Livres
424 793
Membres
344 380

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Nord et Sud



Description ajoutée par x-Key 2010-10-24T20:52:44+02:00

Résumé

C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du

Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton. En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret.

Afficher en entier

Classement en biblio - 336 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par sameera 2015-09-12T18:25:58+02:00

Si Mr Thornton s’était conduit comme un imbécile le matin, ainsi qu’il se le répéta au moins vingt fois, il ne fit pas preuve de beaucoup plus de sagesse l’après-midi. Tout ce qu’il gagna à sa course de six pence en omnibus, ce fut la conviction encore plus vive que jamais il n’y avait eu et que jamais il n’y aurait de jeune fille telle que Margaret ; qu’elle ne l’aimait ni ne l’aimerait jamais ; mais que ni elle – non ! – ni le monde entier ne l’empêcherait jamais, lui, de l’aimer.

Afficher en entier

Commentaire le plus apprécié

Commentaire ajouté par Tara99
Diamant

Mon premier roman lu en 2015, que j’ai adoré. Or comme je dis toujours : si une année commence par la lecture d’une pure merveille, alors elle sera très riche en nouvelles découvertes littéraires !

Je pense que je vais aimer la littérature victorienne, car j’en ai déjà eu un avant-goût avec « Nord et Sud », et franchement cela me donne envie de lire George Eliott et Dickens.

J’ai même préféré « Nord et Sud » à « Orgueil et Préjugés » (désolée Jane), car comme celle qui a écrit la préface le dit, Elizabeth Gaskell s’attaque à de vrais problèmes alors que Jane Austen, même si elle décrit la société d’une façon remarquable, ne fait que conter les petits tourments de ces héroïnes ainsi que ceux de leurs proches qui ne travaillent pas.

Moi qui ne m’intéresse pas trop à ce qui concerne les entreprises, là je me suis vue prise d’une véritable passion pour les problèmes financiers de la filature de coton Thornton. Je peux presque dire que ma conscience sociale s’est éveillé en même temps que celle de Margaret . Les débats sont incroyablement passionnants, surtout lorsque John Thornton affirme qu’il faut garder ses distances avec ses employés et n’avoir que des rapports strictement professionnels avec eux, alors que Margaret elle, proclame haut et fort que pour bien travailler il faut connaître ses ouvriers, les voir sous un autre jour. D’ailleurs, c’est elle qui va avoir raison puisque John se rend compte à la fin de son erreur et commence à parler avec ses employés, créer des infrastructures (cantine) pour leur rendre la journée de travail moins insupportable…. Mais d’autres problèmes sont aussi soulevés : la mutinerie avec le frère de Margaret Frederick, les doutes concernant Dieu avec Mr Hale, le danger de la spéculation…Un roman qui met bien en lumière que dans la vie tout n’est pas blanc ou noir : le syndicat peut également être quelque chose de mauvais, dans le sens où il adopte une attitude terrible avec l’ouvrier qui ne veut pas adhérer à ses projets ( cf Boucher).

De plus, le souci médical avec les graves problèmes de santé (qui vont jusqu’à entraîner la mort) résultant de l’absorption des particules de coton qui restent collés dans les poumons est aussi abordé avec la maladie de Bessy.

C’est en cela que le roman est complet et qu’on voit que tout ça n’est pas du survol : tous les problèmes sont étudiés un à un, parfois de manière scientifique mais toujours en finesse.

J’ai adoré le personnage de Margaret, une Elizabeth Bennet en plus obstinée et qui doit faire face avec courage à une situation bien plus difficile. Je pense qu’elle puise son courage dans le fait de voir tous les jours à Milton des gens qui ont une vie bien plus dure que la sienne. Pour le côté romantique aussi elle m’a plu, même si c’est toujours pareil « Mais pourquoi donc suis-je si énervée d’avoir baissé dans l’estime de Mr Thornton ? Mais comment se fait-il que ce qu’il puisse penser de moi me fasse peur ? » C’est un peu un roman d’apprentissage aussi car Margaret voit au fil des pages ses préjugés disparaître, que ce soit concernant Mr Thornton ou le Nord en général. Et cela va plus loin que ça, elle devient l’avocate du Nord dans la famille de sa cousine, et n’éprouve pas autant de plaisir à s’être rendu à Helstone qu’elle aurait pu s’y attendre. Par contre, certains passages m’ont énervée, on a l’impression qu’elle est lunatique avec Mr Thornton et qu’elle ne l’apprécie pas à sa juste valeur dès le début, tout en rajoutant du piquant à l’histoire m’a donné envie de la frapper.

John Thornton. J’ai adoré la façon qu’à Elizabeth Gaskell de traiter le personnage ; elle l’étudie sous toutes les coutures : dans la peau d’un amoureux transi, d’un fils modèle, d’un patron de filature toujours exigeant (d’abord peu aimé mais honnête puis apprécié), d’un élève avide d’apprendre. Je n’ai pas véritablement de préférence. Etant sadique, je reconnaîtrais quand même que je préfère l’amoureux transi, pour les souffrances morales et la torture que ça impliquent  Il incarne à la fois le courage, l’exigence, le sens pratique et la persévérance. Il m’a fait un peu pensé à Octave Mouret dans « Au Bonheur des Dames ». D’habitude, quand on parle de roman d’apprentissage, un seul protagoniste est concerné. Ici, John apprend aussi à être plus tolérant et plus proche de ses ouvriers.

J’ai apprécié le fait que Mrs Gaskell mette en valeur une domestique, Dixon (encore un point pour Elizabeth Gaskell dans son combat contre Jane Austen). En plus, j’ai senti qu’elle a vraiment voulu créer un caractère assez complexe pour ce personnage secondaire.

Bessy. Si un jour une personne faisant partie de l’équipe qui dirige "la collection grands romans points" lit ce commentaire, je le remercierai de bien veiller à ce que la faute récurrente soit corrigée. C’est Bessy par Bettie. Pff n’importe quoi… Bref, j’ai aussi bien aimé ce personnage, qui est courageux à sa manière, qui lutte d’une façon différente des autres. L’amour qu’elle porte à son père Nicholas Higgins (et vice-versa) est vraiment touchant. Bessy arrive à puiser une telle force dans la Bible que j’en suis ébahie : elle est convaincue qu’elle va rejoindre Dieu après sa mort. Parce qu’en plus, elle reste réaliste ; elle ne se ment pas à elle-même, elle sait qu’elle va mourir et le plus tôt sera le mieux. Par contre, elle ne devrait pas le dire devant son père car elle voit que ça lui fait de la peine. Je savais déjà qu’elle allait mourir parce que j’ai vu l’adaptation de la BBC avant de lire ce roman. Du coup, je ne sais pas si c’est le fait de le savoir à l’avance où le fait que le thème de la mort est omniprésent dans ce roman mais je n’ai pas été bouleversée (quand je pense que j’ai réussi à pleurer lorsque Tibby meurt dans « Quatre filles et un jean » oui, oui je sais c’est pathétique et là impossible de verser une seule larme. Honte à moi !)

Nicholas Higgins. Pour moi un des personnages central du roman, même si cela peut paraître bizarre à certains. D’abord, je le considère comme indispensable car ‘est lui qui représente les ouvriers en fait. Mais en même temps, je l’ai également considéré dans son individualité, et j’ai prêté grande attention à ses propos. Le seul petit reproche que je pourrais faire est qu’il est un peu stéréotypé : l’ouvrier bourru au grand cœur. Mais bon, Elizabeth Gaskell ne s’arrête pas là : elle creuse le personnage en profondeur, extirpe de son esprit des réflexions extrêmement intéressantes. En plus, il ne démord pas de ses opinions et est déterminer : il attend quand même Thornton pendant 5 heures pour lui demander s’il accepte de l’embaucher, tout en étant pratiquement certain qu’il va refuser.

Mary. Je la trouve également courageuse et elle a d’autant plus le droit de mériter mon admiration (et ma pitié) du fait que son père préférait sa sœur Bessy.

Boucher. Un personnage qui est parvenu à m’énerver lorsque l’auteur en parle selon le point de vue de Nicholas, et qui a réussi à susciter du chagrin chez moi lorsque Margaret prend sa défense. En fait, tout est une question de point de vue, comme veut sans doute nous montrer l’auteur. Après c’est vrai que le jugement de Nicholas est un peu dur, étant donné les circonstances. D’où le questionnement personnel du lecteur : Qu’aurai-je fait à sa place ? Moi, j’aurais certainement fait comme lui, aveuglée par la haine et le ressentiment : je dois travailler pour nourrir ma nombreuse famille, je suis obligée de faire la grève car sinon tous les ouvriers me mèneront la vie dure, mais on me promet que la grève ne durera pas plus de deux semaines, or elle dure plus d’un mois, je vois mes enfants devenir plus rachitiques de jour en jour et je suis moi-même affamé et pour couronner le tout le patron fait venir des Irlandais pour remettre les machines en route , travailler et être payer à ma place. Difficile de trouver pire comme situation. On ne peut pas lui reprocher son suicide, mais c’est vrai qu’il aurait pu penser à sa femme et à ses enfants et se demander comment ils allaient faire pour vivre sans lui, son travail étant leur source de revenu principal ?

La femme de Boucher est le seul personnage qui m’a agacée prodigieusement. Comment peut-on s’apitoyer sur son sort alors que son mari vient de se suicider et qu’on a une progéniture aussi importante à s’occuper ? Comme le dit la romancière anglaise, elle adopte une attitude animale, survivre à tout prix. Quand elle pleure, que d’atermoiements sur elle-même ! Elle pleure plus pour elle que pour son mari.

Mr Hale. Un personnage attirant dans le sens où il est difficile de comprendre sa réaction à son problème de doutes. Tout au long du roman, je me suis demandée : pourquoi a-t-il fait ça ? Certes il y a la question d’honnêteté envers soi-même et envers l’Eglise mais déraciner sa famille comme ça… Cependant, j’ai éprouvé de l’affection pour lui, et je ne pense pas qu’il soit la cause de la mort de Mrs Hale.

Celle-ci est juste d’une nature peu résistante, ce qui est plus difficile à pardonner que pour la femme de Boucher par exemple, qui connaît une situation 100 fois plus difficile. D’ailleurs, au début un passage m’a horrifiée bien qu’amusée. C’est l’opposition entre les deux sœurs, Mrs Hale et Mrs Shaw : la première a fait un mariage d’amour mais est dégoûtée de ne pas avoir plus d’argent et l’autre, bien qu’heureuse de sa situation financière, envie sa sœur pour s’être mariée par amour. Je ne comprends pas comment quand on fait un choix comme celui-là qui est d’une importance considérable on soit obligé de le regretter après. On ne peut pas avoir et le beurre et l’argent du beurre et ces filles Beresford auraient dû le comprendre depuis belle lurette.

Ce qui m’amène à parler du second personnage faible du roman, Fanny. A croire que dans une famille, il y a forcément un personnage d’une petite nature. Mais Fanny, à la différence de Mrs Hale fait rire notamment lorsqu’elle commence à dire qu’elle était terrifié et qu’elle a cru mourir lorsque les ouvriers étaient en bas de sa porte, quelques minutes après que Margaret est pris tout les risques pour sauver son frère.

Sa mère est d’un autre tempérament ! John a tout hérité d’elle. Tout en étant inflexible, Elizabeth Gaskell lui prête tout de même des sentiments comme la jalousie, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle n’occupe plus la première place dans le cœur de son fils. Une Lady Catherine plus intelligente et raisonnable, mais on retrouve le même schéma actanciel que dans Orgueil et Préjugés avec une mère sévère et exigeante et une fille toute fragile. Ce qui laisse à penser qu’Elizabeth Gaskell s’est forcément inspirée de J.A.

Je pense qu’il est inutile de parler d’Edith et du capitaine Lennox mais évoquer Henry Lennox serait sans doute une bonne idée, simplement pour faire une comparaison entre « his proposal » comme disent les Anglais et celle de John. Henry éprouve une véritable affection pour Margaret c’est indéniable mais il s’en remet assez facilement. Les deux gentlemen sont meurtris pas le refus de Margaret quoique pour des rasions qui diffèrent : Lennox est blessé dans son amour-propre plus qu’autre chose tandis que Thornton est véritablement meurtri par le fait de avoir que ses sentiments ne sont pas partagés même si il se montre d’abord énervé par le ton hautain de Margaret lorsqu’elle lui répond.

Frederick quant à lui permet simplement de servir l’histoire, avec cette soirée à la gare qui permet de rajouter des péripéties. Il sert aussi à évoquer la Marine, comme dit précédemment.

Les passages qui m’ont le plus marqués sont la mort de Boucher, la grève et les ouvriers aux portes de l’usine, et la déclaration de John à Margaret <3

Le titre Nord et Sud reste merveilleusement bien choisi : opposition entre le Nord et le Sud par les mœurs, les gens, les paysages, la vie mais aussi opposition entre John et Margaret.

Ce livre est magnifique car il raconte la vie, il mêle des existences de personnes aux caractères radicalement différents qui parviennent à s’entendre, un vrai message d’espoir. Il est plein de combats sublimes !

Enfin, merci aux courageux qui ont lu ce pavé en restant concentré et intéressé. J’essaierai de faire un commentaire prochainement sur l’adaptation cinématographique de la BBC (2004). RDV donc sur Cinénode !

Afficher en entier

Ajoutez votre commentaire

Ajoutez votre commentaire

Commentaires récents

Commentaire ajouté par sisile 2018-08-18T12:11:19+02:00
Diamant

Classique de la littérature anglaise. Nord et Sud souffre un peu de sa comparaison avec Orgueil et Préjugés. Certes Margaret et John ont leur propre vision et idée de leur région réciproque mais ce livre est tout de même plus que cela. L'auteur met en valeur le début de la lutte des classes, les grèves ouvrières et la tyrannie des patrons et syndicats. Margaret Hale et John Thornton mettent finalement leur préjugés de côté et développent des sentiments l'un pour l'autre même si beaucoup d'épreuves les attends au cours des 600 pages du romans.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Mellana 2018-06-27T23:20:11+02:00
Lu aussi

J'ai lu ce roman en deux jours, il y a une semaine, et je dois dire qu'il m'a gardée accrochée jusqu'au bout. Dans l'ensemble je trouve que c'est un roman de très bonne qualité, et pourtant je n'ai pas eu de coup de cœur.

Pour remettre les choses en proportions, je précise que la petite déception globale que j'ai éprouvée est due à l'attente énorme que j'avais de ce livre. Parce que Jane Austen est un de mes auteurs préférés (je ne lui trouve aucun défaut) et que j'entends parler de Nord et Sud avec autant (quasiment) de déférence que de P&P. Or j'ai littéralement adoré P&P et j'ai "juste" aimé N&S. Je trouve qu'il manque un petit quelque chose à ce roman pour le rendre vraiment incroyable.

J'ai bien aimé le style d'Elizabeth Gaskell. Je n'ai lu le livre qu'en traduction mais c'est en tout cas parfaitement lisible et pas lourd du tout. J'ai juste trouvé le récit assez inégal dans son ensemble. C'est-à-dire que l'idée de base me plaît énormément, mais que si la narration est extrêmement haletante la plupart du temps (je dévorais les lignes à la recherche de la suite de l'histoire), j'étais aussi souvent coupée dans mon élan, soit par des débats assez longs (des pages entières de quasi monologues !), soit par des évènements supposés tenir lieu de rebondissements mais qui ne font que ralentir artificiellement la narration. Ce n'est que mon avis bien sûr, mais je trouve que le gros du roman est composé de beaucoup de rebondissements qui sont au final peu consistants. Certains sont importants (Spoiler(cliquez pour révéler)les différents drames/morts) mais si j'essaie de me remémorer la structure même du récit, celle-ci me semble un peu confuse, et m'évoque un peu du remplissage. Il faut dire que le format roman feuilleton a pu influer dans ce sens, et je trouve ça dommage.

En bref, je trouve que le récit aurait gagné à trancher dans le vif pour aller vers l'efficacité.

Pour ce qui est de l'histoire d'amour, je ne demandais qu'à être convaincue et j'avoue ne pas l'avoir été à 100%. Ce que j'aime dans les relations amoureuses fictionnelles, c'est qu'elles soient bien crédibles. Et ici j'avoue que je n'y crois pas trop pendant une bonne partie du roman.

Spoiler(cliquez pour révéler)John et Margaret ne passent pas tant de temps que ça ensemble, et ils le passent à être en désaccord, voire à se disputer. Je trouve l'amour de Thornton un peu rapide, et leur relation sans aucune complicité. Je vais faire un parallèle avec le couple de P&P, où même lorsque l'amour de Darcy n'est pas encore réciproque, je trouve leur relation bien plus drôle et même amicale. Elizabeth ne l'apprécie pas véritablement, il est beaucoup trop fier et guindé, mais elle ne s'oppose pas aussi frontalement à lui, elle préfère s'amuser de lui et parfois avec lui (le salon de lady Catherine). L'émergence de son amour me semble ainsi beaucoup plus naturelle que celui de Spoiler(cliquez pour révéler)Margaret et John. Après c'est une affaire de goûts.

Ce que je trouve dommage dans leur histoire, c'est qu'on n'ait droit qu'à deux pages paisibles et agréables à la fin, pour tout un livre de malentendus, de colère, voire de mépris. Le mensonge de Spoiler(cliquez pour révéler)Margaret et la distance qu'il ajoute entre eux prennent trop de place dans la durée du roman. Mais j'adore le fait que les Spoiler(cliquez pour révéler)deux arrivent à se trouver à la fin, je regrette seulement qu'on ne nous offre pas plus de moments de connivence tout au long du livre.

En parlant des personnages, j'ai adoré celui de Thornton. C'est un homme extrêmement intéressant, avec un passé dur et un historique passionnant. Il est dur mais j'adore la tendresse dont il fait preuve envers les gens qu'il aime, dont sa mère. J'ai l'impression qu'il y a un tout petit peu de Heathclif en lui, dans le fait qu'il se montre assez égoïstement jaloux envers Spoiler(cliquez pour révéler)Margaret. Alors qu'elle l'a Spoiler(cliquez pour révéler)repoussé (durement d'ailleurs), et qu'elle ne lui doit aucune fidélité, il ne peut s'empêcher de lui en vouloir à propos de rivaux hypothétiques (Fred, Lennox) ; et lorsqu'elle quitte Milton où elle a connu tant de malheurs, il trouve quand même le moyen d'être grognon, parce qu'après tout, pendant son séjour elle a fait sa connaissance. Il est bien gentil le John, mais si j'avais Spoiler(cliquez pour révéler)perdu mes deux parents dans une ville, je me ficherais bien d'avoir rencontré même mon futur mari dans cette ville. Et d'ailleurs si lui-même avait Spoiler(cliquez pour révéler)perdu sa mère, j'aurais bien voulu voir sa réaction. En dehors de ça, je trouve que le personnage évolue bien, il devient beaucoup plus humain avec les ouvriers et n'a pas peur de se remettre en question. Par contre je dois avouer que ses débats à propos du patronnat et du travail m'ont paru bien longs et m'ont parfois ennuyée, étant donné que j'attendais la suite avec impatience.

En revanche j'ai eu beaucoup de mal avec Margaret. Pour parler clairement, je l'ai trouvée très pénible, elle a un ego sur dimensionné. Elle est hyper susceptible et s'offense pour rien. D'ailleurs je ne comprends toujours pas la scène Spoiler(cliquez pour révéler)de la demande en mariage. Pourquoi Margaret se montre-t-elle aussi froide et désagréable en répondant à la demande ? Après tout John ne lui manque pas de respect, sa demande est honorable et même si elle se retrouve démunie, elle pourrait répondre de manière un peu plus polie. Non décidément je ne trouve pas d'excuse à sa conduite.

Son personnage est une sacrée "Mary Sue", qui est sensée avoir toutes les qualités sur le papier mais qui est en fait sacrément agaçante pour le lecteur. Le terme n'est pas parfait en l'occurrence mais il se rapproche le plus de ce que je pense. Par exemple la scène chez Boucher, quand elle prend les choses en main alors qu'elle est jeune, inexpérimentée de ce genre de choses, et qu'elle ne connaît pas spécialement la ville ni la famille. C'était un peu sainte Margaret en action à mes yeux. Ça plus toutes les fois où elle inspire de l'admiration aux autres du fait de son physique ou de son port de tête et autres choses dans le genre... Heureusement qu'elle se remet un peu en question et apprend l'humilité.

J'ai beaucoup apprécié Higgins, avec son franc-parler, ses défauts et son honnêteté. Sa relation avec Margaret est très belle, c'est très touchant de voir des personnages de milieux aussi différents apprendre à se connaître et se faire confiance.

La mère de Thornton est particulièrement impressionnante. Elle peut être agaçante car désagréable avec Margaret mais cette dernière peut être aussi très pénible donc on va dire qu'elle rééquilibre les scores.

M.Hale m'a énormément déplu. Le personnage n'a pas trouvé grâce à mes yeux, il est tellement mou et égoïste, à se reposer toujours sur sa fille pou prendre tout en main. Il a même eu le culot de lui demander d'annoncer la nouvelle de leur déménagement à Mrs.Hale. Il m'insupporte tellement que je n'arrive même pas à avoir de l'empathie pour lui, Spoiler(cliquez pour révéler)et sa mort m'a plus soulagée qu'autre chose.

L'ambiance générale du roman est assez sombre. Certains l'ont comparé à Zola mais n'en ayant lu aucun je ne peux pas dire. En revanche c'est plus sombre que Mansfield Park, qui est pourtant notoirement connu pour être le plus sombre des romans de Jane Austen. Mais ce sont les thèmes abordés par Gaskell qui veulent ça, elle n'écrit pas un roman en légèreté et humour et c'est un style très différent. J'avoue que ce n'est pas mon style préféré. Il y a beaucoup de pathos dans ce récit mais je reconnais qu'on ne tombe pas dans le pathétique non plus. En fait, il me fait plus penser à une frise qui raconterait la vie des différents types d'habitants de Milton.

Il y a néanmoins un point qui m'a énormément gênée, c'est la place qu'occupe la religion dans ce livre. Je sais que je compare encore, mais chez Jane Austen elle n'est pas aussi omniprésente, pourtant Jane est fille et sœur de pasteurs. Si on est attentif, on peut y déceler des traces dans ses récits, mais c'est plus de l'ordre de petites touches et de détails que sous la forme de longs discours grandiloquents et, j'ose le dire, prosélytes. Je suis désolée mais étant moi-même athée, et de façon "politique" même si je puis dire, ainsi que laïque, je déteste voir autant de monologues à la gloire de Dieu et surtout cherchant à ramener à la raison Higgins qui est un pauvre "mécréant". Je trouve que ce dernier a toutes les raisons du monde d'être sceptique sur le sujet, et l'insistance de Margaret et de son père à vouloir lui faire avaler la bible m'est extrêmement pénible, même si je suis consciente qu'il s'agit d'un sujet très personnel.

Enfin j'ai trouvé Spoiler(cliquez pour révéler)l'accumulation de morts un peu "too much", j'ai eu l'impression de deus ex machina pour faire avancer l'intrigue, surtout à partir de Spoiler(cliquez pour révéler)la mort de M.Hale. Margaret devient Spoiler(cliquez pour révéler)l'héritière de M.Bell (alors que ce sujet avait été peu abordé précédemment) et à peine cela est-t-il entré dans l'esprit du lecteur Spoiler(cliquez pour révéler)qu'on le fait aussitôt mourir, faisant de Margaret une jeune fille riche.

Le dénouement manque un peu de longueur, mais d'après ce que j'ai compris c'est de la faute de M.Dickens et non pas de Mrs.Gaskell donc je ne ferai aucun reproche, c'est seulement dommage d'avoir une fin aussi abrupte, sans aucun épilogue ou ne serait-ce que quelques paragraphes pour s'étendre sur le Spoiler(cliquez pour révéler)futur du couple (d'autant qu'il me paraît peu joyeux personnellement, dans une ville aussi sombre et avec une belle-mère assez hostile).

On pourrait croire que je n'ai pas apprécié ce livre en voyant tous les reproches que j'ai pu lui faire mais ce serait faux ! Malgré les apparences, j'ai vraiment savouré ma lecture. Mais quand je vois tout ce qui m'a ouvert l'appétit dans le roman, je me retrouve vraiment frustrée de ne pas avoir ce sur quoi je comptais. En gros le livre est victime de ses qualités avec moi, je suis plus exigeante parce que je vois le potentiel qu'il aurait pu avoir (je précise que c'est une affaire de goûts).

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Nie-chan 2018-04-21T17:23:45+02:00
Argent

Un très beau roman qui se lit bien malgré le nombre de page.

Des personnages intéressants, un mélange des classes sociales, des rebondissements et des retournements parfois inattendus. On prend plaisir à suivre l'évolution des sentiments de Margaret, à suivre la perspicacité de ses pensées et de ses analyses. C'est toujours un plaisir de penser qu'à une époque, un mensonge pouvait à ce point troubler quelqu'un ! Dommage que ce ne soit plus le cas actuellement. Cependant, ils sont souvent un peu trop inquiets pour un rien, à tout de suite penser au pire. C'est parfois lassant.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Jenta3 2017-12-05T20:45:24+01:00
Lu aussi

Une belle brique de plus de 600 pages que j'ai tantôt appréciée et qui m'a tantôt lassée. C'est un classique de la littérature anglaise, littérature que j'affectionne. J'aime cette langueur qui se dégage de ce style anglo-saxon, mais... à petite dose. Ici, ce fût un peu trop. Les personnages s'écoutent tous respirer (à mon avis ils sont limite hypocondriaques) et cela m'a lassée de lire leur problème de santé qui s'étirent tout au long des chapitres. Par contre le reste était intéressant. La lutte entre ouvriers - patrons, entre syndicat et ouvriers et syndicat et patrons. Les déboires de chacun selon sa position dans la société et sa philosophie de vie.

Ce fût donc une lecture en demi-teinte, que je ne renie pas mais que je ne renouvellerai pas.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Grenat 2017-07-28T18:55:33+02:00
Diamant

Une agréable plongée dans une étude sociétale ou chacun se bat pour survivre avec ses idéaux. Des personnages marquants par leur fort tempérament et leur cheminement interne pour aller de l'avant. Une lecture divertissante et instructive sur les réalités du début de l ère industrielle.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par juliette84 2017-07-05T10:59:08+02:00
Diamant

Un grand coup de cœur à la hauteur de mes espérances. Je le conseille à tout le monde. Les personnages sont fantastiques et l'écriture est magnifique!

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Myriam62 2017-01-22T12:37:52+01:00
Diamant

Ce livre est tout simplement délicieux à lire, j'y ai retrouvé un peu l'écriture de Jane Austen que j'ai toujours grandement apprécié.

Toutefois l'histoire de déroule ici dans une Angleterre en pleine industrialisation, qui peine à garder tête haute face à la menace industrielle américaine. Mais l'histoire ne se résume pas à cela, elle tourne autour du destin (tragique) d'une famille qui décide de quitter la campagne pour se retrouver en ville.

Dit comme cela, ça peut paraître ennuyant mais c'est sans compter les caractères bien trempés de nos personnages; je ne ferais pas l'éloge de chacun d'entre eux bien qu'ils le méritent, et je m'en tiendrais à ceux des deux principaux qui sont Miss Hale et Mr Thorton. La première m'a immédiatement plu par sa force de caractère, sa douceur envers autrui et l'amour inconditionnel qu'elle porte à ses proches, bien qu'elle ne soit pas parfaite elle a réussi à me toucher profondément par sa façon de subir ses malheurs et de rebondir face à eux, à côté de cette jeune femme ce tiens donc Mr Thorton qui lui est plutôt brutal, buté et aussi très franc mais qui a au fond une grande sensibilité et un grand cœur qui le rend irrésistible au lecteur.

Mais ce n'est là qu'un échantillon des personnages qui sont tous très bien décrit par l'auteur et on chacun leur petits défauts et particularités que j'ai adoré décortiquer.

Au final ce roman, très réalistement écrit, a été merveilleux à lire et je le conseille fortement !

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Mikada 2017-01-17T06:57:25+01:00
Or

J'ai vu le film en premier et je l'avais beaucoup aimé. Donc j'ai eu envie de lire le livre et je l'ai préféré! C'est un roman passionnant dont j'ai eu du mal à me détacher pour dormir ^^ Le nombre important des pages n'est pas un frein. Je regrette juste que la fin soit si abrupte, même si elle est plus aboutie que celle du film.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Heirs 2016-09-26T18:54:28+02:00
Or

J'ai lu le roman mais j'ai également vu l'adaptation de la BBC, et très étrangement je préfère certains passages de l'adaptation par rapport au roman. Globalement, j'ai préféré lire la première moitié du roman, notamment lorsque Mr Thornton tombe amoureux de Margaret. Cependant, pour la seconde moitié, j'ai préféré l'adaptation de la BBC, car dans le roman j'ai trouvé Margaret assez désagréable.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Nyllia 2016-08-17T21:02:33+02:00
Diamant

Comme beaucoup de livres, j’ai vu la mini-série de la BBC (avec Richard Armitage absolument sensationnel) avant de lire le livre. Et ayant été totalement conquise par la série, je m’attendais à la même chose en lisant le livre. Et je n’ai pas été déçue. J’ai littéralement adoré le récit d’Elizabeth Gaskell. Il s'agit d'une romance, certes, mais éclipsée par les questions sociales que pose l'auteur. Le récit est fluide quoique parfois un peu lourds sur certains passages. Les personnages sont très attachants et on suis leur évolution avec plaisir. Un livre que je conseille vivement!

Afficher en entier

Date de sortie

Nord et Sud

  • France : 2010-11-25 - Poche (Français)

Activité récente

Louises l'ajoute dans sa biblio or
2018-06-14T10:46:04+02:00

Les chiffres

Lecteurs 336
Commentaires 51
Extraits 23
Evaluations 101
Note globale 8.72 / 10

Évaluations

Meilleurs classements dans les Listes Booknode

Titres alternatifs

  • North and South - Anglais

Quizz terminés récemment

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode