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Commentaires de livres faits par Virgile

Extraits de livres par Virgile

Commentaires de livres appréciés par Virgile

Extraits de livres appréciés par Virgile

date : 20-08
Ils vont pas très bien ensemble mais de loin, j'aime bien voir cette petite famille sur la colline avec des moutons qui broutent têtes basses, sans se soucier de rien d'autre que de brouter. J'avais lu quelque part qu'il y a depuis la nuit des temps comme un accord tacite entre le mouton et l'être humain (sachant que le mouton doit être le premier animal qu'on a domestiqué). Cet accord tacite serait simple. Tu m'assures à manger et un toit pour l'hiver, tu me protèges contre les prédateurs. En échange, je te donne mon lait et/ou mes agneaux pour les manger et même éventuellement après quelques années, ma propre vie. Et c'est grâce à cette alliance que le mouton a réussi à préserver son espèce, en sacrifiant chaque individu. Et je me dis qu'au bout du compte, on pourra toujours se foutre de la gueule du mouton, c'est une espèce qui par rapport à ses possibilités de départ (c'était pas la mieux barrée pour survivre dans la nature), à l'arrivée, elle s'en sort plutôt pas mal.
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date : 19-08
Et le pire, c'est que là, je réalise que j'ai jamais vraiment voulu changer le monde, j'ai toujours été content avec le Rock'n Roll, le tour de France, une Coupe du monde tous les 4 ans, des élections régulières, Terminator, Tetris, le Baby-Foot, un travail qui me plaît et le chômage quand ça me plaît plus ou quand y en a plus. La seule chose qui m'a vraiment toujours inquiété, ça a été ce que j'allais devenir, et quoi faire, surtout pas me faire chier dans la vie, après l'avenir de l'espèce humaine ou celui de la planète, je suis pas sur que ça m'ait jamais fondamentalement tracassé, je sais qu'on est en train de connaître la sixième crise d'extinction biologique, et même si parfois ça me noue les tripes, j'arrive toujours à me rassurer comme je peux. D'abord, est-ce que la vie terrestre pourrait vraiment disparaître? A moins d'une grosse catastrophe intergalactique (une nova, une collision avec une planète ou une aspiration par un trou noir ), on peut toujours se dire que la vie repartira toujours ici, à partir d'un cafard, d'une bactérie, ou de je sais pas quoi mais ca repartira forcément. Et si c'est possible qu'elle disparaisse, est-ce que c'est si important que la vie sur Terre persiste jusqu'à la Saint-Glinglin ? En fait, c'est pas tellement les espèces qui me touchent, c'est surtout les individus, ce qui me noue les tripes, c'est qu'un ours polaire meure de faim loin de sa banquise fondue ou qu'un homme agonise lentement dans la rue.
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date : 10-08
Et le sentiment que ce couple est au-dessus de tout, le petit dernier commence à le ressentir comme une exclusion dont il se sert pour s'échapper dans son propre monde. On s'est longuement penché sur les blessures de l'enfance liées à la discorde, aux scènes de disputes et parfois à la violence entre parents. on en sait moins sur ces couples forteresses qui offrent à leurs enfants un front soudé, sans faille apparente et qui les renvoie à un étrange sentiment de solitude.
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date : 09-08
Elle s'épanouit sans se poser trop de questions. Elle est légère et confiante, telle qu'ils ne l'ont jamais vue en France. Sa mère a remarqué combien elle s'applique à garder un équilibre subtil entre ses enfants et son mari, comme si elle craignait que d'être trop mère la rende moins femme.
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date : 07-08
Ils s’étaient promis l’un à l’autre que rien ne viendrait entamer leur détermination, et ils ont tenu bon. Le souvenir de leur récent mariage leur revient avec ses images d’ivresse et de joie profonde, mais leurs mères ont créé une forme de malaise dont tout le monde se serait bien passé. Les pères ont fait ce qu’ils savent faire : boire en silence, sourire des yeux et essayer d’oublier la mélancolie de leurs femmes.
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date : 06-08
La femme assise près de lui, un turban dans les cheveux, la mine plutôt blafarde, le nez légèrement crochu et l'air pincé est une normalienne communiste qui, pendant la guerre, a caché Pierre assez longtemps pour qu'ils couchent ensemble, sans en avoir vraiment envie, mais il est des circonstances qui favorisent les rapprochements éphémères. Celui-ci cependant, ne le sera pas, A la fin de la guerre, son père à rappelé le cousin à ses devoirs et il l'a épousée, un peu malgré lui. Ils n'auront jamais d'enfant, mais ils ne le savent pas encore.
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date : 06-08
Elle a décidé de l'emmener voir "Jour de fête" de Jacques Tati au cinéma après le repas. La première rencontre avec un cinéaste qu'il va vénérer. Pourtant elle n'aura pas lieu ce jour-là. Les anciens de 14 ont dégainé les liqueurs en fin de repas, dans la tradition de ces déjeuners interminables qui commencent par la dispute politique pour finir dans la concorde des vapeurs d'alcool.
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date : 05-08
La jeune voisine cale sur ses équations. son crayon retourné, elle tapote sur la feuille, dépitée. Lui les trouve d'une facilité triviale. Et il n'a pas le triomphe modeste. D'un geste surprenant parce qu'ils ne se sont parlé à aucun moment, il lui prend lentement le cahier des mains, puis le crayon, pour aligner les solutions des équations. Mi-étonnée, mi-vexée, elle le remercie du bout des lèvres sans tourner la tête. Ni l'un ni l'autre ne sait qu'ils sont au seuil d'une histoire d'amour qui les accompagnera jusqu'à la mort.
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date : 25-07
Conscients d’avoir été comblés par la naissance ou par leurs capacités intellectuelles, il n’est pas rare que certains d’entre eux en viennent à rendre un peu ou beaucoup de ce qui leur a été donné. Le châtelain a cette qualité qui fait défaut à tant de parvenus. D’ailleurs, il n’est pas fortuné, mais suffisamment aisé pour vivre dans un certain confort, ce qui est différent du luxe, qui résulte du vol organisé par une société jugeant que l’amère satisfaction des très riches vaut bien le long malheur des pauvres.
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date : 25-07
En attendant la voiture qui va les emmener à l’hôpital, elle va prévenir sa mère. « Il va bien falloir l’accepter. » La vieille femme, résignée, comme nombre d’épouses de marins, à la supériorité des éléments sur d’infimes destins, n’en dit pas plus. Il faudra prier et se résoudre à cette forme de grandeur qu’est l’abnégation sans plainte. Il ne faudra pas donner au malheur plus d’importance qu’il n’en a, semble-t-elle dire.
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date : 24-07
Il lui donne des nouvelles. J’en suis certaine, même si j’ignore ce qu’elles contiennent. Sans doute des menaces de mort. Ou des promesses d’amour. L’une des deux, la même intensité dans les deux.
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date : 25-05
Mais c'est aussi ma faute, Caro, j'aurais dû partir en voyage, me mettre en mode avion, là elle aurait compris que les mots avaient un sens. J'ai été trop faible. J'aurais dû changer toutes mes serrures.
Mais tu ne l'as pas fait.
Non, mais j'y pense toujours. Quand elle aura compris que nous nous sommes séparés pour de bon, qu'elle ne peut plus m'avoir sous la main en permanence, que ses visites impromptues ne sont plus tolérables, eh bien tout ira mieux.
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La table ronde, page 337

Après son paisible après-midi avec Jessica, elle se sentait étrangement vidée : le poids de ce qui n’avait pas été dit - de sa part, du moins - pesait sur son estomac comme une indigestion. Elle sentait que Jessica l’enviait, et rêvait de lui expliquer que ce lit de roses n’était pas sans épines. Que sa soeur ait indéniablement trop pas faire n’était pas, selon Villy, si malheureux. Jessica n’avait pas le temps de se demander à quoi elle servait, de s’ennuyer, d’en avoir honte, de rêver d’une catastrophe qui lui offrirait l’occasion de faire quelque chose et par conséquent d’être quelqu’un.
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La table ronde, p. 268

Alors qu’il l’enlaçait et l’attirait dans le lit, il découvrit, avec une stupéfaction affligée mais reconnaissante, qu’il pouvait l’aimer sans l’admirer - contrairement à ce qu’il avait craint. Plus tard, réveillé tandis qu’elle dormait, il songea : je l’ai épousée, et elle s’est toujours donné à moi de tout son être. C’est moi qui lui ai attribué une part mystérieuse qu’elle garderait enfouie. Mais je me trompais : il n’y a aucun mystère chez elle. La découverte était douloureuse et ahurissante ; puis il se dit que s’il l’aimait suffisamment, elle changerait peut-être. Il n’était pas encore capable, ou désireux d’accepter que la chose était peu probable, voire impossible ; il s’accrochait à l’idée plus agréable selon laquelle les gens pouvaient éventuellement être transformés par l’amour, mais ne le pouvaient en aucun cas s’ils en étaient privés.
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Papa serra plus fort le poignet de maman. Il lâcha la béquille qui l’encombrait et nous serra contre sa poitrine, nous tous, qu’il avalait dans l’immense envergure de ses bras dépliés. Ses bras nous entouraient au complet et nous pressaient ensemble.
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Janelle servit la liqueur. C’était le truc de papa, pour assouplir les réticences des clients ou, comme il aimait à dire, pour « rapprocher le stylo de la signature ». Quel homme, dans ces circonstances douloureuses, bouderait un petit remontant. Au sous-sol de l’agence des caisses d’eaux-de-vie (pas de whisky, trop commun, ni de vodka, vulgaire) s’élevaient en piles sinueuses le long des cercueils.
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date : 30-07-2020
Maria ferma les paupières. Dans ses souvenirs, ses soeurd souriaient et il faisait toujours beau. Même les immeubles du quartier étaient d’un joli rose crémeux. Qui se souvient vraiment des ciels gris? Elle etait à la lisière du sommeil, elle somnolait. Sur son épaule, Raffaella dormait déjà.
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date : 21-07-2020
S. N. Goenka nous avait prévenus : le deuxième jour est en général difficile. C’est pareil quand on fait de la randonnée. Le deuxième jour, on est courbatu, des ampoules écorchent les pieds, les cuisses brûlent en descendant l’escalier du refuge, on se demande pourquoi, pourquoi alors que rien ne nous y oblige on s’inflige une telle tannée. Et puis le lendemain on vole, on attaque de bon cœur les côtes qui la veille coupaient les jambes, on ferait bien deux étapes en une seule. Une session de méditation intensive ressemble à une randonnée, qui elle-même ressemble à la vie : il y a des étapes, des paysages qui changent à mesure qu’on s’élève, du soleil et de la pluie, des jours avec et des jours sans.
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date : 20-07-2020
C’est ce que penserait ma mère, certainement, sauf si je lui assure que je fais ça pour un livre. Si c’est pour un livre, OK, ma mère est toujours partante. Un livre autorise tout. Quand mes sœurs et moi étions petits elle nous disait tranquillement que ce n’était pas grave d’être mauvais à l’école du moment qu’on lisait des livres.
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date : 20-07-2020
Respirer normalement : a priori, ça semble plus simple que de guider son souffle le long de méridiens, en réalité c’est plus compliqué. Ne rien faire de spécial, ça a l’air simple mais c’est beaucoup plus compliqué que faire quelque chose chose de spécial, même difficile. Quant à observer sa respiration sans que l’observation la change, ça n’est pas difficile, c’est impossible. C’est impossible mais on y tend. On est là pour ça.
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date : 18-07-2020
Je croyais mon amour à l’abri des tempêtes. Je ne suis pas fou : je sais bien que tout amour est menacé - que tout, de toute façon est menacé,- mais je me représentais cette menace comme venant de l’extérieur, plus de moi.
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date : 11-07-2020
les jolies femmes sont paradoxalement plus faciles à séduire que les autres, elles ne vous soupçonnent pas de mentir lorsque vous les complimentez.
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date : 10-07-2020
Quel crédit accorder à un sentiment qui a trop d’utilité pour celui qui l’éprouve?
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date : 10-07-2020
Et ton frère comment s’appelle-t-il ?
-Il s’appelle Arthur.
-Il a pas des enfants?
-Pas d’enfant, pas de femme, il est gay.
-Ca n’empêche rien.
-Arthur refuse de « faire famille » comme il dit. Les gens ont oublié que l’homosexualité fut une contre-culture, mon frère, lui, n’en est pas revenu que l’égalité hétéro homo s’écrive dans un registre de mariage. A ses yeux, c’est vraiment la victoire du modèle traditionnel, on fabrique du même avec du différent.
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date : 08-07-2020
C’est dans la peine, le deuil, la séparation, l’inconnu, que l’on découvre la solidité d’un psychisme. Les fragilités se révèlent en cas de souffrance, le nouveau drame ramenant alors au présent celui qui était enfoui, fusionnant avec lui en une catastrophe aggravée.
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date : 05-07-2020
L’avait-il jamais aimée comme à ce moment ? Non bien sûr ! Elle était occupée à mettre au monde leur enfant, il n’y avait pas d’équivalent à cela, c’était un cadeau inégalable, le gouffre d’une dette tout à coup entre eux se creusait. Alexandre l’avait éprouvé ainsi. Ses sentiments avaient été exacerbés par ce qu’Ada faisait pour lui et qu’il ne pourrait jamais lui rendre sous aucune forme, d’aucune façon.
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