Jenifael lui fit un clin d'oeil et les transporta dans son vortex jusque dans le corridor des chambres des anciens soldats. Tout comme elle s'y attendait, il était désert. Elle ouvrit l'une des portes et tira Mahito à l'intérieur.
- Maman, est-ce que tu est là?
- Jenifael? s'écria Bridgess en sortant de la chambre adjacente.
La mère allait se jeter dans les bras de sa fille, mais lorsqu'elle aperçut le jeune homme qui lui tenait la main ,elle s'arretat net.
- Maman je te présente Mahito.
- Le tigre?
Jenifael n'eut pas besoin de répondre. Le regard sauvage de l'étranger le confirmait.
- C'est le fils d'Anyaguara et de Danalieth.
- Je me moque de l'identité de ses parents. Ce qu'il a fait était inacceptable. Je me suis fais tant de souci pour toi.
- Il ne m'a fait aucun mal.
- Alors pourquoi?
Santo arriva sur ces entrefaites. Il n'eut pas la même réaction de recul que son épouse, mais se montra malgré tout prudent en présence de ce jeune fauve qui avait grièvement blessé Hadrien et Cherrval, car il savait mieux que quiconque ce dont il était capable.
- Je suis soulagé de te revoir, Jeni, lui dit le guérisseur en conservant tout de même une certaine distance.
- Arrêter d'avoir peur de lui, pour l'amour de Theandras! se fâcha la jeune déesse. Il m'a enlevée parce qu'il voulait me dire qu'il m'aimait. Je ne l'aurais pas écouté autrement.
- Santo, pourquoi ne fais tu pas visiter la forteresse à notre invité? suggéra Bridgess sur un ton qu'elle voulait amical, mais qui trahissait son agacement.
- Oui bien sûr. Si vous voulez bien me suivre, sire...
- Je ne suis pas un sire. Je m'appelle Mahito.
Santo lui fit signe de passer devant lui et adressa un regard inquiet à sa femme. Bridgess ne le vit pas, puisqu'elle fixait intensément sa fille avec colère.
- Comment oses-tu revenir au château avec le responsable de ton adultère? lâcha-t-elle lorsque les deux hommes se furent éloignés dans le couloir.
- Parce que c'est avec lui que je veux passer le reste de mes jours.
- Tu es mariée, Jeni.
- Je ne l'ai été que quelque secondes à peine!
- Le mariage est une institution sacréé.
- Mais tout le monde à le droit de se tromper, non? Moi, au moins, je m'en suis aperçue à temps.
- Mais Hadrian t'aime.
- Pas autant que Mahito.
- Le laisseras-tu tomber lui aussi si tu rencontres un autre homme qui dit t'aimer encore plusque lui?
- Non. Je ne le lui ai pas dit, mais je vois une belle lumière blanche autour de lui depuis que nous sommes sortis de la grotte.
Ce dernier argument acheva la pauvre mère qui, en fait, ne voulais que le bonheur de sa fille.