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Le Cheik

Livre


Description ajoutée par sennyo 2011-07-25T15:41:25+02:00

Résumé

Dans ce palace de Biskra, on ne parle que de miss Diana Mayo... Si belle et si froide, ne chérissant que sa liberté et prête à partir pour une longue randonnée dans le désert. Suprême inconvenance : elle n'aura pour compagnons qu'un guide indigène et ses chameliers. On crie au scandale, au danger !

Et le danger surgit, loin de Biskra déjà, quand des nomades attaquent. Diana est enlevée, emportée sur l'étalon noir du Cheik, le maître de la tribu. Le maître de Diana désormais...

Il est beau, altier, raffiné, qu'importe ! Diana subit ses étreintes avec honte et fureur.

Elle tente de fuir... Elle sera ramenée au camp par le Cheik, à nouveau prisonnière de ces bras détestés.

Son esprit se rebelle encore, mais son corps, lui, frémit d'un étrange bonheur…

Source : J'ai Lu

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extrait

Extrait ajouté par anonyme 2012-08-27T16:12:03+02:00

Assis sur le divan, Ahmed Ben Hassan était penché en avant, les coudes sur les genoux et la tête dans les mains.

Mais c'était un Ahmed Ben Hassan inconnu qui était revenu, un Ahmed Ben Hassan dépouillé des robes flottantes qui avaient fait partie intégrante de sa personnalité. La silhouette familière était métamorphosée par la chemise de soie, la culotte de cheval et les bottes, grises de poussière après la longue chevauchée.

Une veste de tweed, légère, gisait sur le tapis. Il avait dû la jeter là après le départ du valet, car Gaston, nature ordonnée, ne l'aurait jamais laissée traîner ainsi.

Elle parcourut avidement des yeux son long corps à la musculature harmonieuse et s'arrêta sur la nuque courbée. Puis elle se mit à trembler, victime soudain d'une timidité nouvelle. Mais l'amour lui donna du courage et elle s'approcha de lui sans bruit.

- Ahmed! chuchota-t-elle.

Il redressa lentement la tête. La vue de son visage la fit tomber à genoux devant lui et elle agrippa le devant de sa chemise.

- Ahmed! Qu'y a-t-il? s'écria-t-elle d'une voix altérée par l'inquiétude. Vous souffrez? Est-ce votre blessure?

Il lui saisit les mains et, tout en se levant, la remit doucement sur ses pieds. Ses doigts noués à ceux de la jeune femme, il resta un moment à la contempler, une lueur étrange au fond des prunelles.

Puis, brusquement, il la quitta sans un mot pour aller soulever le rabat de la tente. Et il demeura sur le seuil, à contempler la nuit d'un regard fixe.

- Qu'y a-t-il? murmura-t-elle encore, le souffle court.

- Nous partons demain pour Oran.

Son ton était morne, bizarre, et Diana, stupéfaite, se rendit compte qu'il avait parlé en anglais. Elle ferma les yeux et vacilla, prise de vertige.

- Vous me renvoyez? parvint-elle à articuler. C'est cela que vous avez décidé?

Il y eut un silence. Puis la sentence tomba comme un couperet :

- Oui.

- Pourquoi?

Il ne répondit pas et le visage de Diana s'empourpra brusquement. Respirant avec difficulté, elle s'approcha de lui et essaya de parler. Mais elle avait la gorge serrée et ses lèvres tremblaient tellement que les mots eurent du mal à sortir.

- Est-ce parce que vous en avez assez de moi? murmura-t-elle enfin d'une voix rauque. Est-ce parce que vous vous êtes lassé de moi?... comme vous m'aviez dit un jour que vous le feriez? ... comme vous vous êtes lassé de... des autres femmes?

Sa voix se brisa dans un râle.

Le Cheik tressaillit. Et ses mains, qui pendaient le long de son corps, se crispèrent lentement.

Quand enfin il parla, ce fut sur un ton égal et dénué d'expression :

- Je vais vous escorter à cheval jusqu'aux confins du désert, à la première gare d'où vous pourrez prendre un train pour Oran. Afin de sauvegarder votre incognito et d'éviter le qu'en-dira-t-on, il vaut mieux en effet qu'on ne nous voie pas ensemble dans cette ville où ma réputation n'est hélas plus à faire.

» Y débarquant seule, au contraire, vous pourrez toujours prétendre - si par hasard on vous reconnaissait ou si quelqu'un découvrait votre identité - que vous avez prolongé votre excursion de plusieurs mois pour des raisons personnelles et que vos messages ne sont malheureusement pas parvenus à destination... enfin, ce qui vous passera par la tête.

» Mais cela ne se produira sans doute pas. Oran est une plaque tournante par où passent d'innombrables voyageurs cosmopolites. En outre, Gaston prendra les choses en main et s'occupera de tout. Il vous mènera à Marseille et, de là, si vous le souhaitez, il vous conduira à Paris, Cherbourg ou Londres, où vous voudrez.

» Lorsque vous n'aurez plus besoin de ses services, il reviendra ici. Quant à moi, je ne vous causerai plus d'ennuis. Vous n'avez rien à craindre : jamais je ne reparaîtrai dans votre vie.

» Je vous sais capable d'oublier ces mois dans le désert et cet Arabe, ce barbare qui un jour a croisé votre route. Mon châtiment à moi consistera à le tenir désormais hors de votre chemin.

Elle rejeta la tête en arrière. Soupçons jaloux, amour déçu, orgueil blessé - tout cela l'avait envahie à la fois, et elle manquait suffoquer.

- Pourquoi ne me dites-vous pas la vérité? s'écria-t-elle sauvagement. Pourquoi ne me dites-vous pas les choses telles qu'elles sont?... Que vous n'avez plus besoin de moi! Que cela vous a amusé de me prendre, de me torturer pour assouvir votre désir, mais qu'à présent ce désir est mort!

» Vous êtes lassé de moi, alors vous voulez vous débarrasser de ma présence en y mettant les formes, en multipliant les égards. Croyez-vous donc que la vérité puisse me faire souffrir? Venant de vous, rien ne peut plus me blesser désormais.

» Vous m'avez avilie, vous avez fait de moi votre chose, pour votre plaisir. Et maintenant, pour votre plaisir encore, vous me rejetez...

» Combien de fois par an Gaston raccompagne-t-il jusqu'en France les maîtresses que vous mettez au rebut?

La voix de la jeune femme se brisa dans un rire atroce.

Se retournant vivement, les yeux étincelants, il la prit dans ses bras et, oublieux de sa force, l'écrasa contre lui dans une étreinte brutale :

- Bon dieu! Pourquoi me couvrir ainsi de vos sarcasmes? Croyez-vous donc que ce soit si facile de vous laisser partir? Croyez-vous que je n'ai pas souffert? Que je ne souffre pas, en ce moment?

» Ne comprenez-vous pas que vous renvoyer me déchire le cœur?

» Sans vous, ma vie sera un enfer. Croyez-vous vraiment que je ne sache pas quelle brute cent fois maudite j'ai été? Quand je vous ai prise, je ne vous aimais pas, je voulais seulement assouvir mes instincts les plus bas.

» Et j'étais heureux que vous soyez anglaise, car je pouvais ainsi vous faire souffrir comme un Anglais a fait souffrir ma mère. Je haïssais tellement ma propre race! Toute ma vie, j'ai été fou, je crois. Ce n'est que maintenant que je suis guéri.

» Jusqu'à cette nuit où Ibrahim Omar vous a enlevée, je ne pensais pas vous aimer. Mais j'ai compris alors que si quelque chose vous arrivait, c'était la flamme même de ma vie qui allait s'éteindre, et que je n'aurais plus qu'à attendre d'avoir tué Ibrahim Omar avant de me tuer moi-même.

Les bras d'Ahmed Ben Hassan la serraient à lui faire mal, comme les mâchoires d'un étau, mais elle se sentait au paradis et, sans dire un mot, le cœur battant à tout rompre, elle se serra contre lui. Il avait plongé ses beaux yeux bruns dans les siens et la lueur qu'elle y vit -cette lueur après laquelle elle avait tellement soupiré- la fit trembler de tout son corps. Le visage du Cheik, si brun, si hâlé, s'inclina de plus en plus, et ses lèvres allaient se poser sur celles de la jeune femme quand il s'écarta brusquement - et l'amour qui brillait au fond de ses prunelles se transforma en désespoir.

- Il ne faut pas que je vous embrasse, dit-il d'une voix altérée. Si je le fais, je crois que je n'aurai pas le courage de vous laisser partir.

Il se détourna d'elle avec un geste d'impuissance.

- Mais je ne veux pas partir, murmura-t-elle faiblement.

S'arrêtant près de la table à écrire, il s'était emparé du revolver qu'il venait de charger. Il l'ouvrit distraitement et fit tourner le barillet, puis le reposa avant de répondre.

- Vous n'avez pas l'air de comprendre... Il n'y a pas d'autre solution, dit-il d'une voix morne.

- Si vous m'aimiez vraiment, vous ne me laisseriez pas partir! s'écria-t-elle dans un sanglot.

- Si je vous aimais? répéta-t-il avec un rire dur. Si je vous aimais! C'est justement parce que je vous aime à la folie que je suis capable de le faire. Si je vous aimais un tout petit peu moins, je vous permettrais de rester, à vos risques et périls.

Elle écarta les bras dans un geste suppliant.

- Je veux rester, Ahmed! Je vous aime! dit-elle d'une voix haletante - car elle connaissait sa détermination et voyait que ses chances de bonheur allaient lui échapper.

Il ne remua pas d'un pouce et ne la regarda pas, mais ses sourcils se rejoignirent dans le terrible froncement qui leur était coutumier.

- Vous ne savez pas ce que vous dites! Vous ne savez pas ce que cela implique! répondit-il d'une voix dont il avait chassé toute trace d'émotion. Si vous m'épousiez, vous devriez passer toute votre vie dans le désert. Je ne peux pas abandonner ma tribu, et... et je suis trop arabe pour tolérer que ma femme puisse aller vivre seule loin de moi.

» Non, pour vous, ce ne serait pas une existence. Vous croyez m'aimer maintenant - bien que Dieu seul sache comment vous pouvez oublier les mauvais traitements que je vous ai fait subir -, mais un jour viendrait forcément où vous découvririez que votre amour pour moi ne peut compenser la vie que vous mèneriez ici.

» Et puis m'épouser, mais c'est inimaginable! Vous me connaissez, vous savez qui je suis, qui j'ai été. Je n'ai rien d'un individu avec qui l'on puisse vivre, ni qui soit digne d'être le compagnon d'une femme convenable.

» Et ce tempérament démoniaque - qui ne vous a guère épargnée dans le passé - il se pourrait bien qu'il ne vous épargne pas davantage dans l'avenir...

» Croyez-vous que je pourrais supporter de voir, année après année, grandir votre haine pour moi? Oh, bien sûr, vous me trouvez cruel, maintenant. Mais, après tout, je ne fais que chercher pour vous la meilleure solution.

» Parce que j'aurai eu la force d'âme de vous laisser partir, vous vous souviendrez un jour de moi sans haine. Vous êtes si jeune, Diana... Votre vie ne fait que commencer. Oubliez le passé... Vivez pour l'avenir...

Il reprit son souffle et poursuivit :

- Vous devez retourner chez vous, dans votre pays, retourner à cette vie qui est la vôtre. Et bientôt, votre aventure dans le désert ne sera plus qu'un horrible cauchemar.

Secouée d'un tremblement convulsif, elle enfouit son visage dans ses mains.

- Ahmed! bégaya-t-elle. Je... je ne peux pas partir!

La face soudain blême, il lui arracha les mains du visage.

- Grand dieu! s'exclama-t-il d'un ton rauque tout en la contemplant avec épouvante. Vous ne voulez pas dire que... ? Je n'ai pas...? Vous n'êtes pas...?

Elle comprit sa pensée et rougit violemment. La tentation de lui mentir et de s'en remettre à l'avenir pour les conséquences de ce mensonge était presque trop grande pour qu'elle pût y résister.

Un petit mot, un seul, et elle serait dans ses bras. Mais après? Ce fut la peur de cet après qui lui fit garder le silence. Lentement, le sang quitta son visage, et elle secoua la tête sans rien dire.

Avec un soupir de soulagement, il lui relâcha les poignets avant d'éponger la sueur qui avait inondé son front. Puis, posant sa main sur l'épaule de Diana, il la poussa doucement vers la chambre.

Elle résista un instant. Ses yeux d'un bleu profond, ses yeux écarquillés, emplis de désespoir, cherchaient à rencontrer les beaux yeux de velours qu'elle aimait. Mais il évitait son regard, et sa bouche avait ce pli dur qu'elle connaissait si bien. Se jetant contre sa poitrine en poussant un gémissement, elle lui mit les bras autour du cou :

- Ahmed! Oh, Ahmed! Vous me ferez mourir de chagrin! Je ne peux pas vivre sans vous! Je vous aime! C'est de vous que j'ai besoin! Et de vous seul! Je ne crains pas la solitude du désert, non... c'est la solitude du monde sans le réconfort de vos bras que je redoute!

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par reader10 2023-04-10T18:37:24+02:00
Bronze

Un roman qui a très mal vieilli. La femme y est traitée comme une moins que rien. Ah, oui, c'est vrai, c'est une certaine mode en contemporain.

J'ai tout de même apprécié de le lire. Il est intéressant de voir la différence de génération entre la sortie de ce roman et comment on le perçoit à l'heure actuelle...

Mon choix dans "liste de bronze" :

- Un roman qui a mal vieilli

- Un roman intéressant à lire

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Commentaire ajouté par Ninako 2017-01-10T20:01:12+01:00
Or

J'ai découvert que ce roman existait après avoir lu "le fils du cheikh" un peu par hasard. J'ai tout de suite été transportée dans l'histoire du père que j'ai un peu préféré au fils

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