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La Passe-Miroir, Livre 3 : La mémoire de babel

163 notes | 59 commentaires | 37 extraits


Description ajoutée par helo 2017-04-27T17:35:06+02:00

Résumé

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

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Extrait

Extrait ajouté par ChoupiChoup 2017-05-17T18:01:43+02:00

1er chapitre :

"L'ABSENT

LA FÊTE

L’horloge fonçait à toute allure. C’était une immense comtoise montée sur roulettes avec un balancier qui battait puissamment les secondes. Ce n’était pas tous les jours qu’Ophélie voyait un meuble de cette stature se précipiter sur elle.

– Veuillez l’excuser, chère cousine ! s’exclama une jeune fille en tirant de toutes ses forces sur la laisse de l’horloge. Elle n’est pas si familière d’habitude. À sa décharge, maman ne la sort pas souvent. Puis-je avoir une gaufre ?

Ophélie observa prudemment l’horloge dont les roulettes continuaient de crisser sur le dallage.

– Je vous mets du sirop d’érable ? demanda-t-elle en piochant une gaufre croustillante sur le présentoir.

– Sans façon, cousine. Joyeuses Tocantes !

– Joyeuses Tocantes.

Ophélie avait répondu sans conviction en regardant la jeune fille et sa grande horloge se perdre dans la foule. S’il y avait un événement qu’elle n’avait pas le cœur à fêter, c’était bien celui-là. Assignée au stand de gaufres, au beau milieu du marché artisanal d’Anima, elle n’en finissait pas de voir défiler des pendules à coucou et des réveille-matin. La cacophonie ininterrompue des tic-tac et des « Joyeuses Tocantes ! » se répercutait sur les grandes vitres de la halle. Ophélie avait l’impression que toutes ces aiguilles tournaient uniquement pour lui rappeler ce qu’elle n’avait pas envie de se rappeler.

– Deux ans et sept mois.

Ophélie observa la tante Roseline qui avait jeté ces mots en même temps que des gaufres fumantes sur le présentoir. À elle aussi, les Tocantes donnaient des idées noires.

– Crois-tu que madame répondrait à nos lettres ? siffla la tante Roseline en agitant sa spatule. Ah, ça, je suppose que madame a mieux à faire de ses journées.

– Vous êtes injuste, dit Ophélie. Berenilde a probablement essayé de nous contacter.

La tante Roseline reposa sa spatule sur le moule à gaufres et s’essuya les mains dans son tablier de cuisine.

– Bien sûr que je suis injuste. Après ce qui s’est passé au Pôle, ça ne m’étonnerait pas que les Doyennes sabotent notre correspondance. Je ne devrais pas me plaindre en ta présence. Ces deux ans et sept mois ont été encore plus silencieux pour toi que pour moi.

Ophélie n’avait pas envie d’en parler. Le simple fait d’y penser lui donnait l’impression d’avoir avalé les aiguilles d’une horloge. Elle s’empressa de servir un bijoutier, paré de ses plus belles montres.

– Eh bien, eh bien ! s’agaça-t-il lorsque ses montres se mirent toutes à claquer frénétiquement du couvercle. Où sont passées vos bonnes manières, mesdemoiselles ? Vous voulez donc que je vous ramène à la boutique ?

– Ne les grondez pas, dit Ophélie, c’est moi qui leur fais cet effet. Du sirop ?

– La gaufre suffira. Joyeuses Tocantes !

Ophélie regarda le bijoutier s’éloigner et reposa sur la table la bouteille de sirop qu’elle avait failli renverser.

– Les Doyennes n’auraient pas dû me confier un stand de fête. Je ne sers qu’à distribuer des gaufres que je suis incapable de préparer moi-même. Et encore, j’en ai fait tomber une demi-douzaine par terre.

La maladresse pathologique d’Ophélie était de notoriété familiale. Personne ne se serait risqué à lui demander du sirop d’érable avec toute cette horlogerie dans les parages.

– Ça me fait mal de l’admettre, mais pour une fois je ne donnerais pas tort aux Doyennes. Tu fais peur à voir et je pense que c’est une bonne chose que tu t’occupes un peu les mains.

La tante Roseline appuya un regard sévère sur sa nièce, soulignant son visage tiré, ses lunettes décolorées et sa tresse si embrouillée qu’aucun peigne n’en venait à bout.

– Je vais bien.

– Non, tu ne vas pas bien. Tu ne sors plus, tu manges n’importe quoi, tu dors n’importe quand. Tu n’es même pas retournée au musée, ajouta gravement la tante Roseline, comme si ce détail-là était le plus préoccupant de tous.

– En fait, j’y suis allée, contredit Ophélie.

Elle s’était précipitée là-bas à son retour du Pôle, sitôt descendue du dirigeable, avant même de déposer sa valise à la maison. Elle avait voulu voir de ses propres yeux les vitrines vidées de leurs collections d’armes, la rotonde vidée de ses avions militaires, les murs vidés de leurs étendards impériaux et les alcôves vidées de leurs armures de parade.

Elle en était ressortie déchirée et n’y était plus jamais retournée.

– Ce n’est plus un musée, murmura-t-elle entre ses dents. Raconter le passé en refusant de raconter la guerre, c’est mentir.

– Tu es une liseuse, la rabroua la tante Roseline. Tu ne vas quand même pas rester les doigts croisés jusqu’à… jusqu’à… Bref, tu dois aller de l’avant.

Ophélie s’abstint de rétorquer qu’elle ne se croisait pas les doigts et qu’aller de l’avant ne l’intéressait pas. Elle avait beaucoup enquêté ces derniers mois, sans quitter son lit, le nez plongé dans des ouvrages de géographie. C’était ailleurs qu’elle devait aller, sauf qu’elle n’en avait pas la possibilité. Pas tant que les Doyennes la surveillaient.

Pas tant que Dieu la surveillait.

– Il vaudrait mieux laisser ta montre à la maison pendant les Tocantes, déclara soudain la tante Roseline. Elle agite les autres.

Des horloges s’étaient en effet attroupées devant le présentoir de gaufres. Ophélie posa instinctivement la main sur sa poche, puis elle fit signe aux cadrans d’aller pulser ailleurs.

– C’est bien Anima, ça. On ne peut pas porter sur soi une montre déréglée sans sentir la désapprobation de toutes celles des environs.

– Tu devrais la faire soigner par un horloger.

– Je l’ai fait. Elle n’est pas en panne, juste très perturbée. Joyeuses Tocantes, mon oncle.

Engoncé dans son vieux manteau d’hiver, ses moustaches lourdes de neige fondue, le grand-oncle venait de surgir de la foule.

– Ouais, ouais, bonne fête, tic tac et compagnie, marmonna-t-il en passant directement de l’autre côté du comptoir et en se servant lui-même une gaufre chaude. Ça devient ridicule, ce brol ! Fête de l’Argenterie, fête des Instruments de musique, fête des Bottes, fête des Chapeaux… Chaque année, y a une nouvelle guindaille dans le calendrier ! Bientôt, verrez qu’on fêtera les pots de chambre. D’mon temps, on ne gâtait pas les objets comme aujourd’hui, et après on s’étonne qu’ils nous fassent des caprices. Cache ça vite, chuchota-t-il soudain en remettant une enveloppe à Ophélie.

 -Vous en avez trouvé une autre ?

Tandis qu’elle glissait l’enveloppe dans sa poche de tablier, Ophélie sentit son cœur battre plus vite que toutes les horloges de la fête.

– Et pas des moindres, m’fille. En dégoter, c’est pas si difficile. Le faire à l’insu des Doyennes, ça, c’est une autre affaire. Elles louchent sur moi presque autant que sur toi. Gaffe d’ailleurs, grommela le grand-oncle en ébrouant ses moustaches. J’ai vu la Rapporteuse et son satané piaf rôder dans les parages.

La tante Roseline serra ses longues dents en assistant à leur échange. Elle était parfaitement au courant de leurs petites manigances, et si elle ne les approuvait pas, craignant qu’Ophélie se mît dans de nouveaux ennuis, elle se faisait souvent leur complice.

– Je commence à manquer de pâte à gaufres, dit-elle d’un ton sec. Va m’en chercher, s’il te plaît.

Ophélie se faufila dans le local à provisions sans se faire prier. Il faisait glacial ici, mais elle y était à l’abri des regards. Elle calma l’écharpe qui s’impatientait sur sa patère, vérifia qu’il n’y avait personne, puis ouvrit l’enveloppe du grand-oncle.

Elle contenait une carte postale.

La légende indiquait : XXIIe Exposition interfamiliale et le cachet de la poste remontait à plus de soixante ans. En digne archiviste familial, le grand-oncle avait dû faire jouer ses relations pour se procurer cette carte. C’était la photographie qui intéressait Ophélie. L’image en noir et blanc, rehaussée çà et là de couleurs artificielles, montrait les estrades des exposants et les curiosités exotiques sur les promenoirs d’un immense bâtiment. On aurait dit la halle d’Anima, en cent fois plus imposant. Remontant ses lunettes sur son nez, la jeune fille approcha la carte postale de la lumière. Elle trouva enfin ce qu’elle cherchait : à travers les grands vitrages du bâtiment, presque invisible dans le brouillard extérieur, se dressait une statue décapitée.

Pour la première fois depuis longtemps, les lunettes d’Ophélie se colorèrent d’émotion. Le grand-oncle venait de lui apporter la confirmation de toutes ses hypothèses.

– Ophélie ! appela la tante Roseline. Ta mère te réclame !

À ces mots, elle cacha précipitamment la carte postale. La bouffée d’excitation qui l’avait envahie reflua aussitôt pour céder la place à la frustration. C’était même au-delà de ça. L’attente, l’interminable attente lui creusait un trou à l’intérieur du corps. Chaque nouvelle journée, chaque nouvelle semaine, chaque nouveau mois agrandissaient ce trou. Ophélie se demandait quelquefois si elle n’allait pas finir par tomber à l’intérieur d’elle-même.

Elle sortit la montre à gousset et en ouvrit le couvercle avec d’infinies précautions. Cette pauvre mécanique était déjà assez souffrante ainsi, Ophélie ne pouvait pas se permettre d’être maladroite. Depuis qu’elle l’avait récupérée dans les affaires de Thorn, juste avant d’être rapatriée de force sur Anima, la montre n’avait jamais donné l’heure. Ou plutôt, elle donnait un peu trop d’heures à la fois. Toutes ses aiguilles pointaient tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, sans aucune logique apparente : quatre heures vingt-deux, sept heures trente-huit, une heure cinq… et plus le moindre tic-tac.

Deux ans et sept mois de silence.

Ophélie n’avait reçu aucune nouvelle de Thorn après son évasion. Pas un seul télégramme, pas une seule lettre. Elle avait beau se répéter qu’il ne pouvait pas courir le risque de se manifester, que c’était un homme recherché par la justice, peut-être par Dieu en personne, elle se consumait de l’intérieur.

– Ophélie !

– J’arrive.

Elle attrapa un pot de pâte à gaufres et sortit du local à provisions. De l’autre côté du stand se tenait sa mère dans son énorme robe bouffante.

– Ma fille qui daigne enfin quitter son lit ! Il était temps, encore un peu et tu te changeais en table de chevet. Joyeuses Tocantes, ma chérie. Sers les petits, veux-tu ?

La mère désigna la longue file d’enfants qui l’accompagnait. Ophélie aperçut parmi eux son frère, ses sœurs, ses neveux, ses petits-cousins et la pendule du salon. Ils n’étaient pas tellement « petits », de son point de vue. Hector avait fait une telle poussée de croissance ces derniers mois qu’il avait allègrement rattrapé Ophélie. À les voir tous ainsi, avec leurs hautes tailles, leurs cheveux flamboyants et leurs taches de rousseur, elle se demandait parfois si elle faisait vraiment partie de la même famille.

– J’ai discuté de ton cas avec Agathe, dit la mère d’Ophélie en se penchant de tout son buste par-dessus le stand. Ta sœur est de mon avis, tu dois songer à te trouver une situation. Elle en a parlé avec Charles, ils sont d’accord pour que tu viennes travailler à la fabrique. Regarde-toi une fois, ma fille ! Tu ne peux ni continuer ainsi. Tu es si jeune ! Rien ne t’enchaîne encore à… tu sais… lui.

La mère d’Ophélie avait articulé ce dernier mot sans le prononcer. Personne ne mentionnait jamais Thorn dans la famille, comme s’il s’agissait d’un sujet honteux. De façon générale, personne ne mentionnait jamais le Pôle. Il y avait des jours où Ophélie se demandait si tout ce qu’elle avait vécu là-bas était bien réel, à croire qu’elle n’avait jamais été ni valet de chambre, ni vice-conteuse, ni grande liseuse familiale.

– Vous remercierez Agathe et Charles, maman, mais c’est non. Je ne me vois pas travailler dans la dentelle.

– Je peux la prendre avec moi aux archives, grogna le grand-oncle dans ses moustaches.

La mère d’Ophélie pinça si fort les lèvres que son visage ressembla à un soufflet.

– Vous avez sur elle une influence déplorable, mon oncle. Le passé, le passé, toujours le passé ! Ma fille doit songer à son avenir.

– Ah çà ! ironisa-t-il. Tu la voudrais aussi bien-pensante que les gentils petits bouquins de la bibliothèque, hein ? Autant l’envoyer à Houtesiplou-les-Berdouilles, ta gamine.

– J’aimerais surtout qu’elle se fasse bien voir des Doyennes et d’Artémis, pour changer.

Ophélie se sentit si exaspérée qu’elle tendit par inadvertance une gaufre à la pendule de la famille.

Rien n’y faisait : elle avait beau répéter à chacun qu’une Doyenne était indigne de confiance, on ne l’écoutait pas. Elle aurait voulu les mettre en garde contre tellement d’autres choses encore ! Contre Dieu, en particulier. Elle n’avait pourtant parlé de lui à personne : ni à ses parents, qui la questionnaient sans cesse, ni à la tante Roseline, qui s’inquiétait de son mutisme, ni au grand-oncle, qui l’aidait dans ses recherches. Toute la famille savait qu’il s’était passé quelque chose dans la cellule de Thorn – les moins renseignés croyant que c’était Ophélie qui avait fait de la prison – mais personne n’avait jamais obtenu d’elle le fin mot de cette histoire. Elle ne pouvait pas le dire, pas après ce qu’elle avait découvert sur Dieu.

La Mère Hildegarde s’était tuée à cause de lui.

Le baron Melchior avait tué pour lui.

Thorn avait failli être tué par lui.

L’existence même de Dieu était une vérité dangereuse. Aussi longtemps qu’il le faudrait, Ophélie en garderait le secret.

– Je sais que vous vous tracassez tous pour moi, déclara-t-elle enfin, mais c’est de ma vie qu’il est question. Je n’ai de compte à rendre à personne, pas même à Artémis, et je me contrefiche de ce que pensent les Doyennes.

– Grand bien te fasse, ma chère petite !

Ophélie se raidit en voyant une femme entre deux âges s’approcher subrepticement du stand. Elle ne portait aucune montre, ne promenait aucune horloge, mais elle était affublée d’un chapeau invraisemblable, au sommet duquel une girouette en forme de cigogne tournoyait à toute vitesse. Ses bésicles dorées agrandissaient davantage deux yeux globuleux qui épiaient les moindres faits et gestes des Animistes en général et d’Ophélie en particulier.

Si les Doyennes étaient les complices de Dieu, la Rapporteuse était celle des Doyennes.

– Ta fille est une libre-penseuse, ma petite Sophie, dit-elle avec un sourire bienveillant pour la mère d’Ophélie. Il en faut dans toutes les familles ! Elle ne veut pas reprendre son travail au musée ? Respectons son choix. Elle ne veut pas travailler dans la dentelle ? Ne lui forçons pas la main. Laisse-la voler de ses propres ailes... Peut-être a-t-elle besoin de dépaysement ?

Dans un même mouvement, le regard et la girouette de la Rapporteuse se tournèrent vers Ophélie. Cette dernière dut se faire violence pour s’empêcher de vérifier que la carte postale du grand-oncle ne dépassait pas de sa poche de tablier.

– Vous m’incitez à quitter Anima ? demanda-t-elle avec méfiance.

– Oh, nous ne t’incitons à rien du tout ! s’empressa d’affirmer la Rapporteuse, coupant la mère d’Ophélie qui ouvrait déjà une bouche toute ronde. Tu es une grande fille, à présent. Tu es libre de tes mouvements.

Cette femme manquait décidément de subtilité ; c’était la raison pour laquelle elle ne serait jamais Doyenne elle-même. Ophélie savait pertinemment qu’à la seconde où elle monterait à bord d’un dirigeable on la ferait suivre et on la garderait à l’œil. Elle voulait retrouver Thorn, oui, mais elle n’avait aucune intention de mener Dieu jusqu’à lui. Dans ces moments plus que jamais, elle regrettait de ne pas être en mesure de se servir des miroirs pour quitter Anima : son pouvoir avait malheureusement ses limites.

– Je vous remercie, dit-elle après avoir fini de distribuer des gaufres aux enfants. Je crois que je préfère encore ma chambre. Joyeuses Tocantes, madame.

Le sourire de la Rapporteuse se crispa.

– Nos très chères mères te font un immense honneur – un immense honneur, tu entends ? – en se préoccupant de ta petite personne. Cesse donc tes cachotteries et confie-toi à elles. Elles pourraient t’aider, et beaucoup plus que tu ne le penses.

– Joyeuses Tocantes, répéta Ophélie d’un ton sec.

La Rapporteuse eut un brusque mouvement de recul, comme si elle avait été traversée par une décharge électrique. Elle dévisagea Ophélie avec stupéfaction d’abord, puis avec indignation, avant de tourner les talons. Elle rejoignit un cortège de vieilles dames au milieu de la procession des horloges. Des Doyennes. Elles se contentèrent de hocher la tête en écoutant la Rapporteuse, mais le regard qu’elles adressèrent de loin à Ophélie fut glacial.

– Tu l’as fait ! s’exclama furieusement la mère d’Ophélie. Tu as utilisé cet horrible pouvoir ! Sur la Rapporteuse en personne !

– Pas délibérément. Si les Doyennes ne m’avaient pas forcée à quitter le Pôle, Berenilde aurait pu m’apprendre à contrôler mes griffes.

Ophélie avait marmonné ces mots en passant un coup de chiffon agacé sur le stand. Elle ne se faisait pas à ce nouveau pouvoir. Elle n’avait blessé personne jusqu’à présent – elle n’avait découpé aucun nez ni tranché aucun doigt –, mais, si quelqu’un lui inspirait une trop forte antipathie, c’était toujours le même phénomène : quelque chose en elle se mettait en mouvement pour le repousser. Et ce n’était certainement pas la meilleure façon de régler un différend.

– Tu ne t’en tireras pas ainsi, siffla la mère d’Ophélie en pointant un ongle rouge sur elle. J’en ai par-dessus le chapeau de te voir traîner dans ton lit et défier nos très chères mères. Demain matin, tu iras à la fabrique de ta sœur et puis c’est tout !

Ophélie attendit que sa mère fût partie avec les enfants pour s’appuyer des deux mains au présentoir de gaufres et prendre une profonde inspiration. Le trou qu’elle avait l’impression de sentir à l’intérieur de son ventre venait de se creuser davantage.

– Ta maman dira ce qu’elle voudra, grommela le grand-oncle, tu peux venir travailler aux archives.

– Ou à l’atelier de restauration avec moi, renchérit la tante Roseline d’une voix encourageante. Je ne connais rien de plus gratifiant que de désinfecter un papier de ses vers et de ses moisissures.

Ophélie ne leur répondit pas. Elle n’avait envie d’aller ni à la fabrique de dentelles, ni aux archives familiales, ni à l’atelier de restauration. Ce qu’elle désirait du plus profond de son être, c’était échapper à la vigilance des Doyennes pour se rendre à l’endroit qui figurait sur la carte postale.

Là où se trouvait peut-être Thorn en ce moment même.

« Premier entresol. »

« Toilettes pour hommes. »

« N’oubliez pas votre écharpe : vous partez. »

Ophélie se redressa si vivement qu’elle renversa le flacon de sirop d’érable sur l’étal. Les joues en feu, elle chercha au milieu des horloges de cuisine et des pendules astronomiques celui qui lui avait soufflé ces trois pensées dans la tête. Il était déjà hors de vue.

– Quelle épingle te pique ? s’étonna la tante Roseline en voyant Ophélie enfiler précipitamment son manteau par-dessus son tablier.

– Je dois aller aux toilettes.

– Tu es malade ?

– Je ne me suis jamais sentie aussi bien, dit Ophélie avec un grand sourire. Archibald est venu me chercher."

Suite de l'extrait consultable ici : https://www.kobo.com/be/fr/ebook/la-passe-miroir-tome-3-la-memoire-de-babel

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Commentaires les plus appréciés

Diamant

Que d’émotions en refermant ce troisième tome.

Quand je claironne que La Passe-Miroir est mon nouveau Harry Potter, je n’exagère pas. C’est une histoire doudou, dans laquelle je me plongerai au même titre que dans HP en cas de coup de blues.

Le principal défaut de ce tome ? Le même que les autres : PAS ASSEZ ! Comment fait Christelle Dabos pour pondre des pavés de 500 pages trépidantes d’action dont on sort avec une impression de trop peu ?!

Ici, c’est particulièrement accentué par le fait qu’Ophélie est loin d’autres personnages importants :

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Bérénilde, Victoire, Archibald, Renard, Gaëlle et bien entendu la superbe Victoire qui m’a totalement charmée. Personnages qu’on ne voit que le temps de quelques chapitres beaucoup trop courts à mon goût…
De ce côté-là, c’est une petite déception.

Le personnage de Victoire est très prometteur ! C’était intéressant de voir le monde par ses yeux, j’ai hâte de la revoir !

Ca aurait pu être sympa également que le grand-oncle joue un rôle plus large, un peu comme Roseline.

Concernant l’intrigue, j’ai été ravie de constater quelques précisions bienvenues, accompagnées d’éclaircissements qui épaississent encore un peu plus le mystère comme Madame Dabos sait si bien les distiller.

Spoiler(cliquez pour révéler)
Un monde bien réel imaginé par une romancière, Eulalie Dilleux… une jolie mise en abîme !

J’ai été un peu déçue de la méthode employée par Ophélie pour en savoir plus : adopter une nouvelle identité (procédé déjà utilisé avec Mime) et attendre de gravir les échelons. Pour un troisième tome, je trouve ça dommage de devoir recourir à de tels artifices.

Les nouveaux personnages rencontrés sur Babel ne m’ont pas plus charmée que cela, excepté Ambroise, Blasius et le Sans-Peur. Au passage, bravo à Christelle d’avoir intégré à l’histoire une personne handicapée et une personne homosexuelle, c’est assez rare (notamment en littérature jeunesse !) pour le souligner.

On pourrait croire que je trouve plus de défauts que de qualités à ce tome. Ce n’est pas le cas ! C’est simplement plus facile de mettre le doigt sur quelques défauts objectifs que sur les raisons qui font de ce roman un véritable page-turner avec une intrigue qui gagne en profondeur de tome en tome.

Le couple Ophélie/Thorn fonctionne sur les mêmes rouages qui en font un duo hors clichés ; ils évoluent peu à peu au plus grand plaisir de la fleur bleue qui sommeille au fond du lecteur. Une question demeure : quel est le problème de Thorn dans ce tome avec le désinfectant ?? Je suis tout ouïe si quelqu’un a compris ^^’

C’est une saga intelligente qui n’a de cesse de surprendre son lecteur et de lui faire se poser des questions à chaque nouvel indice, chaque révélation.

Dans ce tome précisément, Christelle Dabos dépeint sans équivoque une société dystopique où la censure et le contrôle de soi pour la cité est la règle. Pour une fois, on voit clairement comment une telle société se met en place et on sait que nos héros vont tout faire pour empêcher que ce modèle s’étende à d’autres arches. C’est un aspect que j’apprécie énormément dans cette série.

Maintenant il n’y a plus qu’à attendre le dernier tome. Je l’attendrai patiemment, mais avec de grandes expectatives !!

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Diamant

Argh. Ce livre est magnifique. Incroyable. Et bien plus...Et il va falloir attendre encore longtemps pour avoir la suite!!

Mes pensées tourbillonnent dans mon esprit, j'ai du mal à les formuler, et pourtant j'y ai réfléchi toute la journée!

A la fin de ce troisième tome, on a plus de questions nouvelles que de réponses à nos anciennes questions!

On découvre, en plus du point de vue d'Ophélie, celui de Victoire, la fille de Berenilde. Un personnage encore assez mystérieux, certaines choses sont encore inexpliquées...

Le monde la Passe-Miroir s'étoffe, on découvre de nouvelles arches, des paysages envoûtants...C'est merveilleux!!

J'avais tellement hâte de retrouver Thorn (mon gros coup de coeur) à la fin du tome 2 déjà, et mon dieu (c'est le cas de le dire ^^), j'ai eu envie de pleurer pendant la moitié du livre!!

Spoiler(cliquez pour révéler)
Son comportement vis à vis d'Ophélie est très troublant, ça ma beaucoup bouleversée, jusqu'à ce qu'on voit que tout était la faute d'Ophélie (bon plus ou moins, mais ceux qui l'ont lu comprennent...)!!

L'histoire de Dieu est très troublante, on découvre plein de nouvelles choses :

Spoiler(cliquez pour révéler)
Eulalie Dutilleux et tout ça, mais ces informations sont encore trop imprécises (vive le tome 4!!). Par exemple, l'histoire de la mémoire commune entre Ophélie et Dieu est assez peu claire). L'Autre n'est toujours pas apparu, il garde sa part de mystère.

Archibald, que j'aime beaucoup, a été beaucoup moins présent. Par contre, nous avons découvert de nouveaux personnages très intéressants: Octavio, Ambroise...

L'arche de Babel est extraordinaire. Christelle Dabos a une plume magnifique et une imagination débordante. Le tableau qu'elle nous peint est haut en couleurs!!

Et cette fin...Cette FIN!! C'était beau. Magnifique. Extraordinaire. Et on veut la suite!! On n'en a pas eu assez...Mais bon, ce n'est pas grave, je vais lire ce livre une dizaine de fois encore , analyser chaque petit détail avant le prochain tome!!^^

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Commentaires récents

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Commentaire ajouté par romane_grd 2017-06-23T12:07:56+02:00
Diamant

Ce livre est une pépite, Christelle Dabos a encore une fois réussi à me faire vibrer. Elle a vraiment réussi à créer un univers aux travers de cette nouvelle arche Babel et de ces nouveaux esprits de famille. La fin est en apothéose avec toutes ces révélations qui ne me donne qu'une envie lire la suite d'Ophélie.

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Commentaire ajouté par Nephilima 2017-06-22T23:47:13+02:00
Diamant

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Ophélie et l'univers de Christelle Dabos dans ce troisième tome, que j'ai d'ailleurs acheté au plus vite à sa sortie !

L'histoire suit son court en nous faisant découvrir de plus en plus le monde après la Déchirure. Les personnages évoluent, tant dis que d'autres apparaissent, ainsi que leurs relations.

Spoiler(cliquez pour révéler)
La nouveauté qu'apporte le point de vue de Victoire permet de garder un lien avec d'autres personnages phares tels que Bérénilde et la tante d'Ophélie. Par ailleurs on découvre par son intermédiaire des faits extrêmement important.

Les allusions au monde d'aujourd'hui sont aussi amusantes qu'agréables (suis je la seule à avoir pensé à la Tour de Pise et Harry Potter en lisant le tome 3 ?). L'histoire reste très liée à la mythologie comme dans les tomes précédents, confirmant mon sentiment que c'est un domaine qu'affectionne l'auteur.

La relation Ophélie/Thorn est aussi frustrante que satisfaisante.

Spoiler(cliquez pour révéler)
Au début ils ont énormément de mal à communiquer (ce qui était déjà le cas avant..) pour au final montrer à travers une scène un rapprochement plutôt attendu pour ma part ! Il est à présent sûr qu'ils seront ensemble pour la suite de l'aventure.

J'ai néanmoins noté par moment de légères contradictions et incohérences, ou du moins du que j'ai ressenti comme cela, qui n'empêche rien à la compréhension mais peuvent être déroutantes.

Spoiler(cliquez pour révéler)
Je pense à Victoire qui est décrite comme une enfant de 3 ans qui ne peut ni bouger/marcher ni parler. Pourtant, on la voit à plusieurs reprises dessiner. Ce que j'ai trouvé étonnant c'est qu'à d'autres moments (comme quand elle est couchée) elle ne montre pas son contrôle du haut de son corps qu'on voit dans d'autres moments. Je me demande aussi pourquoi elle n'essaye pas de communiquer par les gestes si elle n'a pas la parole (ce qui je l'avoue peut être expliqué par son âge pour l'instant). Tout ça pour dire que je n'ai pas été convaincue par les descriptions liées à ce personnage par moment.

J'attends avec impatience le quatrième et dernier tome qui s'annonce plein de rebondissements et qui, j'espère, résoudra toutes les questions restées en suspens avec brio.

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Commentaire ajouté par patoutouch 2017-06-22T16:22:00+02:00
En train de lire

Dans ce tome-ci notre Ophélie est mise a rude épreuve aussi bien psychologiquement que physiquement. Elle dira au revoir a toute ces certitudes.

Ce tome est celui du changement.

J'ai trouvé que sous ces aire d' Arche exemplaire BABEL est un vrai nid a serpent. Et Ophélie aura pour ainsi dire personne sur qui compté et devra ce défendre toute seule. Au pôle elle avait sa tante, berénilde...mais à BABEL oublié ça toute suite.

Et le finale qui est des plus inquiétante !!!

Au niveau de l'histoire globale ce TOME nous a surtout mis en avant l'évolution d'Ophélie de fille-embarqué-dans-une-histoire-contre-sont-gré à une-jeune-femme-qui-volontairement-cherche-le-fin-mots-de-l'histoire-en-question.

BREFFFF... elle prend des initiatives radicale? quitte a ce prendre les ennuies en pleine gueule. Afin d'atteindre ces objectifs quitte a sacrifier sont univers tous entier et ça c'est tout simplement REMARQUABLE !!!

Eh bien, ils nous faut le quatrième tome NOW ! Car dieu touche du bout des doigts ces objectif morbide, l'Autre fait de gros dégâts et pour ne rien n'arrangé, il ya de la mutinerie dans les rends des serviteurs de dieu, et ce n'est pas pour le plus grand bien de l'humanité, faite moi confiance ;)

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Commentaire ajouté par la_plume_trempee_dans_l_encre_de_la_vie 2017-06-21T19:30:57+02:00
Diamant

Comment parler de l’innommable, de l’inénarrable, de l’ineffable ? On ne peut pas. Mais comme on peut toujours essayer et se rater, peut-être que mon ratage donneur à certains l'envie de s'y frotter aussi ?

Christelle Dabos est une déesse. J'exagère un peu, mais sa plume, elle, est bel et bien divine. Et le transcendant divin ne doit pas être dit, il doit être senti. Première bonne raison de lire la série.

Ophélie est un petit bout de femme qui ne paie pas de mine et pourtant, derrière ses lunettes, il y a tant et tant à découvrir qu'on a l'impression de se perdre dans la réflexion infinie d'un palais des glaces, tellement de facettes qu'on peut éclairer de tellement de façons différentes et découvrir de nouvelles choses à chaque fois. (D'ailleurs, Ophélie devrait tenter Stockholm, ça pourrait lui plaire — comprendront qui pourront.) Mais si Ophélie est le pivot central de La Passe-miroir (normal, c'est elle), il ne faut pas en oublier la profusion d'autres, tous aussi complexes qu'elle : Thorn, Archibald, Ambroise, Blasius, Victoire, Octavio, Bérénilde, Roseline, et tant d'autres. Deuxième bonne raison.

Ouvrez le livre et vous prenez un dirigeable direct pour Anima. Ôtés de votre lit/chaise/canapé/strapontin/j'en-passe-et-des-meilleures, vous êtes propulsés là-bas. Un ailleurs un peu comme ici, mais pas vraiment pusiqu'ailleurs. Une société à la croisée parfaite entre l'utopie et la dystopie, une société comme on pourrait en connaître, et pourtant hors du temps et de l'espace. Un, ou plutôt des cadres de vie, à la fois extrêmement proches de ce que nous connaissons et tellement lointain qu'ils en sont méconnaissables. C'est cette lointaine proximité — à moins que ce ne soit un proche éloignement ? — qui rendent l'immersion complète et la découverte totale. Troisième bonne raison.

Je pourrais disserter des heures durant sur la tension dramatique, la beauté des paysages, les réflexions engendrées par la lecture, mais ce commentaire doit bien prendre fin un jour. Par contre, si vous voulez discourir plus avant avec moi de la beauté, de la magnificence de ce roman et de ses prédécesseurs, ce sera avec une grande joie !

Je vous ai donné trois bonnes raisons de lire ce livre ou de commencer la série, je suis même prêt à vous en donner plus alors s'il vous plaît, une chose : lisez !

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Commentaire ajouté par Aventurine20 2017-06-21T12:37:10+02:00
Diamant

Je ne sais pas par où commencer ! Vers le milieu du roman, je commençais à comprendre ce qui me dérangeait, deux petits points qui différaient un peu trop des deux précédents tomes. Et puis la fin du roman est arrivée (soit un peu plus d'une centaine de pages) et mes "toutes petites déceptions" ont volé en éclats !

J'attendais ce livre, comme tout le monde : depuis longtemps, et je n'ai eu aucun mal à me replonger dans cette histoire. Ca faisait du bien de retrouver cet univers ces personnages, mais sous un angle nouveau, parce que c'était une nouvelle histoire ! J'étais déjà conquise par les premières pages parce que je retrouvais tout ce que j'avais aimé dans les précédents tomes. Et puis, il faut dire que l'ambiance d'Anima me fait l'effet du confort d'un vieux fauteuil et que la découverte de Babel fut fascinante.

Mais peu à peu j'ai commencé à voir la suite de l'histoire se dérouler dans une atmosphère un peu trop différente des tomes précédents.

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Toute la partie avec la Bonne Famille me laisse un arrière-goût de Dystopie adolescente avec des rivalités, de la compétition. Je trouvais qu'on s'éloignait trop de l'essence même de la série de La Passe-miroir. Cela, plus l'affirmation du genre Steampunk qui restait effacé et agréable dans les autres tomes et qui prenait un peu plus de place dans celui-ci.
Mais malgré cela, je ne pouvais pas m'empêcher de tourner les pages, parce que même si l'ambiance différait et que cela n'allait pas vraiment dans un sens qui me plaisait, il y a et il restera toujours Ophélie, que j'aime à la folie ! C'est une jeune femme si courageuse et sensible, si forte et gentille que je peux la suivre n'importe où.

Le deuxième point qui m'a un peu refroidi, concerne la deuxième partie du tome.

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Même quand Thorn est revenu, il était trop absent. Quand il était présent, il n'était pas vraiment là (j’ai compris pourquoi par la suite) mais en plus on le voyait très peu. Je trouve que la série de la Passe-Miroir est aussi incarné par Thorn et de le voir trop absent (j'avais déjà très peur qu'il ne revienne pas dans ce tome, alors j'étais quand même soulagée !) ça m'a un peu chagriné. Mais encore une fois, ce n'est qu'une toute petite déception, parce que la plume de Christelle Dabos m'enchante toujours autant et qu'il y avait les magnifiques chapitres du point de vue de Victoire. C’est la petite fille la plus attendrissante que j’ai jamais vu et j’ai adoré voir le monde à sa façon, aussi à travers ses voyages. Dans ses yeux, Bérénilde était une femme adorable et Archibald était encore plus lumineux que d’habitude !

Et puis, la fin est arrivée et a effacé ces "toutes petites déceptions" pour revenir avec force comme les tomes précédents. J'ai retrouvé tout ce qui m'a provoqué ces milliers de coups de cœur et j'avais juste envie que ce moment ce prolonge encore et encore. Ce que j’ai retenu de ce tome, en plus de cette fin mémorable, c’est la magnifique évolution d’Ophélie. Elle s’est émancipée, elle a grandi. Elle reste la même, mais elle est encore plus forte qu’avant et cela n’a fait que renforcer mon attachement pour elle.

Je dirais que ça arrive. Parfois, dans une série, il y a un tome qui nous séduit moins que les autres, mais on l’aime quand même parce qu'il y a les personnages et l'univers particulier qui tiennent notre petit cœur dans leurs mains !

La fin du tome laisse présager un quatrième et dernier tome grandiose et j'ai hâte de découvrir la suite !

Par contre, maintenant qu'on a de nouvelles pistes, ça donne envie de relire les anciens tomes pour découvrir tous les petits indices cachés ! Ça se fera avec grand plaisir !

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Commentaire ajouté par Realmofdreams 2017-06-20T23:11:54+02:00
Diamant

J'ai dévoré ce livre en moins d'une semaine et pourtant c'est un sacré pavé ! Il est très addictif.

Je l'ai commencé avec un peu d'appréhension en sachant que Thorn risquait d'être absent les 3/4 du bouquin et qu'il s'agit de l'un de mes personnages préférés. Je sais que ça peut paraître étrange mais jusqu'à ce tome-ci, je n'avais pas énormément d'affection pour Ophélie, je ne la trouvais pas assez affirmée. Alors si Thorn n'était plus là, ni Archibald, ni Berenilde, ni Farouk, j'avais vraiment peur de m'ennuyer. Mais ça n'a pas duré très longtemps, quelle évolution pour Ophélie ! Je lui trouve tellement plus de caractère dans ce tome 3 ; elle est courageuse et déterminée, c'est une vraie héroïne. Bon et puis bien sûr nos personnages préférés ne tardent pas à faire leur apparition pour notre plus grand bonheur. D'ailleurs, il n'y a pas qu'Ophélie qui évolue dans ce tome mais aussi sa relation avec Thorn ! Enfin ! Je crois que c'est un des aspects de ce roman qui m'a le plus satisfaite. C'est un point que j'apprécie particulièrement dans la Passe-Miroir d'ailleurs, ce n'est pas une romance niaise qui débarque de nulle part au milieu du livre, non. Elle se pose, prend ses marques et se construit doucement mais sûrement. J'aime vraiment le Ophélie/Thorn pour cela.

Cependant, contrairement au tome sur la Citacielle, où de nombreux personnages s'étaient révélés très intéressants et attachants, je trouve que dans La Mémoire de Babel, il y a peu de nouveaux personnages vraiment attractifs. Je retiendrais peut-être Blasius, Octavio, Elizabeth peut-être, mais les autres ne m'ont pas réellement plu. Par exemple, Ambroise reste pour moi un personnage ambigu qui n'a pas eu un réel impact sur l'histoire contrairement à la première impression qu'il nous donne. Quant aux autres personnages, beaucoup m'ont paru très antipathiques mais c'est sûrement lié à cette compétition extrême entre ces aspirants virtuoses qui aura été présente tout le long du livre et qui ne permet pas de créer des liens entre les personnages. Même les esprits de famille de Babel m'ont laissée quelque peu déçue.

Parlons un peu de la Bonne Famille... Je suis assez mitigée sur ce point aussi. J'ai aimé l'idée, j'ai aimé les changements causés par cette épreuve sur notre Ophélie... Mais j'avoue que le côté trop scolaire et le confinement de notre héroïne dans ces salles de classes ou dans le Mémorial m'ont un peu dérangée. Le Pôle et ses personnages grandiloquents me paraissent loin avec la platitude de Babel. De plus, s'il y a un semblant de combat à la fin du tome 3, on est quand même loin de l'ambiance mouvementée du tome 2. Je crois que ça serait mon seul reproche sur ce tome : un poil trop plat et peut-être pas assez de nouveaux personnages attachants. Je crois que le Pôle me plairait davantage que Babel et sa cité stricte....

Mais très franchement, au-delà de ces petits bémols, le suspens est à son comble et on tremble sans arrêt pour Ophélie qui passe son temps à s'embourber dans de sacrés pétrins. Le style de l'auteure est toujours aussi bon, le rythme entraînant est lui aussi parfait. C'est une super lecture en ce début d'été. Je le recommande totalement à tous les adeptes de la saga.

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Commentaire ajouté par One-Reader 2017-06-20T17:23:27+02:00
Argent

J'ai assez de mal à classer ce troisième tome de La Passe-Miroir. Je l'ai lu deux fois à la suite pour me faire une meilleure idée de mon ressenti, mais au final, c'est d'autant moins simple pour moi. Ma première impression a été d'avoir été un peu déçue.

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D'abord, le nouveau pouvoir d'Archibald, qui sort comme ça de nul part, pour simplifier les choses. Oui, la Tante Roseline fait un commentaire dessus, prouvant que l'auteure est quand même consciente d'exagérer un peu, mais ça ne l'excuse pas à mes yeux. C'était vraiment faire le choix de la facilité, et je m'attendais à mieux.

Ensuite, tout se passe trop vite et trop bien pour Ophélie (tout en manquant de rythme). Et puis elle arrive à la Bonne Famille, et là on retombe un peu dans des sentiers battus, avec son bizutage notamment. C'est vraiment après ça que j'ai retrouvé le rythme des deux premiers tomes. J'ai surtout accroché à la deuxième partie, avec une fin qui m'a laissé pantelante. Dur dur de devoir attendre des mois et des mois pour pouvoir lire la suite !

Côté écriture, c'est toujours aussi fluide et agréable, malgré quelques répétitions et deux ou trois phrases un peu trop niaises à mon goût (désolée Christelle, je t'aime quand même).

Ma deuxième lecture a été moins décevante.

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Je n'adhère toujours pas au nouveau potentiel d'Archibald, mais j'ai moins perçu l'absence de rythme de la première partie, trouvant au contraire que tout se précipitait un peu trop vite. Je trouve par exemple qu'on manque de développement dans les progrès que fait Ophélie à la Bonne Famille. Elle arrive, et pof ! déjà elle est dans les meilleures alors qu'elle a des mois de retard sur les autres. Mais bon, ça ne me dérange pas plus que ça non plus, je comprend qu'il a fallu faire des concessions (pas comme le nouveau pouvoir d'Archibald, hein. Faut pas pousser mamie dans les orties)
, et les ellipses sont parfaitement gérées.

Le suspense de la fin ne s'étant pas atténué à la seconde lecture, je considère somme toute que ça compense largement les petits passages qui m'irritent. Néanmoins, je trouve ce tome (très) légèrement inférieur aux deux premiers, mais juste un chouïa. La lecture reste excellente, et je suis plus qu'impatiente de lire le dernier tome.

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Commentaire ajouté par Orlane61 2017-06-20T16:42:38+02:00
Diamant

Je ne voulais pas le lire, sachant qu'il va falloir m'armer de patience avant la sorti du 4ème mais je n'ai pas résister longtemps.

Dans ce livre (comme le titre l'indique) nous nous retrouvons à Babel le total opposé de la Citacielle, on quitte le froid pour une chaleur monstre (franchement ce livre est à lire pendant l'été avec une citronnade à porter de main). Au final j'étais assez ravie de ne pas avoir résister c'est vraiment un livre à lire quant il fait chaud (ici 33°C, je crois que je suis dans l'ambiance).

Je l'ai vraiment adorée, on découvre une autre Ophélie qui justement s'affirme d'avantage (je l'ai trouver plus mure). J'ai maintenant hâte de savoir ce qui va se tramer dans le 4ème livre.

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Commentaire ajouté par Choupaille 2017-06-19T20:58:26+02:00
Diamant

Malgré une première moitié trop scolaire et lente à mon gout, ce roman m'a globalement séduite, tout comme les deux premiers tomes avant lui. La lecture est fluide et sans anicroche.

Dans ce troisième tome, Ophélie se dévoile et s'assume davantage (enfin!), de même que les sentiments qu'elle éprouve pour Thorn (re-enfin!). En apprendre davantage sur Dieu est également un gros "plus", bien que je reste légèrement sur ma faim en ce qui concerne l'Autre.

Y a plus qu'à attendre que le dernier tome sorte! Inutile de vous préciser que l'attente va être bien longue!

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Commentaire ajouté par Keikana 2017-06-19T12:40:24+02:00
Diamant

En posant mes mains sur cette couverture vert amande le premier juin dernier, je me suis rendue compte que La Passe-Miroir était devenue pour moi une saga indispensable à mon univers littéraire, au même titre que HP, Alice ou The Raven Cycle. Retrouver Ophélie qui m’avait tant manquée, retourner sur les Arches, ressentir à nouveau les pouvoirs des personnages, leurs émotions et partir à l’aventure avec eux m’a fait l’effet d’une rentrée à Poudlard: j’étais chez moi.

Cette fois-ci, on découvre l’Arche de Babel dont la beauté et les surprises qu’elle renferme n’ont d’égal que la complexité de sa société. Nous sommes plongés dans un décor antique aux couleurs orientales mêlé d’une technologie qui frôlerait le steampunk si la belle imagination de Dabos ne transcendait pas ce genre de catégorisation. La population de l’Arche est aussi bigarrée que les vêtements des individus qui la composent tout en étant tenue à respecter des codes d’une rigidité effrayante. Tout cela dans le but de maintenir une Paix éternelle. Mais une Paix presque agressive pour les gens un peu trop curieux et les libre-penseurs. C’est un nouvel enchantement que nous offre l’auteure, un dépaysement pur et simple, un voyage dans un monde que j’ai adoré lire auprès de personnages que j’aime du fond du cœur.

Tout comme lorsque nous étions au Pôle, les subtiles enchevêtrements d’intrigues et de mystères mettent Ophélie face à des menaces silencieuses qui n’en sont que plus redoutables. Je ne peux pas détailler les péripéties de ce tome sans spoiler tout le roman ce qui serait un vrai gâchis; alors je dirai juste que si des zones d’ombres s’éclairent dans ce livre, la mission que Thorn et Ophélie se sont donnée devient de plus en plus difficile et de nouvelles questions apparaissent nous laissant dans une impatience quasi frénétique de lire la suite: coup de cœur!

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Date de sortie

Sortie récente

"La Passe-Miroir, Livre 3 : La mémoire de babel" est sorti 2017-06-01T00:00:00+02:00
background Layer 1 01 Juin

Date de sortie

  • France : 2017-06-01 (Français)

Activité récente

Distinctions de ce livre

Les chiffres

Lecteurs 421
Commentaires 59
Extraits 37
Evaluations 163
Note globale 9.44 / 10

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