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Moby Dick



Description ajoutée par littéraire 2011-01-09T10:55:58+01:00

Résumé

Ishmaël s'embarque sur Le Péquod, un baleinier qui va sillonner les océans pendant trois ans. Le bateau est dirigé par le mystérieux capitaine Achab qui martèle le sol de sa jambe de bois. Il n'a de cesse de retrouver Moby Dick, la monstrueuse baleine blanche qui l'a amputé quelques années auparavant. Cette obsession, au détriment de l'équipage, tourne à l'affrontement entre le Bien et le Mal.

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Classement en biblio - 511 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Cyann 2011-03-10T13:27:15+01:00

Il y eut une fois dans le temps jadis un aigle, qui fondit sur la côte de la Nouvelle-Angleterre et enleva dans ses serres un petit enfant indien. Les parents, avec un gémissement profond, virent leur bébé emporté au loin au-dessus de la mer et le perdirent de vue sur les eaux immenses. Ils voulurent le suivre dans cette direction. Ils prirent le large dans leurs canoës et, après une périlleuse traversée, découvrirent l'île ; et sur cette île ils trouvèrent un panier d'ivoire vide : le squelette du pauvre petit Indien.

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Commentaires les plus appréciés

Bronze

Pour être honnête, je crois bien que c'est le livre que j'ai mis le plus de temps à lire (environ deux mois) car ce n'était pas la version abrégée pour juniors mais le texte original. Il a fallu que je m'accroche pour ne pas l'abandonner...

Si je n'ai pas classé ce roman plus haut dans ma liste c'est à cause des descriptions très (trop) longues avec parfois l'impression de lire une véritable notice technique. À noter aussi, une centaine de pages en moins aurait permis de resserrer le périple.

Néanmoins, c'est une oeuvre très riche et qu'il faut lire avec attention. Le symbolisme est omniprésent : l'opposition entre l'Homme et l'animal, le Bien et le Mal, sans compter les nombreuses références bibliques (certainement dues à la mère calviniste de Melville).

Je m'arrête là parce qu'il y aurait une grosse analyse à faire de ce roman (impossible sans spoiler !). Je le relirai sûrement mais cette fois-ci dans la version avec les annotations.

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En train de lire

J'ai commencé à le lire en anglais deux fois le language est très soutenu et les termes très spécifiques, je m'y remettrai pour cette fois essayer de le finir parce que malgré tout c'est super passionnant :)

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par BMT33 2019-09-29T23:20:02+02:00
Argent

Les aventures de la baleine la plus célèbre de la littérature juste avant celle des Malouines qui viendra beaucoup plus tard

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Commentaire ajouté par CAroline295 2019-08-20T18:43:58+02:00
Or

Très bon classique ! Si vous commencez ne le manquer pas.

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Commentaire ajouté par Elerinna2 2019-08-05T11:19:07+02:00
Pas apprécié

J'ai fini par abandonné ce livre, pourtant je voulais vraiment le lire et l'apprécier mais peine perdue. Ca a été d'un ennui total. Il ne se passe rien durant les trois-cents pages que j'ai lu. Tout est très lent, on nous donne des détails et détails sur la pêche à la baleine, la vie des marins à l'époque, etc et Moby Dick je en l'ai pas encore vue. En plus la plume de l'auteur est absolument insupportable avec ses descriptions interminables !

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Commentaire ajouté par Alaskash 2019-07-19T17:13:13+02:00
Pas apprécié

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Commentaire ajouté par Henri-1 2019-04-05T19:08:32+02:00
Diamant

Moby Dick, c’est la monstrueuse baleine blanche, l’incarnation du Mal, cette figure de l’obsession et du double qui, des profondeurs glacées, accompagne le capitaine Achab habitué en surface aux combats titanesques des océans. Moby Dick est ce chef-d’œuvre total que tout le monde peut lire comme le plus formidable des romans d’aventures ; la quête aussi d’une humanité embarquée de force à bord d’une histoire qui reste pour elle un mystère…

Avec Moby Dick, Melville a donné naissance à un livre-culte et inscrit dans la mémoire des hommes un nouveau mythe : celui de la baleine blanche. Fort de son expérience de marin, qui a nourri ses romans précédents et lui a assuré le succès, l'écrivain américain, alors en pleine maturité, raconte la folle quête du capitaine Achab et sa dernière rencontre avec le grand cachalot. Véritable encyclopédie de la mer, nouvelle Bible aux accents prophétiques, parabole chargée de thèmes universels, Moby Dick n'en reste pas moins construit avec une savante maîtrise, maintenant un suspense lent, qui s'accélère peu à peu jusqu'à l'apocalypse finale. L'écriture de Melville, infiniment libre et audacieuse, tour à tour balancée, puis hachée au rythme des houles, des vents et des passions humaines, est d'une richesse exceptionnelle. Il faut remonter à Shakespeare pour trouver l'exemple d'une langue aussi inventive, d'une poésie aussi grandiose. --Scarbo

"la phase de Melville est à la fois un torrent,une montagne ,une mer.(...)Mais comme à la montagne,le torrent ou la mer,cette phrase roule,s'étire et retombe avec tout son mystère.Elle emporte;elle noie.Elle ouvre le pays des images dans les profondeurs glauques où le lecteur n'a plus que des mouvements sirupeux,comme une algue.(...)Toujours elle propose une beauté qui échappe à l'analyse mais frappe avec violence."

Jean Giono

Herman Melville prend d'emblée un parti osé : écrire une sorte de monographie romanesque sur la baleine et la chasse qui lui est faite au milieu du XIXème siècle.

Choix doublement hasardeux d'une part parce qu'à l'époque la connaissance des cétacés n'est pas mirobolante et d'autre part, parce que le sujet de la chasse à la baleine n'est ni très fédérateur ni très palpitant, a priori. Comme quoi, l'auteur démontre qu'on peut faire un véritable chef-d'oeuvre avec n'importe quoi, qu'il n'y a pas de mauvais sujet ou de petites portes d'entrée pour faire un grand roman, qu'il suffit d'un grand talent, et ça, Melville en a à revendre.

Il aborde, à travers le prisme de la baleine, l'univers dans son entier, où j'ai remarqué, pêle-mêle : l'économie, le consumérisme, l'écologie, les relations raciales entre les hommes, le système social d'un microcosme, les valeurs humaines, les passions, les mythes et les religions, l'histoire, la philosophie, le développement technique, la compétition athlétique, la législation, la solidarité, la folie, bref, le monde, à l'image de ses interminables océans où se meuvent nos augustes mammifères marins.

Quelle étrange activité tout de même quand on y songe ; il s'agit d'un bateau de pêche, mais à la vérité, on y chasse. On y chasse quoi ? le plus grand prédateur carnivore du monde, le grand cachalot aux terribles mâchoires. On le chasse comment ? À l'arme blanche (sachant qu'à l'époque, les chasseurs utilisaient déjà le fusil pour pratiquement tous les autres types de chasse). On le chasse où ? Sur la Terre entière et son vaste océan, autant dire une goutte d'eau dans une piscine. Dans quelle zone ? Dans la mince et improbable zone de contact entre ce géant des profondeurs aqueuses et ce frileux minuscule primate aérien. Avouez qu'il y a de quoi s'arrêter sur une activité aussi singulière.

Nous suivons donc le brave Ishmaël, en rupture avec le monde citadin de New York, qui s'embarque à la fois pour oublier, se sentir vivre, donner un sens à sa vie, et aussi se faire des petites montées d'adrénaline au passage. Une manière de Kerouac avant l'heure en quelque sorte.

Notre matelot par intérim, rencontre à Nantucket — le grand port baleinier de la côte est — un harponneur coupeur de tête, Queequeg, qui deviendra un ami indéfectible. Les deux gaillards s'embarquent sur le Péquod, un baleinier de réputation acceptable, à la tête duquel officie un obscur capitaine qui sème le froid dans le dos, avec son regard farouche et sa jambe de bois, ou, plus précisément, avec sa jambe d'ivoire taillée dans une mâchoire de cachalot.

On découvre vite que ce vieux fou de capitaine se contrefiche que des gars, voire un équipage complet risque sa peau, pour peu que lui, Achab, puisse assouvir sa vengeance envers celui qui lui a retaillé les mollets, à savoir, Monsieur Moby Dick en personne, un cachalot étonnamment blanc, doué d'un caractère assez vicieux (du point de vue de l'humain) pour qui essaie de lui planter un harpon dans la carcasse.

Vous avez compris que Melville fait de ce roman bien plus qu'un basique roman d'aventures, que de bout en bout, il lui donne une consonance biblique et que le nom d'Achab n'est pas choisi au hasard et qu'il fait visiblement référence au Livre des Rois de l'Ancien Testament où Achab, un roi d'Israël, estimait ne rien posséder tant qu'il n'aurait pu mettre la main aussi sur la vigne de Naboth. On peut en dire autant de beaucoup des noms utilisés dans le roman et qui renvoient quasiment tous à des passages de la Bible.

Le personnage du capitaine Achab est donc particulièrement intéressant, avec sa manie qui tourne à la folie de vouloir à tout prix la dernière parcelle de l'océan qui lui résiste, sa science et son caractère taciturne qui le rendent comparable au Capitaine Nemo de Jules Verne, mais je sens qu'il est grand temps de ne pas vous en dire plus si je ne veux pas déflorer davantage le noeud de l'intrigue pour celles et ceux qui auraient encore le bonheur de ne pas connaître la substance de cet immense monument de la littérature mondiale, père de tout un courant de la littérature américaine, en passant du Vieil Homme Et La Mer au célèbre Sur La Route.

Qu'est-ce qu'Herman Melville cherche à nous dire avec l'essence de ce livre ? On pourrait hasarder des milliers d'interprétations car, dans cette oeuvre, tout est parabole, tout est symbole, tout est à interpréter. Selon notre propre jus culturel on y lira des choses résolument différentes. Je me bornerai donc à n'en livrer que deux, plus que jamais d'actualité.

La première interprétation, c'est celle de l'homme qui essaie de maîtriser, de contrôler, de juguler la nature, la fantastique et surpuissante nature qui, quand il se sent trop fort, trop sûr de lui, lui rappelle qu'il n'est qu'un homme, un tout petit homme, et qu'Elle est grande, qu'Elle est éternelle tandis que lui est dérisoire, horriblement mortel et risiblement fragile.

Le cachalot géant l'a rappelé au capitaine Achab et le monde nous le rappelle à nous périodiquement, avec un tsunami, une sécheresse, un tremblement de terre, un glissement de terrain, que sais-je encore, un avion qui s'abîme en mer, tellement petit, tellement frêle dans cet océan qu'on n'arrive même pas à en retrouver la moindre miette...

La seconde interprétation, si l'on se souvient qu'Herman Melville s'est appuyé sur des éléments réels : le capitaine Achab s'inspire du capitaine baleinier Edmund Gardner, Moby Dick de Mocha Dick, du nom de l'île Mocha au large du Chili et que les informations monographiques de l'auteur proviennent en grande partie du travail d'un passionné anglais en 1831, Thomas Bill.

Bref, à cette époque, l'Atlantique est déjà largement écumé et il ne reste que bien peu de cachalots à y chasser. Les Américains, dont Gardner, s'aventurent à contourner le cap Horn pour aller faire une curée dans le Pacifique. Les populations locales, notamment chiliennes, ont voué une sorte de culte à Mocha Dick, espèce de grand démiurge qui lutta contre l'envahissante pression des baleiniers américains. Donc, surpêche et lutte des pays du sud contre les pays du nord, ça ne vous rappelle rien ?

Mais tout ceci, bien évidemment, n'est que mon tout petit avis planctonique qui évolue gauchement au milieu de l'océan de ceux qui l'ont dit et pensé mieux que moi, autant dire, une larve de krill, presque rien.

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Commentaire ajouté par Nelouchou 2018-12-29T23:42:33+01:00
Pas apprécié

Cinq mois… J’aurai mis cinq mois pour venir à bout de ce pavé. J’adooore les classiques alors j’avais envie de me plonger dans cette lecture depuis longtemps ! C’est avec un enthousiasme naïf que je l’ai commencé, m’imaginant vivre de belles aventures en mer à chasser une baleine indomptable… Mais que de déception !

Des aventures ? Je ne crois pas en avoir vraiment vécu une seule, tant les scènes qu’on pourrait véritablement qualifier « d’action » étaient noyées entre le blabla continuel de l’auteur/narrateur : un blabla tantôt philosophique, tantôt technique, mais surtout ennuyant à mourir. Ah ça oui, au bout de ces 731 pages, je sais à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur la pêche à la baleine au XIXe siècle ! Cela ne m’aurait pas dérangé outre mesure, si seulement j’avais souhaité en savoir autant ! Mais je voulais lire un roman moi, pas un manuel d’apprentissage ! On a l’impression de lire un manuel de la pêche en haute mer ! … Toutes les étapes nous sont décrites, tous les outils, tous les termes nautiques et ce jusqu’à en vomir de dégoût.

Par ailleurs, cette œuvre s’intitule Moby Dick. On pourrait donc s’imaginer que la fameuse baleine blanche tiendra un rôle très présent tout au long du récit. En réalité les 200 premières pages ne se passent pas en mer. Les suivantes traitent principalement des baleines en général (espèces et sous-espèces sont énumérées dans le détail…) et de l’art de pêcher ce noble mammifère. Il y a quelque fois quelques scènes plus théâtrales, de vraies chasses à la baleine en action ou des dialogues plus consistants (quoique parfois bien trop grandiloquents pour être attribués à de simples marins pêcheurs de l’époque). Mais à dire vrai, ces scènes là doivent, au bas mot, se compter en une centaine de pages sur l’épaisseur totale de l’ouvrage.

Quant à Moby Dick, celle que j’ai attendu tout au long de ma fastidieuse lecture… Eh bien elle n’apparaît pour de vrai qu’à la page 694/731. Et le final – le SEUL moment vraiment haletant de toute cette histoire - est donc bazardé au lecteur en 40 petites pages… Voilà.

Je ressors frustrée de tout cela. Frustrée de m’être accrochée à une lecture barbante pendant des mois pour finalement être déçu par cette fin bien trop vite expédiée. Je pourrai dire que je l’ai lu, c’est le seul plaisir véritable que je tire de ce livre...

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Commentaire ajouté par MelianeR 2018-12-17T10:23:14+01:00
Diamant

Je viens de relire Moby Dick et je trouve que c est un livre tout a fait génial : l'histoire du capitaine poursuivant la baleine blanche je conseils ce livre a toute les personnes qui sont fan d'aventures.

A la lecture au premier degré fort passionnante le lecteur dot percevoir le coté mythique, poétique, surnaturel qui enchante ce roman

Ce livre est un des mellieurs livres de ma collection .

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Commentaire ajouté par Viflyanka37 2018-08-16T21:15:10+02:00
Bronze

Ce livre relate très bien l'horreur qu'est la chasse à la baleine !

Je suis un peu déçue de ce livre, j'en attendais mieux ! J'ai mis beaucoup de temps avant de réussir à rentrer dans l'histoire, le démarrage est treeeeeeees long j'ai trouvé, ainsi que certains passages. L'action arrive malheureusement à la fin du livre. Heureusement que j'ai lu la version abrégée ...^^

Et sinon j'avais quand même deviné quelques passages.

Mais j'ai quand même bien aimé malgré la longueur.

Spoiler(cliquez pour révéler)et je n'ai pas compris si finalement Ahab a réussi à tuer Moby Dick (pauvre cachalot au passage) ?

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Commentaire ajouté par superchacha 2018-08-16T11:40:10+02:00
Diamant

Super bouquin!!!!

La fin est un peu gore il faut avouer mais le scénario est super!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Commentaire ajouté par Homdeletreetduneant 2018-07-28T17:55:01+02:00
Or

Comment aborder une ouvre foisonnante, déjà reconnue comme un sommet de la littérature, et pour laquelle tant d’analyses remarquables, aussi savantes que bien étayées par une bibliographie abondante, ont été écrites ? En prenant simplement la parti d’un lecteur de 2018 se demandant s’il peut aborder sans crainte cette lecture, question qu’il peut se poser tant les éditions allégées, abrégées, altérées et partielles fleurissent.

Je parlerai ici de la version complète disponible dans le domaine public, traduction établie par Henriette Guex-Rolle.

Appelez-moi Ismaël. Ainsi commence ce roman, trois mots qui suffisent pour savoir à qui on a affaire. Ce roman ? Ces romans, car je vois, dans MoBy Dick, trois livres distincts :

une première partie, la moitié de l’ouvrage, qui raconte la rencontre et les aventures à Terre d’Ismaël et du harponneur Queequeg. L’histoire d’une virile camaraderie.

un traité de la chasse à la baleine dans les années 1850, fort bien écrit, mais dont la lecture suppose tout de même la connaissance de quelques termes de la marine à voiles (de dix à vingt, le dictionnaire intégré de la liseuse se révélant utile).

une partie que je nommerai « la folie du capitaine Achab », qui décrit la poursuite, la chasse et l’affrontement final, qui occupe en réalité très peu de place dans le roman, entre l’équipage du Pequod et le cachalot vengeur.

Alors, disons-le, le roman est écrit dans une langue magnifique, précise et très souvent poétique. Certes, il y a de nombreuses allusions bibliques qui, si elles étaient limpides aux lecteurs bigots contemporains de Melville, peuvent sembler obscures au lecteur moderne dont la culture ne se limite plus, et heureusement, à un seul livre, fut-il « sacré », mais elles ne font pas obstacle à la compréhension du texte et au souffle de l’épopée.

C’est aussi, très clairement, une histoire d’hommes, loin, très loin du politiquement correct. Je ne m’étonnerai d’ailleurs pas que quelques groupes de pression bien intentionnés ne se préoccupent bientôt de « réécrire » ce chef-d’œuvre selon les considérations de la morale moderne. Pas ou peu de femmes, si ce n’est comme rêves lointains de la quiétude de la terre, ou comme cantinières ou tenancières d’auberge.

Mais comment ne pas le dire, à l’heure où l’on se pique de réécrire des œuvres aussi « difficiles » que « le club des cinq » pour que les futurs adultes puissent les lire, cela fait un bien fou de lire ceci : « C’est un jour clair d’un bleu d’acier. Le double firmament de la mer et du ciel se confondait dans cet azur partout répandu ; toutefois, la transparence douce et pure du ciel pensif avait un air féminin, tandis qu’une respiration lente et puissante, pareille à celle de Samson endormi, soulevait la mer robuste et virile. » ou bien, dans la’esprit d’Achab : « Quand je pense à ma vie, à la solitude désolée qu’elle a été, à cette citadelle qu’est l’isolement d’un capitaine qui admet si peu en ses murs, la sympathie de la campagne verdoyante du dehors… Oh ! Lassitude ! Oh ! Fardeau ! Noir esclavage d’un commandement solitaire ! », une exclamation qui n’a rien de gratuite, car à l’époque, les suicides des commandants, lors des longues expéditions, n’avaient rien d’exceptionnel (songeons que c’est pour éviter semblable solitude, qui avait amené son précédent capitaine au suicide, que James Fitzroy, à la même époque, accueilli à son bord un compagnon de voyage de la meilleure société nommé Charles Darwin, pour un voyage qui allait changer le monde…)

Faut-il rappeler les grandes lignes de l’histoire ? Cherchant l’aventure, le jeune Ismaël cherche à s’embarquer sur un baleinier. Au port, il fait la connaissance d’un harponneur aussi tatoué que païen, le colossal Queequeg. Tous deux deviennent amis, et gagnent Nantucket où ils s’engagent sur un baleinier, le Pequod. Une fois en mer, ils font la connaissance de son commandant, le vieil Achab, qui ne poursuit qu’un seul but : tuer Moby Dick, le cachalot blanc qui lui a coupé une jambe… Il va entrainer tout l’équipage dans sa folie destructrice, malgré mille avertissements et prémonitions diverses.

Mais cela, ce n’est rien. Le cheminement picaresque des deux amis jusqu’au port d’embarquement, les descriptions minutieuses de de la vie à bord, les chapitres zoologiques sur les baleines, leur pêche, leur dépeçage, l’importance de leur huile… tout ceci est détaillé et, d’un point de vue naturaliste, plutôt exact. Des commentateurs littéraires, certes excellents dans leur domaine, ont beaucoup glosé sur le spermaceti des cachalots et la description qu’en fait Melville, y voyant des allusions sans se rendre compte que le romancier ne faisait que décrire les propriétés physiques de cette sécrétion très particulière dont les changements de phases sont indispensable à la vie du cachalot.

Une fois à bord, Ismaël s’efface, et ne reviendra qu’à la fin de l’ouvrage, ou à l’occasion d’un ou deux chapitres, et il en est de même de Queequeg. Le narrateur pourrait être n’importe lequel des marins, ou tous ensemble : c’est l’équipage qui parle, qui détaille, qui gémit dans la tempête, qui festoie après une chasse fructueuse, qui rêvasse en pendant aux compagnes, aux enfants laissés au port, qui amarre, découpe les baleines et en extrait l’huile précieuse. L’équipage : les seconds, craintifs et fascinés par l’autorité de leur chef malgré sa folie de plus en plus manifeste ; les harponneurs, des « sauvages » entourés de respect, colosses fort bien payés, aussi admirés que craints des autres marins ; le charpentier, qui répare aussi bien les barques que les corps ; le forgeron facteur de harpons ; le mousse dont la raison se perd ; les inquiétants compagnons hindous de l’équipage privé d’Achab, dont un prédit l’avenir… Et c’est aussi le roman noir d’un homme rongé et détruit par la solitude de la mer, Achab, dont la raison, et le corps seront brisés plusieurs fois avant l’inévitable dénouement.

Alors, faut-il lire Mode Dick ? Oui parbleu, si l’on veut trainer dans les bouges de Nantucket, se remplir l’estomac de soupe de poisson ou de clovisses, ressentir l’appel du large et s’embarquer vers le néant bleuté de l’océan, à la poursuite de montagnes de chair, vers cet ailleurs aussi redouté qu’inévitable… N’aie crainte, futur lecteur ! Si des passages te semblent ardus, tu pourras les passer. Si la classification fine (et obsolète) des cétacés te semble inutile, oublie là ! Si ton cœur d’homme du vingt et unième siècle saigne à la pensée de ces animaux harponnés sans répits et dépecés pour leur huile, si les considérations gastronomiques sur la viande de baleine soulèvent ton estomac de Vegan macrobiote, haut les cœurs ! Nous sommes dans l’ailleurs, « sur le dos arqué de la mer », aurait chanté le divin Homère, en un autre temps, un passé lointain. Qu’importe si la morale de l’époque n’est plus la notre, qu’importe si les termes de marine ne te sont pas familiers, ou si tu sais bien qu’aucun des marins de l’époque, ni même de capitaine, n’aurait pu s’exprimer avec cette langue magnifique et ornée, décorée comme une figure de proue du style, qui est celle de Melville, moderne Shakespeare d’un horizon sans bornes ! Compagnon de route sur l’océan de la vie, ouvre cet épais roman, et entre dans la légende !

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Date de sortie

Moby Dick

  • France : 2012-04-26 - Poche (Français)

Activité récente

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2019-10-03T19:34:44+02:00

Titres alternatifs

  • Moby Dick - Anglais

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