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Le musée perdu



Description ajoutée par zara29 2010-07-13T17:14:26+02:00

Résumé

Surnommée « La huitième merveille du monde », La Chambre d'ambre a été offerte en 1716 par le roi de Prusse au tsar de Russie.

D'abord installée au palais Catherine, près de Saint-Pétersbourg, elle fut ensuite dérobée par l'armée nazie lors de l'invasion de Leningrad, transportée à Königsberg, avant de disparaître en 1945. Cette disparition constitue l'un des plus grands mystères du monde de l'art. Malgré toutes les recherches des collectionneurs, historiens et chasseurs de trésors, elle n'a en effet jamais été retrouvée. C'est à cette énigme que va être confrontée Rachel Cutler, juge à Atlanta, lorsque son père, un rescapé de Mauthausen d'origine russe, meurt dans d'étranges circonstances, laissant derrière lui les clés d'un secret qui l'a hanté toute sa vie.

Sur les traces des oeuvres d'art volées par les nazis, Rachel va mener à travers l'Europe une quête à la fois historique, érudite et périlleuse qui va la conduire à affronter les nombreux mystères de la Chambre d'ambre. On retrouve dans ce roman de Steve Berry, antérieur à la série des Cotton Malone, tout ce qui fait le succès international de l'auteur, un sens de l'intrigue remarquable, allié à une véritable érudition : de quoi ensorceler le lecteur de la première à la dernière ligne !

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Classement en biblio - 233 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Lilinie 2011-09-25T21:24:01+02:00

Prologue

CAMP DE CONCENTRATION DE MAUTHAUSEN,

AUTRICHE

10 AVRIL 1945

Tous les prisonniers l'appelaient Ourho, « l'Oreille », parce qu'il était le seul Russe du baraquement 8 à parler l'allemand. Jamais personne ne lui donnait son véritable nom, Karol Borya. Le sobriquet d'Ourho lui avait été attribué dès son arrivée au camp, l'année précédente. Une distinction dont il était très fier. Symbole d'une responsabilité qu'il prenait très à cœur.

« Tu entends quelque chose ? » chuchota l'un des prisonniers, dans le noir.

Blotti contre la fenêtre, il respirait à petits coups. Les bouffées de vapeur sortant de ses poumons brouillaient peu à peu la vitre glacée.

« Ils ont encore envie de s'amuser ? » ajouta un autre prisonnier.

Deux nuits auparavant, les gardes étaient venus chercher un Russe du baraquement 8. Un fantassin de Rostov, sur la mer Noire, entré récemment à Mauthausen. Le staccato d'une rafale de mitraillette avait fait taire, à l'approche du matin, les cris que lui arrachait la torture. Comme de coutume, la vue du corps ensanglanté, pendu près du grand portail, avait étouffé dans l'œuf toute improbable velléité de révolte.

Ourho se détourna brièvement de son poste de guet.

« Ta gueule ? Avec ce vent, je comprends pas ce qu'ils disent. »

Superposées par trois, infestées de poux, les couchettes offraient à chaque prisonnier moins d'un mètre carré d'espace. Et cent regards fiévreux ne quittaient pas la nuque de l'observateur.

Tous attendaient la traduction des paroles gutturales qui se succédaient, là-dehors. Aucun ne bougeait. Les atrocités de Mauthausen avaient tout détruit en eux. Même la peur.

Brusquement, Ourho s'écarta de la fenêtre.

« Les voilà ! »

Un instant plus tard, la porte s'ouvrit violemment. L'air glacial de la nuit s'engouffra à la suite du sergent Humer, chef du baraquement 8.

« Achtung ! »

Claus Humer était Schutzstaffel, SS. Deux autres SS se tenaient derrière lui. Tous les gardes de Mauthausen étaient des SS. Humer ne portait aucune arme. Jamais. Sa stature colossale, ses bras énormes, lui assuraient toute la protection nécessaire.

« On demande des volontaires ? Toi, toi, toi et toi ? »

Y compris Borya. Que se passait-il ? En principe, on mourait peu la nuit. La cellule de mort restait inemployée. Il fallait bien évacuer le gaz des précédentes exécutions et laver le carrelage à grande eau, en vue des prochaines. La nuit, les gardes restaient dans leur casernement, groupés autour des poêles garnis du bois de chauffage que les prisonniers abattaient dans la journée. Quant aux toubibs et à leurs assistants, ils puisaient dans le sommeil l'énergie nécessaire à leurs expériences journalières. Sur animaux et cobayes humains.

Humer regardait fixement Borya.

« Tu comprends tout ce que je dis, pas vrai ? »

L'interpellé s'abstint de répondre. Une année de terreur lui avait enseigné la valeur du silence.

« Rien à dire ? Bravo ? Contente-toi de piger. Et de fermer ta gueule. »

Un autre garde contourna le sergent, les bras chargés de quatre vieux manteaux de laine.

« Des manteaux ? » s'étonna l'un des Russes.

Aucun prisonnier ne disposait d'un manteau. Chacun d'eux touchait, à son arrivée, une chemise de treillis et un pantalon en lambeaux, aussi sales l'une que l'autre. Vêtements récupérés sur des morts et redistribués aux nouveaux arrivants. Tels quels. Puants et de plus en plus crasseux.

Le garde jeta les manteaux par terre. Humer ordonna, en allemand :

« Mäntel anziehen ! »

Borya s'empara d'une des capotes verdâtres.

« Le sergent nous dit de les enfiler. »

Les trois autres volontaires désignés suivirent son exemple.

La laine rugueuse lui irritait la peau, mais c'était bon quand même. Il y avait une éternité qu'il n'avait pas eu aussi chaud.

« Dehors ? » aboya Humer.

Les trois Russes regardèrent Borya, qui leur indiqua la porte. Tous sortirent dans la nuit.

Humer les conduisit, à travers neige et glace, jusqu'au terrain d'exercice. Le vent qui hurlait entre les baraquements charriait des lames de rasoir. Quatre-vingt mille détenus s'entassaient dans ces sommaires constructions de bois. Plus de monde qu'il n'y en avait eu dans toute la province natale de Borya, en Biélorussie. Un coin de pays qu'il doutait de jamais revoir. Le temps ne signifiait pratiquement plus rien, mais pour sa santé mentale, il essayait tout de même d'en conserver le sens. On était à fin mars. Non. Au début d'avril. Et il gelait toujours. Pourquoi ne pas se laisser mourir tout bonnement ? Ou se faire tuer, comme des centaines d'autres chaque jour ? Son destin était-il de survivre à cet enfer ?

Et pour quelle raison ?

Sur le terrain, Humer tourna à gauche, marchant à grands pas vers un vaste espace découvert bordé de baraquements sur l'un de ses côtés. De l'autre côté, s'alignaient la cuisine, la prison et l'infirmerie du camp. Au bout, trônait le rouleau compresseur, une tonne d'acier chargée de tasser la terre meuble, jour après jour. Borya ne put s'empêcher de souhaiter que leur tâche nocturne n'eût rien à voir avec cette corvée.

Humer s'arrêta devant quatre gros poteaux plantés côte à côte.

Deux jours plus tôt, une équipe de dix prisonniers, dont Borya, avait été conduite dans la forêt environnante. Ils avaient abattu quatre peupliers. En tombant, l'un d'eux avait blessé un prisonnier qu'un des gardes avait achevé sur-le-champ d'une balle dans la tête. Ébranchés et équarris, transformés en poteaux, les troncs avaient été transportés au camp et solidement enfoncés dans la terre. Placés sous la garde de deux hommes armés, dans la lumière intense de plusieurs projecteurs, ils étaient restés inutilisés depuis l'avant-veille.

« Attendez ici », commanda Humer.

Le sergent monta lourdement quelques marches et disparut à l'intérieur de la prison. Par la porte ouverte, s'étira un long rectangle de lumière jaune. Un instant plus tard, quatre hommes nus furent poussés au bas des marches de bois. Leur tête blonde n'était pas rasée comme celle des Russes, des Polonais et des juifs qui constituaient la majorité des hôtes de Mauthausen. Aucun signe de carence musculaire ni d'épuisement, non plus. Pas de regards apathiques ni d'yeux profondément enfoncés dans leurs orbites. Pas d'œdèmes enflant des corps émaciés. Ces hommes étaient robustes. Des soldats allemands. Borya en avait déjà croisé de cette sorte. Visages de granit, sans émotion perceptible. Glacés comme la nuit.

Ils marchaient droit, le regard défiant, les bras le long du corps. Comme s'ils ne ressentaient aucunement la morsure de ce froid effroyable dont leur peau très blanche subissait l'impact. Humer, qui les suivait, leur désigna les quatre poteaux.

« Là ! Pas ailleurs ! »

Les quatre Allemands obéirent. Le sergent jeta sur le sol quatre cordes soigneusement lovées.

« Attachez-les aux poteaux. »

Les trois compagnons de Borya le consultèrent du regard. Il ramassa les quatre cordes qu'il répartit entre eux, avec les explications nécessaires. Ils entreprirent d'attacher les quatre Allemands qui se tenaient au garde-à-vous, adossés aux troncs de peuplier grossièrement aplanis. Quel crime avait pu leur valoir cette sanction démentielle ?. La tâche répugnait si visiblement à Borya que le sergent rugit, à pleine gorge

« Serrez bien, nom de Dieu ? Ou gare ? »

Tous tirèrent plus fort sur le chanvre râpeux qui écorchait les poitrines dénudées. Borya observait sa victime dont le visage ne trahissait aucune crainte. Tandis que Humer s'occupait des trois autres, Borya en profita pour chuchoter, en allemand :

« Qu'est-ce que vous avez fait, tous les quatre ? »

Pas de réponse.

En doublant le dernier nœud, Borya murmura :

« Même nous, ils ne nous traitent pas comme ça.

— C'est un honneur de tenir tête à son tortionnaire », riposta l'Allemand, à mi-voix.

Bien vrai ! songea Borya.

Humer ordonna aux quatre Russes de s'écarter du milieu. Ils s'éloignèrent de quelques pas, dans la neige fraîche. Afin de lutter contre le froid, Borya fourra ses deux mains sous ses aisselles, en se balançant d'un pied sur l'autre. Le manteau était merveilleux. La première sensation de chaleur qu'il eût connue depuis son arrivée au camp. Le jour où son identité lui avait été confisquée, remplacée par le nombre 10 901 tatoué sur son bras droit. Plus un triangle cousu sur sa chemise, à gauche, correspondant à sa nationalité russe. La couleur était importante. Rouge pour les prisonniers politiques. Verte pour les criminels. Jaune pour l'étoile de David réservée aux juifs. Noir et marron pour les prisonniers de guerre.

Humer semblait attendre quelque chose.

Puis d'autres lampes à arc illuminèrent le terrain jusqu'au portail principal. La route menant à la carrière, de l'autre côté de l'enceinte barbelée, s'estompa dans l'obscurité. Aucune lumière dans le bâtiment du quartier général. Borya regarda s'ouvrir le portail devant le visiteur attendu. L'homme portait un manteau doublé d'une fourrure qui lui descendait jusqu'aux genoux. Où commençait un pantalon clair que complétait une paire de bottes cavalières de teinte fauve. Un képi d'officier complétait sa tenue.

Il marchait d'un pas résolu, grosses cuisses et jambes arquées supportant une brioche proéminente. La lumière révélait un nez pointu et des yeux clairs. Un visage plutôt agréable.

Et tellement connu.

Ancien commandant de l'escadron Richthofen, commandant des Forces aériennes allemandes ; numéro un du Parlement allemand, Premier ministre de Prusse, président du Conseil d'État prussien, grand maître des Forêts et du Gibier, président du Conseil de défense et maréchal du Grand Reich. Le successeur élu du Führer.

Hermann Goering.

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Sympa pour le coté historique (il semble très bien documenté) mais cousue de fil blanc pour ce qui est de l'intrigue dont le couple de gentils américains (au bord du divorce) est le héros. Ils échappent au bain de sang généralisé orchestré par les méchants collectionneurs d’art européen (je grossis le trait^^), se marièrent et eurent beaucoup d’enfant (nan en fait ils en avaient déjà 2). Je lis qu’il s’agit du premier roman de Steve Berry : je veux bien le croire. J’en lirai d’autres pour voir si j’accroche plus à son style et intrigues proposées (Le mystère Napoléon ? Le complot Romanov ? ...)

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Jaegle 2019-01-03T19:44:20+01:00
Bronze

Surnommée « la huitième merveille du monde », la Chambre d’ambre a été offerte en 1716 par le roi de Prusse au tsar de Russie. Voilà ! Le début de l’intrigue est dévoilée, si ce n’est que nous replongeons non pas au 18ième mais plutôt au 20ième siècle.

En effet, quelques survivants des camps d’extermination connaissent l’endroit où a été cachée par leurs bourreaux, la fameuse chambre volée aux Russes.

Plus tard, un couple d’avocats Américains (bien sûr) divorcé (de surcroît) va se retrouver sur la même enquête après que l’un de leur proche ait perdu la vie a cause du secret sur le point d’être dévoilé.

Au départ captivant par l’aspect historique du récit, on tombe vite dans le… « déjà vu, déjà lu ».

A lire pour les amateurs, rien d’inoubliable pour les autres.

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Commentaire ajouté par Phiphi73 2018-12-03T16:46:53+01:00
Or

Toujours un fantastique travail de recherche de l'auteur. Les Nazis, qui ont causé la disparition d'un nombre incalculable d’œuvres, sont en l'occurrence responsables d'avoir dérobé un trésor national russe.

Rachel et Paul vont se confronter à un riche collectionneur qui va leur donner du fil à retordre...

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Commentaire ajouté par Elerinna2 2017-12-26T15:19:22+01:00
Lu aussi

Le sujet historique est ici très intéressant et documenté il me semble, l'écriture plutôt efficace mais c'est long à démarrer des personnages agaçants (La juge Cutler) ou insipides pour la plupart seuls certains antagonistes avaient leur intérêt. Enfin le livre n'échappe pas à quelques facilités scénaristiques. Néanmoins étant donné que c'est le premier livre de Steve Berry je retenterais à l'occasion.

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Commentaire ajouté par Avalon 2017-05-31T14:16:36+02:00
Bronze

Moyen.

Mon avis sur ce roman est plutôt partagé car d'un côté, les évènements historiques qui y sont racontés sont absolument passionnant et j'ai appris énormément de choses, mais en même temps le côté thriller est complètement bâclé.

L'histoire met un temps fou à démarrer (il faut au moins 100 pages pour que l'action commence) et une fois, que l'intrigue est mise en place, on se rend compte que plus on avance dans la lecture et plus, il y a d'éléments incohérents. C'est dommage.

Néanmoins, c'est une lecture qui fut instructive.

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Commentaire ajouté par lnf80 2017-05-28T21:21:23+02:00
Lu aussi

Un bon thriller avec une intrigue superbe mais les personnages m'ont un peu agacé ... La juge et l'avocat, les agents ... je les ai trouver un peu "fade".

Malgré tout l'histoire est géniale et se lit sans soucis.

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Commentaire ajouté par Marie-A 2017-03-28T11:46:39+02:00
Or

Hum... Je crois me souvenir que ce roman m'a plus. Le sujet de la Chambre d'Ambre fascine certains historiens et j'avoue que j'aurais volontiers étudier l'histoire de la Russie des Tsars. Ce roman m'en a un peu donné l'occasion.

C'est une bonne histoire, dans la droite ligne de ce que nous propose Steve Berry, avec de l'action et du suspense.

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Commentaire ajouté par Victoria971 2016-12-04T11:47:58+01:00
Lu aussi

Très bonne enquête historique, mais je n'ai pas plus accroché que cela. J'ai passé un bon moment, après je pense lire d'autres livres de l'auteur pour me faire une idée plus précise

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Commentaire ajouté par Jessavon 2016-02-19T10:11:38+01:00
Diamant

Très bon roman qui nous tient en haleine jusqu'au bout. Une enquête historique comme je les aime.

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Commentaire ajouté par Sandra159183 2016-02-07T09:12:35+01:00
Argent

Nouvel univers à explorer avec ce récit mêlant références historiques et faits imaginaires (très peu présents). Très bonne intrigue, bien menée même s'il y a un petit essoufflement au milieu du livre. Les personnages ne sont pas aussi attachants que dans ces autres livres je trouve. Une succession d'énigmes et de retournements de situation bien ficelés dans la dernière partie du livre et une fin touchante, même si un peu prévisible à mon goût à partir des 20-30 dernières pages.

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Commentaire ajouté par Maks 2015-11-25T02:18:36+01:00
Lu aussi

C'est mon premier Steve Berry, je suis déçu, j'en attendais. Beaucoup à force d'entendre parler de Berry, peut être ai-je choisi le mauvais roman pour débuter, je referais un essais avec le premier tome de la série Cotton Malone pour voir car je ne souhaite pas rester sur cette impression moyenne.

Le sujet m'as intéresser et le livre est bien renseigné mais j'ai trouvé que tout s'emboitai trop facilement et que ça manquait cruellement d'action par rapport à toutes les pages de détails historique que l'auteur nous servait.

À retenter sur un autre roman...

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Date de sortie

Le musée perdu

  • France : 2010-09-09 - Poche (Français)

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