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Le Pays blanc

Livre


Description ajoutée par TerverChante57 2024-10-28T12:52:26+01:00

Résumé

Deux sœurs, deux cœurs, une seule âme.

1926, Nowa Wieś. Jamais Helena n'aurait imaginé quitter la Pologne, ce pays blanc qu'elle aime tant, et sa sœur jumelle Broni qui est comme une seconde âme pour elle. Pourtant, afin de sauver l'enfant illégitime de Broni, elle part pour un exil sans retour avec le nourrisson. La France sera leur refuge, et le silence d'Helena la garantie de leur survie. Du moins le croit-elle.

2022, Paris. Thomas n'a jamais réussi à parler avec sa mère, Dorothée, de son pays d'origine qu'elle a effacé de sa mémoire, jusqu'au jour où les questions deviennent trop nombreuses et trop pressantes. Il sent qu'il doit " retourner " en Pologne, reprendre l'histoire là où elle s'est arrêtée.

Un roman qui retrace, à travers le vingtième siècle, les destins croisés de quatre générations qui se font écho autour d'une seule quête : celle de la liberté.

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extrait

Extrait ajouté par Julitlesmots 2024-08-27T20:24:05+02:00

Mon passé est un abyme dont j’ignore le point d’ancrage.

Ce gouffre, je le dois à ma mère qui a fait table rase, préférant le silence bientôt confondu à l’oubli.

Parfois, s’il m’arrivait de l’interroger sur ses origines parce que son nom de naissance était étranger, elle me disait :

— Pour avancer dans la vie, il faut s’appuyer sur le présent et ne pas se retourner. Seul l’avenir compte. Ce nom dont tu me parles, je l’ai oublié à l’instant où je me suis mariée. Ton père, lui, aurait voulu que nous écrivions plutôt ton prénom avec l’orthographe polonaise, mais j’ai refusé. Thomas, ici, c’est mieux.

Je restai bouché bée, sans mots, suspendu à son regard vide autant que surpris par la soudaine neutralité de sa voix. J’attendais alors de la sentir attendrie ou fatiguée pour revenir à la charge. Et mes grands-parents, qui étaient-ils ? Avait-elle une famille, des oncles, des tantes, un frère, une sœur ? Elle me répondait qu’elle m’avait moi, et papa. Le reste était sans importance.

Et s’il m’arrivait de lui demander pourquoi elle n’avait pas eu d’autre enfant, elle se crispait, se levait d’un bond et disparaissait.

Avec le temps, j’avais fini par comprendre que c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour ne pas fondre en larmes ou me retourner une gifle.

À l’approche de mes dix-huit ans, l’envie de savoir se transforma en besoin et devint obsessionnelle.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Julitlesmots 2024-08-17T00:27:02+02:00
Lu aussi

Je ne connaissais pas la plume de Marjorie Tixier et je me suis lancée dans cette lecture tout à fait par hasard. Enfin le hasard d’un titre, d’une couverture, dont j’étais curieuse de découvrir l’intrigue.

Quelle bonne surprise que cette lecture ! Une thématique que j’explore moi-même, enfin, je tente, partir en quête du passé des générations précédentes pour comprendre ce que je suis.

En partant à la quête de ses origines, que sa mère a souhaité occulter, Thomas, part à la reconquête de lui-même. Nous sommes sur un roman psychologique d’une grande densité qui part d’une histoire qui ne lui appartient pas et qui a lieu en 1926 pour finalement trouver un sens à sa vie et comprendre ce qui l’anime et enfin se comprendre.

À travers quatre générations, Marjorie Tixier brosse l’Histoire et le drame de la Pologne. Partagée entre plusieurs empires, elle ne retrouve son indépendance qu’en 1918, mais sera à nouveau envahie en 1939 par l’Allemagne nazie, où les Juifs et les opposants sont victimes de purges. À la libération, la Pologne tombe sous le joug des Russes et ne retrouvera son indépendance qu’en 1989. Une Histoire riche en drame, sanglante qui a laissé une empreinte indélébile sur de nombreux Polonais.

Marjorie Tixier construit une saga familiale avec en toile de fond ces drames humains et historiques pour en faire un récit d’une grande densité. On ne peut rester indifférent aux personnages meurtris dont l’amour reste la quête principale. Mais le sens de l’honneur a un prix bien trop élevé pour les générations qui n’ont pas vécu ces drames.

L’intrigue est bien entendu romancée, mais l’auteur aborde ce que l’on appelle en psychologie l’analyse transgénérationnelle, qui part du postulat que nous portons en nous, les traumas de nos ancêtres et qu’ils ont une incidence sur notre vie. L’analyse transgénérationnelle est une méthode thérapeutique qui explore le passé d’une personne à partir de ses préoccupations du présent pour l’aider à intégrer son héritage familial.

Bien entendu l’auteur ne parle pas de ça dans son livre, mais lorsque Thomas part en Pologne, il souhaite surtout comprendre ce qu’à vécu sa mère. Il sent un drame qu’elle n’évoque jamais et au fond de lui, ne pas savoir lui pèse, l’empêche d’être un artiste accompli. Il se sent tiraillé entre les non-dits, le mutisme de sa mère et ce profond sentiment de ne pas être complet.

En partant à la quête de ses origines, Thomas mettra enfin des mots sur les maux sa mère qu’il porte comme une croix.

L’art tient une place importante dans ce récit aux ramifications multiples, comme un baume qui vient combler un manque, une manière d’exorciser les traumatismes. C’est d’ailleurs une des formes d’expression utilisée en psychologie.

J’ai trouvé ce livre passionnant, diablement bien construit, la temporalité entre les différentes époques amène une densité au récit et un rythme sans aucun temps mort, sans pour autant perdre le fil des histoires. Car il n’y a pas, comme vous vous en doutez une seule histoire. L’auteure exploite la psychologie de son personnage principal pour en faire le porte-parole de la quête de soi et de la reconstruction après les traumas des générations antérieures dont il porte la charge. Cette recherche des origines sera révélatrice et lui permettra aussi de s’affranchir des traumatismes de ses ancêtres pour enfin trouver sa place avec cet héritage familial.

https://julitlesmots.com/2024/08/14/le-pays-blanc-de-marjorie-tixier/

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Commentaire ajouté par Jackylebook 2024-08-13T18:29:58+02:00
Argent

Après deux premiers romans autopubliés, les Editions Fleuve éditent en 2020 « Un matin ordinaire », viendront ensuite « Un autre bleu que le tien » puis « A l’encre rouge ». En cette rentrée littéraire Marjorie Tixier, professeure de lettres modernes née en 1977, nous offre avec « Le pays blanc » un regard touchant sur la Pologne et le peuple polonais durant un XXème siècle très douloureux.

Au XIXème siècle après avoir subi la domination autrichienne, la majorité des territoires passent sous contrôle russe. La Pologne ne retrouve son indépendance qu’en 1918 et la sérénité qu’en 1921 avec la « Paix de Riga ». Trêve de courte durée, puisqu’avec la seconde guerre mondiale et le « Pacte Hitler-Staline » le pays est à nouveau divisé entre l’Allemagne nazie et la Russie soviétique qui perpétueront les pires exactions en vue de l’extermination de l’élite et de la communauté juive. Puis viendront, à la fin du conflit des redécoupages de frontières suite à la perte ou l’annexion de certains territoires et ce toujours sous la tutelle communiste pour ne retrouver qu’une entière indépendance en 1989. Le 22 décembre 1990, Lech Walesa est investi président de la République, ce qui permit une transition vers une véritable démocratie.

Paris 2022, Thomas, jeune peintre, est en mal d’inspiration. Il prend la décision d’une escapade en Pologne, pays de naissance de sa mère qui refuse de lui parler de ses origines. « Ce vide me fit pressentir que ma mère avait des secrets. Après avoir francisé son identité, n’allait-elle pas jusqu’à nier toute origine étrangère ? Ce que d’aucuns auraient considéré comme une richesse lui paraissait honteux. Et toute tentative d’en comprendre les raisons se heurtait à un mur dont les dimensions ne cessaient d’augmenter. ». Notre jeune artiste débarque à Cracovie, bien décidé à élucider cette part d’ombre, pour base de recherches, avec l’aide de son père, il a pu obtenir l’acte d’état civil de Dorota qu’il connaissait sous le prénom de Dorothée. Il y fait deux découvertes surprenantes, sa maman a une sœur jumelle et son grand-père exerçait la profession de peintre, comme lui-même. En outre, il fait la connaissance de Micha, une jeune régisseuse de musée, qui prendra part aux recherches, et pour cause…

Nowa Wies 1926, à Cinquante kilomètres à l’ouest de Varsovie, deux sœurs jumelles, Helena et Bronislawa, vivent pauvrement mais sereinement avec leur maman Leokadia, les trois enfants de Broni complètent la maisonnée. Andrzej, le mari de Broni, est parti travailler dans les mines du nord de la France, pour mettre un peu de « beurre dans les épinards ». Broni s’est uni à lui par raison mais son cœur bat toujours pour Szymon, qui a le malheur d’être né juif, raison pour laquelle elle n’a pu se marier avec lui. La tentation, en l’absence d’Andrzej est trop forte, les amoureux se retrouvent et fatalement le malheur arrive. Aniela naquit, juste avant le retour de France d’Andrzej qui ne pouvait être le père, vu sa longue absence. Pas d’autre solution que de faire disparaitre l’enfant illégitime ou du moins l’éloigner. Helena, par amour pour sa sœur se sacrifie et s’exile, à son tour, avec l’enfant pour les corons du nord de de la France.

Belle ode à la Pologne que ce roman, pays martyr s’il en est, qui a su renaître de ses cendres. Jolis portraits de femmes, aux destins personnels foudroyés par l’Histoire et leur propre histoire bouleversante.

L’autrice nous fait ressentir avec intensité, au travers de ce texte, la douleur de l’arrachement à la famille, au sol natal, des exils forcés. Elle fait un parallèle avec la tragédie qui se perpétue de nos jours en Ukraine, de cette bêtise humaine liée à l’intransigeance et au sectarisme, éternellement reproduite.

La poésie de l’écriture de Marjorie Tixier, ses références à l’art, adoucissent ces drames mais restent des vecteurs de témoignage de toutes ces horreurs.

Sortie dans vos librairies le 14 août.

Remerciements à Fleuve Editions pour cette jolie lecture.

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Date de sortie

Le Pays blanc

  • France : 2024-08-14 (Français)

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