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Comédie Française : Ca a débuté comme ça



Description ajoutée par x-Key 2016-03-02T20:45:40+01:00

Résumé

Il nous a fait redécouvrir La Fontaine, Rimbaud et Céline. Il incarne l'esprit et le panache de la langue française.

En prose, en vers et même en verlan, il a donné sa voix à d'immenses auteurs, auxquels il sait faire respirer l'air de notre temps - en racontant la fureur du Misanthrope à l'ère du téléphone portable, ou la sensualité de "La Laitière et le pot au lait" sur l'air d'une publicité pour Dim.

Il a quitté l'école à quatorze ans pour devenir apprenti coiffeur. Il est aujourd'hui l'un de nos plus grands comédiens, célébré pour ses lectures-spectacles, couronné par la Mostra de Venise pour son rôle dans son dernier film, L'Hermine.

Dans son autobiographie, Fabrice Luchini livre le récit d'une vie placée sous le signe de la littérature, à la recherche de la note parfaite.

(Source : Flammarion)

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Classement en biblio - 20 lecteurs

Extrait

Il est fin le 80. S’il était le 30, il pourrait aller directement à l’Étoile par le boulevard des Batignolles. C’est pas le cas, il tourne à gauche, rue de Saint-Pétersbourg. Il descend doucement vers l’apaisement de la bourgeoisie. Place de l’Europe, on sent que ça y est. Fini la cacatouille, Haussmann a bossé. Du très bon Haussmann. Du Haussmann triste, sans hystérie, dépressif. Du Haussmann protestant, quoi, mais du baron quand même. Autour de la place de l’Europe, il suffit d’énumérer le nom des rues pour comprendre que le monde s’élargit : rue de Madrid, rue de Saint-Pétersbourg, rue de Rome, rue de Budapest, rue de Moscou ! Il n’y a pas un bistrot, pas un troquet, mais du mystère dans tous les apparts. Ça change du reste de Paris et des restaurants qui, aujourd’hui, poussent comme des champignons. Tout le monde a l’air de s’en foutre, mais devant l’industrialisation du restaurant à Paris on devrait quand même s’interroger ! Tous les mois il y a un nouvel endroit et on dirait que ce nouvel endroit produit une nouvelle clientèle ! On dirait que le bobo se reproduit en fonction du nouveau restaurant ! C’est fascinant. Place de l’Europe, pas de restau, ni de bobo. C’est froid, triste mais il y a du lingot. C’est secret. On ne jouit pas, place de l’Europe. Ici, on ne rigole pas. Ici, on cache. On ne joue pas le 16e arrondissement. Quand on arrive là, avec Maman, on est comme Frédéric Lopez dans l’émission « Rendez-vous en terre inconnue ». Vous savez, cette émission fascinante où l’on voit les actrices se lier d’amitié avec certains Papous. Il paraît qu’à chaque fois c’est un triomphe. Très grosse audience. Énorme audience. Énorme audience Frédéric Lopez ! Ça peut monter à huit millions de gens. Huit millions de gens qui voient les riches qui voient des pauvres : c’est magnifique ! Place de l’Europe, donc, je ne sais plus comment je m’appelle. La rue de Miromesnil me semble bouleversante. Quartiers chics. Ça dégage, c’est large, c’est plein de perspectives. La bourgeoisie a l’immense arrogance d’être dans les lieux où tout est aéré. Il y a de l’arbre dans la bourgeoisie. Des feuilles et des branches. On est dans les cimes. « Là-haut, dit Nietzsche, il faut être apte au climat très puissant. » Ce qui est pathétique dans la bourgeoisie, c’est que ces sommets l’angoissent et comme ça la gêne terriblement, elle recrée du lien parce qu’il n’y a pas de bourgeois sans dîners et qu’il n’y a rien de plus accablant que des dîners où l’on vous demande si vous avez lu le dernier Houellebecq. J’arrive à Saint-Philippe-du-Roule, je ne comprends plus rien : c’est de l’hébreu ! Enfin, on s’arrête au rond-point des Champs-Élysées. Du monde fermé, celui de l’enfance et des angoisses, j’entre dans un autre. 3, avenue Matignon. Un bel immeuble années 1930. Grand escalier, des tapis. Des tapis incroyables. Si je pouvais aujourd’hui en tirer des moquettes, je le ferais. Je n’ai jamais eu d’aussi belles moquettes que celles de cet escalier. À l’étage, deux énormes orangers. On s’assoit. Une Alsacienne fait le ménage. On est à la fin de la journée. Ma mère parle, elle connaît le métier : c’est le même que le sien. Tôt le matin, elle part au Figaro pour nettoyer les bureaux. On est reçu par le patron. Il ressemble à Georges Brassens. C’est l’associé de Jacques Dessange. J’ai les cheveux un peu courts. On est obsédé par les Beatles, on n’a pas le droit d’avoir les cheveux longs et là le patron dit : « Il n’y a qu’une chose qu’ils doivent faire s’ils sont pris, les employés, c’est se laisser pousser les cheveux et certainement changer de prénom. » C’est même plus qu’un déclic que ça produit. Je fais un numéro sur ma motivation. Il me dit que Robert c’est trop populaire. Il ne doit pas connaître Robert de Saint-Loup. Je dis : « Jean-Octave ou Fabrice. – Va pour Fabrice. » J’invente n’importe quoi, j’explique que j’ai toujours rêvé d’être coiffeur, que c’est plus qu’une passion : une vocation ! Je deviens Fabrice.

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Commentaires récents

Dans les quelques pages que l'on peut vraiment qualifier d'autobiographiques que Fabrice Luchini nous accorde, on sent l'emprunte de la plume de Louis Ferdinand Céline en trame de fond, pour partir tantôt dans le phrasé un peu moqueur du cabotin, tantôt un peu gouailleur du titi parisien, un exercice d'écriture à la Luchini quoi ! C'est bien écrit et c'est drôle !

Quand ensuite, Fabrice Luchini nous fait partager ses grandes émotions littéraires en nous les décortiquant parce que pas aisé pour tout un chacun de suivre les méandres de la pensée "Luchiniene " quand elle dérive sur son Bateau ivre, c'est captivant et c'est beau !

Si dans les salles de classe où on tente laborieusement d'enseigner Molière aux collégiens, on leur mettait les sous-titres explicatifs de Fabrice Luchini pour chaque pièce, qu'est-ce qu'ils se bidonneraient les enfants et ils en redemanderaient ! Une idée à creuser...

Je ressors de cette lecture encore et toujours fascinée par ce grand homme ! Chapeau bas Monsieur Luchini !

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Lu aussi

Pour tout dire, j'ai eu vraiment du mal à entrer dans ce livre. Ca faisait plus d'un an que je l'avais commencé sans réussir à arriver au bout. Mais je dois avouer qu'une fois habitué au style particulier de Luchini, j'ai plutôt apprécié le roman.

Luchini nous fait (re)découvrir quelques grands auteurs, nous livre son avis, son interprétation de leurs oeuvres et même si, parfois, on a davantage l'impression de lire une anthologie littéraire qu'un roman autobiographique, on glane aussi quelques renseignements sur la vie de l'acteur.

De plus, Luchini livre des réflexions très poussées sur ses auteurs préférés, dont Céline, nous donnant envie de les lire. C'est ce qui m'a permis de me rendre compte que finalement "Voyage au bout de la nuit" de Céline n'est peut-être pas aussi mauvais que je l'ai cru.

C'est là toute la force de ce roman, nous faire apprécier les grands auteurs que l'acteur apprécie. Il nous transmet son amour des textes et de la littérature.

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Argent

J'ai aimé ce livre car il reflète beaucoup le personnage de Fabrice Luchini que j'adore depuis des années. Il est tellement passionné qu'il arrive à nous faire lire avec plaisir des auteurs complexes tels que Céline ou encore Rimbaud (vers lesquels je ne serais pas allée naturellement). Cependant j'ai été assez déçue car il nous annonce une autobiographie et malheureusement on en apprend très peu sur lui-même, dommage. Je le recommande tout de même à tous ceux qui aime Fabrice Luchini, vous passerez un bon moment!

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Bronze

Ce livre m'as été pretté par mon ancienne prof de français qui m'en a fait beaucoup d'éloges malgré le fait que je ne soit pas une inconditionnelle du personnage et ouverte à toutes découvertes littéraires, je me suis dit allons y je vais sans doute apprendre des choses qui me permettront de mieux connaitre Fabrice Luchini.

Et là au fil de ma lecture je découvre en grande et majeure partie toute son admiration à de grands noms tels que Céline, le plus cité mais aussi Nietzsche,Rimbaud, La fontaine et encore bien d'autres.

Je n'ai pas trouver dans ce livre le coté autobiographique attendu, quelques pistes sur ses débuts et beaucoup de poèmes et poésies cités, des rappels aux gens qu'ils aiment, des redits font que pour moi ce livre a été un peu une déception, j'attendais plus.

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Argent

Ce livre nous plonge dans le parcours atypique de Fabrice Luchini, personnalité multi facettes qui nous raconte à la fois ces coup de coeurs littéraires tout en revenant sur les étapes de sa carrière que ce soit au théâtre ou sur le grand écran. L'acteur se livre ainsi sur l'oeuvre de Céline, Barthes, Rimbaud ou encore Nietzsche.

Mais il ne donne pas simplement son ressenti sur l'oeuvre de ces grands écrivains : il se livre à une véritable analyse sur l'oeuvre de chacun, tout en mettant en parallèle l'épreuve que leur oeuvre respective représente lorsqu'il s'agit de les théâtraliser. La plume de Luchini est aussi belle et unique que son jeu d'acteur : il sublime les mots et demeure avant tout sensible à la force de ces derniers. Les chapitres sont entrecoupés de notes écrites par Luchini, sorte d'anecdotes de tournage ou de rencontres politiques qui viennent aérer l'ensemble et confirmer à quel point l'acteur possède cette faculté extraordinaire qui est d'aimer tout le monde.

Si vous n'êtes pas un curieux, passez votre chemin. Si vous êtes un tant soi peu littéraire et que Luchini et son optimisme légendaire vous intriguent, cette autobiographie vous intéressera !

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Argent

Ce livre je l'attendais. J'aime Luchini c'est un personnage et l'entendre en le lisant vu un délice.

J'attendais de ce livre d'être une biographie, de me glisser en voyeuriste que je suis dans son passé. Je n'ai eu droit qu'à des aperçus et ce fut dommage. Par contre il nous ouvre ses pensées, déclame son amour pour les grands auteurs qui l'inspirèrent et part dans une analyse passionnée de leurs oeuvres entrecoupée de pages d’un journal intime.

C’est intéressant mais pas ce que j’espérais.

Blog: https://laplumepassionnee.wordpress.com/

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Dates de sortie

Comédie Française : Ca a débuté comme ça

  • France : 2016-03-02 (Français)
  • France : 2017-05-03 - Poche (Français)

Activité récente

Rissou l'ajoute dans sa biblio or
2018-03-20T20:46:12+01:00

Évaluations

Les chiffres

Lecteurs 20
Commentaires 6
Extraits 3
Evaluations 7
Note globale 6.71 / 10

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