peu des choses intéressantes sur sa famille, notamment sur son père, qui est gouverneur. Ashton est surtout très présent au début à travers sa relation secrète avec Eliotte. J’avoue que certaines de ses réactions m’ont fait souffler plus d’une fois. Mais en même temps, Eliotte m’a parfois semblé assez égoïste, donc je n’étais pas forcément entièrement de son côté non plus. Et puis il y a Matthew. Son arrivée m’a semblé un peu étrange, presque sortie de nulle part. Le genre d’apparition qui m’a laissée perplexe sur le moment. Même si, à la fin, on comprend mieux pourquoi il débarque comme ça. Là où je suis aussi un peu restée sur ma faim, c’est sur la romance. On parle beaucoup d’une trope enemies to lovers, mais pour moi, ce n’en est pas vraiment un. Eliotte et Izaak ne se connaissent pas vraiment au départ, ils ne se détestent pas. Ils refusent surtout l’idée de cette union imposée. À la rigueur, je parlerais plutôt de strangers to lovers, de mariage arrangé et de forced proximity. Ce que j’ai plutôt apprécié, en revanche, ce sont les piques qu’ils s’envoient et certaines de leurs discussions, presque philosophiques par moments, notamment quand ils parlent de leur vision de l’amour. Par contre, ce qui m’a un peu agacée, c’est qu’ils passent une bonne partie du livre à se répéter qu’ils sont amis ou qu'ils ne s'aiment pas alors que la tension entre eux est quand même assez évidente. Et il y a aussi plusieurs conflits qui, franchement, auraient pu être évités avec un minimum de communication. Les barrières d’Eliotte, surtout dans ses relations aux autres, finissent parfois par créer des situations inutilement compliquées. Concernant la plume de Lila Mars, elle est assez fluide et familière, donc ça se lit vite. Mais certains mots comme “putain” ou “bordel” reviennent tellement souvent qu’à force, ça finit par se remarquer. J’ai aussi relevé quelques erreurs de frappe assez visibles. Pour le côté dystopique, j’ai parfois pensé à The Hunger Games : un peuple encadré, un système omniprésent, des résistants qui contestent le pouvoir… sauf qu’ici, tout ça reste encore trop en arrière-plan à mon goût. J’aurais aimé que cet aspect prenne davantage de place pour renforcer l’univers. Au final, je n’ai pas réussi à vraiment m’attacher aux personnages, ni même à l’histoire dans son ensemble. Et c’est un peu frustrant, parce que le roman avait un vrai potentiel. L’idée de départ change de ce qu’on lit habituellement en romance, et c’est justement pour ça que j’en attendais sans doute davantage. Je ne sais pas encore si je lirai le second tome de cette duologie. Une partie de moi a envie de savoir jusqu’où l’histoire va aller. Mais une autre a un peu peur d’être aussi déçue que je l’ai été ici.
Afficher en entierPour la première fois de ma vie, j’ai voulu tenter l’expérience de la dark romance. N’étant pas familière avec ce genre, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en débutant Anatomy of an Obsession.
Pour l’histoire, on suit Nana qui, depuis le décès de ses parents, étudie la criminologie à la faculté. Lorsqu’un professeur est retrouvé assassiné, elle décide d’emménager chez son ami Marcus, qui vit en colocation avec son frère Cillian, un acteur très célèbre.
Ce roman mêle romance, suspense, tension et révélations inattendues. Ce que j’ai particulièrement aimé et bravo à l’autrice pour ça, ce sont les doubles points de vue : celui de Nana, avec le pronom “elle”, mais aussi celui du stalker, avec le pronom “lui”. J’ai trouvé que cela donnait énormément de rythme au texte et renforçait la tension, puisque jusqu’à la fin, on ne connaît pas son identité. À chaque fois, je pensais avoir trouvé, mais de nouveaux éléments venaient tout remettre en question… je me suis fait avoir du début à la fin.
J’ai aussi trouvé la relation entre Ada et Nana particulièrement touchante. Dans un monde où Nana a tout perdu (famille, statut social), Ada est ce repère stable sur lequel elle peut s’appuyer. Même si leur relation n’est pas au premier plan, leurs moments de complicité font vraiment la différence.
Cillian, quant à lui, est clairement un personnage qu’on aime détester. Au départ froid et méprisant, il se révèle peu à peu plus complexe. D’ailleurs, comme pour les autres personnages (Marcus, Soline…), on comprend qu’ils portent tous des blessures profondes liées à leur passé.
Petit point important : merci à l’autrice pour les trigger warnings en début de livre. On y retrouve des thématiques comme le viol, la pédophilie, l’anxiété, le meurtre, la dépression, la manipulation, l’emprise psychologique, l’érotisme ou encore la maladie mentale. Aujourd’hui, c’est essentiel de les mentionner, car certains lecteurs peuvent être sensibles à ces sujets.
Dans l’ensemble, j’ai adoré ce roman. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois. Le mélange des points de vue apporte un réel impact, et le fait d’être plongée dans la tête du stalker/serial killer apporte une vraie originalité.
J’ai particulièrement aimé la tension et les révélations. Honnêtement, j’avais l’impression de regarder une série, version livre, un peu dans l’esprit de Pretty Little Liars. Les actions du stalker font vraiment froid dans le dos.
Petit bémol tout de même : malgré une excellente lecture, j’ai ressenti quelques longueurs. Rien de rédhibitoire, mais elles sont présentes. J’aurais aussi aimé davantage d’interventions du stalker. Il est très actif au début, puis disparaît un moment avant de revenir. J’aurais aimé plus de tension continue, plus de malaise. Cela dit, c’est aussi ce qui me fait dire que je n’en ai pas eu assez… et c’est plutôt bon signe.
Concernant la fin, j’ai vu passer des avis mitigés. Pour ma part, je l’ai trouvée surprenante. Je ne m’y attendais pas du tout.
Pour une première expérience en dark romance, je suis clairement conquise. Je lirai avec plaisir d’autres romans de cette autrice. Sa plume est fluide, les pages défilent sans qu’on s’en rende compte. Ce n’est pas une lecture douce : on est bousculé, parfois choqué, souvent surpris… et c’est exactement ce qui fait toute la force de ce livre.
Et en plus, une autrice française ? On valide sans hésiter.
Afficher en entierJ’ai acheté ce livre après avoir vu l’engouement qu’il a suscité sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Forcément, avec tout ce bruit autour, j’avais pas mal d’attentes pour ce premier tome de la série Dream Harbor.
On suit Jeanie, qui reprend la gestion du Pumpkin Spice Café après le départ à la retraite de sa tante Dot. Elle s’installe donc dans cette petite ville où tout le monde se connaît, et fait rapidement la rencontre de Logan, un agriculteur local qui gère la ferme de ses grands-parents.
Sur le papier, on est sur quelque chose de très classique. Une romance en small town, une ambiance automnale cosy, et une dynamique grumpy x sunshine. Dès le départ, on sait comment ça va se terminer. Et ce n’est pas forcément un problème en soi, parce que ce genre de lecture repose justement sur le chemin plus que sur la finalité.
Là où le roman fonctionne bien, c’est sur l’ambiance. Clairement, l’automne est très bien retranscrit. On ressent le côté chaleureux du café, les odeurs, les couleurs, cette atmosphère un peu cocooning. Il y a aussi ce côté petite ville où tout le monde se connaît, se mêle de tout, avec des événements qui rassemblent les habitants. Ça m’a beaucoup fait penser à l’ambiance de Gilmore Girls. Sur ce point-là, le livre tient ses promesses.
La plume est fluide, ça se lit tout seul. Le fait que ce soit écrit au passé simple et à l’imparfait ne gêne absolument pas la lecture, au contraire.
En revanche, là où ça se complique, c’est sur la romance.
Je l’ai trouvée beaucoup trop rapide et surtout pas assez développée. La rencontre entre Jeanie et Logan est originale, presque déroutante au début, ce qui est plutôt un bon point. Mais ensuite, tout s’enchaîne beaucoup trop vite. Ils ne se connaissent pas, et pourtant, il suffit de quelques regards pour qu’ils tombent amoureux. En à peine deux semaines, leur relation évolue déjà vers quelque chose de très engagé.
Le problème, ce n’est pas tant la rapidité en soi, c’est le manque de construction. Ils ne prennent pas le temps de se découvrir, d’échanger réellement, de créer une dynamique crédible. Du coup, en tant que lecteur, c’est difficile de s’attacher à leur relation, parce qu’on n’a pas vraiment assisté à son évolution.
Le trope grumpy x sunshine est aussi, selon moi, mal exploitée. Jeanie correspond bien au rôle du personnage solaire : elle est souriante, positive, même si elle manque de confiance en elle. Ça, c’est plutôt bien amené.
Mais Logan… ce n’est pas vraiment un grumpy. On nous le présente comme tel, mais dans les faits, il est surtout gentil, attentionné, toujours prêt à aider. Il sourit facilement, il s’attache très vite à Jeanie. Si le texte ne précisait pas parfois qu’il a un ton bourru, on ne le percevrait même pas. Il manque clairement ce côté fermé, un peu rude, qui aurait donné plus de relief à leur relation.
Et justement, ce manque de contraste enlève beaucoup d’intérêt à leur dynamique. On n’a jamais vraiment ce sentiment que Jeanie doit “aller le chercher”, apprendre à le comprendre, creuser derrière une carapace. Tout est trop simple.
Les deux personnages ont pourtant des blessures liées à la confiance et aux relations passées, et c’est plutôt bien introduit. Mais là encore, ça reste en surface et ça devient assez répétitif. On tourne un peu en rond autour des mêmes problématiques sans que ça apporte une vraie évolution.
Autre point important : le rythme global. Toute l’histoire se déroule sur environ un mois. C’est très court, surtout pour une romance censée être centrale. Ça renforce cette impression que tout est précipité et pas assez construit. Et paradoxalement, malgré cette rapidité, j’ai parfois eu l’impression qu’il ne se passait pas grand-chose.
Concernant les scènes de smut, elles ne sont pas nombreuses, mais elles arrivent surtout vers la fin. Personnellement, je les ai trouvées dispensables. À un moment, j’ai même survolé une scène parce qu’elle ne m’apportait rien de plus. Elles ne sont pas forcément mal écrites, mais elles n’apportent pas grand-chose à l’histoire ou aux personnages, ce qui donne une impression de lourdeur sur la fin.
En revanche, les personnages secondaires sont plutôt réussis. Ils s’intègrent bien à l’histoire et participent à rendre la ville vivante. C’est même un des points qui donne envie de continuer la saga, pour en apprendre davantage sur cet univers et sur les autres habitants.
Au final, je ne dirais pas que c’est un mauvais livre. Ça reste une lecture agréable, surtout pour la période automnale, avec une ambiance très réussie. Mais la romance manque clairement de profondeur et de crédibilité, ce qui est quand même le cœur du roman.
Je reste curieuse de lire les autres tomes pour voir si l’autrice développe davantage ses personnages et prend plus le temps de construire ses histoires.
Afficher en entierSpoiler(cliquez pour révéler)Ayant adoré le premier tome, j’étais ravie de retrouver Erica, Patrik et tous les personnages de cet univers. Et dès les premières pages, le plaisir est intact : bien que le récit soit écrit à la troisième personne, à l’imparfait et au passé simple, la lecture reste extrêmement fluide. Les pages se tournent toutes seules, et il faut souligner le travail de traduction, qui rend le roman particulièrement agréable à lire. Dans ce second opus, nous suivons Patrik, sur le point de devenir père, qui enquête sur le meurtre d’une jeune femme, Tanya. Mais très vite, l’affaire prend une tout autre ampleur : en déterrant son corps, la police découvre les ossements de Siv et Mona, deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Puis Jenny est enlevée, et l’enquête bascule dans une véritable course contre la montre. Une question centrale s’impose alors : tous ces crimes sont-ils liés ? Et surtout, que cache réellement la famille Hult, dont les membres semblent liés à ces événements depuis des décennies ? La structure du roman reprend celle du premier tome : de longs chapitres, construits autour d’une alternance de points de vue. Chaque paragraphe permet de suivre soit l’avancée de l’enquête, soit le vécu des personnages. Ce procédé peut sembler dense, mais il est en réalité très efficace, car il permet d’avoir une vision globale de l’histoire tout en maintenant le suspense. L’un des aspects les plus marquants du roman est la lenteur de l’enquête. Tout au long du récit, Patrik accumule des indices, des pistes, des intuitions… mais rien ne semble réellement aboutir. Chaque avancée paraît prometteuse, avant de retomber. C’est frustrant, parfois même déroutant, mais aussi extrêmement réaliste. Le roman met en lumière une réalité du travail policier : le manque d’éléments concrets pour construire une piste solide. Cette frustration est d’autant plus forte que Camilla Läckberg excelle à manipuler son lecteur. À plusieurs reprises, j’étais persuadée d’avoir identifié le coupable… avant de me rendre compte que je m’étais complètement trompée. Elle nous balade du début à la fin, et tout est parfaitement ficelé. Le cœur du roman repose sur la famille Hult, et sur les secrets qu’elle dissimule. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la place omniprésente de la religion. Dieu est constamment évoqué, et cela prend tout son sens avec la figure d’Ephraïm, surnommé le prédicateur. Sans avoir commis les meurtres lui-même, il en est pourtant à l’origine. En faisant croire à ses fils, Johannes et Gabriel, qu’ils avaient le pouvoir de guérir les gens par simple contact, il a instauré un véritable système d’endoctrinement. Johannes, convaincu de ce don, a ainsi torturé et tué Siv et Mona dans l’idée de les “guérir”. C’est une mécanique à la fois terrifiante et fascinante, qui montre jusqu’où peut aller la manipulation mentale. La tragédie continue lorsque Ephraïm tue Johannes de manière accidentelle puis maquille sa mort en suicide. Le fait que Robert, son fils, découvre son corps à seulement six ans est particulièrement marquant et souligne la violence psychologique qui traverse toute cette famille. Gabriel est sans doute le personnage qui m’a le plus surprise. Au début, je ne l’aimais pas : il est rigide, obsédé par l’ordre, presque froid. Mais au fil du roman, mon regard a changé. On comprend que toute sa vie, il a été mis de côté au profit de Johannes. Tout le monde semble avoir préféré son frère : Solveig, d’abord en couple avec lui, l’a quitté pour Johannes. Sa propre épouse, Laini, l’a trompé avec ce même frère. Et son fils, Jacob, n’est même pas biologiquement le sien C’est une accumulation de rejets et d’humiliations qui rend son personnage profondément touchant. Jacob est un personnage complexe, marqué par son histoire familiale et par l’influence d’Ephraïm. Enfant, il a survécu à une leucémie grâce à un don de moelle osseuse de son grand-père. Ce détail, en plus d’être marquant, joue un rôle crucial dans l’enquête : Jacob possède en effet deux ADN différents, ce qui empêche Patrik de l’identifier immédiatement comme le tueur. C’est rare, surprenant, et très bien exploité. Mais surtout, Jacob reproduit le schéma de son père biologique, Johannes. C’est lui qui tue Tanya, qui n’était autre que la fille de Siv, ainsi que Jenny. Cette révélation est d’autant plus tragique que Tanya cherchait simplement à comprendre ses origines. Elle finit par subir le même destin que sa mère. J’ai d’ailleurs ressenti beaucoup de peine pour les familles des victimes, notamment celles de Jenny, Mona et Tanya. Certains personnages m’ont particulièrement marquée, parfois négativement. Gun, la mère de Siv, m’a profondément agacée. Elle n’aimait pas sa fille et joue pourtant la comédie du deuil, ce qui la rend difficile à supporter. Du côté du commissariat, Ernst m’a clairement irritée, notamment à cause de ses erreurs qui auraient pu compromettre l’enquête. Gösta, en revanche, évolue de manière intéressante : d’abord peu investi, il finit par se révéler et à prendre des responsabilités. Martin prend lui aussi de plus en plus d’assurance, et son duo avec Patrik fonctionne très bien La vie personnelle d’Erica et Patrik reste en arrière-plan, mais elle est traitée avec justesse. Le peu de moments qu’ils partagent est empreint de douceur, et la naissance de leur enfant marque une belle évolution dans leur relation. À l’inverse, le personnage d’Anna apporte une dimension plus douloureuse. Marquée par un mariage violent avec Lucas, elle reste profondément traumatisée. Sa relation avec Gustav, tout aussi désagréable, montre à quel point ces séquelles sont encore présentes. Il est d’ailleurs assez frustrant de voir les tensions entre Erica et Anna, là où l’on aimerait davantage de soutien entre elles. Le roman aborde des sujets particulièrement sensibles : inceste (notamment entre Johan et Linda), viol, emprise, dérives sectaires… Ces éléments sont durs, mais ils s’intègrent pleinement à l’histoire et renforcent sa cohérence. Rien ne semble gratuit : tout participe à la construction de cette atmosphère lourde et dérangeante. Malgré toutes ses qualités, certains points m’ont dérangée. La lenteur de l’enquête, bien que réaliste, peut parfois peser. Et surtout, les nombreuses remarques sur le poids de certains personnages sont inutiles et franchement désagréables à lire.
Afficher en entierJe ressors assez mitigée de ma lecture du tome 4 de la saga Villains de Serena Valentino, consacré à Maléfique.
Dès le départ, un point m’a posé problème : il est difficile, voire impossible, de lire ce tome indépendamment des précédents. N’ayant pas lu le tome précédent, je me suis retrouvée perdue face à certains éléments de l’intrigue et à de nombreux personnages déjà installés. Cela rend la lecture parfois confuse et confirme que cette saga doit être lue dans l’ordre, et idéalement sans trop espacer les tomes.
Sur le fond, j’ai tout de même apprécié découvrir l’enfance de Maléfique. Le roman apporte un éclairage intéressant sur son passé, notamment à travers la figure de Nounou, sa mère de cœur, qui l’a recueillie et élevée avec bienveillance. Ce contraste est d’ailleurs l’un des points forts du récit : on comprend que la méchanceté n’est pas innée. Maléfique est progressivement façonnée par le regard des autres. Jugée, rejetée, constamment ramenée à une image négative, notamment par les trois bonnes fées (celles qui veillent sur Aurore) et Marraine la bonne fée (référence à Cendrillon). À force d’entendre qu’elle incarne le mal, elle finit par l’intégrer. On retrouve ici clairement la morale centrale de la saga.
Cependant, mon principal frein reste la multitude de personnages secondaires (Mirliflore, Tulipe, Violette, Hudson, Obéron, etc.). Sans repères solides, il devient difficile de s’attacher ou même de suivre correctement leurs rôles, ce qui nuit à l’immersion.
J’ai également trouvé intéressant le traitement des pouvoirs, notamment la lecture des pensées. L’idée est bien exploitée, mais elle a tendance à réduire le suspense : certaines interrogations sont immédiatement levées, ce qui peut frustrer lorsqu’on apprécie les intrigues plus mystérieuses.
Enfin, le style d’écriture, volontairement proche du conte avec l’usage du passé simple et de l’imparfait, m’a parfois semblé lourd. Cela correspond à l’ambiance recherchée, mais demande une certaine concentration et peut rendre certains passages moins fluides.
Malgré ces réserves, le roman reste court et se lit relativement vite. Ce n’est pas une lecture qui m’a totalement emportée, mais elle a le mérite de proposer une approche différente et de s’inscrire dans une volonté de varier les genres.
Afficher en entierSpoiler(cliquez pour révéler)J’ai enfin sauté le pas de découvrir la saga Off-Campus de Elle Kennedy. J’avais vraiment besoin d’une lecture sans prise de tête et je dois dire que ce premier tome a totalement répondu à cette demande. Toutefois, bien que j’ai apprécié cette lecture, j’en ressors assez mitigée sur plusieurs aspects. Parce que sur le moment, j’ai vraiment adoré ma lecture. La plume est assez fluide, ça se lit tout seul, et c’est typiquement le genre de livre où on enchaîne les pages sans s’en rendre compte. Mais avec du recul, en prenant le temps d’y réfléchir, je me rends compte qu’il y a quand même pas mal de choses qui m’ont dérangée. Pour le petit résumé, on suit Hannah, une étudiante brillante et passionnée de chant, qui accepte d’aider Garrett, joueur et capitaine de l’équipe de hockey, à remonter ses notes pour rester dans l’équipe. En échange, il l’aide à attirer l’attention de son crush, Justin. Une histoire en apparence assez banale où on peut clairement deviner que ça ne va pas se passer comme ça entre nos deux protagonistes. La première chose qui m’a un peu perturbée au début, c’est leur dynamique. Ils sont dans le même cours depuis trois ans et ils ne connaissent pas l’existence de chacun ? Pire, Garrett pensait que Hannah s’appelait Molly où un prénom commençant par un M. Donc la manière dont Garrett aborde Hannah pour qu’elle l’aide tombe un peu de nulle part. Seulement parce qu’il a remarqué qu’elle avait la meilleure note au partiel. Et surtout, la manière dont Garrett insiste pour qu’elle accepte est franchement limite. Sur le coup, ça peut passer pour quelque chose de “drôle” ou de léger, mais en y repensant, ça frôle quand même le harcèlement. Il la suit partout : en cours, en dehors du campus et même là où elle travaille. Par contre, là où le livre marque des points, c’est sur les sujets qu’il aborde. Hannah a été victime de viol, et le fait que ce soit dit clairement, sans détour, c’est vraiment important. On ne tourne pas autour du pot, le mot est posé. Et surtout, elle ne se définit pas comme une victime, mais comme une survivante. J’ai trouvé ça très fort, et plutôt bien traité dans l’ensemble. On voit aussi les conséquences au quotidien, les réflexes qu’elle garde, la méfiance, etc. De plus, cela met en lumière une réalité bien triste : pour beaucoup de victimes de viol, les affaires sont classées sans suite. C’est ce qui est arrivé à Hannah. Il y a aussi, en parallèle, la question des violences conjugales avec le père de Garrett, et même si ce n’est pas le sujet principal, ça ajoute quelque chose au récit. De plus, on se rend compte à quel point on peut avoir une image faussée d’une personne. Je m’explique. Le père de Garrett, Graham, était une star du hockey et il est toujours aussi populaire bien qu’il ait pris sa retraite. De l’extérieur, c’est un homme humble, qui accepte toujours de prendre une photo et qui semble amical. En revanche, de l’intérieur, c’est un homme cruel. Et encore, je ne sais pas si le mot “homme” est bien approprié car, en plus de frapper son ex femme, il a battu son propre fils à l’âge de douze ans jusqu’à ce que Garett soit assez fort pour répliquer. Pour autant, le contraste est marquant car Garrett est l’extrême opposé de son père. Comme quoi, chaque personne est différente et que ce n’est pas parce qu’on a un parent violent qu’on va le devenir. Concernant la relation entre Hannah et Garrett, cela fonctionne assez bien. Il y a une bonne alchimie, des échanges sympas, et surtout, j’ai beaucoup aimé l’évolution de Garrett parce que même s’il part mal, il devient vraiment respectueux avec Hannah, surtout quand elle lui parle de son passé. Dans les moments intimes, il fait attention à elle, il demande, il ne force rien et ça, c’est vraiment appréciable à lire. De plus, ils ont chacun leur propre caractère, ce qui rend le tout vraiment intéressant. Ils ont certaines similarités mais aussi pas mal de choses qui les différencient. C’est le point le mieux réussi du roman mais pas que. Je dois avouer que j’ai ressenti pas mal d'émotions : les larmes, les rires, parfois de la gêne. C’est ce qui fait de ce roman un bon livre. Même avec ses défauts. Mais (parce qu’il y a un mais 😅), tout va beaucoup trop vite. À un moment, on se rend compte que ça fait à peine une dizaine de jours qu’ils se voient et leur relation a déjà énormément évolué. Et j’avoue, ça m’a un peu sortie de ma lecture. J’aurais aimé que ça prenne plus de temps, que ce soit plus progressif, plus construit. Je veux bien qu’il y ait une forte attirance entre eux, mais je trouve qu’il faut quand même laisser un peu de temps passé. Là, certes, ils se voient beaucoup pour les cours de soutien mais on passe vite de “c’est juste pour une durée déterminée et après chacun sa vie” à “finalement je ressens des sentiments plus profonds que ça”. En tout et pour tout, je dirai que l’histoire se déroule sur cinq mois à peu près (d'octobre à mars environ). Autre point qui m’a dérangée : les scènes de smut. Alors attention, il y en a qui sont bien faites, surtout dans la progression de Hannah, et ça a du sens par rapport à son histoire. Mais parfois, j’ai trouvé qu’il y en avait un peu trop, ou qu’elles n’étaient pas forcément nécessaires. Et surtout, le fait que Hannah “utilise” Garrett à un moment donné dans le but “d’être prête pour Justin” ça m’a mise mal à l’aise. Il y a une dynamique un peu malsaine derrière ça, que je n’ai pas trop aimée. Si Garrett avait fait ça avec Hannah on aurait crié au scandale. Donc l’inverse, pour moi, est tout aussi choquant et irrespectueux. De plus, toutes les scènes de smut se déroulent à la fin du roman et parfois, elles s’enchaînent, ce qui crée un certain désintérêt pour l’histoire. En particulier certaines scènes surviennent après la révélation de choses délicates où de souvenirs douloureux et c’est ça la réponse qu’on donne ? C’est très maladroit. Et enfin, je pense que ce qui m’a vraiment manqué, c'est de la profondeur. Au niveau des émotions ou des discussions, j’ai trouvé qu’on restait parfois en surface. Certains dialogues font un peu adolescents alors qu’ils sont à l’université, et certains conflits sont réglés un peu rapidement. J’aurai aimé qu’on creuse davantage, surtout vu les sujets abordés. De plus, j’aurai aimé qu’on détaille un peu plus l’environnement du hockey et du chant. Cela aurait apporté plus d’attachement au personnages de Garrett et Hannah. Voilà pourquoi je suis tant perplexe. D’un côté, j’ai passé un super moment, j’ai été à fond dans ma lecture, j’ai tourné les pages sans m’arrêter. Mais de l’autre, il y a trop d’éléments qui m’ont dérangée pour que ce soit un coup de cœur. Néanmoins, cela ne me freine pas pour lire les autres tomes de la saga.
Afficher en entierQuand j’ai commencé ce roman, je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais, et encore maintenant, après l’avoir terminé, je suis incapable de dire simplement si j’ai aimé ou non. Ce n’est pas une lecture qu’on peut classer aussi facilement. Pour moi, c’est vraiment le genre de livre qui dépend entièrement de l’interprétation qu’on en fait, de ce qu’on comprend de l’intention de l’auteur et de ce qu’on est prêt à accepter comme rythme et comme proposition narrative.
On suit Wallace, un homme travaillant dans un cabinet d'avocat. Lorsqu'il meurt, il est emmené par Mei, une faucheuse, dans un lieu appelé la traversée de Charon. C’est un espace de transition, une sorte d’entre-deux entre le monde des vivants et celui des morts, où les âmes doivent accepter leur destin avant de pouvoir passer de l’autre côté, en franchissant une porte mystérieuse d’où proviennent des chuchotements. Sur place, Wallace rencontre Hugo, un passeur, ainsi que d’autres personnages, et il va y rester plus longtemps que prévu. Cette situation attire l’attention du Directeur, qui lui impose une limite. Il a sept jours pour accepter sa mort, après quoi il devra traverser, qu’il soit prêt ou non.
Sur le papier, on pourrait s’attendre à une intrigue assez classique autour de l’acceptation de la mort, mais dans les faits, le roman est beaucoup plus introspectif que narratif. Et c’est là que ça devient particulier. Parce que pendant une bonne partie du livre, il ne se passe pas grand-chose. Tout repose sur les dialogues, les réflexions, les interactions… et surtout sur l’évolution intérieure de Wallace.
Et c’est justement ce qui m’a posé problème au début. Le rythme est extrêmement lent. Il faut attendre environ 170 pages pour passer au lendemain du premier jour, ce qui est quand même assez déroutant pour un roman de 500 pages. Les dialogues tournent souvent en rond, avec une impression de répétition qui peut devenir franchement pesante. À ce moment-là, j’ai vraiment eu du mal à comprendre où l’auteur voulait m’emmener, et j’ai sérieusement envisagé d’abandonner. C’est d’autant plus frustrant que c’est le début qui conditionne l’envie de continuer, et ici, il demande clairement un effort.
Mais en continuant, quelque chose finit par se mettre en place. On comprend que cette lenteur n’est pas là par hasard, qu’elle sert à installer les personnages et à rendre crédible ce qui est, au fond, le cœur du roman à savoir, l’évolution de Wallace.
Parce que oui, Wallace est insupportable au début. Égoïste, fermé, dans le déni total, incapable de se remettre en question… mais c’est volontaire. Et c’est justement ce qui rend son évolution intéressante. Petit à petit, au contact de Hugo, de Mei, de Nelson et des autres, il change. Il devient plus humain, plus à l’écoute, plus conscient de ses erreurs et de ses regrets. Cette évolution prend du temps, parfois trop, mais elle reste cohérente.
Les personnages secondaires jouent d’ailleurs un rôle essentiel dans cette transformation. Mei, en particulier, apporte une vraie bouffée d’air frais avec son franc-parler et son humour, qui tranchent complètement avec l’ambiance plus lourde du récit. D’autres personnages comme Nancy ou Cameron permettent aussi d’apporter une autre vision de la mort, plus dure, plus tragique, et servent de déclencheur dans la prise de conscience de Wallace.
La relation entre Wallace et Hugo est également centrale. Elle se construit lentement, presque en arrière-plan au début, à travers des regards, des gestes, des silences. Puis elle devient de plus en plus évidente, plus profonde, plus émotionnelle. La métaphore du fil rouge est d’ailleurs très parlante : elle symbolise ce lien inexplicable, presque inévitable, entre deux personnes destinées à se rencontrer. Et même si au départ on peut se poser des questions sur la crédibilité de cette relation, elle finit par s’imposer naturellement.
Au-delà de ça, le roman propose une vraie réflexion sur la mort sous différentes formes (naturelle, maladie, suicide, meurtre) mais aussi sur la vie, sur le temps, sur les regrets. À travers Wallace, on comprend à quel point on peut passer à côté de l’essentiel quand on est trop focalisé sur la réussite, le travail ou les attentes des autres. Et le fait qu’il soit coincé dans cet entre-deux l’oblige, pour la première fois, à vivre dans le moment présent, sans possibilité de fuir ni vers le passé ni vers le futur.
En revanche, la fin m’a laissée beaucoup plus mitigée. D’un côté, elle est touchante, presque réconfortante, et elle donne une vraie conclusion émotionnelle à l’histoire. Mais d’un autre côté, elle vient un peu contredire tout le message du roman. Toute l’histoire repose sur l’acceptation de la mort, sur le fait de lâcher prise… et pourtant, la fin contourne cette logique. J’ai compris pourquoi l’auteur a fait ce choix, notamment par rapport à la relation entre Wallace et Hugo, mais ça m’a quand même donné une impression de facilité, comme si on venait adoucir quelque chose qui n’avait pas forcément besoin de l’être.
Malgré ça, je ne peux pas dire que c’est un mauvais livre, loin de là. C’est une lecture exigeante, parfois frustrante, clairement inégale, mais aussi intéressante et marquante. Le début est difficile, mais la suite apporte plus de profondeur et d’émotion, et au final, ça reste une lecture qui fait réfléchir. J'ajouterai une mention spécial à l'auteur pour la représentation LGBT dans ce roman.
Afficher en entierEn lisant ce roman, je savais que je n’allais pas lire une romance, mais je ne m’attendais absolument pas à lire un livre qui allait autant me faire réfléchir et me mettre une véritable claque.
Dans ce roman, on suit Nora Seed, une femme profondément malheureuse dans sa vie. Un soir, submergée par ses regrets et sa souffrance, elle décide de mettre fin à ses jours. C’est alors qu’elle se retrouve dans un endroit étrange : la bibliothèque de minuit. Le principe est simple : chaque livre de cette bibliothèque correspond à une vie qu’elle aurait pu vivre si elle avait fait des choix différents. Nora va donc avoir l’occasion d’explorer plusieurs versions de sa vie, en modifiant certains moments clés de son passé.
J’ai trouvé ce concept extrêmement intéressant et bien exploité. À travers ces différentes vies, le roman nous pousse à réfléchir sur nos propres choix et sur les regrets que nous pouvons accumuler au fil du temps. Le symbole du « livre des regrets », lourd et presque écrasant, représente parfaitement ce poids que l’on peut porter lorsqu’on se concentre trop sur ce que l’on aurait pu faire différemment.
La construction du roman est également très efficace. L’écriture au passé simple et à l’imparfait donne un style assez classique et fluide, tandis que les chapitres courts rendent la lecture dynamique et donnent envie d’enchaîner les pages.
Cependant, ce n’est clairement pas un livre que l’on lit simplement pour se détendre. C’est un roman qui pousse à l’introspection et qui aborde des thèmes profonds comme le regret, le sens de la vie ou encore la santé mentale. Un détail m’a particulièrement marquée : dans presque toutes les vies que Nora expérimente, on retrouve une boîte d’antidépresseurs. Cela montre que même si les circonstances de vie changent (succès, richesse ou reconnaissance), le mal-être intérieur peut rester présent. C’est une manière très subtile de rappeler que le bonheur ne dépend pas uniquement de ce que l’on accomplit dans la vie, mais aussi de l’état dans lequel on se trouve mentalement.
Ce livre mêle donc fiction, philosophie et développement personnel. Il nous pousse à réfléchir à nos propres regrets, mais aussi à notre manière de percevoir notre vie. Au fil du récit, on voit Nora évoluer et changer progressivement son regard sur elle-même et sur son existence.
La fin est particulièrement touchante, car sa perception de la vie a complètement changé. C’est un roman qui, à sa manière, remet certaines choses en perspective et nous rappelle que même si nos vies sont imparfaites, elles peuvent malgré tout avoir du sens.
Afficher en entierCe livre est un roman qui m’a vraiment marquée, même si ce n’est pas une lecture simple.
On y suit Elsa, qui travaille dans les pompes funèbres et qui traverse le deuil récent de son père. En parallèle, on découvre Vincent, romancier, profondément marqué par un événement traumatisant survenu à l’adolescence, qui a influencé toute sa vie amoureuse par la suite. Tous les deux consultent le même psychiatre et se rencontrent dans la salle d’attente. C’est à partir de là que leur relation va se construire, doucement, avec des avancées, des silences, des incompréhensions et aussi beaucoup d’humanité.
Ce qui m’a le plus surprise au départ, c’est la structure du roman. On alterne entre trois types de chapitres :
– les séances d’Elsa,
– les séances de Vincent,
– et des chapitres narratifs qui racontent leur histoire à l’imparfait et au passé simple.
Dans les séances, le psychiatre est quasiment silencieux. On n’a accès qu’à la parole du patient. Quand on est avec Elsa, on n’entend qu’Elsa. Quand on est avec Vincent, on n’entend que Vincent. Ça peut paraître déroutant, presque frustrant au début, parce qu’on ne sait jamais ce que le psy pense ou conseille réellement. Mais en réalité, ça renforce le côté intime. On est plongé dans leurs pensées, dans leurs souvenirs, dans leurs émotions, sans filtre.
Les chapitres sont très courts, ce qui donne du rythme. En revanche, le contenu est dense. Dans les séances, on passe de l’enfance au présent, de souvenirs précis à des réflexions très profondes sur leurs mécanismes, leurs peurs, leurs blocages. Ça demande de la concentration. C’est un roman qui puise de l’énergie, pas parce qu’il est mal écrit, au contraire, mais parce qu’il traite de choses lourdes et réalistes.
Le thème du deuil est central. Celui d’Elsa, bien sûr, avec la perte de son père, qui continue d’impacter sa relation à son fils adolescent, sa manière de gérer ses émotions, son rapport au monde. On voit très bien comment un deuil récent peut rendre quelqu’un plus fermé, plus irritable, plus “gris” intérieurement.
Mais il y a aussi un autre type de deuil : celui de Vincent. Son traumatisme d’adolescence, qui a coûté la vie à quelqu’un, n’a jamais été réellement traité. Et on comprend à quel point ce non-traitement a façonné toutes ses relations amoureuses. Sa manière d’aimer, sa peur de s’engager, sa perception même de l’amour en sont directement issues. J’ai trouvé ça très juste et très intéressant : montrer qu’un événement mal digéré peut nous poursuivre pendant des décennies.
Ce que j’ai également apprécié, c’est l’âge des personnages. On est sur des quarantenaires. Ce ne sont pas des étudiants, ni des lycéens, ni des jeunes adultes en construction. Ce sont des personnes avec un passé, des responsabilités, un vécu. Ça change beaucoup la dynamique de la romance. C’est plus posé, plus nuancé, moins spectaculaire.
L’humour entre Elsa et Vincent est assez particulier. Ce n’est pas un humour “classique” de romance. Vincent a tendance à désamorcer par la légèreté, parfois presque en décalage, alors qu’Elsa est plus sombre, plus fermée, surtout au début. Ils ont des caractères très opposés, et c’est justement ce contraste qui fonctionne.
Il y a aussi un saut dans le temps de trois ans, quand Elsa arrête brutalement les séances. Honnêtement, ça m’a surprise. Je m’attendais à voir une évolution plus marquée après ces trois années. Finalement, j’ai eu l’impression que leur dynamique restait assez similaire. Ce n’est pas incohérent, mais c’est un point qui m’a un peu laissée perplexe.
Concernant la romance, certains pourraient la trouver peu développée. Et c’est vrai qu’on n’est pas dans une romance intense ou passionnelle comme dans les new romances actuelles. Mais je pense que c’est volontaire. Ici, l’histoire d’amour se construit sur la durée. Ils se découvrent, se perdent de vue, se retrouvent. Et à la fin, ça paraît presque évident. Pas spectaculaire, mais logique.
Ce roman m’a beaucoup touchée parce qu’il montre différentes manières de faire son deuil. La perte d’un parent. La perte d’une innocence. La culpabilité. Les regrets. Et surtout, il rappelle qu’on ne peut pas avancer si on refuse d’affronter ce qui nous a brisés.
Ce n’est pas un livre “léger”. Il faut être dans un bon état d’esprit pour le lire, surtout si on a déjà vécu une perte importante. Certains passages sont durs. Mais en même temps, il y a de la douceur, de l’humour, et une vraie réflexion sur la reconstruction.
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J’avais beaucoup aimé Qui es-tu Alaska ? de John Green. Alors, j’ai finalement sorti Tortues à l’infini de ma PAL où il traînait depuis plus de six ans. Honnêtement, je pense que j’aurais mieux fait de le lire quand j’étais plus jeune.
Je n’ai pas accroché à ce roman. Le seul vrai point positif, c’est qu’on est totalement plongé dans la tête et donc dans les pensées d’Aza.
Pour l’histoire, Aza souffre de pensées intrusives et obsessionnelles. Lorsqu’un milliardaire disparaît, elle décide de mener l’enquête avec sa meilleure amie Daisy. Puis, Davis, le fils du disparu, va venir bousculer le quotidien d’Aza.
Sur le papier, je m’attendais à retrouver une enquête pas forcément ultra approfondie étant donné que les personnages sont au lycée mais au moins une forme de suspense, avec des indices ou des pistes à explorer. Sauf que ça n’a pas du tout été le cas. Au début du roman, on parle de cette disparition, puis pendant une énorme partie du livre, le sujet disparaît complètement. Le récit se concentre davantage sur l’espèce de romance entre Davis et Aza, le début de relation entre Daisy et Mychal, ainsi que sur le quotidien d’Aza. L’enquête ne revient réellement qu’à la fin et, honnêtement, on aurait presque pu retirer toute cette partie autour de la disparition que ça n’aurait rien changé au roman.
Concernant Aza, le point à la fois positif et négatif reste la répétition constante de ses pensées intrusives, comme si une voix tournait en boucle dans sa tête. C’est très bien retranscrit et, sur ce point-là, l’auteur a réussi quelque chose. Mais le problème, c’est que pendant tout le roman, tout devient répétitif. Et même si je comprends totalement que ce soit le but principal du livre, ça a fini par m’agacer. Il y a aussi énormément de termes scientifiques. En soi, ce n’est pas un défaut, mais à trop en mettre, ça alourdit le récit et je n’ai pris absolument aucun plaisir pendant ma lecture.
Quant à Davis, ce personnage manque clairement de caractère. Je l’ai trouvé beaucoup trop plat, même si sa relation avec son frère Noah est assez touchante. Par contre, entre lui et Aza, c’est bancal et très répétitif.
Et alors Daisy… Je crois que c’est le personnage le plus insupportable du roman. Elle ne laisse jamais Aza en placer une et agit comme si elle avait réponse à tout. Le pire, c’est qu’elle reproche constamment à Aza des comportements qu’elle a elle-même. Honnêtement, c’est le personnage que j’ai le plus détesté dans ce livre.
Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé de mettre une note en dessous de trois étoiles. Pourtant, je ressors très déçue de cette lecture. Je ne savais jamais vraiment où l’auteur voulait nous emmener. Je pense surtout que je n’étais plus la cible et que le young adult ne m’intéresse plus autant qu’avant.
La plume reste assez simple, mais entre les termes scientifiques et les répétitions constantes, ma lecture m’a surtout ennuyée et agacée.
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