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Une chaîne au cou



Description ajoutée par serdj 2017-05-31T21:55:28+02:00

Résumé

Deux jeunes femmes toulousaines tombent entre les mains d’un pervers qui soumet ses victimes grâce à l’hypnose. Elles réussissent à lui échapper, mais découvrent alors avec horreur qu’elles ne sont pas les seules victimes du monstre, et qu'il retient d'autres captives dans une cachette inconnue…

Mais ce que ce dernier ne sait pas, c’est qu’elles travaillent dans la police !

Pour son troisième roman, Serge Boisse nous plonge dans l'univers étrange de l'hypnose, et le résultat est un thriller efficace, rapide, envoûtant et... très sensuel !

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Extrait

Extrait ajouté par serdj 2017-05-31T21:59:12+02:00

Vingt-cinq Septembre, onze heures trente.

Lorsque l’automne déferle sur la France, rafraîchissant d’un coup l’air estival et peignant les arbres d’un camaïeu d’or et de brun, il existe une ville qui semble échapper miraculeusement à cette transformation progressive. Dans cette ville, l’été indien s’installe et, parfois jusqu’au cœur d’octobre, c’est une saison merveilleuse.

Toulouse, car c’est d’elle qu’il s’agit, semble se réveiller de la torpeur étouffante de l’été, et partout ses rues s’animent et déploient leurs charmes, arpentées par des badauds insouciants, des vélos pressés, des garçons de cafés occupés à servir en terrasses de belles femmes en jupe courtes qui devisent gaîment.

Nous sommes le vingt-cinq septembre, et il fait très beau.

Au 23, boulevard de l’embouchure, le commissariat central, qui porte en grand l’inscription « hôtel de police » sur son fronton gris, est un long bâtiment moderne de quatre étages, évidemment peint en rose pâle, couleur semble-t-il obligatoire à Toulouse, séparé du canal éponyme par une vaste esplanade.

C’est là le domaine où travaille le commissaire Romain Drouet, qui vient de rentrer de vacances à la mer, et il aurait bien voulu profiter de toute cette douceur qui s’attarde derrière les fenêtres de son bureau rectangulaire et gris. Car il a du travail par-dessus la tête. Vissé à son bureau, la tête devant son ordinateur, il soupira devant la montagne d’emails et de rapports à lire, et d’instructions à donner, dont le nombre ne semblait pas diminuer bien qu’il y travaillât depuis huit heures du matin. Et comme si cela ne suffisait pas, il était sans cesse dérangé.

– Oui, dit-il, comme on frappait une fois de plus à sa porte, qui s’ouvrit pour laisser entrer le brigadier-chef Leroy, de la division « voie publique ».

– Commissaire, on a reçu un appel signalant un meurtre.

Drouet leva la tête, ennuyé. Un pressentiment lui dit qu’il n’allait pas pouvoir finir de lire ses emails aujourd’hui.

– L’appel a été passé par une femme. Elle a juste dit « Je vous appelle pour signaler un meurtre. Prévenez le commissaire Drouet. C’est au 6 bis, rue Pharaon. » Et elle a raccroché.

– Envoyez une patrouille sur place.

– C’est déjà fait. Elle est en route.

– Bien. D’où provenait cet appel ?

– D’un téléphone fixe. A la même adresse.

– Vous l’avez enregistré ?

Question de pure forme. Tous les appels au « 17 » sont enregistrés. Mais cela laissait au commissaire le temps de réfléchir. Comment la femme qui avait appelé connaissait-elle son nom ? Le nom des flics ne circule pas sur la voie publique ! Si ce n’était pas une plaisanterie, cette affaire avait un côté bizarre.

– Dès que la patrouille arrivera sur place, je veux qu’ils m’appellent.

– Bien, commissaire, dit Leroy avant de ressortir.

Il décrocha son téléphone, appela le standard, et demanda à écouter l’enregistrement de l’appel. La voix de la correspondante lui disait vaguement quelque chose. Mais impossible de se souvenir de qui précisément.

Il avait à peine raccroché que son téléphone sonna.

– Commissaire ? Gardien Villemont, je suis sur les lieux. C’est une vieille maison, de trois étages, apparemment elle ne compte qu’un seul logement. La porte n’était pas fermée à clef, alors on est entré avec mon collègue. La maison à l’air vide. A l’étage, il y un salon, et il y a une tâche de sang par terre. Mais pas de corps.

– Pas de cadavre ?

– On n’a pas tout fouillé, commissaire.

– OK. Visitez la maison, cherchez, ne touchez à rien surtout.

Une impulsion subite lui fit ajouter :

– J’arrive.

Il était rare qu’un commissaire s’occupe personnellement d’une affaire, surtout dans un commissariat aussi important que celui de Toulouse. Mais il n’avait plus envie de se replonger dans ses dossiers. Et puis, la femme qui avait appelé l’avait mentionné personnellement.

Un quart d’heure plus tard, pestant contre les embouteillages toulousains, il entrait à son tour dans la maison. La rue Pharaon se situe dans le centre de Toulouse, entre la Cathédrale Saint-Etienne et les allées Jules Gesdes, elle donne sur la place des Salins. C’était l’un plus vieux quartiers de la ville, et la bâtisse de brique rose, bien entretenue, semblait avoir plus de trois siècles.

Il monta un large escalier de bois sculpté, pour se retrouver dans un salon assez spartiate, meublé seulement d’un bureau, d’un fauteuil, d’une armoire adossée à un mur, et d’un immense canapé de cuir. Pas de table, pas de télé, pas de chaîne hi-fi, pas de fioritures, à l’exception d’un tableau mural représentant un nu féminin de facture assez classique. Assez incongru dans un angle, un trépied supportait un gros caméscope professionnel. Quelqu’un tournait des films ici, et probablement pas du genre à montrer aux enfants, pensa-t-il.

L’agent Villemont l’attendait avec l’un de ses collègues en uniforme. Ils saluèrent le commissaire en touchant leur casquette.

– On a fouillé la maison, dit Villemont. Il n’y a plus personne. Mais il y a quand même ça, et ça.

Il désigna la tâche de sang sur le parquet, puis une bouteille de champagne qui avait roulé dans un coin. Drouet s’approcha, se baissa en prenant garde à ne rien toucher. Il semblait y avoir des traces de sang sur la bouteille.

– Et aussi ça, dit l’autre gardien de la paix.

A moitié cachées sous le bureau, il avait deux assiettes posées par terre. Elles contenaient toutes deux les restes d’une sorte de pâté à moitié entamé. Drouet se releva, regarda autour de lui. Posés sur le bureau, il y avait un téléphone fixe et une sorte de petite clochette. En y regardant de plus près, le bureau, relativement poussiéreux, portait encore la trace récente d’un ordinateur portable qui avait disparu.

Drouet mit des gants pour ne pas laisser d’empreintes, et ouvrit l’armoire. Elle contenait uniquement des vêtements de femme, de tous styles, des plus classiques aux plus vulgaires.

« Résumons-nous », pensa-t-il à voix haute. « Quelqu’un a vraisemblablement été tué ici, ou bien seulement assommé, avec cette bouteille. Pas de corps cependant. L’attaquant, ou l’attaquante, puisque c’est une femme qui a appelé le « 17 », a probablement fui après avoir passé son appel, en emportant l’ordinateur qui se trouvait sur le bureau. Ce pourrait être le mobile, mais… »

Les deux policiers restaient silencieux, écoutant le monologue du commissaire.

– Les autres pièces ? Demanda-t-il soudain.

– En bas, c’est la cuisine. En haut, il y a deux chambres.

– Je veux les voir.

Suivi des deux gardiens, il monta au second étage, et découvrit deux grandes chambres meublées chacune d’un grand lit double. Dans les deux chambres, les lits étaient défaits, visiblement occupés récemment. Si la première chambre était d’aspect assez spartiate, les murs de la seconde étaient couverts de posters érotiques genre sado-maso, assez stylisés d’ailleurs si l’on pouvait dire. Une chose l’intrigua. Dans toute la maison, il n’y avait pas l’ombre d’un papier, et extrêmement peu d’objets personnels. C’était étrange. Les gens qui habitent une maison ont toujours des papiers rangés quelque part, des objets qui traînent un peu partout. Le ou la propriétaire de la maison devait habiter ailleurs, et se servir de cette maison uniquement pour des motifs qui n’avaient rien à voir avec l’habitation.

– Redescendons à la cuisine, dit-il.

Il n’y avait pas grand-chose dans la cuisine, sommairement équipée, à part une boîte de pâté vide et ouverte posée sur le plan de travail. Portant toujours ses gants, il ouvrit le réfrigérateur américain d’un modèle luxueux, pour découvrir qu’il contenait un grand nombre de bouteilles de champagne.

Les placards contenaient d’ailleurs essentiellement des verres et des bouteilles d’alcool divers.

Drouet retira ses gants, prit son téléphone portable, et passa un appel.

– Commissaire Drouet, dit-il. Envoyez la police scientifique faire des prélèvements au 6 bis rue Pharaon. Sang, empreintes, ADN, tout ça.

– Ils ne vont pas tarder, dit-il aux deux policiers. Vous les attendez ici. Qu’ils me tiennent au courant. Moi je rentre à la boutique.

La boutique, c’était le commissariat. De retour à son bureau, il appela l’un des brigadiers enquêteurs, de la division « investigations » et lui demanda de rassembler tous les éléments qu’il pouvait trouver sur le propriétaire de la maison. « Et mettez une planque devant cette maison. Jour et nuit. Je veux être prévenu dès que quelqu’un entre ou sort », ajouta-t-il.

Une heure plus tard, il avait un premier rapport de la police scientifique. Il lui confirma que c’était bien du sang humain, récent, qui se trouvait sur le sol du salon. Ils avaient faits des prélèvements. Il y avait un grand nombre d’empreintes partout dans la maison, mais beaucoup semblaient avoir été effacées. La caméra dans le salon n’avait pas de carte mémoire. Impossible d’en tirer quelque chose. Les enquêteurs avaient retrouvé quelques cheveux pour les prélèvements d’ADN. Il y avait aussi des traces de sperme dans le lit de la seconde chambre. Cela prendrait du temps d’analyser tout cela. Pas avant le lendemain matin, lui dit son correspondant.

Pensivement, il se leva, regarda par la fenêtre le canal de l’embouchure et ses platanes centenaires. Le soir tombait, la lumière était magnifique. Les promeneurs allaient et venaient le long des berges. L’un d’eux, peut-être, était un assassin.

Il prit un feutre et écrivit une liste de questions sur le tableau blanc qui ornait l’un des murs du bureau, à la manière d’une « mind map » :

« Qui est la femme qui a téléphoné au commissariat ? »

« Si c’est elle l’assassin, pourquoi avoir prévenu la police ?

« Comment connaissait-elle mon nom ? »

« Qui est la victime ? » «

« Est-ce le propriétaire de la maison ? »

« Est-il mort ?»

« Si oui, pourquoi avoir enlevé le cadavre ? »

« Si non, où est la victime ? »

« Pourquoi avoir pris l’ordinateur portable ? »

« Que se passait-t-il dans cette maison ? »

« Quel est le mobile ? »

Décidément, cela faisait beaucoup de questions. « Je n’aime pas ça. », pensa-t-il. « Ça ressemble au début d’une série policière américaine, pas à une véritable enquête. » Et il y avait quelque chose d’encore plus bizarre. Quelque chose qui aurait dû lui sauter aux yeux. Mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.

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