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Le Consentement



Description ajoutée par annick69 2020-03-14T10:09:18+01:00

Résumé

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

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Classement en biblio - 207 lecteurs

extrait

Extrait ajouté par Cosma-Shiva 2020-01-20T14:17:13+01:00

Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre.

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Commentaires les plus appréciés

Lu aussi

Alignez-moi tout de suite pour diffamation, parce que je n’ai aucune envie de mâcher mes mots. Ce livre m’a mise dans une colère noire.

J’ai choisi de vivre en dehors de l’actualité (exception faite des sorties littéraires), je me suis donc plongée dans cette histoire sans rien savoir du battage médiatique qui entoure la scandaleuse autobiographie de Vanessa Springora – je l’ai découvert par la suite sur les réseaux sociaux. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, j’ai longtemps eu les deux yeux rivés sur les journaux, et derrière les initiales G. M., j’ai vite reconnu l’immonde Gabriel Matzneff. Immonde, oui. Ce type m’inspire un profond dégoût, et j’ai bien du mal à croire qu’il a pu s’afficher impunément dans des émissions culturelles (que vous connaissez), et s’y vanter d’avoir des relations sexuelles, moyennant finance et à l’étranger, avec de très jeunes garçons.

Le bonhomme a aussi un goût prononcé pour les jeunes filles. La « petite V. » va avoir 14 ans lorsqu’elle tombe dans les filets de Matzneff, qui en a déjà 50. Blessée par le couple parental qui se déchire à coup d’insultes jusqu’à l’inévitable séparation, Vanessa manque de repères et de modèle masculin. Une nouvelle vie commence pour V. et sa mère, et son père n’en fera pas partie. De cet abandon naissent un besoin d’être regardée, de plaire et un attrait précoce pour la sexualité. Paradoxalement, Vanessa est une solitaire qui se sent plus à l’aise au milieu des livres, ses fidèles compagnons, que des gens. Puis il y aura cette soirée, à laquelle sa mère insiste pour qu’elle l’accompagne. Impressionnée par Matzneff, Vanessa est flattée du regard qu’il pose sur elle. Un regard qu’un quinquagénaire n’est pas en droit de poser sur une ado. Elle répond à ses appels (du pied). Commence alors une relation malsaine, où l’écrivaillon exercera, des années durant, son emprise sur Vanessa, s’érigeant en initiateur et en mentor.

Replaçons les faits dans leur contexte (qui n’est en aucun cas une excuse !). Nous sommes dans le milieu artistique des années 1980, et la révolution de 1968 a libéré les mœurs. S’opposant aux entraves de la morale, tout ce beau monde prend plaisir à provoquer et à défier la bienséance. Où sont les limites ? La mère de Vanessa, ayant découvert sa relation avec Matzneff, ne lèvera pas le petit doigt. Est-ce que je la blâme ? Oui ! Vous laisseriez votre fille entre les mains d’un sal*** de ce genre, devenir officiellement sa maîtresse, abandonner les cours ? Je n’ai pas les idées assez larges, vous m’excuserez. Je ne serai sans doute pas la seule à être outrée par ce récit, et s’il a été écrit, c’est pour être lu.

Il faut du courage pour se livrer ainsi, et l’on ressent la nécessité de l’auteur, ayant pris un recul suffisant, de mettre des mots sur son histoire pour se réapproprier sa vie. Pour rendre la monnaie de sa pièce à ce vieux dégueulasse qui a osé publier ses correspondances intimes avec les adolescentes qu’il abusait. Ici, pas d’exercice de style. Les mots sont simples, c’est dépouillé, parfois cru, rien n’est là pour faire joli. On énonce, point.

La petite Vanessa me laisse le triste sentiment d’une enfant à qui on a volé son innocence, son discernement, son libre arbitre. Une gamine livrée à elle-même qui est allée chercher l’attention et l’amour dont elle avait besoin au mauvais endroit. Le Consentement est aussi le portrait d’un détraqué manipulateur, qui n’est, hélas, pas un cas isolé, et devrait être lapidé sur la place publique.

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Diamant

Ce livre met véritablement en colère. En colère contre les parents de la petite V. qui n'ont pas su la protéger convenablement, en colère contre la brigade des mineurs dont le travail s'est révélé très superficiel, en colère également contre tous les pseudo intellectuels validant totalement ce comportement, mais bien évidemment en colère surtout contre G. qui se révèle être un manipulateur monstrueux et pervers. Je suis heureuse que cet ouvrage rencontre autant de succès, car la parole de V. est salutaire pour elle-même mais également pour toutes les femmes qui se reconnaîtraient dans son parcours. Cette démarche d'enfermer le chasseur dans un livre n'est que le juste retour des choses après qu'elle ait subi pendant des années un harcèlement incessant en devenant elle-même personnage de fiction. Obtenir sa propre version des faits permet de lire l'histoire totalement à rebours et de comprendre les mécanismes de l'emprise. C'est effectivement une problématique extrêmement complexe que celle de l'adolescente qui s'engage dans une relation avec un adulte plus âgé que son propre père, même si cela semble être de son plein gré. J'ai apprécié la lente description, presque scientifique d'une certaine façon, de comment la petite V. se retrouve assez vulnérable pour tomber entre les mains de ce prédateur. Comment un manque affectif a rendu ses défenses si fragiles, comment le contexte de l'époque n'a pas pu empêcher ce pédophile d'entrer dans sa vie, comment elle s'est accrochée à lui, flattée de l'intérêt qu'il lui portait mais aussi brisée par lui et ses manipulations pour la garder sous son joug, comment elle a lentement compris qu'il était toxique et comment le harcèlement a continué à peser sur sa vie ... J'espère très sincèrement que ce livre sera un exutoire qui lui permettra de tourner définitivement la page sur cette affaire mais qu'il sera aussi le point de départ d'une réflexion sur notre société et sur des dérives qu'il faut juguler urgemment.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Blandine1 2021-02-27T20:19:20+01:00
Or

Témoignage bien écrit et sincère. Pour une fois, ce n’est pas un viol mais un consentement que décrit cette gamine de quatorze ans, amoureuse d’un écrivain de cinquante. On comprend comment elle arrive à se faire manipuler par cet espèce de gourou. En laisse à la lectrice que je suis, un sentiment de dégoût, d’impuissance et de révolte face à ses parents, la médecine, la police et le milieu littéraire qui ont approuvé les écrits de ce pédophile. Reconstruction difficile et un peu d’apaisement, j’espère, dans le retournement de situation de ce type qui semblait intouchable. Voir actualité.

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Commentaire ajouté par PlumePhoenix 2021-02-20T20:58:47+01:00
Lu aussi

Une lecture révoltante, mais que je suis contente d'avoir pris le temps de lire. Comme souvent avec ce genre de texte, il est difficile de dire si on l'a aimé ou non. L'histoire, réelle, est si terrible, qu'on ne peut vraiment "apprécier". Alors, dans ces cas là, je dis que la découverte a été enrichissante. Je reste avant tout ébahie par la passivité générale face à une telle ignominie. Il est vraiment temps que les mentalités changent, parce que quand je lis ce genre de témoignage, je ne ressens que du découragement.

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Commentaire ajouté par Mylene-47 2021-02-15T22:45:09+01:00
Or

Difficile de noter ce livre, les critères ne s'appliquant pas à un témoignage. Je n'ai pas pu poser ce livre, que j'ai lu d'une traite (sur les conseils d'une amie). Je l'ai trouvé poignant, et je ne suis pas du même avis que d'autres personnes, qui n'ont pas ressenti d'empathie à l'égard de Vanessa en le lisant. J'ai ressenti tellement de colère envers ce pervers narcissique, agissant impunément aux yeux de tous. En espérant que ce témoignage, et tous ceux déjà présents, ouvrent les yeux au plus grand nombre.

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Commentaire ajouté par Battle_Boubou 2021-02-15T14:30:26+01:00
Lu aussi

Je salue le courage de l'auteur, et l'audace que représente ce livre, au vu des circonstances. Le récit est fluide, et j'ai lu le livre d'un trait. Toutefois, j'ai eu du mal à avoir de l'empathie pour cette histoire. Il ne m'appartient évidemment pas de juger, d'autant que je n'ai pas eu le même entourage familial du tout. Mais je n'ai pas senti la manipulation psychologique que j'imaginais en ouvrant ce livre. Cela n'enlève en rien le fait que les faits sont répréhensibles, horribles et condamnables. Mais je m'attendais à plus d'emprise. Presqu'un stratagème. Bien que c'est sûrement ce qui s'est produit, j'ai gardé de la distance pendant toute la lecture. En fait, la lecture ne m'a rien apporté de plus que ce que j'en avais entendu. Mais encore une fois, je salue l'action.

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Commentaire ajouté par Vivi_Black 2021-01-24T23:05:09+01:00
Lu aussi

[La note est juste là pour que d'autres voient ce livre et le lisent. On ne peut décemment noter un témoignage, un cri désespéré, un appel à la prise de conscience collective.]

Cette lecture est glaçante, tant par la complaisance de toutes les bonnes gens d'influence de l'époque, que par l'impunité de cet homme, G.M., jamais nommé, qui continuera sans jamais être inquiété à commettre des crimes, des délits, des actes répréhensibles et punissables par la loi.

Puis, après l'effroi, après le choc et après le déni, ce "Non, ce n'est pas possible. Pas pendant si longtemps. Pas alors qu'il exposait aux yeux de tous ce qu'il faisait.", après tout cela vient la colère, la rage bouillonnante, la quête d'une justice qui n'arrivera jamais.

Vanessa Springora nous livre son histoire, confession chargée de rancune envers les figures d'autorité de son entourage qui n'ont jamais rien fait pour la protéger. Combien d'adultes qui n'ont fait que détourner le regard, fermer les yeux, sourire de façon complice, encourager cette relation, voire, même, nourrir eux aussi des fantasmes envers la jeune elle-même.

La parole se libère, c'est important, mais il est désespérant de lire, noir sur blanc, qu'il n'y a pas si longtemps que cela, une vingtaine d'année, peut-être moins, un homme pouvait jouir d'une immunité totale malgré des aveux répétés et publiés en grand nombre, sur plusieurs années, sous couvert de la sacro-sainte littérature.

Aberrant, effrayant, et un rappel de plus, s'il en fallait, que le chemin qui reste à parcourir est encore très, très long.

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Commentaire ajouté par Sissitroisd 2021-01-24T12:01:50+01:00
Diamant

Très bien écrit, l'histoire vraie malheureusement appelle à réfléchir sur le comportement des hommes d'une autre génération, et encore plus sur ces femmes, notamment les mères, qui taisent leurs agissements !

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Commentaire ajouté par marie-nel 2020-12-08T10:47:35+01:00
Diamant

Je voulais lire ce livre depuis sa sortie en janvier de cette année, il a fait beaucoup de bruit et de remous dans le milieu littéraire. Tout le monde a entendu parler de Vanessa Springora et du récit qu'elle fait de sa relation avec un écrivain célèbre dans les années 80. Elle a obtenu depuis, en juin, le prix des lectrices Elle.

C’est un récit poignant, sans fards, et en même temps avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. Vanessa Springora commence par raconter son enfance avec un père absent, des disputes régulières de ses parents, des portes qui claquent, menant à une séparation. Elle est encore toute petite et reste avec sa mère. Une mère qui se découvre une liberté, qui multiplie les amants, un père qui ne vient jamais voir sa fille, Vanessa est souvent seule, elle se réfugie dans les livres. Elle connait ses premiers jeux amoureux avec son ami d'enfance. Sa mère travaille dans une petite maison d’édition. Lors d'un dîner, Vanessa rencontre G. M., comme elle l'appelle dans le livre, mais le lecteur sait très bien qu'il s'agit de Gabriel Matzneff, un écrivain de 49 ans, au charisme débordant, et avec un charme certain. Il va revoir Vanessa, va venir la chercher au collège, va la mener chez lui, où il lui offrira de l’attention. Cela commence gentiment, jusqu’à ce que les caresses deviennent plus précises. Vanessa est très jeune, en manque d'affection justement, et elle va tomber amoureuse de cet homme qui fait attention à elle, qui lui envoie des lettres, des poèmes. Aucune réaction de sa mère, qui au contraire, est même jalouse de sa fille car elle a essayé de charmer l’écrivain sans y être parvenu. Cela semble alors une évidence, quand au fur et à mesure, on apprend les penchants de G. pour les jeunes filles et garçons. Petit à petit, il va enfermer Vanessa dans son univers à lui, l’empêchant de voir des copines d’école, il la sort, l’emmène avec lui dans des soirées mondaines, dans des émissions de télé. Il lui dit que sans elle, il n’aurait plus d’inspiration pour écrire. Mais Vanessa va, au bout d'un an de relations intimes, se rendre compte qu'il entretient des relations avec d'autres jeunes filles, il lui ment, prétexte des voyages alors qu’elle le croise dans la rue ou dans un café avec une autre jeune fille. Vanessa devient suspicieuse, un peu jalouse aussi. Elle va profiter de son absence pour lire ses romans, ceux-là où ils se vantent de relations sexuelles avec de jeunes garçons d'une douzaine d’années à Manille. Le commerce sexuel dans toute sa splendeur. Elle va le quitter enfin, mais lui ne fera pas une croix si facilement sur elle, continuant à l'attendre, a lui donner des rendez-vous, à lui écrire. Vanessa va avoir de son côté, beaucoup de mal à remonter la pente, à se défaire de ce manipulateur, la culpabilité est immense. Et quand elle en parle à sa mère, celle-ci lui dit de ne pas laisser ce pauvre homme, et qu'il l'aime… il continuera à la harceler longtemps…

Ce livre a été pour elle un moyen de « prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre. » Elle a mis du temps pour écrire ce livre, ce témoignage, on comprend aisément combien cela a dû être dur. Revenir sur ces moments terribles de son enfance et adolescence, refaire tout le parcours n'a pas dû être facile. Et en même temps, cela a permis de se libérer, de quelque part se déculpabiliser. Ce livre a remis beaucoup de monde en question. Cet homme était jusqu’à la sortie du livre de Vanessa, encore édité. Ces livres affreux qui font l'apologie de la pédophilie, n’étaient pas encore retirés des maisons d’édition. C’est ce témoignage qui a permis de revenir en arrière et se rendre compte du monstre qui se cache derrière cet homme. Il a été invité en 1987 à Apostrophes, l’émission littéraire de Bernard Pivot où il parle de ses livres, où Pivot lui dit qu’il aime les jeunes filles, j'ai vu des extraits de ces émissions, c’est à vomir la façon dont on met cet homme sur un piédestal. Il passera en 1990, à nouveau dans cet émission, où une écrivaine canadienne va l’apostropher et montrer son indignation que de tels écrits existent et que cet homme puisse venir en parler sur un plateau télé. Ça n'ira malheureusement pas plus loin que ça. C’est vrai que c’était une autre époque, qu'on était encore dans la libération des mœurs sexuelles, mais il y a quand même des limites qu'il n'aurait pas fallu dépasser ! Cet homme, ce Gabriel Matzneff, a des appuis haut placés, des amis écrivains et philosophes qui le défendent, il arrive tellement bien à manipuler son monde, à se faire passer pour le malheureux, à charmer son public, que tout lui est permis. Il y aura une enquête de la Brigade des Mœurs, sur une dénonciation anonyme, les policiers vont tomber sur lui dans l'escalier de son logement, il est avec Vanessa, et rien ne lui sera rapproché, les policiers vont même blaguer avec lui.. C’est assez dingue de voir que tout lui a été autorisé, que jamais il n'a été poursuivi. À part maintenant, en 2020, trente-quatre ans après tout ça..

Et Vanessa a dû vivre avec ça. Quand elle se croit libre et tranquille, il retrouve sa trace, lui envoie des lettres, laisse des messages à ses employeurs.Il a même été jusqu’à publier les lettres qu'ils se sont écrites, il a publié des photos d'elle à 14 ans sur son blog, il s'acharne. Même là, avec la sortie de ce livre, il a essayé par journalistes interposés. Bien sûr, il nie tout, pour lui il était important que les jeunes filles connaissent leurs premiers rapports sexuels avec un homme mûr, qui savait faire. Non, non, ça ne se passe pas comme ça !! Et Vanessa doit vivre avec ça…elle dit :

« J'ai beau être adulte, dès qu’on prononce le nom de G. devant moi, je me fige et redeviens l'adolescente que j’étais au moment où je l'ai rencontré. J'aurai quatorze ans pour la vie. C’est écrit. »

C’est fort, et je la comprends tellement. Ce sont des blessures qu'on ne peut pas effacer, elles laissent des cicatrices à vie, parfois elles font mal, parfois non, mais elles sont toujours là. Je ne vais pas parler de moi, mais ma propre expérience m’a fait très bien comprendre ce que Vanessa a ressenti, que ce soit plus jeune ou maintenant dans sa vie d'adulte. Comme je dis toujours, c’est comme si vous cassiez une tasse et recolliez les morceaux, on voit toujours où elle a été cassée et en gardera les traces toute sa vie de tasse. Il en est de même avec les blessures de la vie. Certaines sont très profondes. J'ai été contente de lire que Vanessa a rencontré l'amour, le vrai, avec qui elle a eu un enfant. Elle a réussi à se construire une vie sur ces bases tellement fragiles. Elle qui ne lisait plus, qui avait abandonné les livres est finalement devenue éditrice. C’est une belle revanche sur tout ce qu'elle a pu connaître et sur tout ce que l’univers littéraire a pu lui affliger.

Ce livre fait un peu plus de deux cents pages, je l'ai lu en un après-midi, je n'avais pas envie de quitter Vanessa. J'ai souvent eu envie de la réconforter, de l'aider. Et la meilleure façon pour moi de le faire est de parler d'elle dans cette chronique. Les situations relatées m'ont souvent émue, certains faits m'ont donné envie de vomir. Jamais Vanessa est vulgaire, tout est raconté avec beaucoup de sensibilité. L'auteure ne se cache pas, ne se voile pas la face, elle raconte comme les faits se sont passés, comme elle les a vécus et ressentis. Elle ne porte pas de jugement sur elle. Elle a certainement dû faire un travail sur elle conséquent pour arriver à parler de tout cela d'une manière la plus détachée possible. Elle est très humble et elle a su montrer le vrai visage de cet homme. Elle a eu le courage de rendre cette histoire publique, de dénoncer le manque d'action et de réaction de tout ce monde littéraire. Lui a beaucoup moins de courage qu'elle. Depuis la parution de ce livre, il est parti se réfugier en Italie et ne s'est jamais exprimé. De toute façon, il dira encore qu’il n'a fait que le bien autour de lui. Un tel pervers narcissique ne changera jamais. Une personne que je ne comprends pas dans ce livre, c’est la mère de Vanessa, qui n'a jamais rien dit, jamais essayé de protéger sa fille. Elle devait bien savoir elle ce que faisait Metzneff, et que ce n’était tout simplement pas normal que sa fille sorte avec un homme de 35 ans son aîné. J'ai des filles, et je n'arrive pas à comprendre ce comportement de mère irresponsable. Désolée, je suis peut-être dure, mais une mère est la5pour protéger ses enfants, et ce n'a pas été le cas pour cette femme.

La lecture de ce livre est nécessaire. Pour dénoncer. Pour ne plus avoir d'homme qui se croit au-dessus de tout, des lois, de la morale. Je crois que c’est totalement utopique. Cela existera toujours. Mais des livres comme celui-ci peuvent aider à libérer la parole des femmes, à raconter leur histoire, à dénoncer les hommes qui leur ont fait du mal, qui les ont considérées comme des objets sexuels. Pour cela, je ne remercierai jamais assez Vanessa Springora d'avoir écrit ce livre. À la fin du livre, Vanessa laisse un message à tout ceux qui disaient qu'à cette époque là, ils ne pouvaient rien dire, on peut toujours dire, dénoncer, et non, la littérature n’est pas au-dessus de la morale, et un artiste, un écrivain, doit être jugé quand ce qu'il dit ou écrit porte atteinte à une personne.

« La littérature se place au-dessus de tout jugement moral, mais il nous appartient, en tant qu’éditeurs, de rappeler que la sexualité d'un adulte avec une personne n'ayant pas atteint la majorité sexuelle est un acte répréhensible, puni par la loi. »

À espérer que jamais ne soit baissée la majorité sexuelle, comme il en a été question au début du quinquennat de notre président actuel. Il faut continuer à protéger nos enfants de prédateurs sexuels, et que ceux-ci soient punis par la loi.

Je suis désolée par cette longue chronique, mais ce livre m'a tellement remuée, c’est impossible de ne pas en parler autour de soi. Je recommande cette lecture pour être vigilant, pour ne plus fermer les yeux, pour dénoncer, pour laisser la parole aux victimes. Je pourrais encore vous parler longtemps de ce livre tellement il m'a touchée personnellement. Lisez le, tout simplement. Parlez-en autour de vous. Comme dit l'auteure, et je conclurai avec cette citation :

« Ce qui caractérise les prédateurs sexuels, en général, et les pédocriminels, en particulier, c’est bien le déni de la gravité de leurs actes. Ils ont coutume de se présenter soit comme des victimes (séduites par un enfant, ou une femme aguicheuse), soit comme des bienfaiteurs (qui n'ont fait que du bien à leur victime).

Il ne faut pas oublier, c’est important.

Vanessa Springora ne lira sûrement jamais cet avis, mais je la remercie chaleureusement pour ce témoignage, d'avoir écrit son histoire. Elle fait écho en moi, et m'a permis moi-même à déculpabiliser encore plus. J'ai lu ce livre grâce a un emprunt à ma médiathèque, mais je pense que je vais l'acheter, car j'aimerais l'avoir dans ma bibliothèque pour pouvoir relire certains passages qui sont déculpabilisants.

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Commentaire ajouté par Lecteur_Fouineur 2020-11-23T22:33:49+01:00
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J'ai lu pour vous le prologue afin que vous vous fassiez votre opinion.

Retrouvez cet extrait sonore de quelques minutes afin de l'acheter ou l'emprunter en connaissance de cause.

--> https://youtu.be/1TEFpdBCaOs

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Commentaire ajouté par maidele 2020-11-18T15:54:44+01:00
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Je me suis retrouvée prisonnière des pages de ce livre comme V. s'est retrouvée prisonnière de cette relation, et l'unique raison pour laquelle je ne l'ai pas lu plus vite, c'est par manque de temps.

Je tient tout d'abord à saluer la plume, souvent crue, mais juste de Vanessa Springora, dont on ressent l'immense culture littéraire. Je préfère le faire maintenant, car je risque de m'énerver par la suite.

L'autrice témoigne de sa rencontre et de la relation qu'elle a entretenue à 14 ans avec un auteur bien plus âgé qu'elle. Et allons tout de suite dans la diffamation il s'agit de Gabriel Matzneff. Ce n'est pas comme s'il n'avait jamais tenté de caché ses préférences, puisqu'il s'en félicite même.

Je ne crois pas avoir été un jour autant choquée et dégoûtée par un livre. Je connaissais l'histoire de l'autrice, je sais que cela arrive encore, mais la lire, avec des mots aussi précis et crus y apporte une grande violence. Je devais régulièrement faire des pauses, pour me calme, tant la colère et la rage me submergeaient : sa mère n'a rien fait, son père l'a blâmé. L'hôpital était au courant et n'a rien fait pour la protéger. Même la police n'a pas réagit. Elle a du sortir de cette relation SEULE.

Mais peut-on vraiment appeler ça une relation ? G. est un pédophile, un pervers narcissique, un prédateur sexuel, en plus d'être un manipulateur expert. Ce qu'il aime ? En plus des petits garçons, les adolescentes. Mais comme tous les pervers qui entrainent leur compagne dans une relation toxique, il les choisit fragile émotionnellement. Père absent, besoin d'amour et d'attention... Puis il l'isole. De sa famille, de ses amis, de son école. Et quand elle le quitte, il publie leur histoire, se fait passer pour un sauveur, une victime. Il est persuadé qu'il lui a rendu service, qu'il l'a "éduquée".

Mais quel service ? Ce témoignage démontre bien les conséquences que les relations adultes-enfants ont sur le mental.

V. manquera de confiance en elle et en les autres, connaîtra des crises d'angoisse, peinera à trouver un semblant de stabilité, mettra des années à avancer, doutera même de son existence.

Et vient alors la question qu'on se pose à travers ce roman, et qu'on continue de poser encore aujourd'hui : l'artiste a t-il droit à un laisser-passer pour ses actions ?

Pour moi, c'est non. Non, non et non. Peut importe ses œuvres, ce qu'il a fait. Gabriel Matzneff est un criminel, et il devrait moisir en prison.

Puisse ce livre faire bouger les choses, et faire comprendre toute l'étendue du problème à ceux qui le minimise. Et merci à Vanessa Springora pour son témoignage. Ce n'est pas facile, de parler. Mais c'est important.

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Commentaire ajouté par Serafima 2020-10-06T12:18:05+02:00
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Un livre dur dans lequel l'auteure se dévoile, ça se lit très vite car on veut connaitre le fin mot de l'histoire.

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Date de sortie

Sortie récente

"Le Consentement" est sorti 2021-01-06T23:35:53+01:00 en version poche
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Dates de sortie

Le Consentement

  • France : 2020-01-02 (Français)
  • France : 2021-01-06 - Poche (Français)

Activité récente

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2021-02-21T19:11:56+01:00

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