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Le Docteur Pascal



Description ajoutée par coccinelle 2011-06-17T14:32:57+02:00

Résumé

e docteur Pascal Rougon, 59 ans, médecin de campagne, savant inclassable, spécialiste de l'hérédité, vit retiré du monde depuis dix-sept ans avec sa nièce et sa servante dévouée Martine, dans sa maison « la Souléïade ». Il écrit une thèse sur l'atavisme, en prenant pour objet de recherche sa propre famille: c'est l'occasion pour lui de rappeler la généalogie des Rougon-Macquart et les tares de la famille héritées de l'ancêtre Jean Macquart, mort à l'asile de "combustion interne". Alors que les Rougon symbolisent la réussite sociale, les Macquart symbolisent la déchéance (produite par l'alcoolisme). Elle lui offre aussi, en raccourci, un tableau saisissant de l'histoire du Second Empire.

Sa mère, Félicité, très dévote, veut détruire les documents que son fils a rassemblés, en vue d’une publication, dans une grande armoire qui détient tous les secrets de la famille. Une telle œuvre pourrait ternir la réputation des Rougon. Pour cela, elle endoctrine la nièce de Pascal, Clotilde, qui vit chez lui. Mais celle-ci en tombe amoureuse. Tous deux, passionnés par la science, vont peu à peu muer leurs sentiments en amour charnel. Malgré les risques liés à l'hérédité, ils veulent faire un enfant....

Le docteur Pascal est bien sûr ici le double de Zola qui découvre tardivement les joies de la paternité avec sa maîtresse Jeanne Rouzerot avec qui il mène à l’époque une double vie.

Touchant roman d'amour rédempteur (malgré son caractère incestueux à peine voilé mais traité ici avec une telle candeur qu’il n’apparait pas choquant), c’est une ode au triomphe de la vie qui au bout du compte emporte tout, (les dernières pages sont sublimes : « Et, dans le tiède silence, dans la paix solitaire de la salle de travail, Clotilde souriait à l’enfant qui tétait toujours, son petit bras en l’air, tout droit, dressé comme un drapeau d’appel à la vie. »)

C’est aussi, malgré des thèses scientifiques aujourd’hui datées voire carrément fantaisistes (les injections hypodermiques destinées à combattre la débilité humaine) un formidable éloge de la méthode scientifique, faite de rigueur et d’humilité, par contraste avec les prétentions de la religion obscurantiste, incarnées par la mère et la servante. Une belle conclusion de la célèbre série de Zola…

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Classement en biblio - 145 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Zinthia 2011-12-29T13:21:34+01:00

Dans la chaleur de l’ardente après-midi de juillet, la salle, aux volets soigneusement clos, était pleine d’un grand calme. Il ne venait, des trois fenêtres, que de minces flèches de lumière, par les fentes des vieilles boiseries ; et c’était, au milieu de l’ombre, une clarté très douce, baignant les objets d’une lueur diffuse et tendre. Il faisait là relativement frais, dans l’écrasement torride qu’on sentait au dehors, sous le coup de soleil qui incendiait la façade.

Debout devant l’armoire, en face des fenêtres, le docteur Pascal cherchait une note, qu’il y était venu prendre. Grande ouverte, cette immense armoire de chêne sculpté, aux fortes et belles ferrures, datant du dernier siècle, montrait sur ses planches, dans la profondeur de ses flancs, un amas extraordinaire de papiers, de dossiers, de manuscrits, s’entassant, débordant, pêle-mêle. Il y avait plus de trente ans que le docteur y jetait toutes les pages qu’il écrivait, depuis les notes brèves jusqu’aux textes complets de ses grands travaux sur l’hérédité. Aussi les recherches n’y étaient-elles pas toujours faciles. Plein de patience, il fouillait, et il eut un sourire, quand il trouva enfin.

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Commentaire le plus apprécié

Diamant

Ceci est le dernier tome de la saga des Rougon-Macquart, et ma lecture achève donc mon défi fixé il y a presque 3 ans de lire l'ensemble des 20 tomes que compte la série. Je vais donc faire ici un commentaire qui récapitule à la fois mon avis sur le livre mais aussi sur la saga.

Mon roman préféré fut d'abord Une page d'amour, puis La Joie de Vivre, qui vient d'être détrôné par le Docteur Pascal. Tous ont en commun cette douceur, cette profusion de sentiments, avec une description telle que l'émotion nous prend à la gorge. C'est un exploit, je trouve, pour un livre écrit par un auteur dont il ne reste aujourd'hui que de la poussière. Cinquante nuances de Grey pourra-t-il en dire autant dans 100 ans!

C'est un roman très personnel, et l'émotion, encore une fois, nous prend avant même qu'i ne commence, quand Zola le dédie à sa femme et à sa mère, alors qu'il n'en avait dédicacé aucun. 10 ans avant sa mort, c'est donc la fin de sa saga qu'il clôture, mais aussi l'oeuvre de sa vie, et l'on sent tout cet aboutissement dans ces simples mots.

C'est une histoire d'amour qui aujourd'hui serait traînée devant les tribunaux, salie par la morale et la bien-pensance, et l'on peut aisément comprendre pourquoi car Pascal et Clotilde ont un lien de nièce et d'oncle. Et pourtant, on l'oublie. On oublie qu'il est vieux, qu'elle est jeune, qu'ils sont parents, qu'il la élevée. On frémit avec lui, à tous les instants de cette histoire d'amour qui a mon sens vaut toutes les histoires tragiques jouées au théâtre.

Et enfin, quel admiration devant cet homme! Pour l'instant étudiante en médecine, j'en sais bien peu sur cette discipline; et pourtant il parle de théories, de choses, que j'ai déjà pu voir en cours et étudier. Cela nous montre encore une fois que Zola est un formidable journaliste, à la recherche de l'exactitude.

C'est le seul membre des Rougon-Macquart à paraître sain d'esprit. Il en disait même que c'était pour cela qu'il ne se sentait pas membre de la famille. Et pourtant, ses tares se rattrapent sur la fin, tout comme pour Hélène Mouret et Pauline Quenu.

Spoiler(cliquez pour révéler)A la fin de cette saga, nous sommes dans le même état d'esprit que Rougon qui quelques minutes avant sa mort, complète l'arbre de la famille.Il y a comme un sentiment de fin, d'accomplissement, et pourtant, de suite, avec tous les personnages que nous avons abandonné dans les tomes précédents, et qui meurent, ou vivent, se marient, ont des enfants, le tout sous l’œil expert du Docteur Pascal qui jusqu'au bout restera homme de science.

Le message de ce livre, et encore une fois, je pense que la mort de l'auteur 10 ans plus tard, et donc l'écriture de ce roman a la fin de sa vie, ce dont il avait peut être conscience tout de même, c'est que la vie continue, quoiqu'il se passe, qu'on le veuille ou non et qu'elle est plus forte que tout, l'amour, la mort, l'hérédité, les tares, les guerres, les triomphes, défaites et grandeurs passées.

Merci Zola, de nous rendre, encore aujourd'hui, par delà la tombe et les siècles, par delà les époques, les moeurs, plus intelligents, plus ouverts d'esprit!

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par CecileM 2019-07-09T15:30:40+02:00
Or

Je dois dire que j'ai trouvé ce tome assez décevant. C'est une sorte de commentaire de la série elle-même, une oeuvre méta-romanesque donc. Zola y expose de manière explicite sa philosophie par l'intermédiaire du personnage du docteur Pascal. Mais je vois peu d'intérêt à ces passages très didactiques, voire idéologiques, scientifiquement datés. D'un point de vue purement littéraire, ce tome est d'un bien moindre niveau que la plupart des autres tomes de la série. Avec le personnage de Clotilde, il dresse un portrait très traditionnel et bourgeois de la femme, qui se donne entièrement à l'homme, donne une vue très traditionnelle aussi de l'amour et du rapport sexuel entre les amants qui doit avoir pour finalité l'enfantement. Zola se projette bien sûr dans le personnage du docteur Pascal et met dans ce roman beaucoup de la relation qu'il a eu sur le tard avec Jeanne Rozerot, bien plus jeune que lui et dont il a eu deux enfants. Il est notable qu'il n'emploie jamais le mot inceste pour qualifier la relation entre Pascal et sa nièce Clotilde, alors qu'il utilisait ce mot dans "La Curée" pour la relation entre Maxime et sa belle-mère Renée, relation qui, elle n'a rien de consanguin. D'autre part, la théorie de l'hérédité, telle qu'il la présente, apparaît finalement comme une justification de l'ordre social. Il faut laisser faire la vie et la nature (une conclusion somme toute proche de celles des partisans du libéralisme économique). "Il faut vivre pour l'effort de vivre, pour la pierre apportée à l'oeuvre lointaine et mystérieuse, et la seule paix possible, sur cette terre, est dans la joie de cet effort accompli."

Je retient cependant la scène entre la tante Dide, l'ancêtre qui finit sa vie à l'asile et le petit Charles, dernier rejeton de la famille hémophile, symbole de la dégénérescence finale de la lignée, opposition et ressemblance entre la plus âgée et le plus jeune. Subsiste aussi le parchemin jauni de l'arbre généalogique sur lequel Pascal écrit à la main la date de sa mort.

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Commentaire ajouté par boby62210 2019-03-08T19:15:01+01:00
Argent

Comme dans la Faute de l'abbé Mouret j'ai eu l'impression de lire du Balzac; un très bon livre , bien ficelé, rondement mené, mais sans l'écriture habituelle. Ce n'est que mon humble avis et qui suis-je pour oser critiquer monsieur Zola !?

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Commentaire ajouté par hugotisdent 2018-12-18T09:40:23+01:00
Diamant

Pas évident, j'imagine pour un écrivain ,même génial de conclure une oeuvre pareille !!! Tout dans Le Docteur Pascal sonde l'hérédité. Où va la famille? de quoi est fait l'individu?

Pascal, rescapé des tares familiales, assiste aux derniers sursauts de son cas d'étude: Les Rougon-Macquart. Plus scientifique , il ne peut conclure que sur l'espoir de la VIE !!!

Il n'y a pas de mot assez fort pour définir cette série !

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Commentaire ajouté par MiMiCocotte 2018-10-29T00:00:02+01:00
Diamant

J'adore zola. Je n'ai pas encore lu toute la série. Mais son travail sur l'hérédité est fascinante. Une grande oeuvre littéraire qui se clos à merveille.

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Commentaire ajouté par NateRiver 2017-11-19T15:48:17+01:00
Argent

Oeuvre crépusculaire sur l'existence et les tourments de l'etre humain et sur le temps qui passe, poignant.

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Commentaire ajouté par lelette1610 2017-09-19T14:30:31+02:00
Argent

Le Docteur Pascal est le point culminant de la série des Rougon-Macquart, l'aboutissement de tout un parcours généalogique et historique

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Commentaire ajouté par taupette 2017-07-03T21:58:43+02:00
Bronze

Lecture obligatoire de première : j'ai aimé ce livre même si les thématiques reprises sont un peu étrange notamment : l'inceste entre Clotilde et Pascal.

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Commentaire ajouté par Shanen 2017-05-19T16:06:25+02:00
Argent

Une belle conclusion de l'histoire naturelle et sociale de cette famille sous le second Empire. Les thèmes de l'hérédité, de l'influence du milieu sont repris comme pour expliquer enfin la si grande diversité de caractères au sein des Rougon-Maquart, tous ces personnages dont l'existence aura été si minutieusement traitée par l'auteur. Et pourtant, on ne peut qu'observer, on ne peut réellement conclure ni connaître la fin de l'histoire ; la seule chose à faire est de vivre pleinement, comme l'ont fait Pascal et Clothilde.

Ainsi s'achève l'oeuvre majeure de Zola, sur un hymne à la vie, et à tout ce qu'elle peut apporter.

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Commentaire ajouté par Laurien 2017-02-12T15:51:52+01:00
Argent

Une méta-oeuvre avec en plus une mise en abîme : une oeuvre qui commente la série / la résume et la théorise, et une oeuvre où le docteur Pascal ressemble à Zola. Donc forcément, il faut avoir en tête les romans précédents et l'arbre généalogique. Sur le plan romanesque, les branches divergentes de la famille se rejoignent par l'union incestueuse de l'oncle et de sa nièce, mais présentée de façon touchante.

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Commentaire ajouté par Amelie116 2015-10-03T12:34:17+02:00
Diamant

Ceci est le dernier tome de la saga des Rougon-Macquart, et ma lecture achève donc mon défi fixé il y a presque 3 ans de lire l'ensemble des 20 tomes que compte la série. Je vais donc faire ici un commentaire qui récapitule à la fois mon avis sur le livre mais aussi sur la saga.

Mon roman préféré fut d'abord Une page d'amour, puis La Joie de Vivre, qui vient d'être détrôné par le Docteur Pascal. Tous ont en commun cette douceur, cette profusion de sentiments, avec une description telle que l'émotion nous prend à la gorge. C'est un exploit, je trouve, pour un livre écrit par un auteur dont il ne reste aujourd'hui que de la poussière. Cinquante nuances de Grey pourra-t-il en dire autant dans 100 ans!

C'est un roman très personnel, et l'émotion, encore une fois, nous prend avant même qu'i ne commence, quand Zola le dédie à sa femme et à sa mère, alors qu'il n'en avait dédicacé aucun. 10 ans avant sa mort, c'est donc la fin de sa saga qu'il clôture, mais aussi l'oeuvre de sa vie, et l'on sent tout cet aboutissement dans ces simples mots.

C'est une histoire d'amour qui aujourd'hui serait traînée devant les tribunaux, salie par la morale et la bien-pensance, et l'on peut aisément comprendre pourquoi car Pascal et Clotilde ont un lien de nièce et d'oncle. Et pourtant, on l'oublie. On oublie qu'il est vieux, qu'elle est jeune, qu'ils sont parents, qu'il la élevée. On frémit avec lui, à tous les instants de cette histoire d'amour qui a mon sens vaut toutes les histoires tragiques jouées au théâtre.

Et enfin, quel admiration devant cet homme! Pour l'instant étudiante en médecine, j'en sais bien peu sur cette discipline; et pourtant il parle de théories, de choses, que j'ai déjà pu voir en cours et étudier. Cela nous montre encore une fois que Zola est un formidable journaliste, à la recherche de l'exactitude.

C'est le seul membre des Rougon-Macquart à paraître sain d'esprit. Il en disait même que c'était pour cela qu'il ne se sentait pas membre de la famille. Et pourtant, ses tares se rattrapent sur la fin, tout comme pour Hélène Mouret et Pauline Quenu.

Spoiler(cliquez pour révéler)A la fin de cette saga, nous sommes dans le même état d'esprit que Rougon qui quelques minutes avant sa mort, complète l'arbre de la famille.Il y a comme un sentiment de fin, d'accomplissement, et pourtant, de suite, avec tous les personnages que nous avons abandonné dans les tomes précédents, et qui meurent, ou vivent, se marient, ont des enfants, le tout sous l’œil expert du Docteur Pascal qui jusqu'au bout restera homme de science.

Le message de ce livre, et encore une fois, je pense que la mort de l'auteur 10 ans plus tard, et donc l'écriture de ce roman a la fin de sa vie, ce dont il avait peut être conscience tout de même, c'est que la vie continue, quoiqu'il se passe, qu'on le veuille ou non et qu'elle est plus forte que tout, l'amour, la mort, l'hérédité, les tares, les guerres, les triomphes, défaites et grandeurs passées.

Merci Zola, de nous rendre, encore aujourd'hui, par delà la tombe et les siècles, par delà les époques, les moeurs, plus intelligents, plus ouverts d'esprit!

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Date de sortie

Le Docteur Pascal

  • France : 1999-08-26 - Poche (Français)

Activité récente

Rochade l'ajoute dans sa biblio or
2019-04-07T21:41:29+02:00

Distinctions de ce livre

Les chiffres

Lecteurs 145
Commentaires 14
Extraits 7
Evaluations 21
Note globale 7.71 / 10

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