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Nord et Sud



Description ajoutée par x-Key 2010-10-24T20:52:44+02:00

Résumé

C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du

Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton. En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret.

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Classement en biblio - 434 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par sameera 2015-09-12T18:25:58+02:00

Si M. Thornton s’était conduit comme un imbécile le matin, ainsi qu’il se le répéta au moins vingt fois, il ne fit pas preuve de beaucoup plus de sagesse l’après-midi. Tout ce qu’il gagna à sa course de six pence en omnibus, ce fut la conviction encore plus vive que jamais il n’y avait eu et que jamais il n’y aurait de jeune fille telle que Margaret ; qu’elle ne l’aimait ni ne l’aimerait jamais ; mais que ni elle – non ! – ni le monde entier ne l’empêcherait jamais, lui, de l’aimer.

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Commentaires les plus appréciés

Diamant

Mon premier roman lu en 2015, que j’ai adoré. Or comme je dis toujours : si une année commence par la lecture d’une pure merveille, alors elle sera très riche en nouvelles découvertes littéraires !

Je pense que je vais aimer la littérature victorienne, car j’en ai déjà eu un avant-goût avec « Nord et Sud », et franchement cela me donne envie de lire George Eliott et Dickens.

J’ai même préféré « Nord et Sud » à « Orgueil et Préjugés » (désolée Jane), car comme celle qui a écrit la préface le dit, Elizabeth Gaskell s’attaque à de vrais problèmes alors que Jane Austen, même si elle décrit la société d’une façon remarquable, ne fait que conter les petits tourments de ces héroïnes ainsi que ceux de leurs proches qui ne travaillent pas.

Moi qui ne m’intéresse pas trop à ce qui concerne les entreprises, là je me suis vue prise d’une véritable passion pour les problèmes financiers de la filature de coton Thornton. Je peux presque dire que ma conscience sociale s’est éveillé en même temps que celle de Margaret . Les débats sont incroyablement passionnants, surtout lorsque John Thornton affirme qu’il faut garder ses distances avec ses employés et n’avoir que des rapports strictement professionnels avec eux, alors que Margaret elle, proclame haut et fort que pour bien travailler il faut connaître ses ouvriers, les voir sous un autre jour. D’ailleurs, c’est elle qui va avoir raison puisque John se rend compte à la fin de son erreur et commence à parler avec ses employés, créer des infrastructures (cantine) pour leur rendre la journée de travail moins insupportable…. Mais d’autres problèmes sont aussi soulevés : la mutinerie avec le frère de Margaret Frederick, les doutes concernant Dieu avec Mr Hale, le danger de la spéculation…Un roman qui met bien en lumière que dans la vie tout n’est pas blanc ou noir : le syndicat peut également être quelque chose de mauvais, dans le sens où il adopte une attitude terrible avec l’ouvrier qui ne veut pas adhérer à ses projets ( cf Boucher).

De plus, le souci médical avec les graves problèmes de santé (qui vont jusqu’à entraîner la mort) résultant de l’absorption des particules de coton qui restent collés dans les poumons est aussi abordé avec la maladie de Bessy.

C’est en cela que le roman est complet et qu’on voit que tout ça n’est pas du survol : tous les problèmes sont étudiés un à un, parfois de manière scientifique mais toujours en finesse.

J’ai adoré le personnage de Margaret, une Elizabeth Bennet en plus obstinée et qui doit faire face avec courage à une situation bien plus difficile. Je pense qu’elle puise son courage dans le fait de voir tous les jours à Milton des gens qui ont une vie bien plus dure que la sienne. Pour le côté romantique aussi elle m’a plu, même si c’est toujours pareil « Mais pourquoi donc suis-je si énervée d’avoir baissé dans l’estime de Mr Thornton ? Mais comment se fait-il que ce qu’il puisse penser de moi me fasse peur ? » C’est un peu un roman d’apprentissage aussi car Margaret voit au fil des pages ses préjugés disparaître, que ce soit concernant Mr Thornton ou le Nord en général. Et cela va plus loin que ça, elle devient l’avocate du Nord dans la famille de sa cousine, et n’éprouve pas autant de plaisir à s’être rendu à Helstone qu’elle aurait pu s’y attendre. Par contre, certains passages m’ont énervée, on a l’impression qu’elle est lunatique avec Mr Thornton et qu’elle ne l’apprécie pas à sa juste valeur dès le début, tout en rajoutant du piquant à l’histoire m’a donné envie de la frapper.

John Thornton. J’ai adoré la façon qu’à Elizabeth Gaskell de traiter le personnage ; elle l’étudie sous toutes les coutures : dans la peau d’un amoureux transi, d’un fils modèle, d’un patron de filature toujours exigeant (d’abord peu aimé mais honnête puis apprécié), d’un élève avide d’apprendre. Je n’ai pas véritablement de préférence. Etant sadique, je reconnaîtrais quand même que je préfère l’amoureux transi, pour les souffrances morales et la torture que ça impliquent  Il incarne à la fois le courage, l’exigence, le sens pratique et la persévérance. Il m’a fait un peu pensé à Octave Mouret dans « Au Bonheur des Dames ». D’habitude, quand on parle de roman d’apprentissage, un seul protagoniste est concerné. Ici, John apprend aussi à être plus tolérant et plus proche de ses ouvriers.

J’ai apprécié le fait que Mrs Gaskell mette en valeur une domestique, Dixon (encore un point pour Elizabeth Gaskell dans son combat contre Jane Austen). En plus, j’ai senti qu’elle a vraiment voulu créer un caractère assez complexe pour ce personnage secondaire.

Bessy. Si un jour une personne faisant partie de l’équipe qui dirige "la collection grands romans points" lit ce commentaire, je le remercierai de bien veiller à ce que la faute récurrente soit corrigée. C’est Bessy par Bettie. Pff n’importe quoi… Bref, j’ai aussi bien aimé ce personnage, qui est courageux à sa manière, qui lutte d’une façon différente des autres. L’amour qu’elle porte à son père Nicholas Higgins (et vice-versa) est vraiment touchant. Bessy arrive à puiser une telle force dans la Bible que j’en suis ébahie : elle est convaincue qu’elle va rejoindre Dieu après sa mort. Parce qu’en plus, elle reste réaliste ; elle ne se ment pas à elle-même, elle sait qu’elle va mourir et le plus tôt sera le mieux. Par contre, elle ne devrait pas le dire devant son père car elle voit que ça lui fait de la peine. Je savais déjà qu’elle allait mourir parce que j’ai vu l’adaptation de la BBC avant de lire ce roman. Du coup, je ne sais pas si c’est le fait de le savoir à l’avance où le fait que le thème de la mort est omniprésent dans ce roman mais je n’ai pas été bouleversée (quand je pense que j’ai réussi à pleurer lorsque Tibby meurt dans « Quatre filles et un jean » oui, oui je sais c’est pathétique et là impossible de verser une seule larme. Honte à moi !)

Nicholas Higgins. Pour moi un des personnages central du roman, même si cela peut paraître bizarre à certains. D’abord, je le considère comme indispensable car ‘est lui qui représente les ouvriers en fait. Mais en même temps, je l’ai également considéré dans son individualité, et j’ai prêté grande attention à ses propos. Le seul petit reproche que je pourrais faire est qu’il est un peu stéréotypé : l’ouvrier bourru au grand cœur. Mais bon, Elizabeth Gaskell ne s’arrête pas là : elle creuse le personnage en profondeur, extirpe de son esprit des réflexions extrêmement intéressantes. En plus, il ne démord pas de ses opinions et est déterminer : il attend quand même Thornton pendant 5 heures pour lui demander s’il accepte de l’embaucher, tout en étant pratiquement certain qu’il va refuser.

Mary. Je la trouve également courageuse et elle a d’autant plus le droit de mériter mon admiration (et ma pitié) du fait que son père préférait sa sœur Bessy.

Boucher. Un personnage qui est parvenu à m’énerver lorsque l’auteur en parle selon le point de vue de Nicholas, et qui a réussi à susciter du chagrin chez moi lorsque Margaret prend sa défense. En fait, tout est une question de point de vue, comme veut sans doute nous montrer l’auteur. Après c’est vrai que le jugement de Nicholas est un peu dur, étant donné les circonstances. D’où le questionnement personnel du lecteur : Qu’aurai-je fait à sa place ? Moi, j’aurais certainement fait comme lui, aveuglée par la haine et le ressentiment : je dois travailler pour nourrir ma nombreuse famille, je suis obligée de faire la grève car sinon tous les ouvriers me mèneront la vie dure, mais on me promet que la grève ne durera pas plus de deux semaines, or elle dure plus d’un mois, je vois mes enfants devenir plus rachitiques de jour en jour et je suis moi-même affamé et pour couronner le tout le patron fait venir des Irlandais pour remettre les machines en route , travailler et être payer à ma place. Difficile de trouver pire comme situation. On ne peut pas lui reprocher son suicide, mais c’est vrai qu’il aurait pu penser à sa femme et à ses enfants et se demander comment ils allaient faire pour vivre sans lui, son travail étant leur source de revenu principal ?

La femme de Boucher est le seul personnage qui m’a agacée prodigieusement. Comment peut-on s’apitoyer sur son sort alors que son mari vient de se suicider et qu’on a une progéniture aussi importante à s’occuper ? Comme le dit la romancière anglaise, elle adopte une attitude animale, survivre à tout prix. Quand elle pleure, que d’atermoiements sur elle-même ! Elle pleure plus pour elle que pour son mari.

Mr Hale. Un personnage attirant dans le sens où il est difficile de comprendre sa réaction à son problème de doutes. Tout au long du roman, je me suis demandée : pourquoi a-t-il fait ça ? Certes il y a la question d’honnêteté envers soi-même et envers l’Eglise mais déraciner sa famille comme ça… Cependant, j’ai éprouvé de l’affection pour lui, et je ne pense pas qu’il soit la cause de la mort de Mrs Hale.

Celle-ci est juste d’une nature peu résistante, ce qui est plus difficile à pardonner que pour la femme de Boucher par exemple, qui connaît une situation 100 fois plus difficile. D’ailleurs, au début un passage m’a horrifiée bien qu’amusée. C’est l’opposition entre les deux sœurs, Mrs Hale et Mrs Shaw : la première a fait un mariage d’amour mais est dégoûtée de ne pas avoir plus d’argent et l’autre, bien qu’heureuse de sa situation financière, envie sa sœur pour s’être mariée par amour. Je ne comprends pas comment quand on fait un choix comme celui-là qui est d’une importance considérable on soit obligé de le regretter après. On ne peut pas avoir et le beurre et l’argent du beurre et ces filles Beresford auraient dû le comprendre depuis belle lurette.

Ce qui m’amène à parler du second personnage faible du roman, Fanny. A croire que dans une famille, il y a forcément un personnage d’une petite nature. Mais Fanny, à la différence de Mrs Hale fait rire notamment lorsqu’elle commence à dire qu’elle était terrifié et qu’elle a cru mourir lorsque les ouvriers étaient en bas de sa porte, quelques minutes après que Margaret est pris tout les risques pour sauver son frère.

Sa mère est d’un autre tempérament ! John a tout hérité d’elle. Tout en étant inflexible, Elizabeth Gaskell lui prête tout de même des sentiments comme la jalousie, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle n’occupe plus la première place dans le cœur de son fils. Une Lady Catherine plus intelligente et raisonnable, mais on retrouve le même schéma actanciel que dans Orgueil et Préjugés avec une mère sévère et exigeante et une fille toute fragile. Ce qui laisse à penser qu’Elizabeth Gaskell s’est forcément inspirée de J.A.

Je pense qu’il est inutile de parler d’Edith et du capitaine Lennox mais évoquer Henry Lennox serait sans doute une bonne idée, simplement pour faire une comparaison entre « his proposal » comme disent les Anglais et celle de John. Henry éprouve une véritable affection pour Margaret c’est indéniable mais il s’en remet assez facilement. Les deux gentlemen sont meurtris pas le refus de Margaret quoique pour des rasions qui diffèrent : Lennox est blessé dans son amour-propre plus qu’autre chose tandis que Thornton est véritablement meurtri par le fait de avoir que ses sentiments ne sont pas partagés même si il se montre d’abord énervé par le ton hautain de Margaret lorsqu’elle lui répond.

Frederick quant à lui permet simplement de servir l’histoire, avec cette soirée à la gare qui permet de rajouter des péripéties. Il sert aussi à évoquer la Marine, comme dit précédemment.

Les passages qui m’ont le plus marqués sont la mort de Boucher, la grève et les ouvriers aux portes de l’usine, et la déclaration de John à Margaret <3

Le titre Nord et Sud reste merveilleusement bien choisi : opposition entre le Nord et le Sud par les mœurs, les gens, les paysages, la vie mais aussi opposition entre John et Margaret.

Ce livre est magnifique car il raconte la vie, il mêle des existences de personnes aux caractères radicalement différents qui parviennent à s’entendre, un vrai message d’espoir. Il est plein de combats sublimes !

Enfin, merci aux courageux qui ont lu ce pavé en restant concentré et intéressé. J’essaierai de faire un commentaire prochainement sur l’adaptation cinématographique de la BBC (2004). RDV donc sur Cinénode !

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Lu aussi

Une belle brique de plus de 600 pages que j'ai tantôt appréciée et qui m'a tantôt lassée. C'est un classique de la littérature anglaise, littérature que j'affectionne. J'aime cette langueur qui se dégage de ce style anglo-saxon, mais... à petite dose. Ici, ce fût un peu trop. Les personnages s'écoutent tous respirer (à mon avis ils sont limite hypocondriaques) et cela m'a lassée de lire leur problème de santé qui s'étirent tout au long des chapitres. Par contre le reste était intéressant. La lutte entre ouvriers - patrons, entre syndicat et ouvriers et syndicat et patrons. Les déboires de chacun selon sa position dans la société et sa philosophie de vie.

Ce fût donc une lecture en demi-teinte, que je ne renie pas mais que je ne renouvellerai pas.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Gabrielle_Dubois 2020-09-11T16:10:22+02:00
Diamant

Qu’est-ce qu’un roman ? C’est Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell !

Comment faire la critique d’un tel livre ? Par quel bout le prendre ? Il y a tant de choses, dans ce roman ! Allons, essayons !

Je lis en marquant avec des petits post-it jaunes les passages intéressants, poétiques, humoristiques, pleins de belle pensée ou positifs. Comment vous dire ? On ne voit plus la tranche des pages, elle est jaune de post-it ! Donc, je vais vous livrer mes réflexions en vrac !

Chaque être humain a une vision bien à lui de ce qu’il veut dans la vie. Il est normal que ces visions diverses diverges d’un être humain à l’autre. Aujourd’hui, et depuis la nuit des temps, il en résulte disputes et conflits. Patrons contre ouvriers, intellectuels contre manuels, enfants contre parents, anglicans contre catholiques, hommes contre femmes, société contre femmes, etc… Gaskell propose la discussion, la connaissance de l’autre qui entraîne la compréhension de l’autre pour apaiser les tensions. Attention ! Elle ne dit pas que ce soit la solution de tous les problèmes, ou encore moins qu’on doive adopter les idées des autres et se fondre tous dans un même moule, non. Elle dit seulement qu’en apprenant à connaître l’autre, on est plus enclin à la discussion raisonnée qu’au conflit enragé.

Ce roman se situe dans l’Angleterre industrialisée du milieu du 19ème siècle. Cette société est pleine de barrières, comme je viens de le dire. Gaskell les abolit subtilement :

* Le père de l’héroïne est un homme faible par certains côtés, ce qui force l’héroïne, Margaret à prendre en main la maison et la famille (sa mère malade, son frère en difficulté, son père qu’elle doit consoler et réconforter). La fille tient le rôle que la société dévolue au père. Et, oh ! surprise, elle s’en tire très bien ! Est-ce à dire que les femmes sont plus capables qu’on le pensait ?

* Le patron de manufacture, représenté par Thornton, n’est pas un homme inhumain, ambitieux et avide de pouvoir qui ne voit le bonheur que son chiffre d’affaire. Tous les patrons ne seraient-ils pas des hommes sans cœur ? De même que l’ouvrier représenté par Higgins n’est pas un homme sans cervelle et est capable de comprendre tout autant les ouvriers que le travail du patron.

* Thornton, le manufacturier orphelin de père, a dû quitter l’école tôt pour subvenir aux besoins de sa famille. Adulte, il décide de se remettre à l’étude des classiques et y prend un grand plaisir. La culture ne serait-elle pas le seul apanage des universitaires ?

* La cousine de Margaret, Edith, est une jeune femme qui vit comme se doit de vivre une femme de son temps et de sa classe : elle n’a d’intérêt que pour la parure, les dîners et le rang social. Mais un autre modèle de femme est possible : Margaret, qui a une tête et qui s’en sert, qui est indépendante et finira par l’imposer à tous, avec cœur et grâce.

La société enferme les êtres humains dans des schémas de vie et de pensée. Gaskell, libre comme l’air, les en sort :

* M. Higgins, l’ouvrier bourru, se montre très maternel,

* Margaret organise le départ de Helstone comme un homme,

* M. Thornton est tendre avec sa mère, comme le serait une fille.

Oh ! Que j’aime, comme Gaskell, prendre chaque individu pour ce qu’il est et non pour la case dans laquelle la société veut le ranger !

Et puis il y a les innombrables liens entre êtres humains, ces liens qui nous unissent et nous déchirent aussi souvent. Ces liens sont complexes et nécessiteraient une bien plus grande attention que ce que les hommes leur ont porté jusqu’ici. Ces liens nécessitent toute l’attention que leur porte Gaskell et ses consœurs auteurs femmes telle George Sand ou Betty Smith…

Et puis il y a les institutions par lesquelles on ne doit pas se laisser aveuglément guider, qu’elles soient :

* religieuses, M. Hale, le pasteur, prendra le chemin que lui dicte sa conscience,

* étatiques, Frederick désobéit à la Marine quand les supérieurs sont inhumains ,

* ou même universitaires : certains professeurs oublient que l’intelligence peut se dénicher ailleurs qu’à l’université, comme ils oublient l’humilité.

Et puis il y a le pouvoir. Ce pouvoir tant convoité par tant d’hommes. Ce pouvoir que prend innocemment Margaret quand dès sa première rencontre avec Thornton, elle lui dit franchement ce qu’elle pense et l’oblige à se remettre en cause. Voilà un pouvoir utilisé à bon escient.

Il y a tout cela et beaucoup plus, dans ce roman.

Il y a des choses essentielles : de l’humilité, de l’amour, de la force, de l’intelligence. Il y a de l’élégance. Non pas une élégance ayant rapport à la mode, non. Il y a de l’élégance de cœur, de comportement. Il y a tout ce à quoi je voudrais tendre. Allez, au travail !

Mais ce n’est pas tout ! Il y a en plus une belle et bonne histoire, de l’humour de-ci de-là, une belle écriture. Gaskell, je vous aime !

PS : Pour ceux qui ont comparé ce roman au Germinal de Zola,

Gaskell est bien au-dessus de Zola ; sa vision de l’humanité est bien plus large ; elle n’a pas l’à priori de Zola qui montre basiquement l’ouvrier comme bon et le patron comme méchant. Pourvu que nous tendions vers une vision plus compréhensive et apaisée du monde que vers une vision d’opposition et de conflits à la Zola !

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Commentaire ajouté par Sarou_67 2020-07-18T10:06:50+02:00
Argent

J'ai lu ce livre après avoir vu la mini-série de BBC (énorme coup de coeur).

Je voulais un peu mieux comprendre les sentiments de Margaret et ce qui l'a fait changer d'avis sur Thornton.

Pour cela j'ai été servi ! J'ai un autre regard sur elle et je suis entièrement satisfaite.

Je suis tombée amoureuse de Thornton (on va pas se mentir, dans la série il est canon). Wouah quelle passion pour Margaret ! J'en suis presque jalouse.

En revanche je ne suis pas d'accord sur le fait que la mini-série reprend fidèlement le livre. Certes la trame et le scénario (le déménagement, la grève, les décès,..) sont respectées, autant les personnages pas vraiment !

Je trouve que seuls les personnages de Margaret, Thornton et sa famille sont similaires. J'ai été choquée de la différence pour les autres. Et il manque un élément crucial dans la mini-série : la religion ! Elle est très présente dans le livre.. et quasi aucune allusion n'y est faite dans la mini-série (sauf pour le cas de conscience de M. Hale).

J'ai beaucoup apprécié ma lecture. J'ai mis plusieurs jours car il s'agit d'un gros pavé et certaines scènes étaient moins intéressantes que d'autres.

Conclusion : je préfère la mini-série au livre !

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Commentaire ajouté par plumanna 2020-04-24T11:32:36+02:00
Diamant

Après avoir lu Jane Eyre et Orgueil et Préjugés, j'ai continué sur ma lancée et entamé Nord et Sud. J'ai beaucoup aimé ce roman qui parle non seulement d'une histoire d'amour, mais aussi de l'Angleterre du XIXe siècle, des fractures entre le Nord et le Sud ainsi que des changements dûs à la Révolution industrielle. N'hésitez pas à regarder la série BBC qui reprend fidèlement l'histoire et est géniale aussi ! (de préférence après avoir lu le livre pour ne pas être spoilé ^^)

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Commentaire ajouté par Rayathea 2020-03-30T22:05:43+02:00
Diamant

Chef-d'oeuvre de la littérature anglaise qui rivalise sans problème avec Orgueils et Préjugés ou Les Hauts de Hurle-Vent. J'ai connu ce livre par le biais de la mini-série BBC qui reprend assez fidèlement l'histoire.

Nous suivons Margaret Hale, une jeune femme de dix-huit ans, qui revient dans sa maison natale à Helstone suite au mariage de sa cousine Edith, après plusieurs années passées à Londres.

Malheureusement, sa famille va vite devoir quitter ce village alors que Mr Hale, le père de Margaret, est pris d'un cas de conscience concernant son Eglise et sa foi. Toute la famille s'installe donc dans une ville du Nord, dans le Darkshire : Milton-Nothern.

Margaret fait ainsi la connaissance de John Thornton, patron de la manufacture de Malbourough-Mills. Dès leur première rencontre leurs rapports sont conflictuels : Margaret est une jeune fille de bonne famille du Sud, élevée à Londres. Elle méprise les commerçants, qui selon elle, sont avilis par leur désir de gagner toujours plus d'argent et ne savent pas se contenter des plaisirs simples de la vie. Mr Thornton, quant à lui, s'est hissé au sommet de la hiérarchie à force de travail acharné. Il tombe vite sous le charme hautain de Margaret, tout en sachant son amour non partagé.

Mais peu à peu Margaret apprendra à faire fi de ses préjugés, et se mêlera même aux ouvriers de Milton.

Cette fresque historique nous montre l'Angleterre victorienne au temps de la Révolution Industrielle. A travers joie, insouciance, tristesse, mélancolie, deuil et enfin paix, nous suivons le chemin de Margaret devenant plus sage au fil des événements qui vont s'abattre sur elle. En murissant ses sentiments pour John Thornton vont aussi évoluer, passant du dédain le plus profond à un amour mêlé de respect.

Pour tous les fans de Jane Austen n'hésitez pas à vous lancer dans ce livre, vous en ressortirez forcément ravis. La petite série de la BBC est très fidèle à l'esprit du roman malgré quelques modifications scénaristiques.

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Commentaire ajouté par Fiametta 2020-02-07T16:27:40+01:00
Bronze

J'avais beaucoup aimé "Cranford" et "Les confessions de Mr Harrison" mais cette fois je suis moins enthousiaste. L'écriture est inégale, parfois un peu lourde avec de longues phrases qui auraient pu être allégées. Cependant en lisant la préface, j'ai appris qu'Elizabeth Gaskell avait publié ses romans sous forme de feuilleton dans l'hebdomadaire de Charles Dickens "Household Words" et j'ai remarqué qu'elle a eu plus de temps pour écrire "Cranford" qu'elle n'en a eu pour "Nord et Sud" qui est bien plus long. La pression exercée par "l'usine de Dickens" a donc été préjudiciable à la qualité de l'écriture. le présent roman est cependant très bon dans la peinture qu'il fait de la société industrielle du Nord de l'Angleterre par opposition au Sud rural. Les thèmes abordés et les évènements qui sont rapportés sont de nature à révéler certaines attitudes ou prises de position très ancrées dans leur époque. En effet, le racisme, la xénophobie et le mépris de classe semblent aller de soi sans complexe et il faut bien se rappeler qu'on est au dix-neuvième siècle, et que l'autrice était imprégnée des moeurs et des valeurs de son temps même si elle a montré par ailleurs des idées progressistes. L'héroïne, Margaret - personne parfaite s'il en est - pratique une charité teintée de condescendance et de préjugés. Margaret n'est pas ma préférée. J'ai été davantage touchée par les personnages de Mr Bell et de Higgins, qui m'ont paru être les deux faces d'une même médaille. Acceptant leur sort et l'affrontant avec courage, ils portent tous deux sur le monde un regard lucide et ne mâchent pas leurs mots. Mes meilleurs moments de lecture ont été ceux qui mettaient en scène l'un ou l'autre de ces personnages secondaires dans leurs interactions avec les "héros". J'ai aimé la façon dont Elizabeth Gaskell fait évoluer ses personnages, même si certains sont un peu caricaturaux, et Margaret elle-même est un improbable parangon de vertu dont on s'étonne qu'elle soit la fille de ses parents, plus humains, moins intransigeants. Cependant, j'ai eu le coeur serré pour elle parfois. Je me suis ennuyée parfois aussi, au milieu des introspections obsessionnelles, des malentendus, et je me suis dit que ce petit monde tournait souvent autour du pot, mais cela obéit aux règles de la romance classique dans laquelle ceux qui ne peuvent pas se voir en peinture finissent par tomber éperdument amoureux. Margaret a le choix, elle a deux admirateurs. Qui va gagner son coeur ? Mystère et boule de gomme, lisez le roman !

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Commentaire ajouté par Aline-100 2020-01-24T15:23:23+01:00
Or

Les Editions Vintage (maison d'édition anglaise) conseillait, il y a quelque temps déjà, la lecture de Nord et Sud à tous les fans d'Orgueil et Préjugés. Comme j'adore le chef d'oeuvre de Jane Austen, je me suis naturellement tournée vers celui d'Elizabeth Gaskell, afin de vérifier si Vintage avait raison.

Je confirme leur conseil : si vous aimez Austen, vous aimerez Gaskell.

Chez cette dernière, la romance n'est toutefois pas seule : elle s'accompagne d'éléments "en plus", qui apportent une certaine profondeur au récit (ici, il s'agit de la révolution industrielle et des luttes entre ouvriers et patrons --> Jane Austen meets Emile Zola en quelque sorte :-))

Les personnages sont tous très intéressants à suivre et l'intrigue est passionnante, même si le texte comporte quelques longueurs.

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Commentaire ajouté par Auchama 2020-01-16T13:39:24+01:00
Or

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge "cadeaux de Noël (2019)" et j'ai vraiment apprécié ma lecture. Replonger de temps en temps dans un classique est pour moi un vrai plaisir (d'ailleurs je devrais le faire plus souvent), d'autant plus lorsque c'est un livre comme celui-ci. J'ai apprécié suivre Margaret et la voir évoluer, s'émanciper peu à peu. J'ai aimé lire ces échanges avec Mr Thorton (même si parfois j'avais envie de la secouer un peu) et cette façon qu'elle a de défendre ses convictions, de défendre le patron comme l'ouvrier. J'ai vraiment apprécié son caractère mais aussi les personnages qui gravitent autour d'elle (sauf Edith qui est particulièrement ennuyeuse), notamment Mr Bell que je regrette de ne pas avoir vu plus souvent car il a une personnalité bien particulière qui fait du bien à Margaret. Enfin, j'ai apprécié n'avoir le dénouement qu'à la toute dernière page.

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Commentaire ajouté par Ex-libris 2019-11-10T12:01:11+01:00
Diamant

Ce livre nous offre une vision nuancée de la société de l'époque, opposant perpétuellement des point de vue contraires : préjugés entre le nord et le sud, vie des ouvriers opposée à celle de leurs patrons, et enfin la confrontation d'opinion des deux personnages principaux, Margaret Hale et John Thornton. Cela accompagné d'un style caractéristique de l'époque, et de descriptions à la fois romantiques et mélancoliques. Les personnages, s'ils m'ont paru fades au début de ma lecture, m'ont charmée par la suite : l'auteur leur a apporté des nuances de caractère au fil de son histoire. Enfin, une romance qui s'apparente fortement à Orgueil et Préjugés, qui m'a fait frémir et battre le cœur.

Elisabeth Gaskell ponctue ses chapitres d'extraits de poèmes ou de romans, toujours en accord avec l'histoire, et qui ajoutent une note poétique à son œuvre.

Enfin, un roman à lire pour tous les amoureux de l'époque victorienne.

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Commentaire ajouté par Daniela-10 2019-11-04T13:30:19+01:00
Bronze

Un beau roman malgré des longueurs du au style mais on le sait quand on s'attaque à ce genre, des personnages qui m'ont plu. Mais je préfère quand même Jane Austen

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Commentaire ajouté par ElouanM 2019-10-26T12:05:19+02:00
Or

Un "orgueil et préjugés" mais avec un tableau réel des grands bouleversements qui ont marqué la révolution industrielle. C'est bien écrit, structuré, pertinent, humoristique, ...North and South décrit les évolutions sociales d'un monde en plein changement dans la société industrielle anglaise. Une réalité sociale profonde qui reflète parfaitement le vécu des ouvriers et les contraintes des patrons, qui retrace la naissance des syndicats, qui exploite les jeux de pouvoirs et de force.. Bref, vous serez surpris de la modernité de cet œuvre qui aborde l'aliénation au travail, l'exploitation et les grèves, la crise économique, la mondialisation ! C'est saisissant car l'histoire a plus de 160 ans !

Une histoire d'amour sublime et palpitante qui vous tient en haleine du début à la fin. Un genre de Germinal à l'anglaise...avec un peu moins de souffle...Néanmoins c'est très bon !

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Date de sortie

Nord et Sud

  • France : 2010-11-25 - Poche (Français)

Activité récente

Klaudja l'ajoute dans sa biblio or
2020-05-05T10:57:51+02:00

Titres alternatifs

  • North and South - Anglais

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