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la musique des sphères

Livre


Description ajoutée par feedesneige 2015-10-08T02:22:25+02:00

Résumé

Présentation de l'éditeur

Albia. Un monde inconnu, vaste, et porteur d’espoir. C’est cet univers qu’est venue explorer Ky’rstz la Lyctronne, avant que son peuple, civilisation cosmique et décadente, vienne le coloniser… Mais quelque chose tourne mal. Naufragère, elle part à la recherche des autres éclaireurs. Elle rencontre sur sa route Aâr’hno le chasseur… Par-delà les Royaumes Occidentaux, dans le lointain désert d’Al’khambra, Ulbérik le barbare tente de retrouver la princesse Asmodina, afin de la ramener auprès de son seigneur… Sa route croisera celle du Marionnettiste. Aux commencement, étaient les ténèbres...

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extrait

Extrait ajouté par feedesneige 2015-10-08T02:23:10+02:00

prologue

Le Seigneur ouvrit les yeux.

Venait-il de les fermer ? Cela semblait peu probable : une épaisse couche de poussière tapissait le sol de pierre, comme si l’on avait éventré là un sablier géant.

Des paillettes argentées scintillaient dans la pénombre, étoiles de glace accrochées au firmament poussiéreux. Il faisait délicieusement froid dans la salle du Trône et quelques volutes de fumée pâle, soufflés par le sol des plaines, s’introduisaient indécemment dans la pièce, s’écoulant par l’étroit interstice des meurtrières en fines cascades éthérées.

Le froid ne gênait aucunement le Seigneur. La température était sensiblement inférieure à celle qu’il avait connue jadis, mais le temps avait passé, emportant dans son sillage bien des changement et le Seigneur n’avait que faire des fluctuations climatiques ; ces détails-là concernaient les affaires des dieux, pas les siennes.

Le temps avait passé, oui. Le temps avait passé sur le monde, mais la salle du Trône n’avait pas souffert tant qu’il avait pu le craindre : la pièce demeurait fidèle à son souvenir. D’ailleurs, il pouvait encore distinguer nettement le pentacle d’évocation qui ornait le sol. Sa nature sacrée l’avait préservé de toute souillure et aucune particule de poussière n’en avait terni la surface. Le pentagramme, cerné d’un cercle, faisait plus de soixante pieds de diamètre et couvrait la moitié de la superficie de la salle. Chaque pointe de cette étoile à cinq branches supportait un réceptacle de cristal délicatement ciselé. Les objets qui devaient y trouver place brillaient par leur absence : tous avaient disparu. Tous, sauf un. Mais le moment n’était pas venu de le mettre en place.

Le Seigneur se passa la main sur le visage, prenant conscience, pour la première fois depuis qu’il était éveillé, de sa réalité. Qu’importent les siècles, il était toujours là, assis sur le Trône des Âmes qu’il avait lui-même sculpté en d’anciens temps, lorsqu’il était encore jeune ; une race reptilienne atteignait alors son âge d’or dans les galeries souterraines qui rongeaient l’Echine du Dragon…

Il lui fallut braver du bout des doigts l’inconnu, car il avait oublié les traits de son propre visage. Lorsqu’il les découvrit d’une main fébrile, il eut un soubresaut.

Le masque, tissé par la femme qu’il avait aimée jadis, était de couleur jaune et fait de la plus légère des soies. Mais une fois en place, il demeurait parfaitement opaque et aucun œil ne pouvait percer cette opacité.

Ainsi voilé, il plongea son regard dans la brume.

Derrière l’écran nébuleux, le Seigneur voyait tout. Telle avait été conçue la salle du Trône qu’il était impossible d’échapper au regard de celui qui s’y tenait. Nulle montagne, nulle forêt, nul désert, nulle cité, nulle mer en ce monde n’était à l’abri de son omniscience. Il fut une sombre époque en ce monde où des hommes avaient risqué leur vie, avaient vendu leurs proches ou s’étaient entretués pour avoir le privilège insensé de contempler ce que le Seigneur voyait à présent.

Il se perdit quelques instants dans les océans méridionaux, s’attarda sur les collines bleues qui avaient émergé dans les terres de l’ouest, découvrit quelques grands lacs nouvellement créés, puis se perdit rêveusement dans la grande forêt qui bordait l’horizon septentrional, et qui n’était jadis qu’une vaste étendue morte.

La Roue continuait de tourner, en dépit du silence sans âge qui emplissait la salle du Trône.

Le Seigneur affectionnait le silence ; c’était, à son sens, la plus douce des musiques.

Le temps a passé depuis notre dernier affrontement, pensa-t-il à l’adresse de la forme noire qui titubait au centre d’un désert rocailleux. Des civilisations entières se sont éteintes ; d’autres ont grandi, comme de mauvaises herbes, à l’instar des peuples humains. Mais nous demeurons, oui, tout comme nos serviteurs.

Ainsi vont les choses depuis le commencement…

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Date de sortie

la musique des sphères

  • France : 2015-10-11 (Français)

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