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Migrations

Livre


Description ajoutée par Exo7 2015-10-12T21:06:13+02:00

Résumé

Au XVIIIe siècle, pour fuir la domination des Turcs, des milliers de Serbes émigraient dans l'empire voisin, l'Autriche. Ils devenaient militaires ou commerçants. Mais beaucoup d'entre eux rêvaient d'une terre plus lointaine, une terre slave et orthodoxe comme la leur, où ils pourraient refaire leur vie: la Russie.

Migrations est le roman de cette diaspora. Au-delà de l'anecdote historique, entremêlée de drames et de comédies, un sentiment de profonde mélancolie parcourt le livre. Du malheur de notre condition, Tsernianski ne conclut pas au silence ou à l'absence des dieux. Au contraire, une divinité perfide - qu'il nomme «le hasard comédien » - semble toujours se jouer cyniquement du sort des individus et des peuples. Tôt ou tard, l'homme finit par s'arrêter au bord de la route et contemple ses mains vides. Lorsqu'il lève les yeux vers le ciel, il ne voit plus qu'un infini cercle bleu et au centre un astre. Il n'y a pas d'Orient salvateur. La terre promise n'existe pas.

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extrait

Extrait ajouté par SkeletonGirl 2018-07-10T12:26:15+02:00

Il n'y avait rien d'étonnant si, ce soir-là, [Pavle] Issakovitch rejoignit la maison de Kleinstädter tout hagard et tout affolé, sans que personne sût d'où il venait.

Pendant son retour du Schlossberg, une pluie fine tombait et les nuages étaient descendus si bas qu'il passa inaperçu.

Il ne pouvait s'endormir, même après s'être séché et couché. Tel un spectre, il se mit d'abord à arpenter sa chambre, marmonnant, se parlant tout seul, comme devenu fou, ensuite à engueuler [son cousin] Yourat bien qu'il n'y eût personne dans sa chambre et que Yourat fût loin. Yourat se moquait de lui et demandait : "Est-ce cela, ton chemin de Russie, échalas ?"

Et Issakovitch de crier fort : "Compte, gros, compte ! Combien des nôtres sont-ils en prison ? Compte, gros, compte : combien des nôtres sont-ils enterrés ? Peux-tu me dire le nombre de têtes d'enfants égorgés que personne dans ta Chrétienté n'a pleurés et dont tu pourrais construire une route de Vienne à Istanboul, éclatante de blancheur ? Tu pourrais paver jusqu'à Vienne la voie impériale avec nos os, pour qu'ils reflètent la blancheur à chaque tombée du crépuscule. Tu pourrais même la border de nos crânes, suivant les plans du comte Mercy !

"Que dis-tu, gros, de tous les outrages subis, de toutes nos mères et nos fillettes violées, de toutes nos accouchées frappées au ventre ? Souviens-toi de nos vieilles qui attendaient, les yeux éplorés, devant les prisons de Komoran, de Marbourg, de Salonique et de Smyrne. A-t-on eu pitié d'elles ? Leurs fils ne leurs sont jamais revenus. Compte-les, décompte-les, si tu peux ! Combien étaient-ils ? Combien de nos mères avaient-elles pleuré et gémi ? Avaient-elles été entendues ?

"Oui, gros, nous avons servi fidèlement qui l'Autriche, qui Venise, qui la Turquie. On a parlé de nous, nous avons eu le panache, n'est-ce pas ? Mais toute notre gloire serbe n'est qu'une gloire de mercenaire. Nous a-t-elle tourné la tête ? Eh, dis donc, il paraît que nous avons peuplé toutes les prisons de la terre, jusqu'à Haïfa et même en Egypte. Partout, nous, Serbes, on est des coupables !

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Dates de sortie

Migrations

  • France : 1986-09-01 (Français)
  • France : 1986-09-01 - Poche (Français)

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